‹ Mémoires secrets de Bachaumont [édités et continuésChapitre 30 sur 86 · X. L’ami Fréron n’applaudiras · texte numérisé non relu

X. L’ami Fréron n’applaudiras

Qu’à l’ Écossaise seulement.

13. — Madame la marquise de Pompadour a fait présent, il y a quelques jours, à M. de L’Avcrdy, contrôleur général, dont on attend tant de merveilles, d’une boîte de carton enrichie du por- ? trait de Sully. Elle a assaisonné celte galanterie de toutes les grâces dont elle est capable, en disant à ce ministre que, présumant trop de sa modestie pour croire qu’il se fût fait tirer, elle lui envoyait son portrait véritable. C.es vers étaient dans la tabatière :

I i \ MÉMOIRES SECRETS DE BA CHAUMONT,

De l'habile et sage Sully Il ne nous reste que l’image:

Aujourd’hui ce grand personnage • '

Va revivre dans L’Averdy.

1S. — Ce soir est morte madame la marquise de Pompadour. La protection éclatante dont elle avait honoré les lettres, le goût qu’elle avait pour les arts, ne permettent point de passer sous silence un si triste événement. Cette femme philosophe a vu approcher ce dernier terme, avec la constance d’une héroïne. Peu d’heures avant sa mort, le curé de la Madeleine, sa paroisse à Paris, étant venu la voir; comme il prenait congé d’elle : « Un moment, lui dit la moribonde, nous nous en irons ensemble. »

18. — On a fait l’épigramme suivante sur un Jésuite qui s’est marié :

llxorem ducis qui cornua trina gerebas ;

Pondus erit levius, cornua bina gérés.

— On doit bien s’attendre (pie le tombeau de madame de Pompadour sera un. objet d’hommages et de satires. L’épitaphe suivante remplit l’un et l’autre objet. On la suppose écrite au bas de son buste; à côté sont l’Hymen et l’Amour en larmes, avec leurs flambeaux renversés.

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