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Vers faits à Versailles par une femme de vingt ans

le 16 juillet 1770 (i).

Fille à dix ans est un pelit livret

Intitulé : le Berceau de nature.

Fille à quinze ans est un joli cc/Sret

Qu'on n'ouvre point sans forcer la serrure.

Fille à vingt ans est un cpais buisson

Dont maint chasseur pour le battre s'approche.

Fille à trente ans est de la venaison

Bien faisandée et bonne à mettre en brochet

A quarante ans c'est un gros bastion

Où le canon a fait plus d'une brèche.

A cinquante ans c'est un vieux lampion

Oii l'on ne met qu'à regret une mèche.

8. — La dia^tribe de M. de Vol traire, qui a provoqué la sanglante épigramme qu'on a citée (12) , n'est autre chose que des anecdotes sur Jean Fréron, imprimées il y a long-temps dans un recueil (3), mais qui n'avaient encore fait aucun bruit , et n'étaient pas parvenues à la connaissance de ceux qu'elles concernaient. Ce libelle, outre le sieur Fréron, diffame tous ceux quts le.vieillard de Femey croit être les acolytes et les suppôts ^du journaliste. TjC sieur Dorât , entre autres , qu'on sait être fort lié avec lui, se trouve aujourd'hui oblige de renier son

(x) Ces vers, généralement attribués au chevalier de Boufflers, ne se frouTeot point dans ses Couvres, — R.

(a) V. 37 juillet 1770. — R.

(3) Les Choses utiles et tigréahles, t. II, p. 35o. — R.

l88 MJÉMOIRES SECRETS.

ami, el dans Hiie Lettre à M^ de Voltaire, qu'il vient de faire imprimer , se disculpe absolument de ce commerce. ^ .. ■ -

9* — On peut vpir, dans l'atelier du sijBur Pigallc, un petit bfiste, esquissé nouvellement par ce grand artiste, de la tête de M., de Yolt£(ire.Bien de plus ressemblant que cette figure, pleine d'esprit et de feu. Cettç rage de mordre, qui fait aujourd'hui le caractère distinctif du philosophe de Ferney, respire dans tous les traits de son visage, et la satire semble s élancer de tous les plis et replis de cette face ridée.

lo. — Lettre sur la Théorie des lois civiles, etc. , oh, Von examine, entre autres choses s" il est bien vrai que les Anglais soient libres , et que les Français doivent ou imiter leurs opérations^ ou porter envie à leur gouver^ nement (i). Tel est le titre d'un livre attribué au sieur Linguet, et qui porte en effet l'empreinte de son imagination ardente et de son génie satirique. Il y défend le paradp;iLe de sa Théorie cfeg Lois civiles jok il avait avancé qjiie )e despotisme ét^it le meilleur à^es gouver^em^os* A cette occasion , il dit (]es vergés duriB^ et hardie^ ; jl établi t c)es parallèles singiiliers et^brillans, et il plaide sa cause avec tant: d'esprit ftt d'adresse, qu'qp serait tenté, mv son expQsiiLion ^ d^ préfjérer le gpu verneîneat des tyrans orientapx à celui des États qui semblent les plus libres. £n ua Hîpt, il re^versie de fpnd /enu^oipbl^ le système de Montesquieu dans son Esprit des Lois , et parle de ce grand homme avec une irrévérence, un mépris, une horreur même, bieni propres à alarmer ses adorateurs. Mais ce qui paraît tenir le plus au cœur du sieur Linguet , est la critique que les auteurs du journal des Ephém^rides

(i) Amslerdain, 1770, iii-ia. — R. ^

Aoux 1770. 18^

ont faite de ses ouvrages. En conséquence, il tombe d'estoc et de taille sur, ses adversaires.

A la suite de cette Lettre, et après quelques autres écrits qui ne sont pas aussi saillans, est une Lettre du même écrivain à M, le chei^aHer de*** sur l' histoire des Réifolutions de V Empire Romain , où le sieur Liri'guet , vivement piqué de l'épigramme répandue contre lui (i^, à l'occasion de son Mémoire pour M. le dite d* Aiguillon j se disculpe d'avoir loué les Tibère , les Néron , d'avoir déprimé les Trajan, -les Titus, etc., cite ses textes, et prouvre l'injustice des reproches horribles qu'on lui fait à cet égard. ^

11. — La pièce du sieur Lemière (a)/ après être tombée dans les règles à la cinquième représentation, est absolument morte aujourd'hui à la sixième. On dit que Fauteur s'en prend à la chaleut* du temps et au mdUvais jeu des acteurs. Quoi qu'il en soit, relativement à la dernière circonstance, qui est vraie en elle-même, un plaisant a fait répigramme suivante : '

J'ai vn celte Vernie indécise :

Ami , que veux-lu que j'en dise?

Son sort est digne de pos pleurs.

Du bûcher elle est délivrée, Muis c'est pour être déchirée Par le public et les acteurs.

12. — Mardi dernier la distribution des prix de l'Université s'e$t faite avec toute la pompe accoutumée (3). C'est l*âbbé Delille, auteur de la traduction des Géor-

(i) V. 12 juillet 1770. — R. (a) La Veuve du Malabar. — R.

• (3) Le prix d'honoear fut remporté par Antoine-Marie^ Henri Boulard » mort le 6 mai 1 825 , cl si connu par sa passioQt,pour les livres, — R.

jgO % MEMOIRES SECRETS.

giques ^ qui a prononcé le Discours latin (i). Cette fête a pensé être troublée par une petite sédition des écoliers qui ont voulu forcer le guet pour entrer , et qui , en effety avaient déjà mis en fuite le guet à pied, lorsque le siéur Le Laboureur, commandant cette troupe, s*est présenté , a harangué d'abord la jeunesse révoltée , et n'ayant pu rien gagner par son éloquence, a mis l'épée à la main , et ordonné à la troupe de foncer au milieu d'elle, la baïonnette au bout du fusil. Les écoliers, intimidés par cet appareil belliqueux ^ se sont enfuis avec rapidité. I^e dedans de l'assemblée a été aussi troublé par un enfant turbulent que le procureur-général a fait enlever pour être remis aux mains du guet.

1 3. — Le clergé est fort scandalisé d'un nouveau livre , intitulé : Du Droit du souiferain sur les biens-fonds du clergés et des moines ^ et de t usage qu il peut faire de ces biens pour le bonheur des citoyens (2). On sent effectivement, par ce titre, combien il doit redouter la distribution d'un pareil mémoire. Aussi jette-t-il les hauts cris contre l'auteur et l'ouvrage. Les zélés voudraient les flétrir l'un et l'autre des censures ecclésiastiques ; mais les prélats les plus flegmatiques craignent que le châtiment n'illustre ce livre clandestin^ et ne lui donne plus de publicité ; d'autres souhaiteraient plus judicieusement qu'on le réfutât.

En attendant que l'assemblée ait pris un parti définitif sur cet objet, elle s'occupe du soin de conserver le précieux dépôt de la foi , et de garantir les fiklèles contre tout ce qui pourrait ébranler leur créance. Pour opposer une digue à ce torrent d'ouvrages abomiuables contre

' ( i) U n*a point été imprimé. *— E. (7.) Par De Cervol. Naples ( Rouen , Besogne), ia-8^ de 164 pages. — R.

la religion j toujours les mêmes , mais que l'impiété reproduit infatigablement sous des figures diverses , elle a nommé le Père Bonhomme j Cordelier y docteur de Sor* bonne, à cette illustre' fonction. Il est chargé de ramasser les meilleurs écrits faits en faveur de la bonne cause , et d'en former un corps de preuves , suffisant pour repousser tous les argumens qu'on renouvelle , et réfutés d'avance dans ces traités^ aussi solides qu'éloquens.

14. — Il paraît que le livre de M. le marquis de Puységur, intitulé : Discussion intéressante sur la prétention du clergé d'être le premier ordre d'un État, qui fit un si grand scandale dans l'Église au commencement de 1768 (1)9 a donné lieu à celui dont on a parlé sur lè Droit du soui^erain ; mais l'auteur pousse son système plus loin ; il le développe , il Tétend, il en tire des couséquences , et y après avoir démontré que les richesses et les dignités politiques ne sont point essentielles à la religion , et qu'elles ne lui servent de rien , qu'elles sont même contraires à l'esprit de son institution , puisque son auteur ne l'a dotée d'aucuù bien, qu'il a placé' son berceau dans l'avilissement et la pauvreté ^ il démontre de quelle manière s'est opéré le changement, comment le clergé a séparé ses intérêts de ceux du reste des .fidèles , et s'est substitué aux, droits, de l'Eglise invisible. II discute ensuite si le peuple a pu donner, et le clergé recevoir, et il pulvérise tous les titres prétendus du clergé, même le titre si sacré de l'antiquité de la possession, duquel se prévalent îes gens de main-morte, et qui s'écroule de lui-même par le vice imprescriptible de son origine.'

Cet ouvrage passe pour être aussi de M. le marquis de Puységur.

(i)V. 5 février 1768. — R.

iga MÉMOIRES SECRETS.

i5. — Le roi de Prusse a écrit à M. d'Âlembert (i), à l'occasion de la souscriptioil ouverte pour l'érection d'une statue de M. de Voltaire. Ce monarque lui apprend qu'il veut se réunir aux admirateurs de ce grand homme, et qu'il laisse son correspondant maître de porter à la somme qu'il jugera à propos, celle qu'il entend donner, non en roi , mais 6n homme de lettres. Le prince loue beaucoup un pareil projet, qu'il suppose principalement éclos dans le sein de l'Académie Française, dont, à cette occasion, il exalte plusieurs membres. L'Académicien n'a pas manqué de faire part à ses confrères d'une lettre aussi flatteuse, et la compagnie, vivement touchée de reconnaissance envet*s ce roi poète et philosophe , a ordonné, par une délibération solennelle, que ladite lettrfE^ serait inscrite dans ses registres.

17. — Les prélats de l'assemblée du clergé ne se sont pas contentés du travail dont ils ont prescrit la tâche au Père Bonhomme, Cordelier, dont on a parlé; ils oikt entrepris eux-mêmes une Instruction pàstotnle anti" philosophique^ c'est-à-dire une institiction où ils renversent cette philosophie irréligieuse, qui voudrait lutter contre l'Église et en saper les fondemens.

18. •^— Un Courtisan, sans doute, a voulu flétrir le Parlement par les vers suivans , où il semble l'accUser d'abuser de son pouvoir :

Thémis a ceirtt le diadème :

£lle lient de Louis le sceptre dans sa nain, Pour abroger par son pouvoir suprême Le vieux respect qu'on porte au souverain. Gens, qui tenez le parlement de France,

Dieu soit loué! vous voilà rois.

(i) Celte lettre esi datée du a8 juillet 1770. — R.

AOUT 1770. ig3

On ne saurait vous contester vos droits: Vous les avez pesés dans la même balance

Oîi Ton vous a vus tant de fois Immoler au tuteur le pupille et les lois, En protestant d'obéissance.

19. — Il y a une requête (i) adressée au roi par les habitans de Saint-Claude contre les abbés et religieux dudit lieu , que l'on attribue à M. de Voltaire, et qui respire en effet tous les sentimens d'humanité dont est pétri ce poète philosophe.

20. — L'assemblée du clergé, depuis son ouverture , s'est spécialement occupée à consolider la foi ébranlée de toutes parts* et comme le concours de la puissance séculière lui a paru nécessaire à ce grand œuvre , elle a provoqué le zèle du Saint-Père , qui , de concert avec elle, a sollicité le roi d'interposer son autorité eu faveur de la religiofî. Le Parlement n'a pu se refuser à cette injonction, et les Gens du roi, depuis quelque temps, travaillaient à un Réquisitoire (2) contre les livres scandaleux les plus nouveaux , les plus répandus et les plus dangereux. Le réquisitoire a été présenté samedi aux chambres assemblées par M. Séguier. Il a été rendu arrêt qui condamne au feu tous les ouvrages en question ; mais, par une humiliation sans exemple, on n'a point voulu admettre le réquisitoire de M. Séguier , et il ne sera point imprimé en tête de l'arrêt, suivant l'usage.

(x) An roi en son conseil pour les sujets du roi qui réclament la liberté de la France contre des moines bénédictins devenus chanoines de SairU-Claude en Franche Comté. Tn-S© de a a pages. ~ R.

(a) Réquisitoire sur lequel est intervenu l'arrêt du Parlement, du i8 août 1770, qui condamne à être brtîlés différens livres ou brochures; imprimé par ordre exprès du roi. Paris , Imprimerie Royale, 1770, in-4<' de 35 pagei. — R.

ToM. m. i3

jg4 MËMOIRES S£CR£TS.

Outre ce mécontentement personnel que la Cour a des Gens du roi à l'occasion de leur dernière mission à la Cour, on a trouvé que ce réquisitoire était une dérision perpétuelle de la religion , par l'affectation d'y présenter les morceaux les plus brillans des ouvrages condamnés, ainsi que les raisonnemens les plus fort», et d'y mettre h côté des citations misérables et des réfutations très-faibles. M. Séguier, dont le réquisitoire était déjà à l'impression, est allé le retirer de fort mauvaise humeur et couvert de confusion.

23. — Les Comédiens Italiens ont député vers J.-J. Rousseau , pour lui offrir ses entrées à leur spectacle , ainsi qu'à madame Rousseau. On assure qu'il les a acceptées ; ce qui serait une espèce d'engagement contracté de sa part de faire quelque chose pour eux : ce nouveau soutien renforcerait merveilleusement un théâtre dont le public est toujours engoué.

2 5. — L'Académie de Peinture et de Sculpture, moins exclusive que les autres , nous donne quelquefois Texemple rare, il est vrai, mais encourageant pour le sexe, de femmes admises dans son sein. Le 28 juillet dernier, mademoiselle Vallayer(i), âgée de vingt-deux à vingt-trois ans, lui a été présentée, et a été agréée ce même jour. Ses tableaux sont dans le genre des fleurs, des fruits, des basreliefs, des animaux. On assure qu'elle a porté l'art si difficile de rendre la nature à un degré de perfection qui enchante et qui étonne. On en jugera au premier salon.

26. — L'Académie Française n'a point décerné de prix de poésie cette année pour le jour de la Saint-Louis. M. Duclos, qui a ouvert la séance publique en sa qualité de secrétaire, en a donné pour raison qu'aucun des

(i) Depuù madame Coster. — R.

AOUT l'J'jO. igS

auteurs a'était entré dans le sens de rAcadémie. Il court à Ge sujet une anecdote, suivant laquelle cette raison ne serait que l'ostensible et non la vraie. On prétend que l'Académie avait été partagée entre deux pièces , l'une du sieur de La Harpe, et l'autre de l'abbé de Langeac ; que les partisans de ce dernier avaient cabale fortement pour lui 9 et par la connaissante qu'ils avaient donnée de l'auteur, avaient entraîné presque toute l'assemblée; que le marquis de Saint -Lambert seul avait tenu bon pour le premier, et avait ramené beaucoup de gens à son avis; sur quoi il s'en était élevé un troisième, de laisser la chose indécise , pour ne pas donner de mortification au jeune abbé, et ne pas faire d'injustice au candidat, ce qui a été adopté.

Ensuite M. Thomas a lu VÉhge de Marc-Aurèle. Cet orateui*, pour rendre sa tournure plus neuve et plus imposante, commence son discours par le convoi de son héros. Là il suppose qu'un nommé Apollonius , ancien ami de ce prince, fait son oraison funèbre devant tous les Romains assemblés. Il donne d'abord l'idée des devoirs d'un souverain , tels que les avait conçus Marc- Aurèle; il fait voir, après, comme il les avait remplis. L'allusion continuelle entre ce qui se passait alors, et les événemens actuels, que l'auteur a eu soin d'indiquer tacitement aux spectateurs , a rendu cette lecture extrêmement piquante, et la satire indirecte qui résultait naturellement du contraste a excité des applaudis* seméns continuels. On n'a point vu de lecture aussi chaudement soutenue que celle-là. Comme elle était extrêmement longue , le sieur Thomas s'est reposé un

instant.

Le sieur Duclos a repris alors la parole; il a déclaré

que rAcadëmie laissait de nouveau le choix du sujet libre pouV le prix de poésie , et qu'il serait distribué l'année prochaine avec celui de prose ; qu'au surplus il avertissait que la médaille ne serait que de cinq cents livres au lieu de six cents livres. Il a donné à entendre, sans s'expliquer ouvertement, qu'une piain fiscale s'était étendue jusque dans le trésor des Muses ^ et avoir rogné un dépôt qui aurait dû être sacré, c'est-à-dire qu'on avait mis des impots jusque sur ce petit et très-petit objet, ce dont M. de L'Averdy avait déjà donné l'exemple durant son ministère.

Après cette digression, le sieur Thomas a repris et fini avec les mêmes applaudissemens son Éloge de Marc- Awrele, Ce morceau d'éloquence a d'autant mieux réuni les suffrages, qu'il a paru dégagé de cette emphase , de tout cet appareil oratoire , qu'on remarque dans les autres ouvrages de l'auteur.

Pour délasser un peu l'assemblée de la tension d'esprit que lui avait occasionée ce discours, M. le duc de Nivernois a lu six fables : le Seigneur et son Fermier y le Chêne et le Ruisseau , la Pyramide , f Orgueilleuse , le Roi et son GoauerneuTy le Lion inconsolable. Quoiqu'il résulte la même morale des trois premières y elles ont été entendues toutes avec la même curiosité et le même plaisir.

a «7. — Le sieur La Beaumelle, Thomme de lettres que M. de Volaire déteste le plus peut-être après le sieur Fréron , prétend que ce philosophe a oublié ses principes de l'ordre et son amour de l'humanité, jusqu'au point d'envoyer aux vassaux d'une terre que le sieur La Beaumelle a en Languedoc j des écrits injurieux à leur seigneur ( I ). Il dit que dans le premier mouvement de son

(1) Tout ce que Von elil ici de M. de Toltaîre est feux. — W.

indignation , ayanft toutes les preuves nécessaires pour la conviction de l'anonyme, il a été sur le point; de le faire décréter par son bailli ; mais, revenu à lui-même, il a cru plus sage de mépriser ces efforts impuissans d'un vieillard forcené ; il s'est contentjé de le tourner en ridicule par une plaisanterie qu'il se propose d» faire imprimer incessamment : elle aura pour titre : Dictionnaire à P usage des gens de Lettres qui, au défaut de F épie, voudront se battre à coups de plume; et ce Dictionnaire (i) n'est qu'un extrait de toutes les invectives dont M. de Voltaire a farci beaucoup de ses ouvrages et sutout les derniers.

a8. — Le clergé, à qui l'on a fait sentir le ridicule du titre ^Instruction pastorale antiphilosophique (2), la changé, et son ouvrage parait aujourd'hui sons celui S Avertissement du Clergé de France , assemblé à Paris par ^permission du roi^ aux Fidèles du royaume sur les dangers de F incrédulité (3). On sent déjà, à renoncé, combien celui-ci est singulier; au surplus cet écrit de plus d» soixante et dix pages d'impression in -4^ est assez bien fait dans son genre ; il y règne surtout une modération extrêmement rare dans ces sortes de traités, trop souvent dictés par le fanatisme. On y accorde aux incrédules une chose, qui avait fourni matière jusqu'ici aux déclamations les plus indécentes et aux apostrophes^ les plus injurieuses ; on y convient que la vertu, la probité, et toutes les autres qualités morales, peuvent exister dans un homme indépendamment de la religion.

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