‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 35 sur 155 · Probablement de la même famille que le Nambut qui · texte numérisé non relu

Probablement de la même famille que le Nambut qui

était huissier de Henri III lors de l'assassinat du duc de Guise.

2. Françoise de La Baume, veuve de François de Carnavalet et cousine de Fervacques.

MÉMOIRES d'aUBICNÉ 35

« Aubigné, mon ami, ce n'est pas tout de l'espée et du pognard , duquel lu penses desmesler cest affaire, ce seroit combattre la royne, car il se mesle d'un mestier que tu ne sçais pas, mais il ne mangera jamais de mon pain. » Il falloit que ce prince joignist beaucoup d'amitié à sa discrétion. De là à quelques jours, Fervacques, voulant tenir promesse à sa cousine de tuer son adverlisseur, contrefît un soir le désespéré, et pria Aubigné de s'aller pourmener derrière la Couture de Saincte Catherine', luy donnant quelque soupçon pour l'avoir voulu empescher trop expressément de prendre un pognard que portoit son lacquais. Comme ils furent en un petit pont de voirie qui despuis a esté changé, Fervacques commença tel langage : « Mon ami, estant résolu de quitter le monde, je n'i regrette rien que toy, je suis venu ici pour me tuer, donne moy une ambrassade, et puis je mourrai content. » Aubigné, se destournant d'un pas, luy respond : « Monsieur, vous m'avez dit autrefois que le plus grand soûlas que vous sauriez prendre en mourant seroit d'emmener avec vous d'un coup de poignard le plus grand de vos amis, je vous conseille de ne mourir point, et pour un subjet duquel l'estotîe et la façon ne valent rien; mais trêve d'ambrassade pour ce coup.»

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