I. Voy. Hist. univ., t. III, p. loetsuiv
y8 MÉMOIRES d'aUBIGNÉ
retouinei"; à quoi s'opposa un Rougé Bontemps ^ de procureur de l'isle, qui amena les vivres avec ceste harangue : « Monsieur, il ne faut point desguiser Jes affaires, c'est pour celuy qui demeurera maistre que nous avions amassé ce présent. «
La première action après la délivrance fut de casser le capitaine Bourdeaux, sergent-major, pour ce qu'ayant à deffendre la meilleure pièce de ses retranchements, il avoit résolu avec sa compagnie capitulera part; dont la resolution avoit esté prise de les mettre en pièces. Mais un vieux capitaine, nommé la Berte, ayant remonstré que la saignée n'estoit pas bonne durant un si grand accès, Aubigné fit couler dans les corps de garde vingt gentilshommes qui rasseurerent la compagnie. L'excuse de Bourdeaux fut que sa troupe estoit de papistes la plus part. De là on commencea une citadelle, qui fut en desfence en quinze jours, et en trois mois eut un double fossé, l'un desquels s'emplit d'eau de fontaines, et l'autre d'eau de mer avec poisson de deux eaux.
Le roy de Navarre, arrivé à la Rochelle, vint visiter Oleron, sans vouloir voir les soldats de l'isle au soir à leur parade , pour avoir esté adverti par le conte de la Rochefoucaud qu'il y avoit deuts cents paires de chausses d'escarlatte avec le passe-