Vers a m* ber^ârd sur son opéra I)E castor et polllix
par m. le m. 1>b v*'*.
Les deux jumeaux de la Fable Font le charme de Parle : lis retirent tout leur prix t)es vers d'une Muse aimablei Elle avait chanté Tamour^ Son i Vf esse et son délire ; De la beauté qui soupire.
Le plaisir et le retouK L'Amitié monte la lyre :
Elle donne un nouveau tour Aui transpoirls (lu'elld respire; Elle chante, et tour à four Les éprouve etlesin.spii'e.
Avril. — i.— 'L'éclipsé tant annoticée pour aujourd'biii, et qui avait attiré l'attention de tout Paris, n'a pas fait une sensation
(1) Voy. 29 fé^r 1764.
considérable. Uobscurité a été de peu de durée et très-médiocre^ à peu près coniine lorsqu'il va pleuvoir. Toute la cour était à l'Observatoire. M. de Cassini s'était persuadé que la nuit serait épaisse; en conséquence^ Theure venue et le jour pâlissant un peu^ il a demandé des bougies^ sous prétexte qu'on ne. voyait plus clair. Tous les spectateurs l'ont assuré qu'on voyait trèsbien : lui d'insister et d'assurer qu'il ne voyait goutte, et le monde de rire, et l'astronome d'être hué.
5. — Le CorneUle, tant attendu, est enfin arrivé dans ce paysci. 11 est en douze volumes in-8'», coûte deux louis de souscription, trois livres pour le transport, et trente-six 'francs pour la brochure. On voit, en général, que M. de Voltaire a visé à faire un ouvrage volumineux. 11 est dédié à messieui's de l'Académie française.
6, — M. Palissot, de son exil de Joinville, a prématurément célébré la convalescence de madame la marquise de Pompadour. On se doute bien qu'un satirique aussi efifronté est un adulateur servile.
Vous êtes trop chère à la France,
Aux dieux des Arts et des Amours»
Pour redouter du sort la fatale puissance :
Tous les Dieux veillaient sur vos jours, Tous étaient animés du zèle qui m'inspire ;
En volant à votre secours,
Ils ont affermi leur empire.
9. — On a déjà parlé de M. d'Éon de Beaumont, cx-ministrc plénipotentiaire de France à la cour de Londres. On a parlé de son aventure singulière. L'asile qu'il s'est procuré lui assurant l'impunité, il vient de publier un in-4" (2), contenant les instructions et lettres particulières de M. le duc de Pra^lin à M. de Nivernois, à lui adressées, et toute la correspondance relative au traité de paix. 11 y a joint des notes et des portraits qui rendent cet écrit très-précieux. 11 n'y en a que très-peu d'exemplaii'es à
(1) Voy. 21 décembre 17Ô3.
(î) Lettres^ Mémoires et Négociations particulicres du chevalier d^Éon, Loudres, 1753-64, 2 parties.
AVBU 1704. 113
Paris : il porte pour épigraphe ces vers de Sémiramis de M. de Voltaire :
Pardonnez ! un soldat est mauvais courtisan : Nourri dans la Scythle, aux plaines d'Arbazan, J'ai pu servir la cour, et non pas la connattrp.
i i . — On répand, depuis quelques jours, une plaisanterie assez plate; elle a pour titre Décalogue du Dieu du Goût : on la peut juger d'un partisan du sieur Palissot.