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CHAPITRE IX

De la coDstilution de 1793.

Depuis neuf mois que nous étions réunis , les girondins avaient sans cesse proclamé la nécessité d'une constitution ; chaque jour ils semblaient rejeter sur nous l'accusation d'entraver ce grand travail, et cependant tout s'était encore passé de leur part en discussions métaphysiques et en séries de questions inapplicables. Pour nous, qui avions moins souvent invoqué le nom de la constitution; pour nous, qui n'avions point fait de si belles phrases constitutionnelles, à peine libres du joug de nos adversaires, nous nous occupâmes sérieusement d'organiser la république. Le comité de salut public fut chargé de rédiger l'acte constitutionnel , et de le présenter à nos délibérations. Dès le lojuin, c'est-à-dire huit jours seulement après le décret d'accusation contre les vingt-deux, Hérault Séchelles, rapporteur, vint nous soumettre son travail ; le lendemain commença la discussion, et le 27 du même mois l'acte constitutionnel fut voté par acclamations avec les

amendements qu'il avait reçus dans le cours de la discussion. 11 n'est pas hors de propos de remarquer d'avance , et l'on verra dans la suite pourquoi, que les girondins, restés au milieu de nous, ])rirent part au vote et à la discussion , Ducos et Masuyer surtout : le premier fit passer quelques amendements plus démocratiques encore que l'acte lui-même. Je renvoie cependant toutes mes réflexions à la fin de ce chapitre. Je vais d'abord donner le texte de la constitution, en l'accompagnant de quelques notes; j'en examinerai ensuite l'ensemble et les effets.

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