‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 59 sur 155 · MÉMOIRES D AUBIGNÉ 7I · texte numérisé non relu

MÉMOIRES D AUBIGNÉ 7I

chappeau, instruicts à cette contenance, sans sçavoir la particularité du discours. Cest homme effrayé s'en va trouver le roy, ne luy conta pas sa peur, mais ouy bien qu'Aubigné appeloit ouvertement la contesse de Guiche sorcière, l'accusant d'avoir empoisonné l'esprit du roy, comparant son horrible face à l'estrange amour qu'elle avoit embrassé, et que là dessus le mesme avoit consulté le médecin Hottoman sur les filtres, à son occasion. Il adjousta qu'un prince des huguenots avoit autant de controlleurs que de serviteurs. Chés le roy, les sales voluptez du maistre estoyent honorables aux plus grands; luy conta de plus que monsieur de Bel- .lievre', logé vis à vis de la contesse, et la voyant aller à la messe accompagnée seulement d'un macquereau, d'un bouffon esprit 2 d'une Maure, d'un valet, d'un singe et d'un barbet, ayant allégué à Aubigné les honneurs qu'on rend à la cour aux amies des roys, et luy ayant demandé comment les courtisants de Navarre n'estoyent plus honnestes, et pourquoy ceste dame alloit avec si mauvais train : « C'est, respondit ce médisant, qu'il y a en ceste cour une fort généreuse noblesse, mais il n'y a de macquereau, de bouffon, de valet, de singe et de barbet, que ce que vous voyés là. «

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