‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 67 sur 77 · LE BAL MASQUÉ. — A MADAME LA DAUPHINE · texte numérisé non relu

LE BAL MASQUÉ. — A MADAME LA DAUPHINE

Quand, au milieu d'une brillante cour,

Aux rois nous offrons notre hommage.

Le respect sur notre visage

Tient lieu de masque au tendre amour.

^ C'est pour mieux nous faire connaître

Qu'aujourd'hui nous masquons nos traits :

A la félicité du maître ,

Chacun veut applaudir de près.

Pour donner à notre tendresse

Le droit d'éclater librement,

Faut-Il, en ce jour d'allégresse,

Recourir au déguisement ?

Ce qu'il sent, hautement le Français le publie.

Laissez-lui la sincérité;

En est- il un gui ne s'écrie :

« Cette Dauphine, en vérité.

Nous l'aimons tous à la folie I •

Nous l'aimons! Ce mot est si doux, Qu'au milieu de ce peuple, errant autour de vous. Vous vous plaises, sous le masque, à l'entendre; Vous épiez, vous cherches à surprendre L'aveu, le seul aveu, dont les Dieux sont jaloux. Si pourtant vous croyez que rien ne vous décèle, . Vous vous trompez t partout Louis vous suit des yeux ; Ses regards attendris semblent dire : c C'est elle ! » Et puis celte ceinture, ornement précieux.

Que vous portez dès l'âge le plus tendre. Et dont vous fit présent la mère de l'Amour,'

Jamais votre dame d'atour, En vous masquant, n'a pu vous la reprendre,

itt. — Madame Geoffrin est une virtuose très-connue, surtout

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