DISCOURS SUR LA NAISSANCE DE JÊSUS-CHRIST
Avant la venue de Jésus-Carist sur la terre, presque toutes les nations marchaient dans les ténèbres
ET À l'ombre de LA MORT .... JÉSUS PARAIT, ET AVEC
Lui paraissent la Lumière et la Vie .... Jésus est LE Fils de Dieu fait homme; il est le Sauveur du
MONDE; il est LA LumIÈRE ET LA ViE DU MONDE; IL EST
l'Agneau de Dieu qui porte et efface les péchés DU monde; il vient s'immoler pour nous, afin de
NOUS RACHETER, DE NOUS DÉLIVRER DE NOS PÉCHÉS, DE NOUS COMMUNIQUER UNE NOUVELLE VIE — UNE VIE SUR- NATURELLE ET DIVINE; IL VIENT NOUS MONTRER LE CHE- MIN DU Ciel et nous fournir les moyens d'y arriver,
AFIN DE NOUS FAIRE PARTICIPER À SA GLOIRE ÉTERNEL- LE ••• • En retour pour tant de bienfaits, que de-
MANDE-T-IL DE NOUS? — NoS CŒURS !
"Moi-même je ramènerai les aveugles par une route inconnue; je les ferai marcher par des sentiers qu'ils ignorent: Leurs ténèbres seront changées en lumière." — Isaïe, XLII., 16.
La pensée de la naissance du Sauveur, quoique bien consolante pour les enfants d'Adam, a néanmoins réveillé dans mon esprit des réminiscences bien tristes, en me ramenant à l'époque où l'agneau rédempteur du monde, naquit dans l'étable de Bethléem. Une pag-e triste et sanglante de l'histoire des nations s'est présentée devant moi; et j'ai vu l'ignorance répandue sur toute la surface de la terre, et la terreur qui ré-
*Ce Discours fut traduit du Français en Anglais par le Père Eavoux, il y a déjà bien des années. Il fut écrit par son frère quittait prêtre et son parrain, Il mourut en B'rance, il y a plus de quarante ans. Requiescat in pacel
g-nait suprême presque partout. J'ai vu le peuple et le philosophe g-uidés seulement par la lumière d'une raison faible et dégradée, errant çà et là, ne sortant d'un abîme que pour se plong-er dans un autre abîme encore plus profond. J'ai vu presque toutes les nations privées de toute science céleste, couvertes d'un voile lugubre, aussi impénétrable que cette nuit ténébreuse, qui jadis effraya la terre d'Egypte; alors oppressé par la douleur, je me suis dit à moi-même: l'intelligence humaine est bien faible!
Alors encore m'apparut une autre scène non moins affligeante; c'était l'homme abandonné à ses passions brutales, ne reconnaissant d'autres lois que celles qui lui étaient imposées par la force, d'autres devoirs que ceux qu'il ne pouvait rejeter impunément; c'était l'homme sous un pouvoir despotique, altéré de sang, se prosternant devant de vaines idoles, offrant en holocauste le meurtre de ses frères sur des autels consacrés à de cruelles divinités; c'était le polythéisme avec ses abominations, ses sacrifices hideux, sa noire vengeance, ses guerres d'extermination. A ce terrible spectacle, il me semblait que le monde intellectuel et moral était sur le point d'expirer, et mon âme se sentit alors de plus en plus accablée d'amertume.
Ma douleur néanmoins ne dura pas longtemps, car toutà-coup une douce voix qui sortit de la crèche de Bethléem, fit entendre à mon âme affligée ces paroles consolantes: O toi qui te sens abattu sous le poids de la douleur, cesse de t'affliger; espère et ne crains plus; moi, moi-même, je guiderai les aveugles dans la voie qu'ils ne connaissent pas, et dans les sentiers qu'ils ignorent, je les ferai marcher; je disperserai ces ténèbres épaisses; et je ranimerai les cœurs opprimés.
Ces paroles divines me consolèrent et répandirent dans mon âme le calme et une paix pleine de douceur.
En deux mots, l'enfant né dans l'étable de Bethléem est la source de toute lumière et de tout amour. Il vient du ciel pour éclairer nos intelligences et rallumer les flammes de la charité éteintes dans nos cœurs par l'amour propre et l'égoïsme; ce qui est tout le sujet de ce discours.
Plusieurs siècles avant la naissance de Jésus-Christ, un de ces hommes dont l'esprit était illuminé par l'Esprit-Saint,
voyant les événements futurs s'écria au milieu du peuple d'Israël: "Un rejeton sortira de la tig-e de Jessé; une fleur s'élèvera de ses racines, et l'Esprit du Seigneur se reposera sur lui. . . .Alors les yeux des aveug-les et les oreilles des sourds seront ouverts." (Isaie XL 1~XXXV. 5.)
Cette prophétie solennelle a été accomplie. La fleur si admirée par Isaïe, s'est épanouie, et ne perdra jamais sa beauté. La lumière vivifiante a commencé de briller, et sa splendeur dispersera les ténèbres des esprits de tous les hommes de bonne volonté; le Rédempteur promis aux nations assises à l'ombre de la mort, a paru en ce monde; l'étable de Bethléem est son palais et la crèche son trône. Quoique réduit à cet état de pauvreté, d'humiliation et de soufl^rance, lui seul est le soleil de nos intellig-ences, lui seul peut dire à tous ceux qui sont errants dans le sentier de l'ignorance et de l'erreur: je suis votre guide; je suis la vérité pure et sans nuage; venez à moi, vous tous qui souffrez, et je vous consolerai. J'éclairerai vos esprits, et je donnerai la paix à vos cœurs. Car le petit enfant né dans la crèche de Bethléem est la parole de Dieu incarnée, son expression intérieure se manifestant au monde; il est la lumière, source de toute lumière; il est descendu du sein de son Père jusqu'à nous pour nous délivrer de tous nos maux.
Et d'abord dans l'étable de Bethléem, je vois s'élever une lumière vivifiante, révélant à mon âme la splendeur de la divinité. Ah! l'enfant couché dans la crèche est pour moi un fidèle miroir sur lequel se reflètent la Puissance suprême, la Justice incorruptible, la Bonté ineffable et la Sagesse infinie de mon Dieu.
La Puissance divine brille dans le mystère de ce jour, car tout est miracle autour de la crèche de l'enfant né dans l'étable de Bethléem. Si son palais est la pauvreté même, sa mère est une vierge toujours pure, toujours intacte, après comme avant sa naissance. S'il est enveloppé de quelques pauvres langes, je n'ai qu'à élever mes yeux vers le ciel, et je vois l'ange du Seigneur, annonçant l'arrivée dans ce monde du Roi de toute gloire, nous apportant la paix et le bonheur; je vois l'étoile brillante annoncée par Balaam; j'aperçois aussi dans la Judée des bergers invités par le Ciel, qui laissent leurs troupeaux,
et qui viennent se posterner devant la crèche pour reconnaître et adorer l'enfant de Bethléem comme le Messie, si long-teraps attendu par le peuple d'Israël. Et encore un peu de temps, les rois de l'Orient viendront aussi l'adorer et déposer leurs couronnes et leurs présents à ses pieds; et même le jour n'est pas loin quand la multitude des tribus et des nations viendront reconnaître son souverain pouvoir et implorer sa miséricorde infinie.
Que ces miracles sont g^rands! Que cette manifestation de la divinité est admirable! Mais ce qui doit nous frapper encore d'un plus g-rand étonnement, c'est de contempler le Fils de Dieu fait homme, fait chair, couché dans la crèche, exposé aux peines et aux souffrances! Que sont tous les autres miracles en comparaison du spectacle d'un Dieu anéanti!
Mais pourquoi le Fils de Dieu s'est-il réduit à un tel état de souffrance et d'anéantissement? Chrétiens, écoutez-moi, et vous apercevrez bientôt la manifestation de la justice incorruptible, de la sag-esse profonde, et de la bonté infinie de Dieu.
Un crime avait été commis; le désordre introduit dans le monde avait excité la colère du ciel; la g"loire de Dieu avait été outrag-ée, sa justice demandait le châtiment du coupable, mais sa miséricorde- était inclinée pour le pardon. La rémission du crime sans réparation n'était pas selon le plan de la sag-esse divine. De là, la nécessité d'une victime en expiation de l'outrag-e.
Qui sera la victime.'' Un homme? Mais les mérites des hommes les plus parfaits ne sont pas suffisants pour satisfaire à l'injure faite à Dieu. Un ang-e enrichi de tous les trésors de la miséricorde divine? Mais, comme les hommes, simple créatures les ang-es sont d'eux-mêmes, de leur nature, bien pauvres devant Dieu, et leurs œuvres expiatoires étant limitées ne peuvent combler l'abîme immense qui sépare le coupable de son Créateur. Le prix offert doit être ég"al à la g-ravité de l'offense, un prix infini, une victime d'une valeur infinie est requise pour effacer le décret de notre condamnation.
Voyez maintenant la Sag-esse et la Miséricorde de Dieu! Klles présentent un Médiateur possédant en lui-même, dans sa propre personne, la nature du Dieu offensé et celle du
transgresseur de la loi; il se place entre le jug-e et le coupable afin de payer par son expiation volontaire la dette contractée par l'infortuné transgresseur.
Ce médiateur est le Fils de Dieu fait homme, qui s'est fait chair, qui pleure, qui souffre pour nous dans la crèche de Bethléem. En lui j'admire la Sag^esse éternelle disposant toutes choses, la Justice divine ayant son cours, et la Miséricorde infinie abolissant le décret de mort contre les enfants d'Adam,
O Sagesse! O Justice! O Bonté! O Puissance de mon Dieu, mon âme est ravie d'admiration en contemplant tes œuvres merveilleuses et incompréhensibles! Les attributs de Dieu nous sont donc admirablement manifestés par l'incarnation et la naissance de Jésus-Christ.
La contemplation du Fils de Dieu, fait homme, né dans la crèche, versant des larmes, acceptant une vie de travail, de pénitence, pour être consommée sur la croix, révélera aussi à notre âme la profondeur de notre chute, la grandeur et l'élévation de notre nature rachetée par une victime d'une valeur infinie. Kt alors, sans crainte d'erreur, nous nous écrierons: Voilà l'homme! Voyez-le, bien mieux connu par le mystère de l'incarnation et la naissance de notre Sauveur, que par toutes les leçons des philosophes!
"Nations, louez toutes le Seigneur; peuples, célébrez tous ses louanges, parce que sa miséricorde est affermie sur nous." (Ps. CXVI.)
Nous avons un Rédempteur en qui réside substantiellement la divinité elle-même; adorons-le, et écoutons sa voix! Que dorénavant tous les oracles des fausses Déités g-ardent le silence!
A toi seul, O très aimable Jésus, je veux demander des leçons de sag-esse! A toi seul je veux demander la connaissance de toutes les vérités nécessaires à mon salut. Oui, c'est de toi seul que nous pouvons recevoir la lumière divine qui dispersera toutes les ténèbres de nos esprits, et dirigera nos pas dans les sentiers du ciel; à ton cœur sacré, tout embrasé d'amour pour nous, nous nous adresserons chaque jour, afin de rallumer dans nos cœurs glacés le feu du divin amour! Mais cela doit être le sujet d'une seconde considération,
L'étable de Bethléem est l'humble temple habité par le Dieu d'une g"loire infinie, la crèche est l'autel vénérable sur lequel la justice et la miséricorde se rencontrent, s'embrassent, et rétablissent la paix et la réconciliation. L'étable est le temple, la crèche est l'autel où s'élève une fournaise de feu divin pour reconquérir nos coeurs rebelles.
En effet, si on nous disait que le fils d'un prince très puissant, en présence duquel se prosternent tous les monarques de la terre, est descendu de son trône où il était assis à la droite de son père, partag-eant avec lui son pouvoir suprême, et les hommag-es de ses bons et fidèles sujets; si on nous disait que ce prince, touché de la détresse et de l'infortune de tout son peuple, s'est volontairement exilé du milieu de sa cour brillante, et s'est rendu dans un pays très éloigné, afin de consoler des rebelles infortunés, bannis, exilés, et laissés sans espérance; cela exciterait notre admiration et nous ne pourrions nous empêcher de nous écrier: Oui, ce prince est l'ami et le père de tout son peuple. Mais si nous apprenions qu'après son arrivée parmi les rebelles, il s'est dépouillé de tous ces titres, afin de ne pas les effrayer par la splendeur de sa puissance et qu'il les a traités comme ses ég^aux, et les a enrichis des dons les plus précieux, afin de gagner les affections de leurs cœurs, et les conduire de nouveau plus aisément dans le chemin du devoir, de l'obéissance et du bonheur; si nous apprenions que pour eux il s'est livré au juste courroux de son père irrité par leur rébellion; Oh! alors, sans doute, l'excès d'un amour si pur, si désintéressé, si libéral, si g-énéreux, exciterait notre plus grande admiration; notre intelligence ne pourrait le comprendre et notre langue deviendrait muette, incapable de trouver des expressions de louang-e dignes d'une telle action, d'un tel dévouement.
Ce prince, dont le cœur est enflammé d'un .si grand amour pour son peuple, n'est pas un prince imaginaire. Il est dans la crèche de Bethléem; car ce petit enfant, qui nous est manifesté est le Fils de Dieu, qui est descendu du ciel pour être notre victime, et pour nous guider dans le royaume d'un bonheur parfait et éternel.
Du haut du trône de sa gloire, il vit la terre couverte de maux, les nations couchées à l'ombre de la mort, il vit l'ancien
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serpent, qui dans le commencement trompa nos premiers parents dans le Paradis Terrestre, toujours plein de rag-e, continuant partout ses œuvres de malice et de destruction. Il vit Lucifer et ses anges, comme des lions rugfissants allant tout autour des enfants d'Adam, afin d'en faire de nouvelles victimes pour son royaume. Il vit ces monstres de l'enfer, ne prenant aucun repos, jour et nuit lançant contre eux leurs traits enflammés et plein de poison pour les aveug-ler de plus en plus, et les conduire dans la voie de tous les crimes et de la perdition éternelle; et son cœur fut ému de compassion.
Il vit aussi sur la terre quelques âmes justes versant des larmes et criant vers Dieu, comme le prophète Isaïe; "O cieux, répandez la rosée et que les nues nous donnent le juste. Que la terre s'ouvre et enfante le Sauveur." Leurs prières ferventes le touchèrent de plus en plus de compassion, et l'enflammèrent du désir de se faire homme, de souffrir et de mourir pour notre rédemption.
"Nations, louez toutes le Seigneur; peuples célébrez tous ses louanges, parce que sa miséricorde est affermie sur nous." (Ps. CXVL)
Le Père éternel, ayant accepté le sacrifice de son Fils, nous le donne pour réconciliation avec sa divine Justice. "Dieu a tellement aimé le monde," dit St. Jean, "qu'il nous a donné son fils unique. {St. Jean III. 16.)
Qui sera jamais capable de comprendre l'amour infini de Dieu pour ce monde! Qui sera jamais capable de comprendre l'amour de son Fils pour nous; pauvres pécheurs!
O prodige au-dessus de tous les prodiges! Le Fils de Dieu laisse la gloire et la splendeur du Ciel, se revêt de notre propre nature dans le sein d'une vierge et neuf mois plus tard nous le voyons naître dans l'étable de Bethléem!
Allons en esprit dans l'étable de Bethléem; contemplons, admirons et adorons notre Emmanuel (Dieu avec nous). Voyez combien il nous aime! Il se plaît à devenir notre victime et notre Rédempteur, n'importe à quel prix! Brûlant d'amour pour nous, il est prêt, il désire ardemment de commencer sa vie pénitente et expiatoire qu'il continuera jusqu'au moment de sa mort sur la croix. Dans la crèche, tous les travaux, toutes les souffrances, tous les tourments de sa vie entière furent
présents à son esprit, et il accepta tout, afin d'effacer le décret de notre condamnation. ''Il a été sacrifié," nous dit le prophète Isaïe, "parce qu'il l'a voulu." {LUI. 7.)
O répétons-le souvent avec l'ég^lise: Voilà l'Ag-neau de Dieu; voilà celui qui efface les péchés du monde! Voyez sa bonté et son amour infini; il est venu habiter parmi nous, afin de sympathiser avec nous dans tous les maux de cette vie; il est venu se couvrir de la lèpre de nos péchés et payer le prix de notre rédemption par ses humiliations et ses souffrances; il est venu détruire la puissance de Satan et enrichir nos âmes de dons surnaturels d'une valeur infinie!
Que n'a-t-il pas fait pour nous qui fût en son pouvoir? A lui seul nous sommes redevables de toute sorte de dons et de bienfaits célestes. C'est par sa médiation que nous pouvons appeler Dieu notre père, et que nous l'invoquons tous les jours comme le meilleur des pères, pleins de confiance qu'il écoutera nos prières et nous protégera contre tous nos ennemis.
L'enfant de la crèche est aussi l'auteur des sacrements, fontaines de vie et de félicité pour les chrétiens.
Il est l'auteur des sacrements, institués pour nous réconcilier avec Dieu; pour nous bénir à notre entrée dans cette vie^ pour nous fortifier après nos premiers pas dans ce monde; pour guérir les blessures de notre âme, quand elle est tombée dans l'abîme du péché; pour nous enrichir de dons temporels et éternels pendant le cours de notre vie; pour nous donner du courage et des consolations lorsque nous sommes arrivés à l'heure de notre mort. L'Enfant de la crèche est la source de toutes les grâces. La crèche est le berceau du christianisme d'où découle un torrent de bienfaits divins sur le monde entier. L'enfant de la crèche est tout amour. Quand je le contemple réduit à un tel état d'humiliation pour nous, il me semble que je vois son cœur se fondre par l'ardeur du feu de la Charité, et couler par infusion dans nos âmes. Oui, notre Seigneur est tout amour, il est la charité même pour nous, pauvres pécheurs!
Que lui rendrons-nous maintenant en retour pour tant de faveurs? Que demande-t-il de nous? Rien de plus, rien de moins, que les affections de nos cœurs. Prêtez l'oreille à sa voix: "Je suis venu jeter le feu sur la terre, et que désiré-je,
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sinon qu'il s'allume." (Luc XII. 49.) S'il s'est réduit luimême à un tel état de pauvreté et d'humiliation, c'est pour captiver notre amour: "Je suis venu jeter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu'il s'allume." S'il s'anéantit et désire soufïrir et mourir pour nous, c'est pour allumer dans nos âmes ce feu divin qui plus tard porta St-Paul à s'écrier: "Qui donc nous séparera de l'amour de Jésus-Christ? L'affliction, les ang-oisses, la faim, la nudité, les périls, les persécutions ou le g-laive! . . . . Je suis assuré que ni la mort, ni la vie, ni les ang-es, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les futures, ni la violence. .. .ni aucune créature ne pourra jamais nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ, notre Seig-neur." (Rom. VIII. 35, etc.)
Tels doivent être nos sentiments. Mais, O ing-ratitude, en présence du petit enfant de la crèche, brûlant d'amour pour tous les hommes, les cœurs de bien des pécheurs demeurent indifférents, froids, g-lacés; et rien n'est capable d'allumer en eux le feu de la charité divine. Il les invite tous à Lui; mais ils fuient sa divine influence; il se sacrifie pour les rendre heureux; et ils rejettent son amour afin de suivre leurs inclinations perverses. O insensibilité! O aveug^lement! O folie!
Allons en esprit vers le petit enfant de Bethléem; adorons-le et rappelons-nous qu'il est le Sauveur de tous les hommes de bonne volonté!
Avant de conclure cette instruction, permettez-moi de vous inviter à unir votre voix à celle des anges de Dieu et de dire avec eux: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté."
Gloire à Dieu le Père, qui a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils pour nous racheter! Gloire à Dieu le Fils, qui par amour pour nous s'est revêtu de notre propre nature, afin de briser nos chaînes et de répandre sur nous toutes ses bénédictions! Gloire au Saint-Esprit, l'Ksprit d'amour, qui nous a aimés d'un amour infini, par l'opération duquel, le Fils de Dieu s'est incarné dans le sein de Marie, la fille bien-aimée du ciel et de la terre! Gloire à la Très-Sainte Trinité, qui, plus que parfaitement satisfaite du prix payé par l'ag-neau de Dieu pour les péchés du monde, a détruit la
muraille de séparation entre le ciel et la terre!
Gloire à Dieu, la g-uerre qui a duré quatre mille ans est enfin terminée; les portes du ciel sont ouvertes, des millions d'ang-es sont descendus dans cette vallée de larmes, pour nous annoncer le plus heureux des événements. Ravis d'admiration, en voyant le petit enfant né dans la crèche de Bethléem, qu'ils savent être leur Créateur, leur Maître, leur Dieu, ils l'adorent avec un profond respect; et pleins de joie en contemplant sa bonté infinie pour nous, ils ne cessent de répéter: "Gloire à Dieu et paix aux hommes de bonne volonté!"
Que le monde entier en ce jour retentisse de ces paroles consolantes: "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix aux hommes de bonne volonté!"
Que la paix soit avec vous, mes Frères, qui dociles à la voix des saints anges, avez lavé vos âmes immortelles dans le sang- de l'Ag-neau de Dieu! Que la paix soit avec vous, qui avec une conscience pure avez reçu le sacrement de son amour! Que la paix soit avec vous, qui vivant dans l'état de la grâce sanctifiante préféreriez la mort plutôt que d'offenser Dieu! Oui, que la paix soit avec vous, parce que vous êtes les vrais enfants de Dieu, participant à sa divine nature; parce que vous êtes les frères de Jésus-Christ, et avec lui les héritiers du ciel; parce que toute action que vous faites pour plaire à Dieu vous rend digne d'un nouveau degré de gloire éternelle! Que la paix soit avec vous, O hommes de bonne volonté, fidèles serviteurs de Dieu — Dieu lui-même sera votre éternelle récompense!
Mais que dirai-je à ceux qui ne voulant pas renoncer à leurs passions criminelles ne peuvent recevoir les bénédictions de Jésus? Malheur a eux; malheur à eux, même dans cette vie, car il n'y a pas de paix pour le pécheur obstiné! Malheur à eux, car après cette vie ils seront plongés dans les tourments éternels!
O Bon Jésus que votre divine lumière éclaire leurs esprits, touche et change leurs cœurs, afin qu'ils se convertissent, et puissent avoir part à votre gloire éternelle! Amen.