I . Aux manusciits
Monsieur. Je désire de sçavoir si M. de Vilielte et M. d'Ade sont contens que l'on paye la dette de M. le baron (Constant d'Aubigné) à M. Huguetan de Lyon, qui sont cent livres que ledit Huguetan lui prêta en sa grande nécessité.
Lettre de la même.
M. d'Aubigné, de tres-heureuse mémoire, devint malade le dimanche à quatre heures du matin, le neuvième jour du mois d'avril i63o... Il eut trèsbonne connoissance jusqu'à quelques momens avant qu'il mourût. Il nous a rendu grands témoignages de la joie qu'il ressentoit; et, quand il faisoit des difficultés de prendre nourriture, il disoit : Ma mie, laisse-moi aller en paix, je veux manger du pain céleste. Il a été servi en tout ce qui m'a été possible de m'imaginer. Ma peine n'a rien été. Si j'eusse pu donner mon sang et ma vie, je l'eusse fait de bon cœur. En ses deux dernières nuits, il fut consolé par deux excellens ministres ses amis. Il n'a manqué ni d'assistance, ni de consolation jusqu'à son dernier soupir, par les plus excellens hommes de la ville ses bons amis. Mais ce ne pouvoit être tant, que son mérite n'en requît encore davantage. Il est regretté de tous les gens de bien. Il a achevé ses jours en paix; et.
deux heures avant sa fin, il dit d'une face joyeuse et d'un esprit paisible et content :
La voici, l'heureuse journée Que Dieu a faite à plein désir :
Par nous soit gloire à lui donnée, Et prenons en elle plaisir.
PRÉFACE