DEPENSES
Depuis le 26ème jour du mois d'août 1854, y compris une petite somme dépensée auparavant, jusqu'au 10 de février 1857 $7,389.66
Depuis le 7 mars 1857 jusqu'au mois d'août 1859 23,564.44
Après cette époque pour plâtrer l'église, etc 2,693.84
Jusqu'au 1er Janvier 1860 $33,647.94
86 RÈMINISCE^JCES ET MEMOIRES.
Dépenses payées :
Par collections et dons, comme déjà spécifié $10,108.20
Par sommes reçues de la Société de la Propagation de la
Foi, par rentes des bancs, etc 18,987.59
Dettes (1er janvier 1860) 4,552.15
Au commencement de 1859, j'eus à faire construire un bâtiment en pierre de soixante-treize pieds de larg-eur, cinquante pieds de profondeur, et trois étag^es de haut. Mon motif était de le louer et de me servir des rentes pour payer les taxes et pour les besoins du diocèse. Les dépenses furent d'environ sept mille piastres ($7,000), dont la moitié fut payée avec les fonds du Diocèse et l'autre moitié avec de l'arg-ent emprunté.
Quelques jours avant la crise financière de 1857, j'avais loué ce terrain à une personne respectable de St-Paul; mais comme il ne put recevoir des fonds qu'on devait lui envoyer, il me pria de le délier de son engfag^ement. Je me rendis à ses désirs et il me donna cent piastres ($100) pour la Cathédrale.
Que Dieu bénisse tous ceux qui ont contribué à la construction de la Cathédrale! leurs dons sont inscrits dans le ciel; l'obole donnée par une pauvre veuve ne sera pas laissée sans récompense.
Le devoir le plus essentiel de l'Administrateur d'un Diocèse et d'un Pasteur des âmes est de veiller sur son troupeau, avec toute la vig-ilance dont il est capable, de nourrir les ouailles confiées à ses soins avec la parole de Dieu et les sacrements de l'ég-lise qui ont été institués par Notre Seigneur Jésus-Christ pour purifier, sanctifier, et même déifier nos âmes. C'est l'Esprit de vérité qui a enseigné à l'Eg'lise de Dieu que par la grâce des sacrements nous participons de quelque manière à la nature divine — Divinae consortes Naturœ.
Ayant reçu la charge d'administrateur du Diocèse de St- Paul, nous aperçûmes par la g-râce de Dieu, l'étendue de nos obligations. Mais où trouver immédiatement des ouvriers pleins de zèle pour suffir aux besoins urgents d'un champ si vaste, dans lequel il y avait une population catholique d'environ cinquante mille âmes. A cette époque dix-sept prêtres composaient tout le clergé du Diocèse dont les limites étaient les mêmes que celles du Territoire du Minnesota. Bien
vive était la peine que je ressentais en voyant un si grand nombre d'âmes sous ma charg^e en dang-er de périr parce quelles n'avaient pas de pasteurs pour leur distribuer le pain de vie, et je n'en avais pas à leur envoyer.
Cette impossibilité d'envoyer des prêtres dans toutes les nouvelles localités occupées par les catholiques, était aussi la cause d'une profonde affliction pour Mg-r Crétin avant son décès; il n'avait néglig"é aucun moyen possible pour aug-menter le nombre de ses missionnaires pour cette partie de la vigne du Seig-neur; il avait frappé à la porte de tous ceux en qui il avait quelque espérance de recevoir du secours, et pendant les six années de son épiscopat il n'avait jamais cessé d'invoquer Dieu par des prières ferventes pour le même objet, se rappelant sans cesse les paroles de notre Sauveur: La moisson est grande mais il y a peu d'ouvriers. Priez donc le maître de la, moisson, qu^ il envoie des ouvriers en sa moisson (Matt, IX, 37, 38.) Plein de confiance aussi en la mère de Jésus, ses supplications vers Dieu étaient presque toujours accompag-nées de quelques prières à Marie afin d'obtenir le secours de sa puissante intercession. Il s'adressait aussi souvent auxang"es et aux Saints de la cour céleste, et plus d'une fois je fus invité à suivre son exemple.
En 1853 Mg-r Crétin établit à St-Paul une école spéciale, où l'on enseig-nait le latin à quelques jeunes gfens qui avaient manifesté des dispositions à la vocation sacerdotale. Parmi eux étaient John Ireland et Thomas O'Gorman qui furent envoyés plus tard en France par Mgr Crétin afin d'y faire les études nécessaires pour le sacerdoce. Ce fut dans l'automne de 1853, lorsque j'eus à faire un voyage dans mon pays natal.
Avant mon départ de St-Paul Mgr Crétin me recommanda de lui emmener quelques prêtres, ou quelques séminaristes. A mon retour à St-Paul j'étais accompagné de sept séminaristes, Messieurs G. Keller, S. Sommereisen, F. Hurtli, C. Robert, A. Oster, L. Caillet, et F. Tissot. Cinq furent ordonnés prêtres par Mgr Crétin et les deux autres par MgT Smith de Dubuque. Depuis le temps de leur ordination jusqu'à présent (1867), ils ont tous exercé le saint ministère dans le Diocèse de St-Paul. Puissent-ils vivre longtemps, et toujours pleins de zèle pour le salut des âmes, afin de glorifier
Dieu et de s'enricliir eux-mêmes, et multitude d'autres de ces biens spirituels qui ne sont pas sujets aux vicissitudes des choses de ce monde! Mes supplications au Seig-neur ne sont pas moins ardentes pour tous les membres du clerg-é de ce Diocèse et j'espère qu'ils ne m'oublieront pas dans leurs prières!
Nous devons aussi mentionner le Révd Père Lédon, qui pendant huit ans a exercé avec beaucoup de zèle le saint ministère à St-Antoine et à St-Paul. Beaucoup affaibli par trop de travail, il fut oblig-é de s'en retourner en France en 1859.
En 1857, les bons Pères Bénédictins n'étaient encore que quatre dans ce Diocèse et les Frères convers du même ordre six, mais en 1858 les Pères étaient au nombre de huit, et les Frères dix; l'accroissement de ces Pères pieux et dévoués fut pour moi un sujet d'une grande consolation. Ce Diocèse a contracté envers le Très Révérend B. Wimmer, Abbé de St-Vincent, une dette de reconnaissance qui ne sera jamais oubliée.
A la même époque, 1857, les Sœurs de St-Joseph s'étaient multipliées, elles avaient un pensionnat, une école paroissiale et un hôpital sous leur charge à St-Paul, et à St-Antoine un pensionnat et une école paroissiale. En 1858 leur nombre s'élevait à dix-huit. Les Sœurs Bénédictines avaient un couvent à St-Cloud. Les services de ces charitables et pieuses vierges consacrées au Seigneur, étaient alors comme ils le sont maintenant très utiles à la religion.
Que Dieu plein de miséricorde daigne augmenter de plus en plus leur nombre pour la gloire de son nom et pour le bien spirituel et temporel de ceux au milieu desquels elles vivent! Puisse la vertu de leur bon exemple répandre au loin la bonne odeur de Jésus-Christ!
Le premier évêque de St-Paul n'est plus, mais la vigne qu'il a plantée et arrosée pendant six ans des sueurs de son front continuera, par la grâce de Dieu de fructifier et de porter des fruits précieux jusqu'à la fin du monde. Ces fruits heureux seront recueillis par la main de Dieu, et portés dans son royaume pour le glorifier et être glorifiés par lui pendant toute l'éternité. Le premier évêque de St-Paul n'est plus avec nous; mais nous avons la douce confiance qu'il est avec Dieu; qu'il n'a pas abandonné ses enfants en Jésus-Christ, que ses prières pour son troupeau, qui étaient si ferventes sur la terre,
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sont devenues encore plus ardentes dans le Ciel, parce qu'il comprend encore mieux nos dangfers et nos besoins. Nous avons donc bien des raisons de croire que si l'année après sa mort nous avons eu une église assez vaste pour contenir toute la cong^rég-ation; si la même année le nombre des prêtres du Diocèse s'élevait à ving-t-sept, ayant aug^menté de dix depuis sa mort, et si l'année après, en 1859, la Divine Providence avait chang-é nos jours de deuil et de tristesse en des jours de félicité et de joie, en nous envoyant, comme un don du ciel, notre présent, pieux et dévoué Pasteur, Mgr T. Grâce; nous avons, dis-je, bien des raisons de croire que' toutes ces faveurs nous sont venues principalement par les prières et l'intercession de notre premier évêque. Monseigneur Joseph Crétin, le Fondateur de ce Diocèse.