‹ Mémoires relatifs à l'emprisonnement de l'Honorable D.B. VigerChapitre 10 sur 15 · OBSERVATIONS SUR CE QUI DANS . ÎTTRE SE RAP · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR CE QUI DANS . ÎTTRE SE RAP

PORTE A Mr. St. OURS, L'ANCIEN SHERIF*.

Avant d'en venir à ce qui rej fr. de St. Ours, il convient à&

direqueles ribuve'aux shér/uuVsVccupennt, au^ [toi que possînïei de la situation des prisonniers. C.o'mrhe'on Ta vu, le résultat fut fjviiable à Mr. Viger qu'ils virent c' surtout l'aut' ur de la lettre, à pi r -

prises. Les erreur.? relatives à Mr. de St. Ours, dëcqul nt de la même source que les précédentes. On a confondu des choses dites en diverses conversations, rela'ivcs à de* objets difîéiens, regardé les senliniens dp

satisfaction dont Mr. Viger faisait part a l'auteur de la lettre par rapport à sa conduite et a celle de son contrôle, comme rivant rappi.it a îles époques antérieures à leur nomination.

D'après les t. rmes de la lettre, on déviait rester pejrati -dé </al • r<I que Mr. Viger n'avait point eu d'autres griefs que la prohibition de l'usage d'une partie de la cour de La piison, pour y prendre de Pejejn ice, et celle de faire de la musique ; en scoond lieu qu'il aurait formell im. ni déclaré qu'd était bien traité dans la prison et qu'à Ctt < igard il ctait satisfait, qn\l l'exception, de ces petites misère? qu'il démit attribuer à la faiblesse deJWr. ds St. Ours, il cuirait eu bien tort de se plaindre.

Tour un homme au quel on n'avait permis de respher l'air au dehors el d'y prend e quelque execice qu'après l'avoir tenu pendant s-ix mois sans lelaisser sortir d'un des qmuters do la [ ris»' n, c<t.e prohibition faite après coup, relative à la parte de la cour la plus convenable, même la seule qui parfois pouva.t, suivant les heures du jour et la !*aison, lui servir à cet u>age, aurait pu n'être, pas un sujet de plaintes fi voles. D'un autre côté, comment ne pas voir qu'il cta.t plus que dur de le prive r du S' ul amusement qui fût à sa porté'-- 1

Mr. Viger n'avait pas à se plaindre que ds ces misères. Entre autres, Le traitement qu'il avait éprouvé de la part d'un des employas subalternes, était de nature à le blesser b'n n profondément.

L'auteur de la lettre pourrait se rappe'er qm', lorsqu'il en fut question dans leups entretb ns, iVJr» Viger lui dit qu'il ne vouîa.t pas se plaindre ni môme i'.d quer le nom d'un homme, aveugle instrument de personnes qui !e metta'» nt sur la scène et se gardaient d'y paraître ; e', en outre de quelques autres raisons, lui fit remarqm-r qn n la surveillance d( s nouveaux sluritFs ayant fait cesser < es >cxations, des plaimes à ce sujet ne seraient plus qu'une espèce de vengeance qu'il devait dédaigner.

Mais d'après la lettre même, on voit qv?undzs employés de la prison avait a?eï\i ie s\\ë\'iffcue jVlr. Figer avait quelques sujet.? da plaintes à lui faire. Il est vrai de ç\uq aussi que pteu de personnes, là, pouvaient ne pas savoir en en" t qu'-.n de ces employés des plus subalternes avait, depuis déjà longtemps, semblé p endrea tache de se conduire à son égard d'une manière outiageante, qu'il avait, poussé môme des oliieiers non-commi -sionnés do la gode militaire et d'autres encore aie tcajtercîe la môme manière. A plusieurs reprises, pendant les trois d< rniers mob, des seem-s dégoûtantes de ce genre s'étaiimt renonvellées, même par fois sous le \ yeux des détenus de deux diftérens quartiers delà prison.

Ce qui mérite surtout d'être remarqué, c'est que Mr. Viger n'avait jamais connu cet homme avant qu'il eut pris du service dans la prison, que d'abord sa conduite n'avait pus été différente pour lui de celle des autre* employé.-, dont il n'avait, jamais eu îe moindie sujet de se plaindre jusqu'à ce moment. C'était tout d'un coup qu'elle avait changé, comme sans motif apparent. Mr. Vig^r ne pouvait avoir avec lui rien à démêler. D'aiUcurs il paraît qu'il était le seul des détenus politiques au quel il fit souffrir de ces vexations,

Mr\ Yiger n'avait pointant pas laissé que d'avoir eu des raisons de

soupçonner de* proj-t* de lui faite subir de cesetpèces d'épreuve aussi bien que len vues < e leurs auteurs, choses sur les quelles il ne pourrait néanmoins | arler que d'après les prévisions de quelques autres ou d'après se.-, propres conjt dures. Maii il avait reçu l'avis de réprimer les mouveiïi» 'us d'indignation que cette conduite devait soulever, parce qu'on pourrait s'en servir comme d'un prétexte pour aggraver ses souffrances. A cette époque, il n'était venu jusqu'à lui, par lapport à sa détention, C|'iO des t)ru<ts vague? qu'on l'avait arrêté pour cause de haute trahison. Quelque absurde nue uût lui paraître une accusation de cette nature, on pouvait sur ce prétexte rendre sa situation semblable à celle de beaucoup d'autres détenus politique^ pus malheureuse encore que la sienne ne l'avait été jusqu'alors. L'expérience du passé n'était pas propre à le taire sourire à l'espérance pour l'avenir.

Il n'avait pas même cru devoir faire part de eette conduite, plus que de quelques autres sujets de plaintes personnoiles, à Mr. de St. Ours, dont la situation lui paraissait pénible et telle d'un homme affecté douloureusement parle spectacle de souffrances aux quelles il ne se croyait probablement pas capable de potter lemède, et qui paraissait sentir même qu'il n'était, par rapport à la prison, qu'un personnage beaucoup plus que secondaire, pour ne pas dire frappé de nullité.

Sans parler des preuves de cette vérité qui se trouvent déjà dans ces mémoires, ce serait bien assez de celle qu'il fût nécessaire de faire avant tout des démarches directes auprès du Gouverneur, au lieu de recourir au shêrifF, pour des objets qui Savaient rapport qu'au régime intérieur de la prison. C'est là sans doute une étrange anomalie ; malheureusement, comme on l'a vu, ce n'est pas la seule de l'époque. Ce n'est pas non plus le moment de s'occuper île tenter la solution de ces problêmes. Il suffit de signaler le fait de l'existence d'un pouvoir différent de cjlui du shénffet qu'il remplaçait.

Par rapport aux détenua poliiiques, la prison paraissait placée, d'une manière exclusive, eous l'autorité militaire, dont l'exercice s'étendait jusqu'aux plus petits détails. Les ordres relatifs à ces prohibitions n'étaient pas venus du shériff; c'était successivement de deux sergents que Mr. Viger avait reçu l'intimation de la défense de faire de la musique. Chaque jour des faits semblables se renouvelaient.

Dans une visite f ùte à la prison, le 9 août, mil huit cent trente neuf, par Mr. de St. Ours, Mr. Viger crut pourtant devoir l'infoimer de ces privations qualifiées dans la lettre de petites misère?, ainsi que des raisons vraiment dérisoires alléguées comme motifs de les lui faire subir. (I) Mr. de St. Ours, au quel personne n'avait fait part de ces prohibitions, ne put cacher sa surprise. Il crut n'y voir qu'un malentendu; mais ne crut pas cependant devoir rien régler sur ce sujet, sans prendre

(1) Par exemple on prétendait, dit-on, que le bruit des instrument pouvait détourner l'attention des sentinelles et permettre aux prisonniers de travailler sur les barreaux des fenêtres, sans %n être entendus. Il ne se trouvait que deux détenu» qui jouassent l'un sur un fl<ig «ôlet, l;autre sur une flâte traTersiere dans des étages et dans de» quartiers difTérens d'une prison de trois cents pieds de front et de quatre étages. Les préicstei relatifs à la prohibition de l'uiag» d'uno partie de la tour étaient de la même importance.

quelques renseigncmcns de ceux que Mr. Viger regardait lui-môme comme ayant donné des ordres à et t égard* Il promit de s'occuper nromptement de les faire cesser. Mr. Viger ne voyant point de changement s'opérer dans sa situation, crut devoir, le 20 du même mois, lui rappeler le sujet de leur entretien, dans une lettre qu'il lui fit parvenir de suite et en même temps le prier de l'informer si ces restrictions feraient partie des règlrmens de la prison. Cette lettre e?t restée sans îéponse. Comme elle fait partie de l'app^fdix, on doit se contei ter d'y renvoyer. Quelques s-emainr s après, Mr. de St. Ours éprouva les atteintes de la maladie, qui le conduisit dan* peu de jours au tombeau.

Comme on peut le voir, Mr. Viger n'était pas sans sujets de plainte» de la faiblesse de l'ancien shériff, mais il ne pouvait le regirder comme digue de cette censure exclusive. Quand les idées de ceux qui se trouvent à la tét ? ou dans les prend ers rangs d\me administtation sont faussées, qu'est-il possible dattendie des subalteines ? Pour eux comme pour la plupart des hommes la morale c'est l'exemple. D'ailleurs, après le sort de trois des Juges et celui dont on l'avait menacé lui-même, à l'occasion de l'évasion d'un prisonnierjdonf on l'avait voulu rendre responsable l'année précédente, à la suite enfin de tant d'actes comme ceux qui se touvent exposés dans ces mémoires ; quoiqu'on ne puisse excuser complètement sa conduite, il est de toute justice d'en faire partager le blâme à ceux qui, pour ainsi dire, à l'abri de son nom, secondaient des passions qui devaient leur être étrangères et qu'il ne pouvait lui-même partager

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