‹ Mémoires: Révolution - Empire;Chapitre 18 sur 75 · CAMPAGNE D'AUSTERLITZ · texte numérisé non relu

CAMPAGNE D'AUSTERLITZ

de rendre compte au général Hullin, qui commandait la place, de l'état des choses, et il prit de promptes mesures pour le faire cesser. Je demeurai seul avec un chef de bataillon du génie, qui était un brave homme, de tout point convenable, et nous fûmes tous deux une sorte de sauvegarde pour la jeune dame, car, par événement, je demeurai à Vienne jusqu'à la paix.

Le détachement dont je faisais partie s'était arrêté à Krems et je songeais à aller le joindre, quand je reçus l'ordre de préparer quatre grands bateaux, dont je devais faire choix, pour y placer de l'artillerie. J'examinai immédiatement les ressources que m'offrait la ville pour ce travail et le commençai avec ardeur. Je n'avais avec moi qu'un matelot flamand, qui me servait d'interprète auprès des ouvriers; mais, comme il était fort intelligent, la besogne marchait avec rapidité. Il fallait construire une plate-forme au centre de chacune de ces embarcations, et elle devait, en restant légère, être assez solide pour résister au tir d'une pièce de 12. Je vins à bout de ce travail, gràceàM. deBubna, ingénieur civil autrichien, et qui, ne pouvant me refuser son assistance, me la donna assez franchement. Je ne sais s'il s'en repentit plus tard ou s'il eut vent de quelques propos qui l'inquiétèrent, mais je crus m'apercevoir qu'il se refroidissait et que son concours devenait de jour eu jour moins cordial. Je m'en expliquai avec lui, et, non content de cette démarche toute simple, j'en fis une autre qui l'était un peu moins pour le tranquilliser tout à fait. Je me rendis un matin chez M. le baron de Bubna (1), gouverneur de la ville pour l'Autriche, dans le dessein de me plaindre de ce qu'on paralysait mes efforts en influençant ceux qui pouvaient m'aider. J'étais guidé principalement par un esprit de justice et même de générosité. C'est ce que M. de Bubua comprit très

(1) Comte quelques années plus tard. Feld-maréchal autrichien, né en Boliême en 1772, mort en 1825. Ambassadeur à Paris en 1813. Se rendit maître de Lyon en 1814-1815.

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bicu, et, loin de me savoir mauvais <jré de mou apparilion un peu l)nis{|uo dans son cabinet, il me comlda d'attentions et me rassura complètement.

Il faut (|ue j'avoue ici combien ce «jouverneur m'étonna.

C'était un fort bel liomnie, en costume de cour et avec un grand air. (lomme j'entrais cliez lui avec cette assurance (|u'avaient alors les officiers français en tout lieu, et que je m'apprêtais à lui parler d'un ton péremptoire, je fus frappé de la distinction de ses manières et mis de l'eau dans mon vin, instinctivement. Je lui exposai néanmoins mon adaire, mais simplement et sans animation, .le lui dis (|ue M. de lUibna ne pouvait se dispenser de faire ce qu'il faisait, et (|ue, si son assistance eût pu blesser en rien ce (|u'il devait à sa patrie, je ne l'eusse jamais réclamée, (|ue je l'Iionorais trop pour cela. Ces sentiments fraucbement exprimés plurent à M. le baron de Bubna, et il me le témoigna à plusieurs reprises. Il m'apprit, en me reconduisant, que M. de Bubna, dont il était question, lui avait enseigné les mathématiques, (|u'il conservait pour lui cette sorte de respect dont un homme bien né ne s'écarte jamais envers ceux qui l'ont élevé et que je pouvais lui dire de continuer à m'aider en toute confiance. Nous nous quittâmes ainsi, sans nous douter ni l'un ni l'autre des rapports bien dilTérents (|ue nous eussions pu avoir (|uel(|ues années après, lorsqu'il était tout-puissant à Paris et que j'y rentrais en vaincu.

.le menais une vie fort douce à Vienne, et, malgré mes occupations, je trouvais du temps pour tout. .le fis la connaissance de plusieurs Hongrois, qui conservaient, malgré le désarroi des affaires autrichiennes, tout leur amour-propre national. Il est vrai qu'ils avaient soin d'avertir, en relevant la tète, qu'ils étaient Hongrois, et ne s'imaginaient pas (|ue nous pouvions les confondre avec les Viennois, .le fréquentais un de ces braves patriotes et trouvais beaucoup d'agrément dans sa maison, car, indépendamment de sa femme (|ui était fort

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avenante, il y avait près d'elle une jeune sœur non mariée, sans compter une olianoinesse, qui ne quittait guère ces dames et qui pouvait avoir vingt-cinq ans. Elles étaient aimables, polies et bien élevées, et ne devaient, selon la dame, qu'être vues à la lumière. -^ \ous sommes des belles de nuit, « disaitelle, et francliement elle avait raison, quant à elle et à sa sœur; mais la clianoinesse avait un teint superbe et pouvait braver le grand jour impunément. Elle avait des manières très engageantes et paraissait disposée à filer un roman sans crainte du qu'en dira-t-on, car ces sortes de demi-religieuses peuvent se marier (juand elles le veulent.

Pendant que je dépensais mes loisirs à Vienne, en attendant que les marins rappelés de krems, où on les avait laissés d'abord, eussent rejoint, la bataille d'Austerlitz eut lieu — 1" décembre 1805 — et on sait ce qui s'ensuivit. L'empereur d'Autricbe, se soumettant à la nécessité, vint au bivouac de Napoléon demander merci, et l'empereur de Russie, encore sous l'impression de l'événement, consentit à s'éloigner sur-lechamp. Il rentra dans son pays ajournées d'étapes, convenues avec l'aide de camp Savary, ce qui était un pauvre dénouement du noble rôle qu'il avait cru jouer d'abord. Ce Prince, remarquable d'ailleurs par mille qualités solides, n'avait connu jusque-là les troupes françaises que par ouï-dire. Il donnait un peu dans les forfanteries de son état-major et surtout de quelques jeunes Russes favoris, qui accusaient ouvertement l'armée autrichienne de s'être laissé battre facilement. Austerlitz fit justice de cette calomnie, et l'empereur Alexandre revint aisément à des sentiments plus vrais, lorsqu'un malheur commun lui prouva que ses propres troupes pouvaient être vaincues tout aussi complètement que celles de son allié.

J'appris la nouvelle de la bataille par la proclamation célèbre : ^^ Soldats, je suis content de vous! - , et ce qu'il y a de piquant, c'est que la première communication m'en fut donnée par la dame hongroise dont j'ai parlé. Comme je passais

devant riiez elle pour me rendre à mon travail dans le Léopoldstat, elle me fit appeler et je la vis au haut de son escalier qui criait : « Soldais, je suis content de vous! ;; Elle tenait la pancarte à la main et me la fit lire avec un sentiment de joie véritable, car elle voyait la paix à travers ce papier. Nous nous embrassâmes là-dessus cordialement, et certes on ne pouvait pas faire moins. Il faut dire que j'avais eu la veille le soupçon d'un fait considérable, mais que je n'avais pas cherché à vérifier, parce que je n'en avais pas le loisir. Toujours est-il que dans mille cas on a vu les nouvelles des grandes actions se répandre avec une célérité qui tient du prodige. L'antiquité a conservé plusieurs exemples de cette transmission vraiment étonnante. Il est certain que le bruit avait couru à Vienne, au moment même de la bataille, qu'elle était gagnée complètement par les Français et que les Russes avaient été écrasés. C'était le mot dont se servaient les Viennois qui propageaient la nouvelle. Qu'on arrange cela comme on voudra, mais le fait est, cette fois, incontestable.

La paix survint, comme on s'y attendait, et l'évacuation bientôt après. L'empereur \apoléon, revenu à Schœnbrunn, passait des revues et distribuait des récompenses à ses régiments. Ces revues étaient fort brillantes et très courues par les Viennois, jaloux d'admirer le vainqueur. Il est vrai que le vainqueur, tout en fouillant profondément dans leurs poches et en leur enlevant les canons qui servirent depuis à former la colonne de la place Vendôme, avait mis tous les procédés de son côté; qu'il s'était abstenu d'entrer de sa personne dans leur capitale, et qu'en outre il avait laissé intacte et parfaitement armée leur belle garde bourgeoise. C'était là beaucoup pour l'amour-propre [national; mais cet exemple, renouvelé depuis par les Alliés, quand ils furent les maîtres de Paris, ne signifie pas grand'chose; seulement il démontre à quel point les armées régulières prenaient peu de souci des corps bâtards qu'on organise pour la police intérieure des Etats, mais qui ne

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peuvent être propres à la guerre qu'après de grandes modifications.

Je pourrais parler ici du bel arsenal, dans lequel nous laissâmes chaque chose à sa place, et où je vis pour la première fois des chevaliers armés de toutes pièces, à la porte de chaque salle. Nous ne touchâmes à aucun trophée et l'arsenal fut respecté dans toutes ses parties. Les Viennois tinrent compte à Napoléon de cette modération, et ils affluaient à ses revues, empressés de l'admirer. On a pu dire ce qu'on a voulu, lorsque ce grand homme est tombé, mais je puis assurer qu'en ce moment il était l'objet des hommages sincères de tous les Allemands que j'ai connus, et qu'aucun d'eux ne prononçait son nom sans l'accompagner d'épithètes aussi flatteuses que méritées. Pourtant l'empereur d^^utriche n'en était ni moins aimé, ni moins respecté pour cela. Nous pouvions recueillir chaque jour des preuves de cette vénération profonde que les Viennois avaient pour leur Kaiser, et dans tous les rangs ce sentiment se manifestait sans contrainte. Il faut dire aussi à l'honneur des souverains allemands que leur manière d'être envers leurs peuples était essentiellement différente de beaucoup d'autres monarques; que, loin d'être inaccessibles, ou invisibles ou séparés de leurs sujets par un mur de courtisans, ils étaient au contraire d'abord facile, pour tout le monde. Rien n'était plus ordinaire que de les voir circuler dans leurs résidences au milieu de la foule, accompagnés de leurs enfants et suivis d'un seul valet de pied. Rien n'était plus honorable, car une telle bonhomie témoignait rn faveur de leur nation, non moins qu'eu faveur du souverain. Je ne sais si une telle mansuétude n'aurait pas eu de graves inconvénients chez nous autres Français, mais nous l'admirions chez les Allemands, et les simples soldats eux-mêmes en étaient sensiblement touchés. Nous sommes peut-être comme les Athéniens : nous connaissons ce qui est bien, mais nous le laissons pratiquer aux autres.

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Je n'ai pas été témoin des scènes patriarcales, qui ont lien dans les temps ordinaires et lorsque le pays est tranquille, mais j'en ai assez vu pour y croire parfaitement. Il doit être curieux de voir les Viennois venir en foule sur les belles pelouses du Prater et d'Emoarten, et se promener, eux et leurs familles, sous ces frais ombrages, puis ban(|aeter paisiblement au son de la musi(|ue. Laissons Vienne et ses encbantoments, comme dirait un touriste moderne.

L'heure de notre départ sonna, au grand soulagement de nos hôtes, mais non sans (|ue plusieurs d'entre eux regrettassent individuellement notre départ. Il faut convenir (|ue, si non» avions parmi nous quelques mauvais garnements, nos soldats étaient des commensaux infiniment moins à charge que les Bavarois ou tels autres, appartenant à la Confédération du Rhin; que les Viennois les préféraient en conséquence et ne s'en cachaient nullement. - Vos hommes sont bruyants, tapageurs et exigeants d'abord, mais on les désarme facilement, disait mon vieil intendant. Il suffit pour cela du premier visage féminin venu, pourvu (|u'il ne soit pas difforme. On a vu des grenadiers en fureur vaincus par le sourire d'une servante, lui prendre le seau de la main et aller puiser de l'eau à sa place pour lui éviter la peine, et cela ou l'équivalent arrive tous les jours. On dirait (|ue vos guerriers ont honte de s'emporter devant les femmes; puis ils s'identifient à la famille, sont complaisants pour les enfants et finissent par se croire tout à fait de la maison. - J'acceptais ce jugement des Viennois, parce que j'en connaissais la justesse, et je ne doute pas qu'il ne soit confirmé par les Allemands en général.

Nous quittâmes Vienne par détachements; mais, comme les travaux que j'y avais faits, quoique bien minimes, donnaient lieu à quelques remises administratives, je ne suivis point la Garde et je demeurai quelques jours en arrière. J'eus le temps de voir arriver le comte Hoyos, chez lequel je logeais, sur le Graben, et de recevoir ses remerciements pour la manière dont

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j'avais agi dans sa maison. Il osl certain (jue j'avais tout fait pour la piTscivor des logements de guerre pendant mon séjour et que j'y avais réussi, (l'était quelque chose que cette préservalion durant le passage de toute une armée, mais je n'avais fait que suivre mes inclinations naturelles, en étant poli et bienveillant envers mes liùtes. Ils me le rendirent au centuple, et nous nous séparâmes avec des sentiments de regrets mutuels.

En sortant de la ville et comme je me rendais à ^'aint-I'olten, je fis la rencontre d'un brigadier des chasseurs à cheval de la Garde, qui m'apprit la mort de l'adjudanl-major de ce beau régiment, tué avant d'avoir pu donner un seul coup de sabre, ce que le brigadier semblait déplorer principalement. J'aimais beaucoup l'officier en (|ueslion, et certes ce n'était pas sans raison, car, en outre des qualités militaires qu'il possédait à un haut degré, il était du commerce le plus agréable et le plus sûr. C'était un des membres les plus amusants de notre société de Boulogne. A^ous avions, en causant dans une de nos soirées intimes, abordé plusieurs questions singulières touchant les facultés de l'àme après la mort, et nous nous étions promis, en cas qu'on put revenir un seul moment de l'autre monde, de nous avertir récij)ro(|uement de ce qui s'y passait; les premiers tués devaient naturellement tenir cette promesse, et nous nous y engageâmes sur l'honneur. Hélas! presque tous ceux qui ont pris cet engagement sont depuis longtemps morts, et je suis peutêtre le seul survivant; je n'ai pourtant revu aucun de ces braves amis, ce qui me persuade de plus en plus qu'il y a une barrière infranchissable entre eux et moi, et qu'on ne peut revoir les trépassés qu'en songe ou lorsque l'esprit affaibli admet des visions, (|ui n'ont pas le sens commun.

Je ne rejoignis les marins qu'à Augsbourg, et nous continuâmes la route ensemble jusqu'à Strasbourg.

Jamais voyage plus gai que cette course au travers de la Bavière et des autres petits États des bords du Rhin. Qu'on se figure que nous n'avions quitté Boulogne que depuis envi-

ron trois mois, et que nous rentrions chargés de trophées conquis sur deux grandes puissances du continent que nous venions de forcer à la paix. Ou peut bien dire que, cette fois, la victoire fut due à la guêtre et aux sous-pieds du soldat; mais aussi quelle ardeur, (|uel désir de bien faire et quelle fermeté dans le combat! Je n'avais pas encore vu de telles troupes, et je n'en reverrai probablement jamais. Certes nos premiers bataillons républicains étaient aussi braves, mais ils étaient loin d'ètie aussi exercés, et c'est là une différence immense. Quoiqu'ils eussent une grande habitude de la guerre, ils ne pouvaient atteindre d'abord à la précision, ni à la régularité des mouvements, qui leur valurent de si beaux succès après l'école de Boulogne.

Le long séjour dans les camps établis sur cette côte, les durs travaux manuels auxquels les soldats furent soumis dans l'intervalle des exercices, la bonne nourriture qu'ils prenaient et que les journées payées fidèlement les mettaient à même de se procurer, l'absence de toute distraction autre que celle de la variété dans l'emploi de leurs forces, tout cela avait concouru à les rendre vigoureux et adroits, autant qu'ils étaient courageux. A leur tête figuraient les premiers hommes de guerre de l'époque, et les restes éprouvés des campagnes de la Révolution se montraient dans tous les rangs. A ces vétérans encore nombreux se joignaient les contingents vendéens, qui commençaient à entrer franchement en ligne, et dont les jeunes gentilshommes figuraient volontiers dans les étatsmajors et les officiers des régiments. On ne parlait plus de guerres civiles, si ce n'est pour se promettre de bien employer l'expérience qu'on y avait acquise contre les ennemis de la France. Celle-ci se trouvait alors dans cette période qui accompagne d'ordinaire la pacification antérieure des puissantes nations et (jui doubb; leurs moyens d'attaque, par la raison, dit Montesquieu, qu'elles forment alors un peuple de soldats, au lieu d'un peuple de citoyens.

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La France, année tout entière depuis la Révolution, s'était familiarisée avec les combats de tout genre et avec les chances diverses de l'état de guerre. La Vendée avait fait de chaque iiabitant des provinces de l'Ouest et de ceux qui leur étaient opposés autant de soldats, et lorsque ces éléments divers se confondirent par la pacification, ils devinrent d'autant plus redoutables aux ennemis de la patrie commune qu'ils avaient montré d'héroïsme en se déchirant eux-mêmes. Je me demande souvent pourquoi notre histoire militaire ne s'est pas arrêtée sur ce point culminant de la fortune de nos armes. La plupart de ceux qui ont rapporté nos annales jusqu'à ce jour, ont attendu plus tard, et c'est aux conférences de Tilsitt qu'ils l'ont placé; mais les belles campagnes qui suivirent la levée du camp de Boulogne, furent un effet de la grande cause que je viens d'indiquer et ne font que démontrer ce qui existait déjà pleinement. Il était visible pour quiconque ne fermait pas les yeux volontairement qu'aucune armée ne résisterait sur le continent à l'élan (|ue prendraient les soldats de Boulogne sous la main d'un homme tel que Napoléon. La force dont il disposait s'épuiserait sans doute et ne pouvait être éternelle, quelque bien ménagée qu'elle fût; il devait au bout d'un temps donné en voir la fin. L'Angleterre, qui n'avait à supporter que des sacrifices d'argent, qui faisait une guerre maritime très heureuse, et qui comptait pour rien les douleurs de ses alliés, pouvait raisonner ainsi et prévoir la fatale journée du nouveau César, mais on doit pardonner aux Français de s'être un moment enivrés de ses triomphes et d'avoir cru à son étoile. Ils n'ont fait en cela qu'imiter les peuples qu'ils avaient vaincus.

Revenons à notre itinéraire. Il serait superflu de décrire les scènes diverses de notre marche vers le Rhin, ni de celle que nous exécutâmes par journées d'étapes jusqu'à Paris, au milieu des populations exaltées par l'importance et surtout par la rapidité de nos succès. Je passe donc sous silence plusieurs

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épisodes fort gais de cette rentrée daus la patrie, (|ui n'avait jamais paru si heureuse; nous la finies littéralement sous des arcs de triomphe, comme l'Empereur l'avait annoncé au commencement de la campagne, et la ville de Paris, qui nous préparait une si helle réception, ne fit en cela qu'imiter les populations de nos déparlements frontières. Quel temps et quelle jubilation éternelle!

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