‹ Mémoires. Publiés avec préf., notes et tablesChapitre 61 sur 155 · Chanceler, hésiter · texte numérisé non relu

Chanceler, hésiter

MÉMOIRES d'aUBIGNÉ ^3

de cette reconsilialion, luy fit payer deux mille cinq cents escus, cjui luy estoient deus des voyages, et qu'il n'esperoit jamais avoir.

La royne de Navarre, estant retournée à son mari, se reconsilia avec tous, hormis avec Aubibigné; et toutesfois , luy appelé en un conseil pour faire mourir ceste royne, rompit par ses remonstrances une telle action; de quoy son maistre le remercia.

Par son mariage il avoit donné asseurance d'achepter une terre en Poitou, qui fut le Chaillou. Le roy estant adverti par le secrétaire Parisiere qu'il falloit empescher trois choses en ce païs là : le mariage du prince de Condé à cause de Taillelebourg, celui d'Aubigné à cause de Marsay, et celui de La Personne à cause de Denant', il y eut lettres despeschées pour ces trois affaires. Ces trois menées se firent, et celle du Chaillou vaincue par la honte que fit Aubigné aux gens du roy à Poitiers, que choses si indignes et si basses feussent données pour tasche aux rois de ce temps.

[i585j Bien tost après commença la guerre des Barricades^, sur le point de laquelle les princes de

1 . Marsais, Charente-Inférieure, arrondissement de Rochefort-sur-Mer. — Denant, en Poitou (Vendée).

2. Je ne sais pourquoi Aubigné a donné ce nom à la guerre dite des Trois Henri (Henri III, Henri de Navarre et Henri de Guise). Elle commença en septembre i585.

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la religion firent une notable assemblée à Guittres; vous avez au 6^ chapitre du 5^ livre du 2^ tome ce qui s'i passa amplement descript, et au 6^ le périlleux et bigearre combat de Sainct Mandin ^ ; je n'ay rieiî à y adjouster.

Et, pour ce qui est du voyage du duc de Mercure ^ en Poitou, je diray seulement que Aubigné, y servant de sergeant de bataille, commença là à faire désirer les picques aux gens de pied , contre l'opinion de son maistre qui les haïssoit. Et tout cela est descript soiibs le titre d'un maistre de camp.

Tost après Sainct-Gelais, et Aubigné avec dix gentilshommes, et l'autre quinze soldats, firent rendre trois compagnies de gens de pied à Briou, et, en leur faisant signer leur capitulation, y fut employée ceste clause : « renonçant pour cest elTect au détestable article du concile de Constance. »

[i 586]LeprincedeCondé, ayant assiégé Broûage, fit l'entreprise d'Angers, que vous voyés descrite au 122 chapitre du 5^ livre, avec des grandes risques d'Aubigné 3. Ce que vous en aurez de plus

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