C'est-à-dire qui servirent à retirer des galères
8o MÉMOIRES d'aUBIGNÉ
nelle', avoit outragé celuy qui luy pouvoit commander dans le corps de garde; sur la moindre offence qui estoit : « Je ne te connois point pour me commander », les capitaines d'Oleron assemblés, après que cestui-ci eut confessé avoir esté mené deux fois en faction par l'anspesade, fut condamné à estre passé par les armes; ceste sentence depuis, à la prière des enseignes, modérée à estre dégradé et banni des bandes. Une tante de ce soldat, qui produisoit une cousine au roy, luy conta la rigueur dont son nepveu se plaignoit; le roy print ceste occasion pour faire un affront à son homme, envoya l'huissier du conseil pour l'y faire venir.
Le gouverneur d'Oleron ayant estimé que c'estoit pour prendre son advis sur l'approche du mareschal de Biron, fut bien estonné quand il veit son galand, bien couvert de soye par le gaing de sa cousine, et accompagné du maire Guiton et de vingt autres parents, qui attendoyent à la porte du conseil. A ceste porte le roy fit force révérences de risée à Aubigné en disant : « Dieu vous gard, Sertorius, Manlius Torquatus, le vieux Caton, et si l'antiquité a encore quelque plus severe capitaine. Dieu vous gard cestui-là. » L'autre, à sentir la morsure, respondit promptement : « S'il y va