‹ Mémoires secrets de Bachaumont de 1762 à 1787Chapitre 49 sur 58 · DÉCEMBRE I77I. ^Q'J · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE I77I. ^Q'J

riche , après avoir mangé la rançon d'un roi , est tombée par soi^ inconduite dans une indigence extrême , et est morte sans secours. Elle laisse deux (Ils, dont l'un capitaine de dragons 9 et l'autre capitaine d'infanterie, qui portent le nom et les armes des Fleury.

26. ■— Tous ceux qui ont été au spectacle de Choisy la semaine dernière , attestent combien la pièce de la Vérité dans le vin était grivois et a fait rire madame la comtesse Du Barry. Sa Majesté, n'a pas paru y prendre le même plaisir. Cette dame se livrait cependant à tout ce qui pouvait égayer le roi , et cherchait à le délasser des occupations du trône , en le faisant jouer avec un petit chien. Le souper a été fort agréable aussi. Le sieur Larrivée et sa femme ont chanté pendant tout le repas des chansons sur le même ton que la comédie. Le roi était à la table à resso t(i) avec douze convives, dojat trois dames seulement , madame la comtesse Du Barry , madame la maréchale de Mirepoix et madame la marquise de Montmorency. Madame Du Barry a continué à s'occuper de tout ce qui devait amuser Sa Majesté. Elle était entre le roi et M. le duc de Duras. Ce seigneur, trèsexcellent convive , a paru d'une folie charmante , et , quoique un des ducs protestans , de la plus grande intimité avec cette dame. On n'admet pas communément des profanes à ces petits âoupers : cependant, par extraordinaire, il y en a eu ce jour-là, qui ont rapporté des détails intéressans. On ajoute que le vin y coulait à grands flots, et que tout contribuait à rendre la fête charmante; que madame Du Barry montrait ce désir de plaire qui prête des charmes aux femmes les moins séduisantes , et jette un nouveau lustre sur la beauté.

(i) Y. 3i mai 1769. — R.

398 HIÉMOIRES SECRETS.

27. — M. de Villoîson , jusqu'à dix ans, a été élevé sans aucune instruction : il s est évertué de lui-même à cet âge, et aujourd'hui, quoiqu'il n'ait que vingt-deux ans(j)9 il est un des plus savans personnages qu'on puisse voir en fait d'érudition. Il possède toutes les langues possibles. A l'élection du successeur de M. Gibert il avait eu les secondes voix ; mais comme cette faveur est ordinairement un droit à la nomination pour l'élection suivante, JM. Duclos se leva, et, en rendant toute la justice pos&ible au mérite du jeune candidat , déclara qu'il ne pouvait concourir à présent , d'après les statuts, dont il demanda qu'il fût fait lecture. Effectivement il y est dit, par une clause digne des siècles de barbarie, que tput académicien doit avoir vingt-cinq ans pour pouvoir être élu. Cette difficulté a arrêté dans ce moment-ci, qu'il y a deux places vacantes encore; mais on a sollicité auprès du jninistre une dispense d'âge , et l'on se flatte que M. de Yilloison l'obtiendra : dispense non moins ridicule que le statut.

a 8. — * Supplément à la Gazette de Frawce (2). Du 8 noi^embre. Liste des noui^eaux liquidés. Ce préambule peu important , puisqu'il ne contient que la notice de quatre menlbres du Parlement liquidés , est suivi d'une pièce plus curieuse; c'est une Conversation fami' Hère de M. le chancelier avec le sieur Le Brun , le mercredi 1 3 novembre 1771, sept heures du matin. C'est une effusion de cœur entre le maître et son valet : celui-ci

(i) Né à Corbeil, près Paris, le 5 mars i75o, D*Ansse de YiUoison n'avait pas encore atteint sa vingt-deuxième année. — B.

(a) Sous ce titre de Supplément à laOKJ.vsTiL db France, treize brochures furent successivement publiées de 1771a 1773. Elles ont été recueillies dans le Maupeouana, tome Y, p. 63 -a 33. • — R.

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arrive à Paris ; il a assisté à la fameuse cérémoBie de la messe Fouge (i)^ à la^entrëe du npuveau tribunal, et au gueuleton du sieur Berthier de Sauvigny. L'auteur se sert de ce cadre pour tourner d'abord en ridicule les personnages de la magistrature actuelle; il. entre ensuite en matière, et, par deà aveux successivement développés, par des anecdotes intéressantes, il met au jour, de plus en plus, le génie oblique et tortueux de M. de Maupeou. Il fait voir que son ouvrage ne s'est avancé qu'à force de violences, de ruse, et d'impostures; qu'il ne se sert que de petits moyens, d'un manège puéril, de manœuvres basses , et qu'étonné lui-même de ses succès, il en sent toute l'insuffisance. En un mot, on y met à nu l'ame de ce chef de la justice, et l'on sent quel spectacle ce doit être.

Cette plaisanterie, au fond très-sérieuse, n'approche pas de la Correspondance à beaucoup près ; l'écrivain n'en a pas tiré tout le parti qu'il pouvait, mais elle contient des faits très-importans à savoir; elle révèle au grand jour quelques parties ténébreuses des projets de M. le chancelier, dont la connaissance doit décréditer de plus en ^lus son plaa, et prouve qu'il n'a ni les grandes vues , ni les ressorts nécessaires à un génie ambitieux qui veut bouleverser un royaume , et que , d'un instant à l'autre, son édifice monstrueux , fondé sur la faiblesse et le mensonge , doit disparaître au moindre rayon de la vérité ou au premier effort de l'énergie nationale.

ag. -— M. Helvétius est mort , il y a quelques jours , d'une goutte remontée. C'était le fameux auteur du livre de P Esprit, pour lequel il a essuyé tant de persécutions,

(i) Ainsi nommée parce que le Parlement y assistait en grande tenue , qui était la robe rouge. — R.

ainsi que son censeur et ami M. Tercier (i). On lui reproche de n'avoir pas reconnu , comme il convenait , l'importance du service qui avait coûte si cher à ce dernier, puisqu'il en avait perdu sa placée de premier commis des Affaires Etrangères y et qu'il s'est trouve ensuite fort mal à Vaise. Le philosophe , de son côte, avait été obligé de gauchir dans ses principes, et de donner aux dévots la satisfaction de le voir se rétracter. Il a paru se repentir de sa faiblesse dans ses derniers moniens, où voyant qu'il n'y avait plus rien à dissimuler, il a refusé constamment de s'asservir au cérémonial usité dans pareil cas. M. le curé de Saint-Roch n'a pu convaincre cet incrédule : on ne lui a cependant pas refusé les honneurs de la sépulture chrétienne, ce qu'on craignait fort dans ce temps, où M. l'archevêque a repris le gouvernement spirituel de cette capitale dans toute sa sévérité.

M. Helvétius avait été fermier général. Il quitta volontairement cette place , lors de son mariage avec mademoiselle de Ligniville, fille de qualité d'une des premières maisons de Lorraine , se trouvant assez riche et craignant de souiller son alliance par un titre aussi sordide. On remarqua d^ns le temps assez plaisamment, que le sieur La Garde , qui avait épousé la sœur , eut , en vertu de ce mariage, au contraire, un bon de fermier général , et Ton dit que l'une refaisait ce que l'autre avait défait.

3i. — Un particulier de cette capitale a imaginé un jilmanach des gens de condition demeurant dans la ville de Paris, où il a rassemblé sans choix une infinité de gens qui ne sont rien moins que de qualité , et qu'il appelle barons, comtes, marquis. Cela a l'air d'un vrai

(i) V. aS janvier 1767. — R.

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persiflage et jelte un ridicule singulier sur maints bourgeois et financiers qu'on pourrait soupçonner d'avoir eu la faiblesse de se laisser ainsi titrer mal à propos. On en a porté des plaintes , et l'on ne douté pas que la police ne proscrive cette pitoyable rapsodie, qui cependant , amé* liorëe et plus exacte, pourrait être utile.

a Janvier. — * Vers à madame la comtesse Du Barry^

Qui asollicilë èUe-mém« une pension pour M. le duic d« Choiseu,!.

Chacun doutait, en vous voyant si belle, Si vous étiez ou femme ou déité ; Mais c'est trop sûr ; votre rare bonlë I^'est pas l'effort d'une simple mortelle. Quoi qu'ait jadis écrit en certain lieu Un Roî-Prophête ^ en sa sainte démence ^ Quoi qu'un poète en ait dit^ la vengeance N'est que d'un hoinme ^ et le pardon d'un Dieu.

4« — Il s'est trouvé au Palais, à Bouen, un papier dans lequel on diffa uait tout le Conseil Supérieur par répigramme suivante :

Ici quinze ^ (i) de toute espèce Siègent pour èlre nos bourreaux , Qui devraient porter sur le dos Fleurs de lis qu'ils ont sous la feà^e.

5. — Ou sait que M. Diderot est honoré des bontés particulières de tlmpératrice de Russie , et qu'il est en

(i) V. a3 juin 1765. — R.

ToM. m. a6

4oa MÉMOIRES SECRETS.

quelque sorte son agent littéraire à Paris. Il s'est mêlé , eh cette qualité^ du marché fait pour cette souveraine du cabine! de tableaux de M. le baron de Thiers, qu'elle a acheté en entier. Cela a donné lieu à quelques conférences entre M. Diderot et les héritiers du défunt , au nombre desquels est M. le maréchal de Broglio, par sa femme. Ce maréchal, fort honnête, a pour frère le comte de Broglio, parfois très-mauvais plaisant. Un jour que ce dernier se trouvait à une conférence du philosophe avec M. le maréchal, il voulut le tourner en ridicule sur l'habit noir qu'il portait, et lui demanda s'il était en deuil des Russes ? — « Si j'avais à porter le deuil d'une nation , monsieur le comte , lui répondit M. Diderot , je n'irais pas la chercher si loin. »

«. M. Saurin , membre de T Académie Française, a

lu , il y a quelques mois, à une assemblée publique, une Épître sur les incomféniens de la vieillesse {}), dont le principal, suivant lui> était de survivre à ses amis. Il vient de donner une suite à cette Épître, à l'occasion de la mort de M. Helvétius , son bienfaiteur. Voici cette pièce :

jàux mânes de mon ami.

0 toi , qui lie peux plus m'entendre , 0 toi , qui, daus la tombe avant moi descendu ,

Trahis mon espoir le plus tendre :

Quand je disais, hélas! que j'avais trop vécu, Qu'à ce malheur affreux j'étais loin de m'attendreî Oh ! comment t'exprimer tout ce que j'ai perdu ! C'est toi , qui me cherchant au sein de l'infortune ,

Relevas mon sort abattu , Et sus me rendre chère uf^ vie importune.

(i) V. Uuaai 177»» — ^*

iTa vertu bienfaisante égalait tes talcns :

Tendre ami des humains, sensible à leurs misères ,

Tes écrits combattaient l'erreur et les tyrans

Et ta main soulageait tes frères.

L'équitable postérité

T'applaudira d'avoir quitté Le palais de Plutus pour le temple des sages ,

Et s'éclairant dans tes ouvrages Les marquera du sceau de l'immortalité.

Faible soulagement de ma douleur profonde ! Ta gloire durera tant que vivra le monde. Que fait la gloire à ceux que la tombe a reçus ! Que t'importent les pleurs dont le torrent m'inonde! O douleur impuissante! ô regrets superflus! Je vis, hélas! je vis, et mon ami n'est plus!

8. — " On a toujours dit que les Français se consolaient de tout par une chanson. On commençait à craindre que la nation n'eût perdu son caractère; mais un plaisant (i) nous prouve que celte terreur est vaine ^ et qiie l'on sait encore rire à Paris. Voici un vaudeville qui court , et contre l'auteur duquel on dit que le ministère fait des recherches sévères :

Air : Ma raison allait faire naufrage.

Chantons dans ua badin vaudeville

Le retour des vertus qu'on aura ; L'honneur gothique à la cour, à la ville, Le sentiment, qu'on trouve de vieux style, Cela reviendra.

Au barreau reviendra le silence ,

La frAuchise au barreau renaîtra ;

Des avocats l'impayable éloquence;

(i) Collé. — R.

4o4 MÉMOIRES SECKKTS.

Des procureurs Téquité, l'innocence , Gela reviendra.

Tout revient, lu pudeur, le courage,

La gaité , les mœurs, ei cœtera :

Je sais même une demoiselle sage Qui disait, en perdant 50u pucelage , Cela reviendra.

Français ^ ne perde? pas Tespérance ,

Tout va bien , tout encor mieux ira : La liberté, le crédit , Tabondance , La candeur, les Jésuites, l'innocence , Cela reviendra.

§. — * M. de Belloy a fait aujourd'hui son discours de remerciement à TAcadémie Française. Celait M. le maréchal duc de Richelieu qui^ élu directeur par le sort , devait lui répondre; mais ce seigneur sentant qu'après la conduite qu'il a tenue il serait peu agréable au public , a jugé à propos de se soustraire à ses regards et à sa critique. Cest M. Tabbé Battetix qui a répondu.

lo. — * Il se répand ici, très-clandestinement, un« espèce S Ode au roi{i)y dans le goût des Chancelières, L'ouvrage est plus sagement fait , mais dénué de l'enthousiasme du genre, et dont on apercevait quelques étincelles dans le fatras barbare des deux autres. C'est une exhortation au monarque d'ouvrir les yeux , et de se rappeler les temps heureux où il était l'amour et les délices de ses peuples, temps qu'il peut encore faire renaître.

i a. — Un serrurier a fait pour chef-d'œuvre un dais

(i) On en trouve deux strophei dans les Anecdotes surmedame la comtesse 3u Barri y p. ai 5. — R.

tout en fer. Il a six branches, qui se recourbent, se réunis^ sent à un centre commun et se terminent par une cou-p ronne. Elle est accompagnée d'un feuillage qui circule autour, et l'ouvrage est si délicatement travaillé, si exr quis) si poli , qu'il brille comme l'argent le plus pur. C'est le fruit de dix ans de travail. On en avait parlé à Sa Majesté, qui a voulu le voir, qui en a été si enchantée qu'elle se proposait de l'acheter pour l'église de Choisy, ou 'il avait même servi. Cependant cet artiste ayant été longtemps sans toucher d'argent, a fait ses réclaniations : il demandait cinquante mille livres. On a trouvé ce dais trop cher, et on le lui a rendu. Comme il désespère de trouver personne qui veuille Tacheter , il 1« montre au public pour vingt-quatre sous. C'est une chose digne de l'attention des curieux , et plus parfaite encore que ce qu'on a vu de plus admirable en ce genre.

— * M. de La Rochefoucauld , archevêque de Rouen , n'ayant pas voulu officier à la messe du Saint-Esprit lors de l'installation du Conseil Supérieur, s'est retiré à Caillou , où il a une maison de campagne, et a si bien harangué son Chapitre, sans lui insinuer positivement de ne point accepter de places dans le Conseil Supérieur, qu'aucun chanoine n'y est entré.

Des farceurs ont joué le Conseil Supérieur et ont, en conséquence, été mis au cachot. La fermentation a été poussée au point qu'on a pendu en effigie M. de Crosne , intendant de la province et premier président du Conseil, et qu'on a fait courir un Arrêt imprimé, dans une forme très-légale, où il était condamné à être rasé par ies trois Ordres réunis* Voici un nouveau placard épigrammatique, affiché à sa porte : nous le recueillons non

4o6 MEMOIRES SECRETS.

comme uae pièce de poésie merveilleuse y mais comme iine pièce historique :

L'autre jour, Thiroux de Crp^nc De sa noblesse qu'il prône Ghercliait les titres précieux :

Une ensei^e assez mal dorée, De deux bassins blancs décorée, • Vint aussitôt frapper ses yeux.

Des services de ses grands pères , Ce respectable monument Lui fit voir en gros caractères :

tt Céans , l'on fait le poil très-proprement. »

t3. *— >^ M* Linguet se distingue au nouveau Parlement. Il parait deux Mémoires imprimés de cet orateur, qui sont trèsHrecherchés. Le premier est une Consultatioq pour M. le prince de Ligne , prince du Saint-Empire et d'Amblise^ grand d'Espagne de la première classe , etc. , codtre Tabbaye royale de Çorbie.

Le second , en faveur de madame la duchesse d'Olonne, contre le sieur Orourcke.

1 4- — * Depuis rétablissement des Conseils Supérieurs, d'habiles anagrammatistes cherchaient à retourner ce titre d'unç façon ingénieuse et caractéristique. Enfin des divers essais de combinaison il est résulté les mots suiyans : Ftle corpus sine re.

T 5. -^Madame Favart souffre beaucoup d'une maladie de femme, et plus encore d'une maladie d'actrice. Elle se trouve attaquée mortellement dans la partie qui a le plus péché en elle. L'abbé de Yoisenon , qui vit chez elle de* puis plus de vingt ans, ne la quitte point et est dans les plus vives alarmes. Toute sa petite société n'est pas moins dans la douleur. Quant au public , il regrette peu uiiç

comédienne médiocre , qui avait long<*temps usurpé une réputation sans qu'on sût trop pourquoi, et qui n'est plus que tolérée sur la scène , dont elle aurait dû, pour son honneur bien entendu j se retirer plus tôt.

1 7.-—* M. de Belle-Isle, secrétaire des commandemens et du cabinet de M. le duc d'Orléans , passe pour auteur d'un Mémoire de ce prince concernant ses domaines at* taqucs par M. le contrôleur général. Cet écrite de quatrevingts pages in-4% qui f^it grand bruit , est très*savant, trèfr-profond , très*bien discuté ; mais on y fait tenir au premier prince du sang un ton de suppliant peu noble, surtout dans un moment où il doit réclainer la justice du rot et non implorer sa bonté.

19. — Tout est problème dans ce pays-rci , et les faits les mieux confirmés en apparence reçoivent ensuite des sens, des interprétations, des additions qui les dénaturent. Tel est le prétendu premier mariage de M. de 6ombelles(i), contre lequel ses partisans réclament, et qui, par la tournure de longueur que prend l'affaire, de* vient extrêmement louche. On assure mém« aujourd'hui que mademoiselle Camp ne poursuivra pas un jugement qu'elle redoute. On produit une lettre de M* Linguet , èon avocat , à M. de Bombelles , qui ne contribue pas peu à augmenter les doutes, tant elle est difficile à concilier avec le Mémoire qu'il a publié ensuite contre lui. On la donne pour authentique, elle est datée de Lucienne^ le 4 jtiin 1771 , ou cinq mois et huit jours avant la Consultation qu'il a signée pour la demoiselle Camp. On ne peut refuser, en journalisteimpartial, d'en donner la c<>pie.

« J'ai reçu avec la plus grande reconnaissance, et lu avec le plus vif intérjêt le Mémoire quie M. le viooïntede

(1) V. a 5 uovembre et i3 décembre 17 ;r. — R. '<■

4o8 MÉMOIRES SECRETS.

I{ombelles a eu la bonté de m'euvoyer. C'est quelque chose de bien singulier en effet que la hardiesse avec laquelle on ose le compromettre par des imputations de la nature de celles dont il se plaint. Peut-être est-ce son mariage même qui en est l'origine. Il est possible que quelques collatéraux du côté de madame sou épouse aient conçu de l'inquiétude de cet événement^ et qu'ils aient imaginé ce lâche et maladroit moyen pour se tran-r quilliser. Au reste, l'éclat même qu'ils auraient nécessité ne peut servir qu'à rendre leur honte publique, et à faire ^ briller l'innocence du client , ainsi que les talens du défenseur.

« J'ai l'honneur d'assurer M. le vicomte de Bombelles du respect avec lequel je suis son très -humble et trèsobéissant serviteur. >>

-» M. le duc de Chaulnes , ci-devant duc de Pecquigny , est, comme on sait , un grand sectateur des arts et des sciences; il vient d'en donner, à ceuiç. qui en seraient le moins convaincu^, une preuve qui ne permet pas d'en douter. II dissertait avec un Anglais , et chacun soutint son opinion avec tant de chaleur , que la dispute a dégénéré en une vraie rixe : on en est venu. aux armes, et nos deux philosophes ont prétendu avoir au bout de leur épée le meilleur argument. Le seigneur français a suc* çombé et a été blessé.

âo. — * Il paraît un troisième Supplément à la Gazette DE France (i). Celui-ci prend véritablement la tournure d'une feuille de nouvelles, quoique son principal but soit toujours de tirer au clair les diverses liquidations. Ce genre de faits est aujourd'hui le moindre objet qui y soit traité; ou a cherché à rendre ce Supplémmt1l^\^}XBXkt paf

(i) V. aS décembre ♦771. — R.

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un recueil d'anecdotes, bien scandaleuses, bien bonnes. L'auteur paraît vouloir succéder à celui de la Gazette ecclésiastique; il tâte le goût du public, et l'on ne doute pas qu'insensiblement il ne le remplace. Le Jansénisme ayant perdu son grand mérite , son intérêt véritable par l'extinction des Jésuites en France, s'est transformé dans le parti du patriotisme ; il faut lui rendre justice , il a toujours eu beaucoup d'attraits pour l'indépendance; il a combattu le despotisme papal avec un courage invincible : le despotisme politique n'est pas un hydre moins terrible à redouter, et il dirige aujourd'hui vers cet en-^ nemi toutes ses forces, désormais inutiles dans l'autre genre de combat.

— Ijes libraires associés à X Emyfclopédie ^ qui ne sont pas sans inquiétude sur la suite de leur procès contre M, Luneau de Boisjermain, cherchent à se mettre en règle le plus qu'ils peuvent et hors de prise vis-à-vis de ce redoutable adversaire. C'est à cette fin, sans doute, qu'ils ont accéléré la publication des deux derniers volumes de planches. Leur but, à ce qu'on prétend, est, en les délivrant aux souscripteurs, de retirer le certificat de souscription , et d'enlever ainsi le titre en vertu duquel on pourrait les contraindre au remboursement dont on a parîé , s'ils sont condamnés. De son coté, M. Luneau est occupé à répondre à leur Mémoire ligne par ligne , comme il a feit à la lettre de M. Diderot. Pour contrebalancer les batteries des libraires , il prie les souscripteurs de vouloir bien lui envoyer la copie figurée de leur quittance de souscription, de leur certificat, elc; il promet de leur remettre en échange, gratuitement, tous les Mémoires qu'il a publiés dans cette affaire, et tous ceux qu'il publiera.,

4lO MEMOIRES SMCRETS.

il. — Mémoire pour le comte Oroarcke , mestre^e* camp de cavalerie^ ci-devant chambellan du feu roi de Pologne j duc de Lorraine et de Bar , contre madame fa duchesse d'Olonne. Tel est l'intitulé de la réponse au Mémoire de M* Linguet en faveur de madame la duchesse d'Olonne. Ce Mémoire^ de la composition du sieur Ghabans (i), avocat obscur , n'a pas le sarcasme, la chaleur de l'autre, mais il n'est pas mal méchant.

aa. — On a remis hier à l'Opéra Castor et Pollux. Jamais on n'a vu plus brillante assemblée; elle était en outre si nombreuse , que la recette a monté à près de deux mille écus, sans compter les petites loges; ce qui est sans exemple. La foule était telle , que la représen* tation s'en est ressentie , et les deux premiers actes n'ont poiùt été absolument entendus. Les princes ont reçu le tribut d'applaudissemens qu'on leur prodigue constam* ment depuis qu'ils paraissent en public , et surtout de* puis qu'on sait que cela mortifie la cour.

a3. — La fécondité du philosophe de Ferney s'était ralentie j depuis quelque temps , et Ton ne parlait d'aucune production nouvelle de sa part. Il vient de réveiller l'attention du public par un petit pamphlet, assez piquant, intitulé Tocsin des Mois. On sait avec quelle adresse M. de Voltaire choisit toujours l'à-propos, pour jeter plus d'intérêt dans ses ouvrages. Celui-ci a été composé à l'occasion de l'attentat commis sur la personne du roi de Pologne (si) , attentat qui rend sa cause commune à tous les souverains. Cet événement amène assez natu-

(i) V. I*' mars 177a. — R.

(a) On trouve dans le P^oyagj en Pologne , etc., de William Coxe une ih> laiion exacte et détaillée de cet attentat , dont le récit est assez bizarrement fuchàssé dans le roman de Faublas. — R.

rellement un éloge de l'Impératrice des Russies, qui soutient avec tant de constance ce monarque toujours chaùcelant sur son trône. L'écrivain paie aussi un tribut de louange aux talens de l'Empereur et aux qualités vraiment héroïques qu'il déploie. Enfin ^ il termine par exhorter toutes les puissances de l'Europe à détrôner le Turc, despote monstrueux , si long-lemps la terreur et le fléau de l'humanité.

24* — Une compagnie d'étrangers vient d'entreprendre dans cette capitale une espèce de manufacture de poulets pour l'hiver» Ils ont choisi un emplacement sur le nouveau boulevard ; ils comptent en faire édore au moins cinquante mille par mois. Ils se proposent d'employer la méthode des Égyptiens, c'est-à-dire des fours , dont le degré de chaleur doit être d'environ trente-deux degrés du thermomètre de Réaumur. Des essais tentés il y a quelques années sur la même expérience, n'eurent aucun succès : les nouveaux entrepreneurs espèrent être plus heureux et surmonter les divers obstacles qui firent manquer le projet des autres (i).

aS. — L'assemblée tumultueuse de la première représentation de Castor et Pollux a été frmeste à plusieurs personnes : on en a compté quinze qui se sont trouvées très-mal dans le parterre et qu'il a fallu enlever. On prétend que deux ont été totalement étouffées, et que d'autres en seront long-temps incommodées. Malgré cette foule, plus de deux mille curieux avaient été refusés. On a pris des précautions pour prévenir des suites aussi cruelles , et à la seconde représentation on a mis deux sentinelles aux portes du parterre, qui empêchaient d'entrer, même avec des billets, lorsque la salle a paru pleine. Le spcc-

(1) Gese&sais ont été renouvelés il y a peu d'aoïiées. -^ R.

tacle s'est passé avec beaucoup plus de déceoce, et sans aucun accident. La recette a cependant monté à cinq mille six cents livres , sans compter les petites loges à Tannée.

-^ Extrait d'une lettre de Rouen du nojanifier 1 77a. « Les placards continuept : on a trouvé dernièrement à la porte du Conseil Supérieur l'inscription suivante :

Imperatore Ludovico végétante ,

Principes in exilio ,

Magnâtes in opprobrio ,

Justitia in oblisfio , Publicœ privatœque res in arcto ,

Latrocinium in œrario , Lenocinium in Laticlas^io (i),

Anno vindictte Domini M dcc lxxii.

26. — * Il court une Fable politique manuscrite, ayant pour titre & Fermier et les Chiens (a). L'histoire de la révolution actuelle s'y trouve dépeinte d'une façon énergique; MM. de La Yrillièrey de Choiseul, de Maupeou, y sont caractérisés à ne pas être méconnus. Cette satire est fort recherchée par le3 traits de force qu'on y remarque et la hardiesse qui y règne.

27. ■— Il y a dans l'église de "Notre-Dame à Paris., une statue colossale de Saint-Christophe. Les historiens ecr clésiastiqu<es sont partagés sur le personnage qu'elle représente; les uns le regardent simplement comme allégorique, et d'autres comme ayant réellement existé d'une stature et d'une proportion extraordinaire. Quoi qu'il en soit , depuis qu'il est question de réparer cette cathédrale,

(i) Laticlave, ornem<wit des sénateurs Romains. {i) V. 3i décembre 1772. — R.

JANVIER 177a, 4»^

on a agité si l'on ne ferait pas sauter une figure aussi ridicule et peu digne de notre siècle éclairé ; mais M. l'archevêque y qui se nomme Christophe , a fort à cœur qu'on conserve son patron^ et ses partisans dans le Chapitre ont voté avec chaleur pour qu'on ne touchât en rien à ce colosse; en sorte qu'il subsistera, du moins jusqu'à la mort du prélat.

a 8. — Madame la comtesse Du Barry ayant eu occa-» sion de connaître les talens précieux de M. Yernet^ le fameux peintre de marine , qui a décoré le joli pavillon de Lucienne de morceaux assortis de sa façon, est allée chez cet artiste rendre hommage à se» talens. Elle y a trouvé deux tableaux finis et prêts à être emballés pour un seigneur étranger, auquel ils étaient destinés : elle les a considérés avec la plus grande attention , et en a été si enchantée qu'elle a voulu les avoir. En vain le sieur Yernet a déclaré ne pouvoir lui faire ce sacrifice , puisque ces ouvrages ne lui appartenaient plus; elle n'a tenu aucun compte de ses supplications , et a fait enlever de force les deux chefs-d'œuvre; mais en même temps, pour dédommager le peintre, elle lui a dressé sur un bout de papier une ordonnance de cinquante mille livres , payables par le sieur Beaujon , banquier de la cour y ce qui a un peu consolé M. Yernet , et rend la Minerve du jour trèsrecommandable aux artistes.

29. — *On a vu, par divers écrits^ la fermentation qui régnait dans l'ordre des Bénédictins, et l'ardeur de plusieurs de ces moines pour dépouiller le froc et franchir les murs de leurs cloîtres. Il en a résulté une guerre de plume entre ces religieux petits-maîtres et les anciens, jfort attachés à leur robe, à leur régime et à toutes les pratiques de leur règle. Le roi s'étant expliqué à l'occasion

4j4 mémoires secrets.

de sa religion surprise par les premiers , tout paraissait rentré dans l'ordre accoutumé , mais deux de ces religieux, pourvus d'abbayes et forcés, suivant la règle^ à en manger les revenus avec leurs moines , ont pris le parti de se faire nommer par le pape à des abbayes inpartibus. Au moyen de ce nouveau titre ils ont prétendu pouvoii* se séculariser^ du moins ne porter que le petit scapulaire^ et m&nger où bon leur semblerait les i*evenus de leur bénéfice. Le régime a mis en cause M. l'archevêque de Paris ^ qui prétendant avoir la discipline de toute la hiérarchie ecclésiastique, ou régulière , de son ressort, a rendu une ordonnance , qui enjoint à ces abbés défroqués de se retirer chacun dans leur communauté respective , d'y reprendre leur habit , et d'y vivre dans l'observance de leur constitution.

Les abbés Bénédictins en ont appelé comme d'abus ^ et c'est aujourd'hui la matière d'un procès qui se plaide au nouveau tribunal et qui attire beaucoup de curieux ' au Palais. Le sieur Courtin , avocat assez versé dans les matières bénéficiales , a déjà parlé pour les religieux : c'est le sieur Gerbier qui doit défendre M. l'archevêque de Paris.

I*' FÉVRIER. — Pierrede-Cruel , tragédie de M. de Belloy , qui devait être jouée à Fontainebleau et dont la cour a été privée par la maladie de l'actrice principale , est aujourd'hui arrêtée pour la Ville à la police, et les changemens qu^on exige sont si considérables, qu'on craint que cette pièce ne passe pas cette année. On a repris Gaston et Bayard pour dédommager cet auteur des tracasseries qu'il essuie, bien innocemment sans doute , puisqu'il a fait prauve du dévouement le plus servile au ministère et à ses vues. On annonce aujourd'hui

les Druides y tragédie de M. Leblanc ;^ comme la première qui doive être donnée au public.

2. — * Il se vendait depuis quelque temps uoe Histoire civile et naturelle du royaume de Siam et des réi^olutious qui ont boulei^ersé cet empire jjusqii en l'j'jo^ publiée sur les manuscrits qui ont été communiqués par M. Tévéqiie de Tabracay vicaire apostolique de Siam y et autres missionnaires de ce royaume y eXc. Ce livre, parfaitement ignoré , acquiert aujourd'hui de la célébrité au moyen d'un Arrêt du Conseil ^ en date du 5 janvier, qui le supprime. Le privilège pour l'impression d'un écrit intitulé : Description du royaume et de la religion de Siam y avait été accordé, le 16 juillet 1770, audit évêque : celui-ci avait chai*gé l'auteur de l'écrit en question de rédiger uniquement le manuscrit et d'eu épurer la diction. Le rédacteur s'étant approprié l'ouvrage^ en avait changé et la forme, et le fonds, et le titre. Ije prélat en a probablement porté ses plaintes^ et dans l'Arrêt du Conseil il est dit que continuant de traiter &vorablement ledit évéque de Tabraca , et vu son Mémoire, le roi, de l'avis de M. le chancelier, lui conserve le privilège mentionné ci-dessus ^-et supprime X Histoire civile y Sa Majesté étant instruite que l'écrivain , s'abandonnant aux écarts de son imagination , s'est visiblement et mal à propos écarté du plan et des intentions du sieur évéque; que "d'ail leurs, par une suite de cette licence, il liii était échappé clans le coui*s de l'ouvrage des assertions hasardées et des maximes dangereuses.

7. — ^Dimanche dernier, jour de la Purification, où devait se faire la nomination de dix cordons bleus vacans, il y a eu bal à l'Opéra, la fête étant censée finir à minuit. Ce concours de circonstances a donné lieu à une plaisan*

4l6 MÉMOIRES SECRETS.

tei'ie singulière et qui a beaucoup amusé les spectateilrs^. Une troupe de dix masques s'est présentée , ayant chacun un nez d'une longueur extraordinaire , au bout duquel pendait un ruban bleu , et sur le nez était écrit : « Cheva* lier des Ordres, du roi; m ce qui faisait une allusion ingénieuse au pied de néz qu'ont eu les aspirans à cette distinction 9 allusion d'autant plus vraie que lé roi s'était plu à flatter leur espoir jusqu'au deraier instant. On a fort recherché l'auteur de cette mascarade : on l'attribue aujourd'hui généralement à M. le duc de Chartres , et elle ne pouvait guère s'attribuer qu'à lui ou à quelqu'un de son rang.

8. — * Le Conseil Supérieur de Roqen continue à être l'objet delà dérision publique et particulière. Après avoir été joué par des ferceurs qu! ont été mis au cachot^ il est difficile qu'un tel tribunal prenne consistance et obtienne de long-temps de la considération. Les officiers municipaux ne cessent de réclamer leur Parlement. Dans leurs différens Mémoires y après avoir établi invinciblement qu'on ne pouvait anéantir cette cour^ sans la violation la plus manifeste et la plus injuste de leurs privilèges, et de leur capitulation en se rendant à la France, ils demandent, si en écartant même lin tel droit, Boueti est de pire condition que les autres capitales, où l'on a conservé le Parlement ; si la Normandie ne mérite pas la même distinction , par son étendue, par sa pc^ulation^ par son importance, par sa qualité de province maritime, par son attachement à ses souverains, par son zèle à concourir aux impôts multipliés dont elle est chargée. Ils discutent enfin les prétendus motifs de suppression établis dans l'Édit , en font voir l'illusion et le ridicule. Us prouvent que l'émulation supposée qui excitait les négo*-

dans à sortir de leur état pour entrer dans la magistrature, bien loin de nuire au commerce, lui donnait de l'activité , par l'ardeur avec laquelle on devait travailler h sa fortune, afin de jouir ensuite de la considération que donnerait la robe; que rien n'était plus propre à diminuer la population et la richesse de la ville de Rouen, que l'extinction du Parlement, qui la privait par-là de la grande circulation d'hommes et d'argent qu'occasionait nécessairement le grand concours des affaires. Cet article, traité supérieurement, a fort déplu à M. le chancelier, et n'a pas peu contribué à faire exiler notre maire. Il a fort à cœur que ces Mémoires ne se répandent point et restent dans l'oubli où il les a mis.

9, — Le goût de jouer la comédie, devenu à la mode depuis<{uelques années, avait donné lieu à un abus considérable dans les garnisons, oîi l'on voyait des ofïiciers donner au public ce spectacle indécent , en s'associant aux actrices et en paraissant sur la scène avec elles. On eu avait vu quelques-uns tellement ensorcelés de cette fureur, qu'ils avaient quitté le service pour se livrer entièrement à l'état d'histrion et à la vie libertine de ce genre. M. le marquis êe Monteynard, ministre d'un caractère grave et sérieux y n'a pas cru devoir tolérer un usage autorisé pat* des exemples du plus grand poids. Il a fait un règlement ^*qui défend absolument à tout officier dans les garnisons de jouer la comédie. Il est fâcheux sans doute qu'on ait été forcé d'en venir à priver la jeune noblesse d'un amusement qui, à certains égards, est infiniment plus élevé que d'autres , mais toujours en quelque ^orte malheureusement entaché de Tinfamie à laquelle sont dévoués les comédiens par état.

10. — * H paraît une suite du Parlement justi/ié par ToM. III. 27

4l8 3TBM0IRES SECRETS.

V Impératrice des Russies ( i ). C'est le Parlement justifié par r Impératrice - Reine de Hongrie et par le roi de Prusse , ou seconde Lettre dans laquelle oh continue à répondre aux écrits de M. le chancelier (a). Elle est datée du I " décembre 1 77 1 , et ne fait que d'éclore à l'impression. Cet ouvrage n'est pas moins bon que le premier. On trouve à la fin un Parallèle de l'ancienne et de la noui^elle taxe des frais de justice (3) dont il résulte que la plupart des frais est double et triple de ce qu'ils étaient auparavant.

12. — On voit à la Foire Saint*Germain un spectacle assez singulier : c'est un singe qui joue de la vielle. Il est vrai qu'il n'en peut bien exécuter qu'un air, mais il s'en acquitte à merveille : son maître l'accompagne de la mandoline. Tout Paris court à cette nouveauté, et ce singe-là ne fera pas moins fortune que celui de Nicolet , si célèbre il y a quelques années (4)»

i3. — On raconte que dernièrement, à une fête que donnait M. le duc d'Aiguillon, il se trouvait au dessert une croquante figurée, représentant les diverses parties de l'Europe et du globe , auxquelles correspond son ministère. Ce seigneur en offrit à madame la vicomtesse de Fleury, etlui demanda ce qu'elle voulait? Après les petites simagrées des jolies femmes : « Eh bien , monsieur le duc, s'écria-t-cUe, donnez-moi la France, je la croquerai aussi bien qu'un autre. »

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