Le U'aiié de Paris qui mil lia à la guerre de Sept ans
2. Henry Paulet de Sainl-.Tean, vicomte de Bolingbroke, né en 1672 à Battersea (Surrey). — Membre de la Chambre des communes (1700), secrétaire d'Etat (1704), ministre des affaires étrangères (1713), il signa la paix d'Utrecht. Proscrit après la mort de la reine Anne (1714), il se réfugia en France, revint en Angleterre en 1723 et fut pendant dix ans le plus redoutable adversaire de Walpole. Il mourut en 1750 sans avoir pu repremlre le pouvoir. — Il avait épousé en deuxièmes noces la marquise de Villettc, nièce de madame de Mainlcnon.
encore effrayées par le luxe français; des relations trop suivies pouvaient faire craindre la concurrence de notre industrie dans des travaux où l'industrie anglaise n'avait pas encore atteint sa supériorité. On avait à redouter aussi l'avantage que pouvaient prendre les productions du sol français sur celles du Portugal. Le traité de Metliuen ' était encore trop récent pour qu'il parût prudent d'en compromettre les conséquences, en établissant une rivalité entre les productions de la France et celles du Portugal. Ces raisons qui avaient une certaine force, ou n'existaient plus, ou avaient perdu de leur valeur. L'Angleterre était dans une voie de prospérité commerciale que rendaient incalculable l'invention de ses machines et l'immensité de ses capitaux ; la mode se chargea de résoudre les objections tirées de l'augmentation du luxe. L'ascendant du ministère et l'intérêt des manufactures triomphèrent des autres objections, et le traité eut en Angleterre l'assentiment à peu près général de la nation.
L'opinion sur cette question prit en France un caractère tout différent: l'intérêt des villes maritimes se trouvait ici en opposition avec celui de la population industrieuse. Aussi le traité fut reçu d'abord avec un peu d'étonnement. Les premiers résultats ne nous furent pas favorables. Les Anglais, mieux préparés que nous ne l'étions, obtinrent de grands profits. La ville de Bordeaux, les provinces de Guyenne, d'Aunis, de Poitou, trouvaient bien quelques débouchés de plus pour leurs vins, leurs eaux-de-vie et les autres productions
1. Le traité de Methuen entre l'Angleterre et le Portugal, ainsi nommé du nom de l'ambassadeur anglais, lord Methuen, qui le négocia, avait été signé en 1703. C'était un traité d'alliance et de commerce par lequel l'Angleterre s'était réservé le monopole de l'importation en Portugal.
40 MI'MOIIîKS Dl IMîl.NCK 1)K TALLEYUAND.
(le leur sol; mais on soutint (juc dans l'ûvalualion générale, ces avantages locaux ne pouvaient pas compenser les inconvénients d'une consommation de vingt-cinq millions d'habitants curieux et avides de marchandises supérieures par leur qualité, et que l'Angleterre i)0uvait donnci' à un ])rix fort au-dessous de celui des marchés de France.
La Normandie, si habile dans la défense de ses intérêts propres, si imposante par sa richesse et sa population, avait été la première à jnanifester son opposition. Elle publia un long mémoire contre le traité. La cause qu'elle soutenait devint bientôt générale ; tous les préjugés, tous les motifs de haine et d'anirnosité reparurent. La voix des consommateurs fut étouffée, et le traité devint un sujet de blâme contre le gouvernement.
Et cependant l'esprit qui avait inspiré cette grande transaction, était conforme aux meilleurs principes. M. deA'ergennes* et M. de Galonné^ qui y avaient concouru l'un et l'autre y
1. Charles Gravier, comte de Vergennes, était le deuxième fils d'un président à mortier au parlement de Dijon. Né à Dijon en 1717, il entra dans la diplomatie. — Ministre près l'électeur de Trêves (1750), il fut vers cette époque initié au secret du roi, dont il devint un des agents les plus dévoués. Ambassadeur à Constantinople (1754). Rappelé par Choiseul en 1768, il vécut dans la retraite jusqu'à sa chute; fut alors (1771) envoyé comme ambassadeur en Suède. Louis XYI l'appela au ministère des affaires étrangères (1774). Il s'gna le traité de Versailles, les traités de commerce avec l'Angleterre et la Russie. Chef du conseil des finances (1783). Il mourut en 1787.
2. Charles-Alexandre de Galonné, d'une bonne famille d'Artois, naquit le 20 janvier 1743 à Douai, où son père était premier président du parlement. 11 fut procureur général près le parlement de Douai, intendant de Metz (1768), de Lille, d'où sa réputation d'habile administrateur le fit appeler an contrôle général par Louis XVI. A la suite de l'assemblée des notables, qu'il avait cependant conseillée, il fut destitué et exilé en Lorraine (1787). Il passa de là en Angleterre; revenu en France en 1789, dans l'espérance de se faire élire député aux états généraux, il retourna en Angleterre après avoir échoué, joua un rùle actif dans l'émigration et mourut en 1802.
trouveront un jour do la gloire. Le traité avait pour objet de détruire la contrebande et de procurer par les douanes au trésor public, un revenu fondé sur des droits assez modérés pour ne laisser à la fraude aucun espoir de profit. Cet avantage était évident et réciproque pour les deux pays. S'il augmentait pour la France la facilité de satisfaire la prédilection et le caprice que les gens riches avaient pour les marchandises anglaises, il procurait aussi à rAngleterre des jouissances plus abondantes et payées à la France par la diminution des droits sur les vins de Champagne et de Bordeaux, diminution qui devait en faire augmenter la consommation en Angleterre.
De cette diminution de droits sur les objets de nécessité ou de fantaisie, il devait résulter pour les consommateurs })1lis de proportion dans les impôts qu'ils avaient à supporter, i)lus de facilité pour les acquitter, et jiour le trésor public un ]»liis grand revenu, produit par une plus grande consommation.
Il y a encore à dire que le principe du traité conduisait à faire un partage de tous les genres d'industrie, et à distribuer à chacune des deux nations la part que la nature lui a assignée et qui doit lui procurer le plus d'avantages.
Ce dernier résultat aurait en p'u d'années fait triompher le principe de la liberté de commerce , mais les préjugés en ont décidé autrement. Ils tiennent aux hommes par des racines trop profondes, pour qu'il ne soit pas au moins imprudent de vouloir trop suljitement les détruire. ,Jeme suis longtemps défendu de me rendre à cette triste vérité, mais puisque les philosophes du xvni*^ siècle, avec tous les moyens bons et mauvais qu'ils ont employés, ont échoué dans cette entreprise, je me soumets avec ceux du xix*", qui sont d'un tout autre genre, à ne plus m'en occuper.
42 MÉMOIRES ))i: l'IUNCE 1)K TALLKYKAND.
La cai'i'iùre des affaires m'étant ouverte, je me servis assez habilement de la place d'agent général du clergé, à laquelle j'étais destiné, pour étendre mes relations. J'eus de bonne heure des rapports avec M. de Maurepas*, avec M. TurgotS M. de Malesherbes ^ M. de Castries*,
1. Jean Plielypeaux, comte de Mauœpas et de Pontchartrain, naquit en 1709. Son père, son grand-père, son bisaïeul et son trisaïeul avaient été comme lui secrétaires d'Etat, de sorte que de 1610 à 1749, la famille Phelypeaux fut représentée dans les conseils du roi. Jlaurepas eut dès 1715 la survivance de la charge de secrétaire d'Etat abandonnée par son père. Le marquis de la Vrillière fut chargé d'exercer la charge à la place de son parent qui devint bientôt son gendre. En 172.5, Maurepas la prit en main et fut secrétaire d'État de Paris et de la marine. Disgracié en 1749, il fut exilé à Bourges, puis dans sa terre de Pontcharlrain près de Versailles. Louis XVI le rappela aux alTaires et le nomma ministre d'Etat et chef du conseil des finances '1774). Jusqu'à sa mort fl7Sl) il eut en réalité tout le pouvoir d'un premier ministre.
2. Jacques Tui-got, baron de l'Aulne, appartenait à une vieille famille originaire île Bretagne, et établie en Normandie. 11 naquit en 1727. Il fut conseiller au parlement, puis en 1762 intendant de Limoges où son administration bienfaisante le rendit célèbre. Secrétaire d'Etat à la marine (1774), contrôleur général en 177 i, destitué en 1776, il mourut cinq ans après.
3. Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, d'une illustre famille du Nivernais, qui durant deux siècles occupa les plus hautes charges de la magistrature.il naquit en 1721, fut conseiller au parlement (1744), premier président de la cour des aides (175!)), destitué et exilé en 1771. Réintégré dans sa charge par Louis XVI (1774), il s'en démit l'année suivante. Secrétaire d'Etat de la maison du roi (1775- 1776), ministre d'Etat (1787-1788). Il vécut à l'étranger jusqu'en 1792, revint alors s'offrir au roi comme défenseur. Arrêté en décembre 1793, il monta sur l'échafaud avec sa fille et son gendre [M. de Chateaubriand, le frère de l'illustre écrivain).
4. Charles de la Croix, marquis de Castries, issu d'une vieille famille du Languedoc. Né en 1727, il devint lieutenant général, gouverneur de Montpellier et de Cet e (1758), gouverneur de la Flandre et du Hainaut, secrétaire d'Etat à la marine (1780), maréchal de France (1783). Il émigra à la Révolution, commanda une division de l'armée de Condé et mourut en 1801.
M. de Galonné, quelques conseillers d'État, plusieurs chefs d'administration. Mes premières relations me conduisirent vers le môme temps chez M. le duc de Choiseul S chez madame de Brionne^, chez madame de Montesson', chez madame de Boufflers*, chez madame de la Reynière^; à des jours déterminés, la grande compagnie de Paris s'y réunissait. Une manière d'être froide, une réserve apparente, avaient fait dire à quelques personnes que
1. Etienne-François, duc de Choiseul-Stainville (1719-1785), ambassadeur puis ministre secrétaire d'Etat de 1758 à 1770.
2. Louise de llolian, chanoinesse de Remiremont, fdie du prince Charles de Rohaa-Monlauban, lieutenant général ; épousa Cliarles de Lorraine, comte de Brionne, grand écuyer de France.
3. Charlotte Béraud de la Haie de Riou, marquise de Montesson, née en 1737. Elle épousa en 1754 le marquis de Montesson, lieutenant général. Devenue veuve en 1769, elle se remaria secrètement avec le duc d'Orléans (1773). Après la mort du duc (17&5), elle vécut dans la refaite. Arrêtée sous la Terreui", elle fut sauvée par le 9 Thermidor. Elle était très liée avec madame de Beauharnais, plus tard l'impératrice Joséphine. Elle mourut en février 1806. Jladame de Montesson avait beaucoup écrit; elle a laissé de nombreuses comédies et des romans.
4. La comtesse Marie de Boufllers-Rouvrel, née de Cam|)ir-Saujon était dame d'honneur de la duchesse dOrléan-;. Elle devint veuve en 1764. Emprisonnée sous la Terreur, mais plus heureuse que sa bellefille la duchesse de Lauzun, elle échappa à l'échafand et mourut en 1800.
5. Suzanne de Jarente, iille d'Alexandre de Jarente, marquis d'Orgeval, épousa le 1"' février 1763 Alexandre Grimod de la Reyniére qui, de simple charcutier, était devenu fermier général. Il amassa une fortune considérable, et se bâtit le superbe hôtel qui fait aujourd'hui le coin de la rue Boissy-d'Anglas et de l'avenue Gabriel. Cet hôtel, après avoir été affecté à l'ambassade de Russie, puis à celle de Turquie, appartient aujourd'hui au cercle de l'union artistique. — On sait que La Reyniére s'était acquis la réputation d'un gourmet de premier ordre. Les festins que sa femme et lui donnaient dans leur hôtel sont restés célèbres.
4i MÉMOIRES DU PRINCE DE TALLEYRAND.
j'avais de l'cspril. Madame de Gramonl qui n'aimait pas les réputations qu'elle n'avait pas faites, me fut à mon début de quelque utilité en cherchant à m'embarrasser. Je soupais pour la première fois à Auteuil chez madame de BoufTlcrs, placé à une extrémité de la table, parlant à I)einc avec mon voisin: madame de Gramont, d'une voix forte et rauque, me demande, en m'interpellant par mon nom, ce qui m'avait assez frappé en entrant dans le salon, où je la suivais, pour dire : Ah! ah .'... <• Madame la duchesse, lui répondis-je, ne m'a pas bien entendu, ce n'est pas Ah! ah! que j'ai dit; c'est Oh! oh!... » Cette misérable réponse fit rire , je continuai à souper, et ne dis plus un mot. En sortant de table, quelques personnes s'approchèrent de moi, et je reçus pour les jours suivants plusieurs invitations qui me mirent à même de faire connaissance avec les personnes que je désirais le plus rencontrer.
La maison de mes parents ne me fournissait point de moyens à cet égard; ils voyaient peu de monde; et peu surtout de l'espèce qui brillait sur le grand théâtre ou qui se disputait les places ministérielles.
Je choisissais pour aller chez ma mère les heures où elle était seule : c'était pour jouir davantage des grâces de son esprit. Personne ne m'a jamais paru avoir dans la conversation un charme comparable au sien. Elle n'avait aucune prétention. Elle ne parlait que par nuances ; jamais elle n'a dit un lion mot : c'était quelque chose de trop exprimé.
1. Béiitrixde Choiseul-Stain ville, soi'ur du duc de Choiseul, chanoinesse de Remiremont. En l"ô9 elle épousa Antoine duc de Gramont, gouverneur deNavarre. Elle nionla sur l'échafaud en 1794 avec son amie la duchesse du Châtelet.
Les bons mots se retiennent , et elle ne vonlait que plaire et perdre ce qu'elle disait. Une richesse d'expressions faciles , nouvelles et toujours délicates, fournissait aux besoins variés de son esprit. 11 m'est resté d'elle un grand éloignenient pour les personnes qui , afin do parler avec plus d'exactiliide, n'emploient que des termes techniques. Je ne crois ni à l'esprit ni à la science des gens qui ne connaissent pas les équivalents et qui définissent toujours : c'est à leur mémoire seule qu'ils doivent ce qu'ils savent, et alors ils savent mal. Je suis fâché que cette réflexion me soit venue pendant que M. de Humboldt^ était à l'aris, mais c'est écrit.
Mon temps se passait d'une manière fort douce et n'était point trop perdu ; mes relations augmentaient. Celles qu'il fallait avoir avec les beaux esprits d'alors me venaient d'une bonne femme, nommée madame d'Héricourt^, dont le mari avait occupé la place d'intendant de la marine à Marseille . Elle aimait l'esprit, les jeunes gens et la bonne chère. Nous faisions chez elle toutes les semaines un dîner fort agréable. Il était composé de M. de Choiseul, de M. de JXarbonne, de l'abbé Delille, de Chamfort, d(3 Ruihiére, de
1. Les deux frères Guillaume et Alexandre de Huiuboldt ont chacun illustré leur nom; le premier à la fois dans la politique et les lettres, l'autre dans la science. C'est du second, Alexandre, qu'il est ici question. Né en 1769, il parcourut longuement l'Amérique et l'Asie, et publia le récit de ses voyages; on a également de lui une foule d'écrits et de traités scientifiques, notamment le Cosmos. La géographie physique et la botanique ont fait grâce à lui des progrès signalés. Il mourut en 1859.
2. Louise Duché, fille d'un premier avocat général près la cour des aides de Montpellier, épousa en 1741 Bénigne du Trousset d'IIéricourt ancien intendant de la marine.
4G MKMUIRKS DU l'UINCE DH T ALL i; V lîAX D .
MarmoiiU'l ' (iiii allci'iiail avec l'abbé Aniaud\ de l'abbé Bertrand'' et de moi. Lu gaîté contenail les prétentions, et je dois remarquer que d'une réunion où il y avait autant d'amour-propre en présence, il n'est sorti, dans l'espace de cinq années, ni un bavardage, ni une tracasserie.
Le comte de Creutz'*, ministre de Suède, qui croyait plaire à son maître, en se plaçant en France sur le rang de bel esprit, se donna beaucoup de soins pour que les mêmes personnes qui composaient le diner de madame d'Héricourt, se réunissent un jour de la semaine chez lui. Nous y fûmes trois ou (juatre fois, mais Marmontel, à force de lectures de tragédies, dispersa tout le dîner; je tins bon jusqu'à Numitor.
Les lectures étaient alors à la modo ; elles faisaient l'importance de quelques maisons. On ne dînait guère chez M. de
1. Jean-François Marmontel, né à Bort (Limousin) en 1723. Sur les conseils de Voltaire, son maître et son ami, il travailla pour la scène, mais échoua complètement. Au contraire, ses contes moraux eurent un grand succès et lui valurent les félicitations de presque tous les souverains de l'Europe. 11 fut nommé historiographe de France et entra à l'Académie. 11 mourut en 1TU9.
2. L'abbé François Arnaud, né en 1721, à Aubignon (Vaucluse). Il se lança avec ardeur dans le mouvement philosophique du xviir siècle, et s'acquit une certaine célébrité par ses ouvrages. 11 était de l'Académie française. Il mourut en 1784.
3. L'abbé Bertrand, né en 17ij5, à Autun. 11 étudia l'astronomie et fut nommé professeur de j^hysique à Dijon. Il fut admis à l'académie de cette ville. Il entreprit avec d'Entrecasteaux un voyage autour du monde, mais il mourut en route, au cap de Bonne-Espérance (1792). Il a laissé divers traités scientifiques,
4. Le comte Gustave de Creutz naquit en Suède en 1736. Ministre de Suède à Madrid en 1753, puis à Paris où il resta vingt ans. Son salon devint l'un des centres de réunion les plus recherchés des philosophes et des gens de lettres. En 1783, le roi Gustave III le rappela à Stockholm, et le nomma sénateur et ministre des aiîaires étrangères. Il mourut deux ans après.
VaudreuiP, chez M., de Liancourt-, eliez madame de Vaincs^, chez M. d'Anzely, sans être obligé d'entendre ou \g, Mariage de Figaro, ou le poème des Jardins^, ou le Connétable de Bourbon % ou quelques contes do Chamforl, ou ce qu'on appelait alors : la Révolution de Russie^. C'était une charge imposée avec assez de rigueur à toutes les personnes invitées ; mais aussi, on était classé parmi les hommes distingués du temps. Je pourrais dire que beaucoup de gens que je ne connaissais pas disaient du bien de moi, uniquement parce qu'ils m'avaient rencontré dans quelques-unes de ces chambres auxquelles on avait accordé le droit de donner de la répu-
1. Josepti de RigauiJ, comte de Vaudreuil, d'une très vieille famille du Languedoc, né en 1740. Il vécut longtemps à Versailles, fréquentant le salon de madame de Polignac et la société de la reine. II se lia avec le comte d'Artois qu'il accompagna en 1782 au siège de Gibraltar. Il tenait maison ouverte dans sa résidence de Gennevilliers et y recevait souvent M. de Talleyrand. Il émigra avec le comte d'Artois, s'établit à Londres en 1799, revint à Paris à la Restauration, fut nommé pair de France en 1814 et mourut en 1817. On a publié sa correspondance avec le comte d'Artois I Paris 1889, 2 vol. in-8°.L. Pingaud).
2. François de la Rochefoucauld, duc de Liancourt, né en 1747, fut brigadier de dragons. Grand maître de la garde-robe (1783). Député de la noblesse de Clermont aux ét.its généraux, lieutenant général (1792); il émigra après le 10 Août; il vécut dans la retraite sous l'empire. A la Restauration il fut créé pair, mais ses opinions libérales l'écartèrent des fonctions publiques. Il mourut en 1827. Ses obsèques donnèrent lieu à des incidents tumultueux.
3. Il s'agit probablement de la femme de il. J. de Vaines, receveur général, commissaire du trésor (1733-1803). On le voyait souvent dans la société du maréchal de Reauvau et chez madame Geoffrin.
4. Poème de l'abbé Delille sur les jardins du duc d'Orléans à Monceau.
5. Tragédie du comte Jacques de Guibert (1743-1': 90), lieutenant général, Son nom restera connu, non par ses tragédies, mais par un Essai de taclique, dont Napoléon a dit : « Qu'il était propre à former de grands hommes ».