‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 42 sur 155 · Vansay (Deux-Sèvres · texte numérisé non relu

Vansay (Deux-Sèvres

4. Henri F"" de Montmorency, comte de Dampville, puis duc de Montmorency.

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chap. 6e du mesme livre', allégué soubs le tiltre du lieutenant de Vachoniere. Seulement saurezvous deux de ses vanitez qui ne valoyent pas l'histoire, l'une que, se voyant seul de la troupe avoir des brassars,il les despouilla avant la charge; l'autre, qu'au milieu du péril, ayant dans le bras gauche un brasselet de cheveux de sa maistresse, il mit l'espée à la main gauche pour sauver ce brasselet 2 qui brusloit d'une harquebusade. Le capitaine Bourget, à qui il eust affaire entre autres, luy manda qu'il avoit recognu cela, et, l'autre pour luy monstrer une pareille froideur au combat, luy désigna un monde et une croix qu'il avoit sur son espée. De ce péril il ne demoura gueres à courir celuy de Sainct Macaris; vous le voyez descript à la fin du mesme chapitre, soubs mesme titre, assés au long.

Les diverses recherches de péril et d'honneur briguées à toutes occasions adjoustant l'envie à la colère du maistre, cependant ce prince estant en doubte de Testât de Languedoc, il y futdespesché et mit à la fin la négociation que vous voyez descripte au long au y^ chapitre du mesme livre, et,

1. Fr. de La Noue, dit Bras de fer, célèbre capitaine et écrivain calviniste, né en Bretagne en i53i,tué au siège de Lamballe en 1592.

2. C'est-à-dire en éteignant le feu avec la main droite devenue libre.

au retour de là, il courut des risques en beaucoup de façons. Il fit une faute notable, comme passioné partisan, car il ne debvoit, de l'entrée, spécifier les infidelles sinon à monsieur de la Noue qui fut son auditeur, mais les debvoit laisser tomber en la cognoissance d'un maistre, par divers accidens que vous voyez descrits au 12^ chap. du mesme livre.

Icy veux je seulement spécifier que Aubigné, ayant sceu la resolution de le poignarder, et le jetter en l'eau, prit un jour son maistre au souper, et, en grand'compagnie, luy tint ce langage : « Vous avez donc, Sire, peu penser à la mort de celuy que Dieu a choisi pour instrument de vostre vie, service que je ne vous reproche point, non plus que ma peau percée en plusieurs endroits, mais bien de vous avoir servi, sans que vous ayez peu faire de moy ni un flatteur, ni un maquereau. Dieu vous veille pardonner ceste mort recerchée; vous pouvez cognoistre, au langage que je vous tiens, combien je désire de l'avancer. » Cela fut suivi de telles aigreurs que le roi quitta sa table. Soit dit cela pour vous chastier de telles libertez.

Nous n'avons pas aussi spécifié en VHisloire qu'Aubigné n'estant encor bien relevé d'une fièvre de huit jours, il prit pour armes de duel, à cause de sa foiblesse, un poignard en une main et un pistolet en l'autre; l'affaire estant rompue, ses amis

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luy conseillèrent de se retirer, ce qu'il fit à Castel- Jaloux ', où il avoit charge ; et est à noter que plusieurs gentilshommes de la cour de Navarre, Constant, Saincte-Marie, H. Arambure^, leur servant~ d'exemple, l'accompagnèrent à un à Dieu qu'il alla présenter à son maistre, revenant du proumenoir, et sans descendre du cheval. Arrivé à Castel-Jaloux, il escrivit à Laverdin en ces termes :

Monsieur, je vous fay ressouvenir de ma franchise d'avoir contre tous adverlisseniens marché sur vostre parole qui est d'avoir mis l'advantage de l'appel de mon costé : or, quelque doubteuse que vous ayez rendu, sinon vostre foy, au moins vostre prévoyance, si le sieur de la Magdelaine a envie de fournir sa poincte, il y a beau sable entre ci et Nérac, dans lequel je prendray telle heure et telle place que vous voudrez assigner sans autres cautions.

Après ce jour là, se passa le périlleux combat que vous voyez descrit au mesme chapitre 12^, au retour duquel Aubigné, estant au lict de ses blesseures, et mesmes les chirurgiens les tenants doubteuses, fit escrire sous soy par le juge du lieu les premières clauses de ses Tragiques.

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