DE PARTIE D'UNE LETTRE D'UN DES SHERIFFS AU
SECRETAIRE CIVIL RELATIVE A. Mr. VIGER.
En outre des pièces, objet des observations précédentes, ce qui regairite Mr. Viger dans la lettre de l'un des shérifls de Montréal, en date du 1S août, 1839, qui fait partie des pièces publiées par ordre des communes d'Angleterre, exige impérieusement quelques remarques. (1)
Dans cette lettre en réponse à celle du Secrétaire, qui lui demandait «ans doute des informations relatives aux prisonnier» çolitique*. leshe-
(1) On trouvera cette IcttiP dans l'a^pcrdice
nlTlui donne privémcnt, dit-ti, celles qui sont venue* pluJ particulièroment a sa connaissance.
Les deux shériils \enaient de remplacer Mr. de St. Ours décédé. Cette lettre qui respire le sentiment de la reconnaissance envers S.r John Colborne est écrite évidemment pour rétorquer les allégués de quelquts journaux en Angleterre et n'est guère non plus qu'un panégyrique de sa conduite à l'égard des prisonniers politiques, su i tout de Mr. Viger, dont quelques propo*, détachés de conversations particulières, sont rapportés pour l'appuyer, tandis que d'un autre côté quelques autres comporteraient contre Mr. de St- Ours l'imputation qu'il aurait été l'unique auteur de vexations personne les qu'on avait fait souffrir à Mr. Viger. Ce qui se trouve dans cette lettre sur ces deux points manque de beaucoup plus que d'exactitude.
En attaquant l'exposé qui se trouve dans celte lettre, on doit dire que Mr. Viger n'a d'ailleurs eu qu'à se louer des procédés des nouveaux shérirTs pendant tout le reste de sa détention. L'auteur de la letire ne sera tombé dans Terreur que parce qu'il aura sans doute regardé des expressions de Mr. Vig^r qui n'étaient que celles de la reconnaissance envers eux comme applicables à Sir John Colborne et à sa conduite du vivant de leur prédécesseur. Il a confondu des choses ditee dans plusieurs entretiens comme relatives à des objets différents. Il paraît de même avoir pris dans un sens absolu des termes qui n'en avaient qu'un relatif.
Par exemple, il se trouve beaucoup de vérité dans ce qu'on fuit dire à Mr. Viger que "s'il avait à se plaindre de l'injustice de son emprisonnement, il n^en pouvait blâmer le Gouverneur autant que ceux qui l'entouraient qui l'avaient conseillé d'abord ; " mais Mr. Viger ne pouvait pas de même dire qu'il aurait été bien injuste "de se plaindre de la manière dont en le traitait,"" si, comme la lettre pourrait le faire croire, il eût alors été que-tion de la conduite du Gouverneur avant l'époque de la nomination des nouveaux shérirTs. Sans parler de ce qui se trouve de relatif à cet objet dans la première partie de ce mémoire, ni de ce qu'on qualifie de petites misères attribuées, d'une manière exclusive dans la lettre à Mr. de SL Ours aux quelles on viendra plus tard, une couple de traits suffiront pour faire voir si Mr. Viger devait se croire sans sujet de plaintes contre Sir John Colborne, par rapport à la manière dont on le traitait dans la prison.
Pendant les deux premiers mois de sa détention, Mr. Viger ne pouvait, non plus que les autres détenus politiques, voir personne du dehors. Il n'avait, oendant cet espace de temps, reçu qu'une fois des nouvelles de sa maison, dont la prison n'est pourtant guèr* qu'à quinze arpens. Lorsqu'on se fut graduellement relâché de cette rigoureuse surveillance, il n'en était pas moins nécessaiie à Mme. Viger déjà plus que sexagénaire, d'obtenir chaque fois, pour le venir voir, une permission par écrit du surintendant de police, contresignée par le secrétaire civil. Des infirmités graves et des souffrances journalières dont les accès ne pouvaient pas se prévoir d'avance, la mettaient dans le cas de ne pouvoir pas profiter toujours de ces permissions, lorsqu'elle les avaient obtenues. Force était alors d'en demander de nouvelles ou de s'abstenir de ces visites.
C'est en vain que Mr. Viger, dans ers lettres, avait, d'après < motifs là même, sollicité de Sir John Colborne pour e le une permission générale ou, comme il le suggérait, celle de le venir voir un certain nombre de fois dans un temps donné.' Ce n'est qu'après la nomination des nouveaux shérilis et par leur intervention qu'ei e a pu voir ton mari sans, .cha-que fois, recou;ir à ces formalités pi us que gênantes, source de dégoûts, sans but comme sans motif.
Par quelles épreuves en outre, il était i:ar fois nécessaire de passer pour obtenir ces permissions -! Vers la fin de l'hiver de mil huit cent trente neuf, un oncle de Mr. Viger, qui demeure à douze lieues de Montréal, alors âgé de soixante-seize an-, fit ce voyage pour le venir voir dans sa piison. D'abord il se présenta, pour demander cette permission, chez le surintendant de police, qui lui dit qu'il ne pouvait l'accorder, mais de voir le Secrétaire civil, au bureau du quei il se rendit vers les dix heures et demie du matin. Le Secrétaire lui fit dire de revenir à une heure après midi. Cette seconde fois, le Secrétaire lui fit dire qu'il était bien occupé, mais de revenir à deuK heures et demie. L'oncle de Mr. Viger de retour à cette heure attei.dit trois quarts d'heure, après les quels on vint lui dire de nouvau, de la part du Secrétaire, d'aller trouver Mr.* Leclerc, le surintendant de police ; i! l'aurait fait le lendemain, sans le dégel considérable, ((ui lui fosait craindre que tes route.- ne devinssent de . suite impraticables, et lu: fit prendre enfin la résolution de repartir, manquant par là le but de s-n voyage.
Qui pourrait die, en présence de fats de cette nature, qu'avamt la nomination désshérilîs actuels, Mi\ Vi:r r put s'être applaudi " de la grande facilité qiCon donnait à sa famille et cl tous ceux qui voulaient le visiter."
Dans sa let're, le shriiu ajoute que la chose est à sa connaissance personnelle ; c'est bien la vérité par lappovt «à lui-même ; mais pour la faire connaître en entier, comme'avec <-.\nctitude, il est nécessaire d'ajouter que Mr. Viger ne jouissait de cet avantage' que depuis la nomination des nouveaux slv rius, aux quels il en était redevable.
Pour le Gouverneur, il est possible qee sur cet article, comme sur tant d'autres, on l'eût troiupô. Mais que p>nser d'erreurs aussi palpables et d'une aussi longue durée dans ces circonstances 1
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