‹ Mémoires, reminiscences et conférences de Monseigneur A. Ravoux, V.G. --Chapitre 45 sur 57 · PROCURERONT UNE GLOIRE ET UN BONHEUR ÉTERNELS · texte numérisé non relu

PROCURERONT UNE GLOIRE ET UN BONHEUR ÉTERNELS

DANS LE Ciel — Malheur à celui qui refuse d'obéir 1 ses Commandements!

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?— Rom. vm. 31.

Quoique tous les ennemis du Christianisme se réunissent ensemble pour former de nouveaux complots contre Jésus et ses disciples; quoiqu'ils s'arment de fer et de feu pour mettre à mort les enfants du Christianisme et détruire la relig-ion de Jésus, tous leurs efforts sont vains et inutiles. Dieu est pour nous. Chrétiens; Dieu le Créateur, le Conservateur de toutes choses, qui par une simple parole peut réduire en cendres tous ses ennemis est pour nous, avec nous, et en nous. Qu'avonsnous à craindre? Il considère toutes leurs voies; toutes leurs pensées lui sont connues. Il se moquerait de tous leurs efforts insensés; tous leurs traits retomberaient sur eux-mêmes. Qui a jamais combattu contre le Tout-Puissant et a été victorieux? Calig-ula, Néron, Celse, Porphyre, Julien, Voltaire et des milliers d'autres, leurs disciples, ont mis en œuvre toute sorte de moyens contre le Christianisme. L'ont-ils détruit? Ont-ils arrêté sa vig-ueur? Ne se sont-ils pas couverts de honte? Plusieurs d'entre eux ne se sont-ils pas repentis de leur fureur, comme Saint Paul? Plusieurs de ceux qui furent

persécuteurs jusqu'à la fin de leur vie, ne sont-ils pas morts d'une mort infortunée, comme Julien l'Apostat? Lisez l'histoire des persécuteurs du Christianisme par Lactance, mors persecutorum, ou l'ouvrag^e de Joseph, le grand écrivain de la nation juive, de bello judaico, ou l'histoire de l'Eg'lise, et vous comprendrez que le doig-t de Dieu était là!

Les infidèles parlent-ils avec orgueil contre notre religion sainte et divine? Se réunissent-ils ensemble pour sa destruction? Ne craignez pas, ils sont incapables de réussir. Dites vous à vous-mêmes: Le Christianisme a été établi par le Tout- Puissant pour durer jusqu'à la fin du monde; aucune puissance ne peut le détruire. Priez Dieu d'éclairer vos esprits, lisez avec attention cette conférence, refléchissez-y, et vous serez de plus en plus convaincus que le Christianisme est l'œuvre de Dieu. O que le Christianisme est beau! Qu'il est pur! Qu'il est saint! Qu'il est sublime! Qu'il est consolant pour l'homme vertueux! Qu'il est terrible pour celui qui se laisse entraîner par ses passions perverses! Qu'il est austère dans ses maximes! Il nous montre un Dieu qui est partout, qui voit toutes nos actions, qui connaît toutes nos pensées, qui a créé toutes choses, qui les conserve par sa bonté, qui peut les détruire par sa puissance. Il nous fait connaître l'histoire de nos maux; notre naissance dans les pleurs, nos jours passés dans la douleur, et notre mort dans les souffrances. Il nous explique comment nous sommes devenus enfants de colère, et comment nous pouvons être rétablis dans l'amitié de Dieu. Il nous excite aux vertus les plus héroïques par l'espérance d'une éternité de bonheur; il comprime nos passions les plus violentes par la crainte d'une éternité de supplices. Ces lois sont très pures et très saintes. Réfléchissez sur ces préceptes de son divin fondateur: "Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de toutes vos forces, et de tout votre esprit .... et votre prochain comme vousmême. (Matt. XXII, 37, 39.)

"Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient." (Matt. V. 44.)

Soyez purs dans vos pensées, dans vos paroles et vos actions, car "Je vous dis que quiconque regardera une femm

pour la convoiter a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur." (Matt. V. 28.)

Faites-vous violence à vous-mêmes; combattez sans cesse contre vos mauvaises inclinations; g-ardez mes commandements, et une grande récompense vous sera accordée dans le Ciel. Mais quiconque refusera d'obéir à mes préceptes, et mourra coupable de pécbé mortel sera condamné aux flammes éternelles. Rappelez-vous que "le royaume du Ciel souffre violence, et les violents seuls le ravissent." {Matt. XI, 12.) De là, tous ceux qui sont au Christ, ont crucifié leur chair, leurs vices et leur concupiscence. {St-Paul aux Gai. V. 24.)

Réfléchissez sur ces préceptes et sur ces doctrines de Jésus-Christ, et priez Dieu de répandre les divins rayons de sa g-râce dans votre âme; et alors vous direz à haute voix: Dieu est l'auteur du Christianisme!

Les prophéties contenues dans les Saintes Ecritures concernant Jésus-Christ, le fondateur de la relig-ion chrétienne, nous fournissent une nouvelle preuve de la divinité de son origfine. Sa naissance, ses actions, ses miracles, ses souffrances, sa mort, sa résurrection et son ascension dans le ciel furent prédits par les prophètes de la nation juive, plusieurs siècles avant leur événement. Ils étaient donc instruits par l'inspiration divine.

Daniel annonce le temps de son arrivée. {Dan. IX.) Michée prédit que Bethléem sera le lieu de sa naissance. {Micb. V.) David parle des rois de l'Orient qui viendront l'adorer et lui offrir leurs présents. {Ps. LXXI.) Agg-ée publie la g-loire du second temple, parce qu'il doit être visité par le désiré des nations. {Ag. II.) Isaïe entend la voix du précurseur du Messie, qui crie dans le désert, de préparer la voie du Seig-neur. Jsaïe XL. 3.) Selon le même prophète son nom sera l'Admirable, le Conseiller, le Dieu Puissant, le Père du siècle à venir, le Prince de la paix. {IX. 6.) Alors les aveug-les verront, les sourds entendront, les boiteux sauteront comme le cerf, et la lang-ue des muets deviendra libre. {XXXV.) "Il serala cause de sanctification pour vous," (qui craignez Dieu) " et pour les deux maisons d'Israël une pierre de chute et de scandale." {VIII. 14.) Car il sera méprisé parmi eux, et le plus abject des hommes. Pour nos péchés il sera conduit à la boucherie

comme un ag-neau. Mais par ses souffrances pour le coupable, il deviendra le chef d'une postérité innombrable. C'est rég"lise à laquelle les gfentils se rendront de toutes parts. (LUI et LIV.) David vit ses mains et ses pieds percés, son corps couvert de blessures, sa mort cruelle, les lots jetés pour ses vêtements, sa résurrection g*lorieuse, son ascension au ciel; il le vit assis à la droite de son Père pour toujours. Ps. XXL 18, 19 et CIX, 1.) Daniel parle de l'abolition des anciens sacrifices, de la destruction de Jérusalem et de son temple. (7X, 26,27.) Malachie déclare que Dieu n'a plus de plaisir parmi les Juifs, qu'il rejettera tous leurs sacrifices, et qu'un nouvel holocauste lui sera offert par les g-entils dans tout l'univers. {Mal. I, 10, 11.

Lisez le Nouveau Testament, et vous verrez que toutes les prophéties concernant le Messie, ont été accomplies dans la personne de Jésus-Christ. Les autres prophéties dont nous avons parlé plus haut, ont aussi reçu leur accomplissement. Toutes ces prophéties sont rapportées dans les livres sacrés des Juifs, qui sont les ennemis du nom chrétien. Quelle preuve en faveur du christianisme! Qui, rejetant tout préjug-é ne voit pas que les Juifs ont été dispersés parmi toutes les nations du monde, par la divine Providence pour l'accomplissement des prophéties contenues dans leurs volumes sacrés, et comme des preuves vivantes de la vérité du Christianisme?

Les livres du Nouveau Testament considérés seulement comme livres historiques seraient suffisants pour prouver la vérité de la religfion chrétienne. Nous lisons dans ces livres que Jésus son fondateur, opérait de grands et de nombreux miracles en faveur de ses doctrines. A sa voix les boiteux marchaient, les aveugles voyaient, les sourds entendaient, les muets parlaient, les malades étaient guéris, les morts étaient ressuscites. Il marchait sur la mer, il nourrissait des milliers de personnes avec quelques pain?, il commandait à la mer et elle lui obéissait; les démons eux-mêmes reconnaisaient sa puissance.

Mais quelques infidèles ne pourraient-ils pas objecter et dire que malgré ses miracles il fut méprisé, persécuté et crucifié? Cela est vrai, et nous n'avons pas lieu d'avoir honte

de ses humiliations et de ses souffrances. Il fut saisi comme un criminel, on se moqua de lui, on lui cracha au visag-e, on le couronna d'épines, on le condamna à mort, on le crucifia et il expira au milieu des tortures les plus horribles. Mais à sa mort le soleil s'obscurcit, la terre trembla, les rochers se fendirent, des morts sortirent de leurs tombeaux, et le troisième jour après sa mort selon sa prédiction il sortit g-lorieux de son sépulcre et les soldats qui le gardaient témoins de sa résurrection tombèrent comme morts. Et après sa résurrection, il conversa avec ses disciples dans diverses circonstances pendant les quarante jours qui précédèrent son Ascension au ciel dont ils furent les témoins. Dans une de ses apparitions, plus de cinq cents personnes qui étaient réunies ensemble le virent ressuscité d'entre les morts.

Nous lisons aussi dans le Nouveau Testament, que Jésus-Christ commanda à ses Apôtres de prêcher sa doctrine dans tout l'univers. Il leur donna le pouvoir de faire des miracles en témoig^nage de leur mission divine. Obéissant à ses ordres, dès qu'ils eurent reçu le Saint-Esprit, dix jours après son Ascension au ciel, ils se dispersèrent, prêchèrent partout la religion chrétienne, opérant des miracles en témoig-nag-e de ce qu'ils annonçaient. Dans deux discours. St. Pierre convertit plus de huit mille personnes et observez que cet événement eut lieu dans Jérusalem, où son divin maître avait été crucifié cinquante-trois jours auparavant. Les Apôtres furent menacés, ils reçurent l'ordre de cesser de prêcher cette nouvelle doctrine. Mais pleins de courag-e et sans crainte, ils répondent qu'il est mieux d'obéir à Dieu qu'aux hommes, et continuèrent leur mission, préférant d'être jetés dans les prisons plutôt que de cesser de faire ce qui leur avait été commandé. St-Pierre fut chargé de chaînes; mais le Seig-neur lui envoya un ange, qui brisa ses chaînes, et ouvrit les portes de sa prison; les autres Apôtres ayant aussi reçu leur liberté, prêchèrent comme auparavant, Jésus-Christ et sa doctrine. Ils furent de nouveau en danger de perdre la liberté et la vie, mais ils s'estimaient heureux de souffrir la persécution pour une si bonne cause, et même de répandre leur sang, afin de rendre témoignage par leurs souffrances et leurs tortures à la vérité de ce qu'ils annonçaient. Enfin ils souffrirent le martyre

pour le Christianisme. {Actes des Apôtres. — Histoire de VEglise.

Qui peut refuser de croire au témoig-nage de ceux qui méprisent les tourments et la mort; qui, avec patience et joie, souffrent et meurent dans les tourments pour attester ce qu'ils ont vu et entendu?

Les infidèles nous demandent-ils des preuves concernant les faits rapportés dans le Nouveau Testament. Avec la grâce de Dieu, nous tâcherons de les satisfaire sur un sujet d'une si grande importance. Les faits rapportés dans le Nouveau Testament sont vrais, si les écrivains du Nouveau Testament n'ont pas été trompés, s'il n'ont pas voulu tromper, s'ils n'avaient pas pu tromper, et si leurs écrits n'ont pas été falsifiés dans les siècles suivants.

Premièrement. — Ils n'ont pas été trompés sur les faits qu'ils rapportent. Quelques-uns avaient été témoins oculaires des faits qu'ils racontent. Les autres les connaissaient par la voix publique, comme ils le disent eux-mêmes dans leurs écrits. Les faits qu'ils rapportent en faveur du Christianisme sont des miracles évidents, comme par exemple quand ils disent: " Qu'ils virent Jésus marcher sur la mer, nourrir des milliers de personnes avec quelques pains, rendre la vie aux morts, et se montrer lui-même à des centaines de personnes après sa résurrection. Leurs écrits prouvent aussi qu'ils étaient des hommes d'un jugement bon et solide. Donc, ils ne furent pas trompés.

Secondement. — Ils n'eurent pas le dessein de tromper, car personne ne désire tromper dans des faits de grande importance sans motif. Quels motifs pouvaient avoir les écrivains du Nouveau Testament pour essayer de tromper toutes les nations? Etait-ce dans l'espérance du gain? Non; car ils laissèrent tout pour suivre Jésus, dont voici les maximes: A moins qu'un homme quitte tout ce qu'il possède, il ne peut être mon disciple — Heureux les pauvres, malheur aux riches! — Etait-ce le désir de la gloire, des honneurs? Non; car ils savaient et annonçaient partout, qu'ils seraient méprisés et persécutés comme leur divin maître. Par leurs discours et leurs actions ils donnèrent de fortes preuves de leur sincère humilité. Dans leurs écrits ils exposent aux yeux du monde

entier l'infériorité de leur naissance et de leurs occupations, leur ignorance, leur peu de courage, leur fuite à la mort de Jésus, et leurs nombreuses fautes. — Furent-ils induits à écrire dans l'attente des plaisirs de cette vie? Non; au contraire, les prisons, les chaînes, les tortures et la mort étaient tout ce qu'ils pouvaient attendre en annonçant aux Juifs et aux païens une religion si opposée à leurs passions et à leurs désirs. Telles étaient les promesses qu'ils avaient reçues pour ce monde de leur divin maître. De là; s'ils méprisèrent la persécution et la mort n'était-ce pas parce qu'ils croyaient fermement à la promesse d'une récompense éternelle qui leur avait été faite? Donc, ils n'eurent aucun motif de tromper et ils ne voulurent pas tromper.

TROisiifeMEMENT. — Eussent-ils eu quelques motifs de tromper les hommes, ils n'auraient pu réussir dans leur dessein. Après la mort de Jésus-Christ, les Apôtres et plusieurs autres de ses disciples, opérèrent de grands et nombreux miracles en faveur du Christianisme, en présence d'un grand nombre de témoins, comme nous le voj'ons rapporté dans leurs écrits; et dans le temps même où plusieurs d'entre eux vivaient encore; car ils parlent du temple de Jérusalem comme existant, néanmoins nous savons qu'il fut détruit environ quarante ans après la mort de Jésus-Christ. Si leur narration eût été fausse, bien des personnes auraient découvert le mensonge ou l'erreur, et leur dessein eût été sans effet. Les païens, les Juifs et les hérétiques des premiers siècles ne nient pas les œuvres admirables racontées dans le Nouveau Testament. Les païens les attribuaient à la magie. Parmi eux nous pouvons citer Celse, Porphyre, Hiéroclès, Philostrates et Julien. Les Juifs les attribuaient à la puissance du démon. Les hérétiques donnaient pleine foi à l'autorité de l'Evangile, quoique l'explication de la doctrine qu'il contenait fût fausse. N'auraient-ils pas découvert le mensonge si les écrivains Sacrés eussent été coupables de pareils crimes, ne l'auraient-ils pas inscrit dans l'histoire? Les païens étales Juifs qui embrassèrent alors le Christianisme, une religion si austère, si contraire aux passions humaines, l'auraient-ils fait, s'ils avaient eu quelque doute sur la vérité des miracles de Jésus et de ses Apôtres. Il est donc clair que les écrivains du Nou-

veau Testament n'auraient pu tromper le g-enre humain, lors même qu'ils eussent eu un motif de le faire.

Quatrièmement. — Les faits recontés dans le Nouveau Testament ne furent pas falsifiés dans les siècles suivants. Dans tous les temps, l'Kgflise a g-ardé avec une profonde vénération les livres du Nouveau Testament. Nos pères dans la foi étaient accoutumés dans leurs assemblées à prêter une oreille attentive à la lecture et à l'explication des Saintes Ecritures, qui leur étaient données par les ministres de l'Kg'lise. Les livres du Nouveau Testament furent traduits dans différentes langfues, et furent mis en usage et lus parmi bien des nations dès le commencement du Christianisme. Supposé que quelque nation eût voulu corrompre ou falsifier les Livres Sacrés, les autres nations n'auraient-elles pas découvert la fausseté? N'auraient-elles pas transmis cela à leurs enfants? Falsifier les Saintes Ecritures était une impossibilité même pour une seule nation. Les premiers chrétiens avaient pour elles un si grand respect qu'ils préféraient la mort plutôt que de les livrer aux ennemis du Christianisme, qui mettaient tout en œuvre pour les détruire. Si des chrétiens, vaincus par les tortures, les livraient pour être consumés dans les flammes ils n'étaient plus comptés parmi les fidèles, à moins qu'ils ne se repentissent, et se soumissent à une pénitence sévère qui leur était imposée par l'Eg^lise. Qui pourrait donc supposer que le Nouveau Testament aurait pu être falsifié sans exciter une protestation g-énérale contre la falsification, 'dans tous les pays où le Christianisme avait été planté? Mais l'histoire nous donne aucun sig^ne d'une pareille protestation. De là il s'en suit que les livres de Nouveau Testament ne furent pas falsifiés, dans les premiers siècles du Christianisme, et par les mêmes raisons dans les siècles suivants, jusqu'à nos jours. De là il est évident que les faits qu'ils contiennent sont vrais, et que le Christianisme est l'œuvre de Dieu.

Pour vous convaincre de plus en plus que les faits contenus dans le Nouveau Testament sont vrais, permettez-moi de vous faire quelques questions : Croyez-vous les faits principaux de l'Histoire des Etats-Unis, et spécialement ce que nous lisons concernant les travaux, les combats, les dang-ers et les succès de Washing"ton et des autres fondateurs de la

République des Etats-Unis. Sans doute, nous croyons qu'ils sont vrais, et personne ne peut les contester, telle est votre réponse — Croyez-vous que ces faits seront crus après le laps de trois, quatre cents ans? — Oui, nous pensons qu'il ne s'élèvera aucun doute sur ces faits après plusieurs siècles, après même plusieurs milliers d'années, si le monde existe encore; car aucun chang^ement d'importance dans ces faits ne pourrait avoir lieu, sans être immédiatement contredit par un g-rand nombre d'écrivains, et l'homme coupable d'une pareille falsification se trouverait aussitôt couvert de honte. Maintenant examinez si les faits concernant Jésus- Christ, comme ils sont rapportés dans le Nouveau Testament sont de moindre importance, que ceux de l'Histoire des fondateurs de la République des Etats-Unis. Les faits de l'Histoire concernant la Relig^ion de Jésus-Christ sont, sans doute, d'une plus grande importance puisqu'ils nous apprennent les moyens de vivre en paix en ce monde, unis à Dieu notre Créateur, et à nous enrichir de biens éternels, en comparaison desquels toutes les richesses et tous les plaisirs de ce monde ne sont rien; car ils seront bientôt évanouis pour nous, comme ils le sont pour ceux qui dorment dans la poussière du tombeau. Aussi toutes les Nations Chrétiennes veillent sur ce précieux dépôt, afin de le conserver intact et sans falsification; et n'oublions pas que, dès le commencement du Christianisme, les disciples de Jésus se répandirent presque sur toute la surface du gflobe. De là, nous devons donc en conclure que les faits du Nouveau Testament n'ont pas été falsifiés.

Les infidèles eux-mêmes, bien des fois, frappés d'un sentiment d'admiration en lisant le Nouveau Testament n'ont pu s'empêcher de rendre hommag-e à la vérité. Ecoutez J.-J. Rousseau un des coryphées de l'incrédulité moderne: "Je vous avoue que la majesté des Ecritures m'étonne et la sainteté de l'Evang-ile parle à mon cœur. Voyez les livres des philosophes avec toute leur pompe; qu'ils sont petits près de celuilà! Se peut-il qu'un livre, à la fois si sublime et si simple, soit l'ouvrag-e des hommes? Se peut-il que celui dont il fait l'histoire ne soit qu'un homme lui-même? Est-ce le ton d'un enthousiaste ou d'un ambitieux sectaire? Qu'elle grâce tou-

chante dans ses instructions! Quelle douceur, quelle pureté, dans ses mœurs! Quelle élévation dans ses maximes! Quelle profonde sag-esse dans ses discours! Quelle présence d'esprit, quelle finesse et quelle justesse dans ses réponses! Quel empire sur ses passions! Où est l'homme, oii est le sa^e qui sait agir, souffrir et mourir sans faiblesse et sans ostentation?" Il fait ensuite une comparaison entre Socrate et Jésus, qu'il termine par ces paroles: "La mort de Socrate, philosophant avec ses amis est la plus douce qu'on puisse désirer; celle de Jésus expirant dans les tourments, injurié, raillé, maudit de tout un peuple, est la plus horrible qu'on puisse craindre. Socrate, prenant la coupe empoisonnée, bénit celui qui la lui présente et qui pleure; Jésus, au milieu d'un supplice affreux prie pour ses bourreaux acharnés. Oui, si la vie et la mort de Socrate sont d'un sag-e; la vie et la mort de Jésus sont d'un Dieu." — -/. /. Rousseau — Emile.

Considérons maintenant le progrès du Christianisme dans sa naisance, au milieu des plus grands obstacles, et nous aurons une nouvelle preuve de son institution divine. Les Juifs et les païens l'attaquèrent avec fureur. Jésus son fondateur fut crucifié; ses apôtres furent persécutés et mis à mort, et leurs disciples eurent à boire le calice de douleur pendant trois siècles, comme il est attesté par les écrivains païens, juifs et chrétiens. Le sang des enfants du christianisme coulait à grands flots dans les villes et les campagnes; leurs ennemis usaient toute espèce de tortures, pour leur faire renoncer Jésus et sa loi. Mais, O Sagesse, O Puisance de Dieu! Rien ne vous est impossible. Les chrétiens meurent par milliers, et leur nombre croît de jour en jour; leur sang est une semence de nouveaux chrétiens, selon l'expression de Tertullien. Et nous devons remarquer que parmi eux il y avait des hommes de grands talents, comme les Ignace, les Polycarpe, les Justin, les Irénée et une multitude d'autres. Soutenus par l'assistance divine, nos pères dans la foi ne craignaient rien, pas même la mort. Consumés par le feu, dévorés par des bêtes féroces, ou coupés en morceaux par l'épée, ils ne faisaient entendre aucune plainte, ils priaient Dieu pour leurs persécuteurs, pour leurs bourreaux; plusieurs touchés par une grâce divine, se proclamaient alors chrétiens,

se rang"eaient parmi les martyrs et étaient baptisés dans leur sangf.

O mort! Cruelle mort! Qui te rendait si ag-réable aux martyrs du Christianisme? Gloire, éternelle g-loire à Dieu! Lui seul pouvait leur donner la force et la joie au milieu des tortures; lui seul pouvait préserver le Christianisme d'une destruction totale, au milieu des tempêtes de la persécution qui furent si nombreuses et si terribles!

Nous ferons aussi quelques remarques sur la prédiction de Jésus-Christ concernant Jérusalem, son temple et ses habitants. Jésus avait prédit aux Juifs la destruction de Jérusalem et de son temple, et les maux qui devaient tomber sur eux et sur leurs enfants. Parlant de Jérusalem, il prononça ces paroles à jamais mémorables: "Des jours viendront pour toi, où tes ennemis t'environneront de tranchées, qu'ils t'enfermeront et te serreront de toutes parts; qu'ils te raseront, te détruiront entièrement, toi et tes enfants qui sont dans tes murs, et qu'ils ne te laisseront pas pierre sur pierre, parce que tu n'as pas connu le temps auquel Dieu t'a visitée. (Luc. Cb. XIX. 43,44.) Dans un autre passag-e nous lisons: "Ils tomberont sous le tranchant du gflaive, ils seront amenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les Gentils jusqu'à ce que le temps des nations soit accompli. {Luc. Ch. XXI. 24.) Kt quand il se rendait sur la montagne du Calvaire pour y être crucifié. Il dit aux femmes de Jérusalem qui pleuraient sur lui: "Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants." {Luc XXIII. 28.)

Joseph et Philo, deux historiens juifs qui vivaient au commencement de l'ère chrétienne, ont écrit les maux que leur nation eut à souffrir quelques années après la mort de Jésus-Christ, sous les règnes de Tibère, de Caligula, de Claudius et de Néron. Opprimés par les Romains, les Juifs se révoltèrent contre eux; les Romains entourèrent Jérusalem avec une puissante armée; la famine et la dissention parmi les Juifs furent horribles, et leurs souffrances si affreuses qu'on rapporte qu'une mère tua son enfant, le fit rôtir pour appaiser sa faim dévorante. Enfin la ville fut renversée; le temple fut réduit en cendres, onze cent mille juifs furent massacrés,

OU périrent pendant le siège, quatre-ving-t-dix-sept mille furent faits captifs, et plus tard furent publiquement mis à mort ou vendus comme esclaves. {Voyez Joseph, Liv. VI.) Rappelons-nous les cris des Juifs en présence de Pilate: " Que son sang- tombe sur nous et sur nos enfants." {Matt. XXVII. 25.) De là, un écrivain païen, nommé Phlégon, qui vivait dans le second siècle, réfléchissant sur la prédiction de Jésus dit: "Qu'aucun homme auparavant n'avait prédit des choses à venir d'une manière si certaine ou qui avaient été accomplies avec tant de précision. {Phlegon thra. lib. annal.)

Faisons aussi quelques réflexions sur les mystères du Christianisme, pour démontrer le faux raisonnement des infidèles sur ce sujet. Les mystères du Christianisme sont audessus de la raison humaine, comme par exemple, le mystère de trois personne^ en Dieu; le Fils de Dieu souffrant et mourant sur une croix pour les péchés du monde; la résurrection des corps, au dernier jour. Dieu a révélé ces mystères aux hommes, et nous sommes obligés de les croire, parceque Dieu est la vérité même et qu'il ne peut se tromper — Les infidèles pleins d'orgueil, vous ont dit, peut-êtr^^^ plus d'une fois, avec un sourire moqueur: " Qui, à l'exception des ignorants et des hommes superstitieux, peut croire de tels mystères?" Vous pouvez leur répondre:" Ces mystères, ainsi que les autres qui sont contenus dans les Saintes Écritures, sont au-dessus de la raison humaine, mais non contre elle. Nous les croyons parce que Dieu les a révélés aux hommes, et quiconque n'a pas perdu la lumière de la raison, sait que la science de Dieu est infinie, tandis que la nôtre est bien limitée. S'ils ne paraissent pas satisfaits d'une telle réponse et vous disent qu'un vrai philosophe ne peut croire une chose quelconque à moins qu'il ne la comprenne bien; faites-leur les questions suivante's: Croyez-vous que naguère vous n'existiez pas? Croyezvous que vous avez été petits enfants, et maintenant des hommes-faits? Croyez-vous que la terre produit l'herbe des prairies, les arbres, les fleurs et les fruits? — Et dites-nous, sincèrement, si vous comprenez bien ces œuvres admirables de la main de Dieu. S'ils répondent: "Oui nous les comprenons très bien." Ne les croyez pas; ils parlent contre leur conscience, et personne ne voudrait y prêter foi; car personne n'i-

g-nore que ces œuvres de Dieu sont au-dessus de notre intellig-ence. A chaque instant du jour nous voyons autour de nous une multitude de mj^stères; pourquoi refuserions-nous donc notre croyance à ceux qui sont enseignés aux hommes par Dieu lui-même?

Bien plus nos mystères sont une preuve en faveur du Christianisme; car qui, ayant l'intention d'inventer une nouvelle religion, oserait les proposer à la croyance des hommes? Qui aurait pu les trouver dans son esprit? Supposé qu'un homme eut inventé de tels mystères, aurait-il été cru sans miracle pour les supporter. Mais Dieu n'a jamais donné aux imposteurs le pouvoir de guérir les malades et de rendre les morts à la vie, afin de tromper le genre humain. De là il est clair que ces mj^stères ont été révélés par la divinité. Si vous lisez l'histoire du Christianisme avec réflexion vous y trouverez une multitude innombrable de faits attestant tous, que Dieu en est l'auteur.

Oui, O Christianisme, tu es certainment l'œuvre de Dieu! Jour et nuit ton divin architecte veille sur toi! Ne crains pas tes ennemis; ils ne peuvent te détruire, ni t'enchaîner comme un esclave; si de temps en temps, le sang de tes enfants est répandu pour rassasier la haine infernale de tes ennemis; ne te laisse pas abattre— Dieu ne t'a pas abandonné! Non, Dieu ne t'a pas abandonné! Il ne t'abandonnera jamais! La terre et le ciel passeront avant que Dieu te laisse privé de douces consolations parmi tes persécuteurs! Dans les temps passés, des millions de tes enfants, afin de donner un témoignage public de leur amour pour toi, ont souffert et sont morts au milieu des tourments! De nos jours encore, des milliers ont à souffrir; dans le temps à venir, bien d'autres auront à souffrir et à donner leur vie pour toi! La persécution ne cessera pas avant la fin du monde; prends courage, ne te laisse pas abattre par la douleur, mais plutôt réjouis-toi en considérant la gloire de ceux qui, ayant été éprouvés et purifiés par la tribulation, comme l'or par le feu, jouissent maintenant dans le ciel d'un bonheur éternel! Oui, réjouis-toi, même dans le temps, de la persécution; car le temps de la persécution est le temps de la moisosn pour toi! Rappelle-toi les trois premiers siècles, lorsque tes enfants étaient mis à

mort par milliers! Dieu te laissa-t-il stérile? Non, certainement non! Les hommes et les ang-es furent frappés d'étonnement à la vue de ta fécondité! Le nombre de tes enfants s'accrut par milliers, tout à la fois dans le ciel et sur la terre! Invoquons Jésus le fondateur du Christianisme, de verser ses grâces divines sur nous, afin que nous puissions marcher sur ses traces, tous les jours de notre vie, et avoir part à sa gloire dans son royaume éternel!

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