‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 6 sur 77 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

d'une assertion : «Gela sort-il de chez madame Doublet ^? » de ces Nouvelles à la nuxin^ ébauche des Mémoires secrets^ que Bachaumont annonce ainsi, vers 1740 : « Un écrivain « connu entreprend de donner deux fois chaque semaine (( une feuille de Nouvelles manuscrites. Ce ne sejra point (( un recueil de petits faits secs et peu intéressants, comme (( les feuilles qui se débitent depuis quelques années. Avec a les événements publics que fournit ce qu'on appelle le « cours ordinaire des affaires, on se propose de rapporter (( toutes les aventures journalières de Paris et des capitales (( de l'Europe, et d'y joindre quelques réflexions sans ma- (( lignite, néanmoins sans partialité, dans le seul dessein « d'instruire et de plaire par un récit où la vérité paraîtra a toujours avec quelques agréments. Un recueil suivi de « ces feuilles formera proprement l'histoire de notre « temps. Il sera de l'intérêt de ceux qui le prendront de a n'en laisser tirer de copie à personne et d'en ménager « môme le secret, autant pour ne pas les avilir en les ren- (( dant trop communes, que pour ne pas se faire de quece relies avec les arbitres de la librairie. A chaque ordinaire, (( à ceux qui voudront la prendre, elle sera payée sur-le- (( champ parle portier, afin qu'on ait la liberté de l'aban- « donner, quand on n'en sera pas satisfait^. »

(( Riche, paresseusement occupé , président du salon de madame Doublet, Bachaumont se trouvait content. Il avait choisi cette vie, s'y plaisait et n'en voulait sortir pour places ou honneurs. »

^ Mémoires de la Républ, des lettres, t. Y des anciennes éditions. s Portefeuilles de Bachaumont,

DE L'EUETEUR. six

La grande affaire de Bachaumont jusqu'à son dernier jour , ce fut le salon de madame Doublet ; ce furent les Nouvelles à la main, qui avaient commencé à circuler, vers 1740, et qui forment les Mémoires secrets, à partir de Tannée 1762. Avant de mourir, il avait choisi luimême son successeur : Pidansat de Mairobert; il était sûr que son œuvre favorite serait continuée dans le même esprit philosophique; aussi, mourut-il avec une tranquillité ferme et une aisance particulière, suivant la piquante expression de MM. de Concourt, en répondant aux officieux qui lui parlaient des consolations de TÉvangile : tt qu'il ne se sentait pas affligé. » Il avait quatre-vingt et un ans; madame Doublet en avait quatre-vingtrdix-sept, et elle mourut également de très-bonne humeur, comme son vieux commensal, en demandant qu'on lui apportât des nouvelles fraîches , pour en régaler ses amis de l'autre

monde.

Page 1