‹ Mémoires secrets de Bachaumont de 1762 à 1787Chapitre 57 sur 58 · Le sieur Riccoboui, connu autrefois sous le · texte numérisé non relu

Le sieur Riccoboui, connu autrefois sous le

(i) Grammaire générale ou Exposition raisonnée des élémens nécessaires du langage , pour servir de fondement à t étude de toutes les la/igues, Pari^, Barbou, 1767, a vol. m-8*'. — R.

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nom (le I^lio , est mort il y a quelques jours. Il s'était d'abord acquis une réputation comme jeteur à la Co* médie Italienne ; il a en outre composé beaucoup de pièces pour xie théâtre , .et a écrit sur son art avec distinction. Sa femme est encore plus connue que lui par des romans agréables et pleins d'esprit. L'iuconduite du premier avait obligé celle-ci de s'en séparer, et il vivait dans la débauche et la crapule ; il était même accusé de pédérastie.

nS. — M. de Voltaire , dont la manie est d'être toujours plaisant , de paraître au fait du persifflage moderne, et d'être au courant de ce qui se passe ^ vient d'envoyer à l'abbé de Voisenon une petite pièce ayant pour titre : Jean qui pleure et Jean qui rit. Il y fait tour à tour l'Heraclite et le Démocrite. Il faut avouer qu'on y trouve encore beaucoup de choses agréables et légères. M. l'abbé Terray y reçoit aussi son coup de patte, et par une réticence dont on doit savoir gré à la modération de ce philosophe rancunier/ pour la première fois peut-être , il n'est question ni de Fréron, ni de Nonotte, ni d'aucun de ces autres cuistres de la littérature , qu'il injurie avec tant d'abondance et d'acharnement.

L'abbé de Voisenon a répondu à sa manière , c'est-àdire d'un'ton précieux, d'un style pomponné; il y déplore la perte, qu'il craint, de ses yeux, et celle irréparable de sa chère amie Favart. L'iiidécence avec laquelle ce prêtre affiche aussi hautement sa douleur impudique a révolté tous les dévots, et même les honnêtes gens. Il s'y plaint aussi de la calomnie, qui le poursuit à l'occasion des affronts qu'il a essuyés Cîhez le duc d'Orléans et ailleurs pour des couplets eiiL*rhonneur du chancelier, et 'on voit peu de gens disposés à entrer dans ses peines.

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