‹ Mémoires. Publiés avec une préface et des notes par le duc de BroglieChapitre 47 sur 79 · fëvrioi · texte numérisé non relu

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2. Le commerce américain avait eu grandement à souffrir, de.^ mesures que la Convention a\ait prises contre les neutres. Los États Unis ayant signé avec l'Angleterre un traité qui donnait à cette puissance le droit de confisquer tout na\ire transportant des marchandises ennemies (novembre 1794), la Convention riposta par une mesure identique et rompit toute relation avec le cabinet américain. De son côté, le congrès annula tous les traités passés avec la France. On marchait à une rupture ouverte lor-que Bonaparte, arrivant au pouvoir, abolit les décrets de la Convention. Un traité signé le 30 septembre 180J aplanit toutes les difficultés, et les rapports entre les deux pays reprirent leur cours normal.

3. Henry Addington, vicomte Sidmoulli, né en 175>. Député aux Communes en 1782. Chancelier de l'Échiquier en 1801, il contribua activement à la paix d'Amiens. II se démit en 1804, rentra un instant aux affaires en 1806. En 1812 il fut nommé ministre de l'intérieur, poste qu'il occupa jusqu'en 1822. Il mourut en 184'i.

4. Guillaume Otto, comte de Mosloy (1754-1817) était ministre à Londres en 1800. 11 devint ministre à Munich, conseiller d'État, ambassadeur à Vienne (1809), ministre d'État en 1813.

5. Charles Cornwallis, homme d'Etat et général anglais né en 1738, membre de la Chambre des lords, 1762, gouverneur de l'Inde, 1786, gouverneur d'Irlande, 1793. En 1801 il fut un des plénipotentiaires à Amiens. De nouveau gouverneur de l'Inde en 1805, il mourut en arrivant à son poste.

Bonaparte signèrent le traité définitif. La France qui avait perdu toutes ses colonies, les recouvra toutes, sans qu'elle eût olle-même rien à restituer. Peut-être son honneur eùt-il à souffrir de ce qu'elle laissa tout le poids des compensations à la charge de l'Espagne et de la Hollande, ses alliées, qui n'avaient été engagées dans la guerre que pour elle et par elle^ Mais c'est là une de ces observations que peu de gens font, et qui ne s'offrent jamais d'elles-mêmes à l'esprit de la multitude, accoutumée à prendre les succès de la mauvaise foi pour de l'habileté.

Je ne dois pas omettre qu'un des articles du traité d'Amiens stipulait l'abandon de Malte par les Anglais. Bonaparte qui, en s'cmparant de celte île célèbre, avait change le sort de la Méditerranée, mettait un grand prix à la faire restituer à ses anciens maîtres, et détestait de m'entendre dire que j'aurais volontiers laissé Malte aux Anglais en toute propriété, pourvu que le traité eut été signé pir M. Pilt ou par M. Fox, au lieu de l'être par M. Addinglon.

Antérieurement à ces traités, une espèce de convention ou d'accord avait mis fin à la guerre civile, rallumée dans la Vendée et les provinces de l'ouest-.

Lors de la bataille de Marengo un lien secret se forma entre Bonaparte et la cour de Bome^ Il avait eu ta Milan plusieurs

1. L'Espagne perdait l'île de la Trinité, et la Hollande Cevian.

2. Une suspension d'armes avait été si;;née en décembre 1799. Le 18 janvier 1800,11. d'Autichamp mit bas les armes au nom des provinces de la rive gauche de la Loire, Le 20, iM. de Cliàtillon en fit autant au nom de la rive droite. En Bretagne, M. de Bourmont se rendit le 24 janvier, et Georges Cadoudal le 27. Le pays ne tarda pas à se pacifier entièrement.

3. Bonaparte avait engagé des négociations avec la cour de Rome dès juin 1800, par l'intermédiaire du cardinal Martiniane évéque de Verceil.

conférences avec un envoyé du pape Pie VII, élu à Venise comme successeur de Pie VI : ces conférences ont été le point de départ du concordat, signé plus tard à Paris par le cardinal Consalvi^ Cet accord et sa ratification immédiate réconcilièrent la France avec le Saint-Siège, sans autre opposition que celle de quelques militaires, fort braves gens d'ailleurs, mais dont l'esprit ne s'élevait pas jusqu'à une conception de ce genre.

C'est après cette grande réconciliation avec l'Église, à laquelle j'avais puissamment contribué, que Bonaparte obtint du pape un bref pour ma sécularisation. Ce bref est daté de Saint-Pierre de Rome le 29 juin 1802 2.

11 me semble que rien n'exprime mieux l'indulgence de Pie Vil à mon égard, que ce qu'il disait un jour au cardinal Consalvi, en parlant de moi: « M. de Talleyrand!! ah! ah! Que Dieu ait son âme, mais moi je l'aime beaucoup ! ! »

1. Le concordat fut signé le 15 juillet 1801. Le cardinal Consalvi était secrétaire d'État de la cour de Rome.

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