L'EGLISE CATHOLIQUE
L'Eglise Catholique est l'Eglise de Dieu, hors de laquelle PERSONNE NE PEUT ÊTRE SAUVÉ À MOINS QU'iL NE SOIT EXCUSÉ PAR l'iGNORANCE INVINCIBLE DE SON ERREUR.
" Travaillant avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix, vous n'êtes tous qu'un même corps et qu'un même esprit, comme vous avez tous été appelés à une même espérance. Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême." (St. Pnul aux Eph. IV. 3, 4, 5.)
Quelle belle leçon est contenue dans ces paroles pour les disciples de Jésus-Christ! Si tous les chrétiens les méditaient avec attention nous ne verrions pas de nos jours un si grand nombre de divisions et de sectes; ils professeraient tous la même cro^-ance; ils seraient tous unis dans un seul corps; ils jouiraient tous des douceurs de la paix, de l'amitié et de la fraternité; tous pourraient s'écrier avec exultation en proférant ces paroles du prophète David: "O qu'il est doux, qu'il est consolant pour des frères de vivre ensemble dans l'unité!" {Ps. CXXXIL 1.)
Puissent tous les chrétiens se voir unis dans une même foi. Puissent-ils montrer par leur union et leur fraternité qu'ils sont les enfants d'un même père! Pourquoi tant de sectes encore voudraient-elles demeurer divisées dans leur croyance? St. Paul ne nous enseigne-t-il pas que notre foi doit être une, comme Dieu lui-même est un? Jésus-Christ n'a-t-il pas institué une Eglise qui est inspirée par le Saint-Esprit, (Jean XVI. 13.) une Eglise qui est la colonne et le fonde-
confêrï;nces. 137
ment de la vérité," (7. Tim. III. 15.) afin de nous enseigner non des opinions mais des doctrines qui doivent être crues sans dang-er d'erreur? N'a-t-il pas déclaré que celui qui " Croira et qui sera baptisé sera sauvé; mais celui qui ne croira pas sera condamné? {Marc XVI. -16.) N'a-t-il pas commandé à ses apôtres "d'enseigner à toutes les nations d'observer tout ce qu'il leur a prescrit, leur promettant d'être avec eux tous les jours, même jnsqu'à la fin du monde?" {Mait. XXVIII. 20.)
Heureux donc ceux qui sont dociles à la voix de l'Kglise de Dieu, et qui croient fermement tout ce qu'elle enseigne, car après cette vie, ils recevront la couronne d'immortalité!
Mais comment serons nous capables de distinguer l'Eglise de Dieu parmi les diverses sectes de chrétiens, chacune d'elles réclamant le droit d'être appelée la véritable église? L'Eglise de Dieu est connue d'entre les autres par l'unité de ses membres dans la foi, dans les sacrements, dans les prières et dans le saint sacrifice, et par son gouvernement. Les autres églises sont divisées même dans le fondement de leur foi. Réfléchissez-y; priez Dieu d'éclairer votre esprit et dites-vous à vous mêmes: Nous sommes tous condamnés à mourir, et après la mort nous serons jugés par un Dieu qui est la justice même! C'est une chose terrible pour le coupable de tomber entre les mains du Dieu vivant! Examinez alors quelle est la véritable Eglise de Dieu et vous entendrez au-dedans de vous une voix qui dit: "Unissez-vous avec ceux qui vivent dans l'unité; éloignez-vous de ceux qui sont divisés. Cette voix est la voix de la raison — la voix des Saintes Ecritures — la voix de la Tradition— de là, la voix de Dieu même. Malheur à celui qui méprisera cette voix, car un jour viendra dans lequel il aura à se tenir devant le tribunal de ce grand Dieu, dont la sentence de condamnation sera irrévocable!
La raison nous enseigne que Dieu qui est la sagesse même ne peut établir une religion qui contient des dogmes contradictoires. Qu'il serait déraisonnable de soutenir que Dieu enseigne des contradictions au genre humain, comme par exemple, que Jésus-Christ est Dieu, et qu'il n'est pas Dieu; que le Baptême est nécessaire pour le salut, et qu'il n'est pas nécessaire; que Jésus-Christ a donné à ses Apôtres et à leurs
successeurs le pouvoir de pardonner les péchés, et qu'il ne leur a pas donné ce pouvoir; que la foi, sans les œuvres, n'est pas suffisante pour nous sauver, et qu'elle peut nous sauver sans les bonnes œuvres; que les peines de l'enfer seront éternelles, et qu'elles ne seront pas éternelles, etc. . . .
Ne serait-il pas coupable d'un grand crime celui qui oserait dire que Dieu est l'auteur de ces propositions contradictoires? Ne serait-ce pas blasphémer et dire que Dieu est un menteur, et l'auteur du mensonge? Que ceux qui ont pensé, dit ou écrit que toutes les sectes de Chrétiens sont également agréables à Dieu réfléchissent sérieusement sur ce sujet. Quoi! la vérité et le mensonge sont-ils également acceptables devant Dieu? Chrétiens, Dieu est la vérité même, il a toujours enseigné la vérité; et la vérité étant une, notre foi doit être une!
Que notre foi doit être une, les Saintes Ecritures l'affirment aussi bien clairement: "J'ai d'autres brebis," nous dit le Sauveur du monde, "qui ne sont pas de cette bergerie; il faut aussi que je les emmène, elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un troupeau, et qu'un pasteur." {Jean X. 16.) Il faisait allusion aux gentils qui devaient être unis aux Juifs convertis pour former son Eglise. Et dans la prière qu'il adressa à son Père pour ses Apôtres et pour tous les chrétiens, il proféra ces paroles: "Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui doivent croire en moi par leur parole: afin qu'ils soient un tous ensemble, comme vous, mon Père, êtes en moi, et moi en vous; qu'ils soient de même un en nous; afin que le monde croie que vous m'avez envoyé. {Jean ch. XVII. 20, 21.) Lisez encore une fois l'avis de St-Paul aux Ephésiens, et réfléchissez sur ces paroles: "Travaillant avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix; vous n'êtes tous qu'un corps et qu'un esprit, comme vous avez été tous appelés à une même espérance. Il n'y a qu'un Seigneur, qu'une foi, qu'un baptême." Ces expressions sont courtes, mais pleines d'énergie afin de graver dans leur esprit la nécessité de l'unité dans la foi. Ne les oubliez pas semble-t-il dire aux Ephésiens: un corps et un esprit; un Seigneur, une foi, un baptême, c'est-à-dire, une église, dont les membres doivent êtres unis dans le même es-
prit et dans la même foi. Le même Apôtre dans son épître à Tite lui dit: "Fuyez celui qui est hérétique après l'avoir repris une ou deux fois; sachant que quiconque est dans cet état, est perverti, et qu'il pèche, étant condamné par son propre jug-ement." (Tite III. 10, 11.) Et dans son épître aux Romains il les exhorte de prendre g-arde à ceux qui causent des dissensions et des offenses contraires à la doctrine qu'ils ont entendue, et de les éviter. {Rom. XVI. 17.) Et aux Galates il leur déclare que les querelles^ les dissensions et les sectes sont des péchés qui excluent du royaume de Dieu. (Gai. V. 20.) L'unité de la foi est donc une marque essentielle de l'Eglise de Dieu.
Venons maintenant à la Tradition; consultons les ouvrages des Pères et des Docteurs de l'Eglise; ils nous ont été donnés afin que nous ne soyons pas emportés ça et là par tout vent de doctrine. Ils parlent tous avec admiration de l'unité de l'Eglise.
Ecoutez St. Ignace, martyr, un Père de l'Eglise du premier siècle: " Celui qui corrompt, dit-il, la foi de Dieu, pour laquelle Jésus-Christ à souffert, est souillé et il tombera dans le feu éternel comme celui qui prêtera l'oreille à sa doctrine." (Epist. ad Eph.)
Nous apprenons aussi de St. Irénée, un Père du second siècle dans son livre contre les hérétiques: "Que l'Eglise a reçu sa foi des apôtres et de leurs disciples, et que c'est la même foi qu'elle annonce et enseigne d'un commun accord,, comme si elle était douée d'une seule langue." (Adversus Hœreses.)
Dans le troisième siècle St. Cyprien, qui écrivit un livre entier sur l'Unité de l'Eg^lise, s'exprime ainsi: "Quiconque est séparé de l'Eglise est joint à une adultère et il est retranché des promesses. Celui-là ne peut avoir Dieu pour père qui n'a pas l'Eglise pour sa mère." (De Unitate Eccîesiœ.)
St. Chrysostôme, qui vivait dans le quatrième siècle, parle sur le même sujet comme il suit: " Nous savons que le salut appartient à l'Eglise seulement, et que personne ne peut avoir part aux bienfaits du Christ, ou être sauvé hors de l'Eglise catholique, et de sa foi." (Homilia Ima. in Pasch.)
Dans ces citations vous avez la foi de St. Clément, d'Hé-
g-ésippe, de Tertullien, d'Origène, de St. Denis d'Alexandrie, de Lactance, d'Kusèbe, de St. Athanase, de St. Hilaire, de St. Basile, de St. Jérôme, de St. Augustin et de tous les Docteurs de l'Eglise. Oui, au mépris du témoignage de la Tradition, des Saintes Ecritures, et de la raison oserait soutenir que V unité n'est pas une marque essentielle de la véritable Eglise de Jésus-Christ?
Mais où trouverons-nous cette unité si essentielle à la véritable Eglise de Dieu? Nous la découvrirons dans l'Eglise catholique, dont les membres quoique dispersés sur toute la surface de la terre sont tous unis par la même foi, par les mêmes sacrements, par les mêmes prières, par le Saint Sacrifice, et sous le même gouvernement.
Premièrement. — Tous les membres de l'Eglise catholique sont unis dans une même foi. Dans quelque partie du monde que vous alliez, vous trouverez des membres de cette Eglise, et si vous les interrogez sur leur croyance, sur leur foi, et si vous leur demandez de réciter la formule de leur symbole; soyez sûrs que ce sera le sj-mbole des Apôtres et non celui d'un particulier, ou d'une secte quelconque. Le symbole des Apôtres est le S3-mbole de l'Eglise Catholique, il est connu et récité chaque jour par tous ses membres. De là, tous croient en un seul Dieu, le Créateur du ciel et de la terre, qui récompensera le juste, et punira le pécheur. Tous croient qu'il y a trois personnes en Dieu: le Père, le Fils et le Saint Esprit. Tous croient que le Fils de Dieu s'est fait homme, et qu'il a donné sa vie pour le salut du genre humain; qu'il est ressuscité d'entre les morts et qu'il est monté aux cieux; et qu'au dernier jour, il viendra sur la terre avec grande puissance et majesté, pour juger tous les hommes, selon leur mérite. Tous croient que le juste sera couronné d'une gloire éternelle, et que le pécheur tombera dans les supplices éternels. Enfin, ils croient tout ce que l'Eglise Catholique croit et enseigne, sans danger d'erreur se confiant en cette promesse de Jésus-Christ: " Voilà que je suis avec vous tous les jours, même jusqu'à la consommation des siècles." {Matt. XXVIII. 20.)
Convaincus du pouvoir dont l'Eglise a été revêtue par leur divin maître, ils proclament partout qu'à elle seule appartient le pouvoir d'expliquer les Divines Ecritures. Ils s'ac-
cordent tous à dire que celui qui n'observe pas les commandements de Dieu et de l'Eglise ne peut être sauvé, à moins qu'il ne soit excusé à cause de son ig"norance invincible. Ils disent tous d'une voix unanime qu'il n'y a pas de salut pour les pécheurs, à moins qu'ils ne se repentent du fond de leur cœur, et qu'ils ne réparent autant qu'il est en eux le mal dont ils se sont rendus coupables envers leur prochain. Ils croient tous, que quiconque écoute l'Kg^lise, écoute Jésus-Christ lui-même et que quiconque méprise l'Egflise méprise Jésus-Christ: "Celui qui vous écoute m'écoute," dit le Sauveur, "et celui qui vous méprise me méprise." (JLuc X. 16.) Bien plus, ils croient que celui qui refuse d'écouter l'Eg'lise doit être considéré comme un païen et un publicain, selon ces paroles de Jésus-Christ: "Et s'il n'écoute pas l'Eg^lise qu'il soit pour vous comme un païen et un publicain." {Adatt. XVIII. 17.)
Allez en Espag-ne, allez en France, allez en Italie ou en Allemagne, allez en Irlande ou en Angleterre, en Asie ou en Afrique, au Nord ou au Midi de l'Amérique, vous y trouverez partout des membres de l'Eglise Catholique, et tous unis dans la même foi, tous croyant tout ce que l'Eglise Catholique croit et enseigne.
Secondement. — Dans les sacrements. Tous les membres de l'Eglise Catholique ont la même croyance concernant le nombre et les effets des sacrements. Eisez leurs catéchismes dans quelque lieu que vous alliez, dans quelque langue que ce soit, et vous verrez qu'ils ont sept sacrements qui ont été établis par Jésus-Christ, comme des canaux par lesquels il verse ses grâces célestes dans les âmes de ceux qui les reçoivent avec de bonnes dispositions; le Baptême pour effacer le péché originel et aussi les péchés actuels, pour nous faire chrétiens et enfants de Dieu et de son Eglise; la Confirmation afin de nous rendre forts dans la foi par la réception du Saint-Esprit; l'Eucharistie afin de nourrir nos âmes du corps et du sang de Jésus- Christ; la Pénitence pour remettre les péchés que nous avons commis après le Baptême; l'extrême-Onction pour le soulagement spirituel et même corporel des malades; l'Ordre afin de conférer les pouvoirs sacrés du sacerdoce, et la grâce d'administrer les fonctions sacerdotales avec dignité et sainteté; le Mariage, pour sanctifier l'union légitime de l'homme et de
la femme et leur donner la grâce de vivre chrétiennement dans leur nouvel état.
Troisièmement. — Dans le Saint Sacrifice, dans les prières et dans bien d'autres actes de relig-ion. Nous n'élevons pas autel contre autel, nous avons un autel sur lequel nous offrons à Dieu pour les vivants et pour les morts une précieuse victime qui est le corps et le sang- de Jésus-Christ, qui est Jésus-Christ lui-même. Dans toutes les parties du monde, il y a des prêtres qui offrent ce divin sacrifice. Ils se servent des mêmes prières, des mêmes cérémonies, et des mêmes paroles. Qui peut refuser de voir dans le Sacrifice de l'Eg^lise Catholique, l'accomplissement de la prophétie de Malachie annonçant aux Juifs la fin de leurs sacrifices et l'institution du nouvel holocauste? Voici ses paroles: "Mon affection n'est plus en vous, dit le Seig^neur des armées, et je ne recevrai point de présents de votre main. Car depuis le lever du soleil, jusqu'au couchant, mon nom est g-rand parmi les nations, et l'on me sacrifie en tout lieu, et l'on offre à mon nom une oblation pure, parce que mon nom est g-rand parmi les nations, dit le Seigneur des armées," (Mulachie I. 10, 11.) O qu'il est consolant pour les membres de l'Eg-lise Catholique d'unir leurs prières à celles de ses ministres, et d'offrir à Dieu, par leurs mains ce divin holocauste, afin de reconnaître son pouA'oir suprême sur toutes les créatures; afin de le remercier et d'obtenir de nouvelles faveurs de sa bonté infinie!
Dans nos dévotions du matin et du soir, nous récitons dans nos maisons privées l'Oraison Dominicale, la Salutation Ang-élique, le S^-mbole des Apôtres et d'autres prières. Nous assistons au saint sacrifice les jours de Dimanche et les autres jours de fête prescrits par l'Eg^lise. Nous nous abstenons de viande bien des jours pendant l'année. Nous confessons nos péchés à nos pasteurs au moins une fois l'an et après une préparation convenable nous recevons la Sainte Eucharistie. Oh! voyez combien il est doux et agréable pour des frères de vivre ensemble dans l'unité!
Quatrièmement. — Sous le même gouvernement. Quel ordre! Quelle régularité! Quel bel aspect le corps de l'Eglise présente dans son unité! Cette unité peut être comparée à un grand arbre dont les branches couvrent la surface de la
terre. Jésus le chef invisible de l'Eglise a planté cet arbre et lui donne la vie, et il la lui donnera jusqu'à la fin du monde, selon sa promesse, ou plutôt il est lui-même l'arbre ou la vigne, comme il l'a déclaré lui-même en ces termes: "Je suis la vig-ne; vous êtes les branches." (Jean XV. 5.) Le Souverain Pontife, le vicaire de Jésus-Clirist, le chef visible de son Eglise représente sur la terre le tronc de l'arbre, les évêques représentent les grandes branches, les prêtres des branches plus petites et les fidèles les fruits. En effet tous les membres de l'Eglise Catholique, quoique appartenant à tant de nations et de tribus si différentes ne forment qu'un seul corps. Tous ont le même chef spirituel, le Pape de Rome, le successeur de St. Pierre. Dès le commencement du Christianisme les fidèles l'ont appelé leur père et leur chef spirituel; lui seul a reçu le pouvoir de gouverner tout le troupeau; ce n'est pas en vain que Jésus-Christ dit à St. Pierre et dans sa personne à ses successeurs: Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle." {Matt. XXVI. 15.) Et il lui dit aussi: "Paissez mes agneaux, paissez mes brebis;" (fean XXI.) c'est-à-dire paissez tout le troupeau. Et dans une autre circonstance il lui dit: "Tout ce que vous lierez sur la terre, sera aussi lié dans le ciel et tout ce que vous délierez sur la terre, sera aussi délié dans le ciel." {Matt. XVI. 18.)
L/C Pape est le chef suprême de l'Eglise. Les Evêques sont établis par le Pape pour gouverner, chacun d'eux, une portion du troupeau universel. L'obéissance est due à l'évêque dans les choses spirituelles par tous les fidèles de son diocèse, ecclésiastiques, religieux et laïques, selon ces paroles de St. Paul aux Hébreux: "Obéissez à vos conducteurs, et soyezleur soumis; car ils veillent pour vos âmes, comme devant en rendre compte." {Ep. aux Hébreux, XIII. 17.) Et encore dans le même chapitre il leur dit: "Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont pîrêché la parole de Dieu; et considérant quelle a été la fin de leur vie, imitez leur foi." (XIII. 7.). Les prêtres tiennent le troisième rang dans la hiérarchie de l'Eglise, et ils sont les pères spirituels des membres des diverses paroisses confiées à leur soin par leur évêque respectif.
Tous les membres de l'Eg-lise Catholique, riches ou pauvres, savants ou privés de science, doivent êtres guidés dans les choses relig-ieuses et spirituelles, par leur pasteur, par leur évêque et par le Souverain Pontife. Malheur à celui qui refusera l'obéissance légitime à son supérieur! Malheur à celui qui méprisera les ministres de l'Eglise, et causera du scandale parmi ses frères, car il sera retranché du corps de l'Eglise, comme un membre mort!
Lisez l'histoire de l'Eglise Catholique, ou jetez vos regards sur l'Arbre Apostolique, et vous verrez une multitude de sectes différentes, retranchées de l'arbre de vie, pour avoir refusé d'entendre l'Eglise parlant par la bouche de ses ministres. Demandez aux Hérésiarques et à leurs disciples, pourquoi ils ont été séparés de l'Eglise Catholique, et vous apprendrez ce qui, dès le commencement, a été la pratique de l'Eglise envers tous ceux qui se sont révoltés contre Elle.
Elion, Cérinthe, Valentin, et Carpocrates, pourquoi-avezvous été retranchés de l'arbre de vie? L'Histoire répond pour eux: Nous avons enseigné diverses erreurs, nous avons réfusé d'écouter la voix de l'Eglise, et d'abandonner nos nouvelles doctrines, et comme des branches sèches et mortes nous avons été coupés de l'arbre de vie et jetés à côté.
Paul de Samosate, Sabellius, Novatus, Manès, pourquoi êtes-vous hors de la vigne du Seigneur Jésus? L'Histoire nous apprend qu'ils enseignèrent des doctrines inconnues avant eux, qu'ils méprisèrent la voix de leur mère véritable et furent excommuniés.
Ariens, Nestoriens, Eut3'chiens, Pélagiens, pourquoi êtesvous séparés de l'arbre divin qui produit des fruits pour le temps et pour l'éternité? L'histoire répond encore: parce que nous n'avons pas voulu écouter l'Eglise, et que notre fierté et notre orgueil ne nous ont pas permis de nous soumettre à ses décisions.
Iconoclastes, Grecs schismatiques, et tous vos imitateurs, pourquoi paraissez-vous comme des branches sans vigueur, desséchées et tombées de l'arbre de vie? L'Histoire nous donne encore la même réponse: Nous nous sommes montrés rebelles à la voix de l'Eglise, et nous avons été exclus du nombre de ses enfants pour avoir publié des erreurs,
pour avoir taché de chang-er l'ordre dans sa hiérarchie.
Voyez maintenant si l'erreur et le schisme peuvent vivre dans l'Eg'lise Catholique; dès qu'ils paraissent, ils sont déracinés par ceux qui ont été établis par Jésus-Christ, pour veiller sur son troupeau, pour g-arder dans toute sa pureté le dépôt de la foi, et conserver la paix et l'union parmi ses membres. De là, la paix et l'unité seront toujours dans l'Kglise Catholique. De là, l'Eglise Catholique est la véritable Eglise de Jésus-Christ, et l'héritière de toutes les promesses.
Nous avons prouvé que la véritable Eglise doit être essentiellement une, et que l'Eglise Catholique a cette marque essentielle d'unité, parceque ses membres sont unis par la même foi, par les mêmes sacrements, par le même sacrifice et autres prières, et par le même gouvernement. Nous avons maintenant à considérer l'état infortuné de ceux qui sont, ou qui ont été dans les siècles passés séparés de l'Eglise Catholique.
A la naissance du Christianisme, certains hérétiques rejetaient le dogme de la résurrection. Ils furent réfutés par St. Paul. D'autres enseignaient que c'était un crime de se mettre en peine pour les besoins du corps, tandis que bien d'autres ne se considéraient pas coupables, même en s'abandonnant à toute sorte de plaisirs sensuels. Dans le second siècle, Montan était le chef d'une secte nombreuse dont plusieurs membres professaient qu'ils étaient inspirés de prêcher une nouvelle religion plus parfaite que celle de Jésus-Christ. Marcion condamnait le mariage, il enseignait que le corps était la production du mauvais principe, et que Jésus-Christ avait pris seulement l'apparence d'un corps. Dans le troisième siècle Paul de Samosate niait la divinité de Jésus-Christ, Sabellius la distinction des personnes en Dieu, et Novatien le pouvoir de l'Eglise de remettre ou pardonner tous les péchés. Dans le quatrième siècle, les Ariens nièrent la divinité de Jésus- Christ, et les Macédoniens celle du Saint-Esprit. Toutes ces sectes, et un grand nombre d'autres jusqu'au temps de Luther furent divisées entre elles, et n'eurent aucune marque d'unité. Elles s'élevèrent toutes contre l'Eglise Catholique et furent chassées de son sein, et excommuniées.
Venons au temps de la grande réfirmatinn. Ont-ils été plus heureux que ceux dont nous avons parlé? Je ne
le crois pas. Disputes, querelles, divisions, sectes en grand nombre, ne furent-elles pas les prémices de la grande réfo- mation? Luther, Calvin, Henri VIII, et leurs disciples vécurent-ils en paix? Ne furent-ils pas divisés en diverses sectes? Ne proclamèrent-ils pas de nouveaux Symboles? Ne les changèrent-ils pas par de nouveaux articles de foi? Ne se trouvèrent-ils pas à la fin comme ceux qui bâtirent la tour de Babel dans une complète confusion, ne s'entendant plus les uns 1^ autres? Lisez l'Histoire des Variations des Protestants par Bossuet, et vous en serez convaincjis.
Voyez de nos jours l'état infortuné de ceux qui marchent sur les traces des premiers réiorrnatevrs, en refusant d'écouter l'Eg^lise Catholique! Ils sont divisés en bien des sectes qui croient des doctrines contradictoires — et néanmoins chaque secte se proclame l'Eg^lise de Dieu. Ils raisonnent ordinainairement ainsi: Notre règle de foi est la Bible; la Bible est la parole de Dieu; notre religion qui est fondée sur la Bible, sur la parole de Dieu, est donc la véritable. Grande est leur erreur; premièrement, parce que tout ce qui est prescrit dans la religion chrétienne n'est pas contenu dans la Bible; nous lisons dans les Saintes Ecritures que nous devons croire les traditions apostoliques; St. Paul écrivant aux Thessaloniciens leur dit: "Donc, mes Frères, soyez fermes et gardez les traditions que je vous ai enseignées soit par paroles ou par lettre." (Ep. II., ch. H. 14.) Secondement, parce que les Saintes Ecritures sur bien des points de doctrine sont obscures. Réfléchissez sur ces paroles de Saint Pierre, qui, parlant des Epîtres de Saint-Paul, dit qu'elles contiennent des choses difficiles à entendre, que des hommes ignorants et légers détournent à de mauvais sens, aussi bien que les autres écritures, pour leur propre ruine." {Ep. IL St. Pierre Ich. III. 16.) "Vous donc, mes frères, connaissant ces choses, prenez g-arde à vous, de peur que vous laissant emporter aux égarements de ces hommes insensés vous ne tombiez de l'état de fermeté où vous êtes établis." (Ep. II. ch III. 17.)
Qui donc doit expliquer le sens de la Bible? Quelques uns d'entre eux répondent: nous sommes guidés par le Saint-Esprit et nous ne pouvons pas être trompés. Mais s'il en est ainsi, pourquoi tant de contradictions dans l'explication qu'ils
donnent de la Bible? Le Saint-Esprit étant la vérité ellemême ne peut enseig-ner des propositions contradictoires. Les autres niant cette assistance du Saint-Esprit disent que tout homme raisonnable, g-uidé par la lumière de la raison peut l'expliquer pour lui-même. Voilà le principe! Quelles en sont les conséquences? Des erreurs innombrables, des sectes innombrables — presque la destruction du Christianisme. Pourquoi donc? Parce C[ue le oui et le non sont enseignés dans presque chaque point de doctrine, parce que ce qui est cru aujourd'hui, sera quelquefois nié le jour suivant, comme cela est prouvé par l'expérience de plusieurs siècles. Que devient donc alors la doctrine du Christianisme, sinon des opinions que chacun peut changer selon ses propres idées, selon les vues de son jugement particulier? De là, quoique se servant de la même Bible comme du livre fondamental de la religion, les hommes les plus savants parmi eux, sont divisés dans les points les plus essentiels, comme par exemple: sur la divinité de Jésus-Christ, sur le mystère de la Trinité des personnes en Dieu, sur le châtiment éternel des pécheurs qui meurent sans repentir, sur la nécessité du Baptême pour le salut, sur la validité du baptême des enfants, sur la nécessité de la foi et des bonnes œuvres pour le salut, sur la légitimité du mariage, sur la nécessité de conserver la succession apostolique dans l'Eglise de Jésus-Christ, etc., etc.
Où trouver parmi eux cette marque d'unité si essentielle à la véritable Eglise de Jésus-Christ? Où peut-on trouver parmi eux ce troupeau de notre Seigneur sous un seul pasteur? Où trouver parmi eux l'accomplissement de sa prière à son Père, pour l'union de tous ceux qui croiraient en Lui. {Jean XVII.) Où trouver parmi eux l'accomplissement de ces paroles de St. Paul: un corps, un esprit, un Seigneur, une ioi, un baptême? Où découvrir parmi eux cette Eglise qui est la colonne et le fondement de la vérité? Où trouver parmi eux l'accomplissement de la promesse du Sauveur à son Eglise: Je serai avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles? Où parmi eux, la lumière et les influences du Saint- Esprit, de l'Esprit de Vérité, qui, selon la promesse de Jésus enseignera toute vérité à son Eglise? {Jean XVI. 13.)
Toutes ces promesses sont réalisées seulement dans l'E-
g-lise Catholique, la véritable épouse de Jésus, comme nous l'avons déjà prouvé; et parmi nos frères séparés, se sont réa Usées les dissensions, les querelles, les divisions, et aussi des pamphlets et des livres dans lesquels l'Egalise Catholique et ses ministres sont attaqués, calomniés et méprisés; comme dans un certain pamphlet qui l'autre jour nous fut présenté par une dame française catholique, au moment ovi il allait être jeté au feu. (Ce pamphlet avait été donné à son mari par un ministre protestant.) Dans ce pamphlet, parmi bien des choses viles et méprisantes contre l'Eg-lise Catholique, on y lit, qu'elle fait un Dieu du prêtre, et qu'elle accepte à la place des vertus, les jeûnes, les pénitences et l'arguent.*
Si les hommes les plus savants parmi eux sont si divisés, que feront les ig^norants?. . . .
Que répondraient-ils, ces hommes pleins de science, aux infidèles, qui à cause de leurs nombreuses divisions et sectes, leur diraient que leur Bible est la pomme de discorde?
Les païens s'adressant à eux pour être instruits, sur la religion de Jésus-Christ, pourraient-ils être persuadés à l'embrasser, s'ils avaient connaissance de leurs nombreuses dissensions, sectes et variations? Ne seraient-ils pas scandalisés?. . . .
Quiconque réfléchira sur l'union des membres de l'Eglise Catholique dans la foi, dans les sacrements, dans les prières, dans le Saint Sacrifice de l'autel et dans l'obéissance au Souverain Pontife et aux autres pasteurs de l'Eglise; comme aussi sur la désunion, les dissensions, les sectes et les continuelles variations de ceux qui sont, ou ont été séparés d'elle; celui-là, dis-je, comprendra aisément qu'elle seule est l'héritière des promesses du Fils du Dieu.
Heureux donc ceux qui, dociles à la voix de l'Eglise Catholique, croient tout ce qu'elle enseigne, qui observent fidèlement tous ses préceptes, qui nourissent leurs âmes des grâces divines contenues dans ses sacrements, qui l'aiment et la chérissent comme une mère et qui sont prêts à donner leur vie plutôt que d'affliger son cœur maternel; car ils sont les vrais enfants de Dieu, et ils auront part à sa gloire et à son bonheur
•A. D. 1848, 184-9— Voyez chapitre XII Page 68.
dans le ciel! Mais malheur à ceux qui sont séparés de l'Eglise Catholique car ils seront tous condamnés par le Souverain Jug-e, à moins qu'ils ne soient excusés par l'ignorance invincible de leur erreur.
O nous tous qui appartenons à l'Eglise Catholique, rendons à Dieu de continuelles actions de grâces! et prions avec ferveur pour nos frères séparés afin qu'ils retournent au troupeau de Jésus-Christ! Nous sommes tous enfants du même père. Pour eux aussi bien que pour nous Jésus est mort sur la croix, prions donc avec ferveur la divine miséricorde qu'ils reviennent à l'Eglise Catholique leur mère véritable!
O que Dieu daigne nous accorder cette faveur! et alors pleins de consolation et de joie, nous lui rendrons tous ensemble des actions de grâce et nous répéterons avec exultation ces paroles du prophète: "O qu'il est doux et consolant pour des frères de vivre ensemble dans l'unité!" Amen.
Chapitro lY.