‹ Mémoires secrets de Bachaumont [édités et continuésChapitre 4 sur 86 · XVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE

d’une assertion : «Cela sort-il de chez madame Doublet l? » de ces Nouvelles à la main, ébauche des Mémoires secrets , que Bachaumont annonce ainsi, vers 17-10 : « Un écrivain « connu entreprend de donner deux fois chaque semaine « une feuille de Nouvelles manuscrites. Ce ne sera point « un recueil de petits faits secs et peu intéressants, comme « les feuilles qui se débitent depuis quelques années. Avec « les événements publics que fournit ce qu’on appelle le « cours ordinaire des affaires, on se propose de rapporter « toutes les aventures journalières de Paris et des capitales « de l’Europe, et d’y joindre quelques réflexions sans ma- « lignité, néanmoins sans partialité, dans le seul dessein « d’instruire et de plaire par un récit où la vérité paraîtra « toujours avec quelques agréments. Un recueil suivi de « ces feuilles formera proprement l’histoire de notre « temps. Il sera de l’intérêt de ceux qui le prendront de « n’en laisser tirer de copie à personne et d’en ménager « même le secret, autant pour ne pas les avilir en les rentt dant trop communes, que pour ne pas se faire de que- « relies avec les arbitres de la librairie. A chaque ordinaire,

« à ceux qui voudront la prendre, elle sera payée sur-le- « champ parle portier, afin qu’on ailla liberté de l’aban- « donner, quand on n’en sera pas satisfait a. »

« Riche, paresseusement occupé , président du salon de madame Doublet, Bachaumont se trouvait content. Il avait choisi cette vie, s’y plaisait et n’en voulait sortir pour places ou honneurs. »

1 Mémoires de la Républ. des lettres, t. V des anciennes éditions.

* Portefeuilles de Bachaumont,

de l’éditeur. xix

La grande affaire de Bachaumont jusqu’à son dernier jour , ce fut le salon de madame Doublet ; ce furent les Nouvelles à la main , qui avaient commencé à circuler, vers 4740, et qui forment les Mémoires secrets, à partir de l’année 4762. Avant de mourir, il avait choisi luimême son successeur : Pidansat de Mairobert ; il était sûr que son œuvre favorite serait continuée dans le même esprit philosophique; aussi, mourut-il avec une tranquillité ferme et une aisance particulière, suivant la piquante expression de MM. de Goncourt, en répondant aux officieux qui lui parlaient des consolations de l’Évangile : « qu’il ne se sentait pas affligé. » Il avait quatre-vingt et un ans; madame Doublet en avait quatre-vingt-dix-sept, et elle mourut également de très-bonne humeur, comme son vieux commensal, en demandant qu’on lui apportât des nouvelles fraîches, pour en régaler ses amis de l’autre monde.

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