‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 10 sur 123 · M. de la Dixmerie ^ coopérateur de l’abbé de La · texte numérisé non relu

M. de la Dixmerie ^ coopérateur de l’abbé de La

en effet Irès-librcs, et se font d’ailleurs remarquer par une touche fine et spiiï-^ tuclle dans le dessin comme dans la gravure. — W.

^ Charles-Pierre Golardeau, né à Janville en Beauce, le 12 octobre 1732 ; mort le 7 avril 1770.

2 Nicolas Bricaire de La Dixmerie, né à La Molte-d’Attencourt en Champagne, mort à Paris le 20 novembre i79i. il a l'ecueilli en 3 volumes in- 12 les Contes philosophiques el moraux fournis par lui au Mercure. — U.

Porte, passe au Mercure pour la partie des Contes, dont il a le privilège exclusif, ou du moins en chef. Le ministre, M. de Saint-Fiorentin, veut absolument rendre à cet ouvrage la vogue qu’il a toujours eue, sans la mériter. Il a décidé, pour engager les gens de lettres à seconder ses vues, qu’il n’y aurait dorénavant de pensions ^ données sur cet ouvrage, qu’à ceux qui l’auraient enrichi de leurs productions.

30. — Il est bon de rendre compte aussi de l’état actuel de la Comédie Française. Nous partirons, à l’avenir, de ce point, comme d’un thermomètre sûr, pour apprécier l’amélioration ou le dépérissement de ce spectacle.

Mademoiselle Clairon ^ en est toujours l’héroïne. Elle n’est point annoncée, qu’il n’y ait chambrée complète. Dès qu’elle paraît, elle est applaudie à tout rompre. Ses enthousiastes n’ont jamais vu, et ne verront jamais rien de pareil : c’est l’ouvrage le plus fini de l’art.... Mais c’est de l’art, disent quelques critiques. Ils se rappellent qu’elle a longtemps été mauvaise, qu’elle a lutté six ans contre le public, que son organe bruyant assourdissait les oreilles, sans émouvoir le cœur. A force de tâter, elle s’est entin fait un jeu à elle; les glapissements de sa voix sont devenus les accents de la passion, son enflure s’est élevée au sublime. Cette actrice a de tout temps eu la passion théfitrale, beaucoup de noblesse dans sa démarche, dans ses gestes demain, dans ses coups de tête. Quoique d’une stature médiocre, elle a toujours paru, sur la scène, au-dessus de la taille ordinaire. Par quelle fatalité, des infirmités habituelles nous privent-elles si souvent de lavoir? Pourquoi sommes-nous incessammentmenacésde la perdre''^?

Mademoiselle Dumesnil ^ est, sans contredit, plus actrice-

Le Mercure rend environ 60,000 livres : il y a 16,000 livres de frais, et 28,000 de pensions; ensuite, les non-valeurs, soinnies arriérées, recouvrements à faire, etc. — B.

2 Claire-Joséphe Leyris de La Tude-Clairon, née en 1723 près de Condé en I landre; morte à Paris le i8 janvier 1803.

^ 31a demoiselle Clairon est attaquée de la maladie des femmes '. elle joue peu souvent, en conséquence de ses infirmités. Ses camarades lui faisaient reproche un jour, de sa rareté : « il est vrai que je ne joue pas fréquemment, réponditelle ; mais une de mes représentations vous fait vivre pendant un mois. » — B.

^ Marie-François J Dumesnil, née à Paris en 1713; morte à Boulogne-sur-31er le 20 février 1803.

née que mademoiselle Clairon; son jeu est plus naturel, plus décidé, plus franc; mais son amour-propre lui aurait dû conseiller de se retirer, il y a quelques années. Elle n’a pas senti qu’elle ne pouvait que perdre à mesure que sa rivale gagnerait : ce n’est pas qu’elle ne lui fasse encore éprouver quelquefois son ancienne supériorité, qu’elle ne l’écrase des élans de son génie. Malheureusement, ce ne sont que les derniers éclats d’une lumière qui s’éteint! D’ailleurs, le vice crapuleux^ par lequel elle se laisse dominer la met trop souvent dans le cas de substituer sur la scène les écarts de sa raison aux désordres des grandes passions qu’elle doit dépeindre.

A qui les conseils d’un amour-propre bien entendu eussentils été plus nécessaires qu’à mademoiselle Gaussin^? Elle ne sent pas qu’il est un temps où. il faut se soustraire aux applaudissements, sans quoi les applaudissements nous échappent à la fin. Son genre ne peut s’allier avec les rides de l’àge : une vieille poupée ne figurera jamais bien dans V Oracle ni dans les Grâces ; Zaïre doit porter empreinte sur son front toute la candeur de sou àme. Quand mademoiselle Gaussin joue dans cette pièce, on est tenté de demander si c’est à elle que M. de Voltaire adressa, il y a trente ans, cette épître si tendre, si touchante, où le cœur parle plus que 1 esprit/ Ce qu’elle est, fait oublier ce qu’elle a été. Plus heureuse cependant que mademoiselle Dumesnil en un point, elle n a point encore de rivale qui la remplace. Ses défenseurs prétendent que son peu d’opulence ^ la met dans le cas de sacrifier sa gloire à son bien-être : il faut qu’elle soit bien mal à l’aise, ou qu’elle se soucie bien peu de sa réputation!

Il n’y a que vous qui ne vieillissez point, inimitable Dan—

1 MadenioisellG DiiniGsiiil l)oit comme un coclier : son lacjuais, lors(]u elle joue, est toujours dans la coulisse, la bouteille à la main, pour labieuver. B.

- Jeanne-Catherine Gaussin, ou plutôt Gaussem, débuta à la Comédie-Française en 1731. Elle était alors âgée de dix-sept ou dix-liuil ans. Morte à Paris le y juin 17G7. — Pi.

2 Celle qui commence ainsi :

Jeune Gaussin, reçois mon tendre hommage.

■î Mademoiselle Gaussin a eu les amants les plus illustres, mais cilpqi toujours sacrifié rintérèt au plaisir. Quand on lui reprochait son extrême facilité, elle disait : « Que voulez-vous? Cola leur l'ail tant de plaisir, et il mon coule si

peu : » — U .

gevillc '! Toujours fraîche, loujours nouvelle, à chaque fois on croit vous voir pour la première. La nature s’est plu à vous prodiguer ses dons, comme si l’art eût du tout vous refuser, et Tart s’est elforcé de vous enrichir de ses perfections, comme si la nature ne vous eut rien accordé. Quel feu dans votre dialogue! Quelle expression dans votre scène muette! Quelle force comique dans le moindre de vos gestes! Quel aveugle préjugé vous refuse dans la société - un esprit qui pétille dans vos yeux, qui brille sur toute votre physionomie? Si l’on voulait personnifier cette intelligence humaine, on no pourrait lui donner une figure mieux assortie que la vôtre. Continuez à faire les délices et fadmiration de la scène française. Sur votre modèle puissent se former des actrices dignes de vous remplacer! espoir d’autant moins fondé, que plus elles auront de sagacité pour saisir la finesse de votre jeu, plus elles se sentiront hors d’état de vous atteindre.

Quant aux dix autres actrices {dont quatre pensionnaires, à fessai) qui compose la troupe femelle de cette Comédie, nous ne les tirerons point de la foule, qu’elles ne se soient distinguées par leurs talents. Quelques-unes donnent des espérances, d’autres ont une figure à laquelle nous rendons hommage dès à présent.

De quinze acteurs que compte la Comédie (dont deux à fessai), s’il n’en est peut-être aucun aussi transcendant que les quatre femmes que nous venons de noimner; il en est peu qui n’aient du moins un mérite particulier. Le jeune Molé ^ attrape le ton sémillant ef'iin mar([uis é[)hémèrc. L’emphase de Paulin, dans ses rôles de tyran, ne messied pas ; d’ailleurs, il excelle à faire le paysan. Un récit plein de feu ou de pathétique est très-bien rendu par Dubois. Bonneval joue le sot à merveille; Dangeville, le niais; Arnaud a toute felfronterie, toute la scélératesse des valets de f ancienne comédie : ses allures, son ton, son visage, ne conviennent point à la ünesse, à la décence de ceux de la nouvelle. Les acteurs que

^ iMciric-AniiG Botot-Dflnccvillp, ncG ci Psris Ig 26 dGccinbrc 1714 5 niorlG gii mars 1796. ’

2 On prétGnd qiiG madcmoisGllG DangcvillG est busG en conversation. — B.

^ François-René Molé, né à Paris en 1734 j mort le 11 décembre 18O2.

le public distingue sont Grandval, Bellecour, Le Kain, Préville et Brizard.

Grandval et Bellecour courent la même carrière dans les deux genres. Le premier a plus d’importance, plus de morgue, plus de faste ; l’autre a plus de naturel, plus d’aisance, plus de fatuité : les rôles d’ironie, de dédain, de mépris, conviennent mieux au premier ; ceux d’entrailles, d’onction, de pathétique, mieux au second ; celui-là nous paraît fait davantage pour le comique, où il est permis de charger, d’enchérir sur le pinceau de l’auteur ; celui-ci est mieux dans le tragique, où il faut souvent rapprocher de la nature un rôle gigantesque que le poète en a trop écarté. Grandval est plus consommé ; nous espérons que Bellecour sera quelque jour plus fini. Tous deux sont hommes à bonnes fortunes et puisent dans le commerce des femmes cet air de triomphe et d’impudence, qui sied si bien aux héros de théâtre.

Il fallait que Le Kain ^ fût acteur-né, puisque M. de Voltaire l’a jugé teP, malgré son organe ingrat et sa figure ignoble. Le public est fort partagé sur ce comédien : les uns le regardent comme sublime ; d’autres, comme détestable. C’est qu’il a de grandes beautés dans son jeu, et de grands défauts. Les premières empêchent ses partisans de voir les autres, et ceux-ci font disparaître celles-là aux yeux de ses contempteurs. L’art, quelquefois, le fait aller au-delà de la nature ; il reste quelquefois en deçà de la nature, pour ne pas donner assez à fart. Assemblage étonnant de grandeur et de bassesse, de sublime et d’entlure ; on doit, ou fadmirer à l’excès, ou le dégrader souverainement.

1 On raconte qu’une femme de très-grande considération, s’étant engouée de

Grandval, l’envoya chercher, l’admit dans un tétc-à-tôte ménagé exprès, et, fdant peu à peu sa défaite, lui dit, en regardant des portraits de famille qui ornaient l’appartement : « Ah ! Grandvjl, que diraient ces héros, s’ils me voyaient entre vos bras ? — Ils diraient, réi)ondit l’impudent vainqueur, ils diraient que vous êtes une P » *. — B.

2 Henri-Louis Le Kain, né à Paris, le 14 avril 1728: mort le 8 lévrier y ^8.

^ C’est M. Voltaire qui a produit le Kain à la Comédie, après l’avoir tait jouer longtemps chez lui ses différentes pièces: et, en général, il faut convenir que ce sont celles que Le Kain joue le mieux. — B.

Cello répjuseest gi'iiLTalOiiicnt altribuée h Baron. — B.

FEVRIEU 1762

Préville ^ est admirable pour la pantomime : il est acteur jusqu’au bout* des doigts; ses moindres gestes font épigramme ; il charge avec tout l’esprit possible, c’est le Gallot du théâtre. Aussi inimitable (jue mademoiselle Dangeville, il n’est pas aussi étendu dans son genre: sa ligure ne comporte point certains rôles où il faut jouer la dignité à laquelle l’actrice atteint. quand elle veut. Rien de si agréable (pie de les voir en présence l’un de l’autre ; ils sont faits pour dérider les fronts les plus graves, pour évertuer les plus stupides,pour rendre l’esprit palpable aux plus sots.

Brizard ^ est le dernier dont nous ayons à parler. Il a la majesté des rois, le sublime des pontifes, la tendresse ou la sévérité des pères. C’est un très-grand acteur, qui joint la force au pathétique, la chaleur au sentiment : il est généralement admiré. Nous ne voyons personne qui lui refuse son suffrage, et son jeu n’a encore essuyé aucune critique.

D’après ce détail, il est aisé de juger que le théâtre de la Comédie Française a les acteurs les plus parfaits de l’Europe, quoi qu’en disent les censeurs, qui n’admirent jamais le présent. Nous croyons fort que la génération comique actuelle vaut la génération passée, que les Baron et les Montménil sont remplacés, et que les Roscius antiques ne dédaigneraient pas d’applaudir aux Roscius modernes.

Février. — 3. — Jamais les Italiens ne s’étaient vu assiéger par une foule pareille à celle d’aujourd’hui. C’était une fureur dont il n’y a pas d’exemple : des Ilots de curieux se succédaient sans interruption, et débordaient dans toutes les rues voisines: l’ouverture de l’Opéra-Comique sur leur théâtre attirait ce concours prodigieux. Tout était loué depuis plusieurs jours, jusqu’au paradis. On a commencé par la Nouvelle Troupe^ comédie d’Anseaume et de l’abbé de A'oisenon, à la fin de laquelle on a ménagé une scène qui a amené la réunion des deux spectacles, et un acteur y a harangué le public à ce sujet, et lui a demandé ses bontés. Biaise le

Pierre-Louis Dubus, dit Préville, né à Paris le 17 septembre l7'n ; mort à Beauvais le 48 décembre I79y.

2 Jeau-Baplisle Brilard, dit Brizard, né à Orlé:»Dsle 7 avril 1721 ; mort à Paris le 30 janvier 17 J1 .

Savetier a suivi, et Ton a fini par On ne s'avise jamais de tout 1. Le premier n’a pas semblé si déplacé. Le jeu des acteurs occupe mieux le vide du lieu, mais cette gentillesse n’a pas fait le même plaisir qu’à l’ordinaire. On sent facilement qu’il faut d’autres organes et d’autres acteurs pour un local aussi difierent. L’orchestre même s’est trouvé avoir dégénéré. Enfin, l’on augure mal de cette jonction.

4. — L’abbé Yvon, qui passait pour avoir contribué en grande partie à la thèse de l’abbé de Prades ^ et qui avait été comme enveloppé dans sa disgrâce, après dix ans d’exil, reparaît enfin à Paris. Tous les matérialistes applaudissent au retour de cet illustre apôtre.

9. — M. Ealconet" , médecin consultant du roi, des facultés de Paris et de Montpellier, de l’Académie royale des Inscriptions et Belles-Lettres, l’un des plus savants hommes de l’Europe, est mort, hier après midi, d’une rétention d’urine. Il avait quatre-vingt-onze ans. Il est plus cité comme éditeur, traducteur, et surtout compilateur, que comme auteur.

Il avait toute sa vie ramassé les anecdotes qu’il avait apprises ; il les mettait sur des cartes, et sa compilation se montait à plus de cent cinquante mille notes de cette espèce. Il a légué cette curieuse partie de son cabinet à M. de Sainte- Palays, son confrère de l’Académie des Belles-Lettres.

On évalue la Bibliotbèque de M. Ealconet à près de cinquante mille volumes. Il avait légué depuis longtemps au roi les livres rares et autres qui ne sont point à la Bibliothèque de Sa Majesté. Le nombre s’en monte à plusieurs milliers Il s’en était conservé l’usufruit, et le roi, en reconnaissance.

Ces (leux opéras-comiques sont de Sédaine et Monsigny.

2 L’abbé de Prades avait soutenu en Sorbonne, en 1751, sans réclamation, une hèse où le matérialisme se découvrait de toutes parts. Enfin, toutes les puissances séculières et ecclésiastiques s’élevèrent contre ces impiétés, et il fut tlétri par arrêt du parlement. — B.

3 Camille Ealconet, né à Lyon le U"" mars (67 1.

4 On porte à onze mille environ le nombre de volumes dont Ealconet a enrichi la Bibliothèque nationale. Quoique non exposés lors de la vente, ils ont cependant été compris dans le précieux Catalogne de la Bibliothèque de feu .1/. Calcouel, médecin (rédigé par Marie-Jacques Barrois'; Paris, 1763, 3 vol iu-8“. On les distingue aux crochets (iont leurs litres sont entourés. Ces volumes, classés à part à la Bibliothèque du roi, y forment ce ((u’on appelle le fonds Falconet, — P».

rKvaiKu 1702 i:j

lui avait fait une pension de 1.200 livres, réversible sur la tete de sa sœur, qui vit encore.

12. — Qn a fait une épigrainine sur Zulime^ qu’on attribue à M. le comte Turpin. La voici :

Du temps, qui détruit tout, Voltaire est la victime ;

Souvenez- vous de lui, mais oubliez Zulime.

13. — On a joué, depuis qucbjues jours, à Bagnolet, le Berceau, conte de La Fontaine, ajusté au théâtre par M. Collé. Il y avait trois lits sur le théâtre, pour six, ce qui a donné lieu à des plaisanteries. On a trouvé la pièce froide, et quelqu’un disait au duc d’Orléans ; « Monseigneur, il faudrait bassiner ces lits-là. »

14. — Nous avons pensé perdre ces jours-ci M. de Grébillon, qui est fort vieux L II s’en est heureusement tiré : il a reçu ses sacrements, et, peu de temps après le viatique, il a mangé des huîtres -.

16.— On nous a donné, l’an passé, la Relation de la maladie, de la confession et de la fin de M, Voltaire; on nous produit aujourd’hui son 7’c6‘^amcnnittéraire^. Malheur aux plaisants sinistres qui nous obligent à prévoir un événement dont l’aspect afflige toute la littérature! Quanta cette production, elle est d’un homme qui, à force de chercher de l’esprit, en rencontre quelquefois par hasard. On l’attribue à l’avocat Marchand.

20. — Il s’est passé aujourd’hui à la Comédie-Française un événement qui doit faire à jamais époque dans l’iiistoire du théâtre.

On jouait Tancrède\ mademoiselle Clairon faisait Amé-. naïde. Quand elle en fut à ces vers :

On dépouille Tancrède, on l’exile, on l’outrage :

C’est le sort d’un héros d’être persécuté. . .

^ On rapporte qu’un jour, étant allé chez le roi, S. M. le reçut avec bonté, et dans le courant de la conversation ; « Vous êtes vieux^ lui dit le roi, vous avez plus de quatre-vingts ans.- Non, Sire, lui répondit-il, c’est mon extrait baptistaire (lui les a. )) — U. ^

2 Né cà Dijon, le 15 février 1G74, Crébillon avait alors quatre-vingt huit ans accomplis.

3 Testament de M. de Voltaire trouvé parmi ses papiers apres sa mort • Ge-

nève, 1702, in-12. Cette rapsodie est, en etlet, de l’avocat Marchand. Le même a donné plus tard un Testament politique de M. de F’*’- Genève (Paris) 1770 in-SO.Nicolas-Joseph Sélis est auteur de la - U. ^ ’

Tout son parti se tait : Qui sera son appui?

Sa gloire !

Un héros qu’on opprime attendrit tous les cœurs .. .

l’actrice sublime donna des inflexions de voix si nobles et si pénétrantes, que tous les spectateurs, pleins de l’événement du jour sentirent l’à-propos. Le nom de Broglie vola de bouche en bouche, et le spectacle fut interrompu à plusieurs reprises par des applaudissements qui se renouvelaient sans cesse.

24. — On parle beaucoup du Réquisitoire^ de M de La Chalotais, procureur général du parlement de Bretagne, contre les Jésuites. Nous n’en ferons mention qu’en ce qui concerne notre objet. Ce savant magistrat prétend que l’éducation donnée par les Jésuites n’est point si précieuse. Il propose,

en conséquence, de faire un nouveau plan d’études Il est

certain que ce moment-ci est une crise heureuse dans les lettres, dont il faudrait profiter pour chasser enfin l’ignorance et la superstition de leurs derniers repaires, pour substituer l’esprit philosophique à l’esprit pédantesque qui règne encore dans les collèges, et pour apprendre à la jeunesse des choses qu’elle doive et qu’elle puisse retenir.

25. — Nous avons sous les yeux une lettre de M. de Voltaire à M. l’abbé de Launay, dans laquelle il nous apprend que son Commentaire sur Corneille doit l’occuper encore deux ans ; qu’alors il en aura soixante -neuf, et qu’il est trop vieux, trop triste, trop ami du calme et du silence pour désirer son retour à Paris h.. Il signe : de Voltaire, gentilhomme ordinaire du roi

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