‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 109 sur 123 · L’avocat général Séguier, extrêmement mortitié delà · texte numérisé non relu

L’avocat général Séguier, extrêmement mortitié delà

^ Depuis madame CoUcr. — l\.

2 Tout ce que iun dit ici de Vollau’e csl taux, — W. ® Il n’a point été imptitïié.

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suppression de Réquisitoire^ déjà tout imprimé d’avance, et dont il avait promis d’envoyer dès le jour même des exemplaires à la cour, a eu recours à la voie de l’autorité pour faire paraître son ouvrage. Il s’imprime actuellement au Louvre, par ordre du roi. On assure qu’il a supprimé ou absolument changé la phrase, page 26, du Réquisitoire imprimé chez l’imprimeur du Parlement, dont ses ennemis s’étaient prévalus pour lui donner cette humiliation, sous prétexte qu’ellé était injurieuse aux Anglais. La voici telle qu’elle est dans le texte original, page 26, ligne 3 :

A’est-ce pas ce fatal abus de la liberté de penser qui a enfanté chez les insulaires nos voisins cette multitude de sectes, d’opinions et de partis, cet esprit d’indépendance qui finira par détruire cette Constitution même dont ils se glorifient? »

Septembre. — 1. — Eloge de Marc-A urèle fait unbruit du diable. On trouve bien extraordinaire que, dans le sanctuaire de l’Académie, protégée par le roi, dans son palais, un membre de cette compagnie ait osé avancer les propositions les plus hardies, fronder le Gouvernement actuel cfvec tant de dureté, et inculper, ce semble, tous les ministres, par des apostrophes et des allusions dont on ne peut méconnaître le sens et les rapports.

4^ — (jn commence à voir dans l’atelier du sieur Pigalle une esquisse de la ligure entière de M. de Voltaire. Il est représenté nu, assis, tenant un rouleau d’une main et une plume de l’autre. Il paraît que cette manière de le poser n’agrée pas au public, et ce n’est pas le dernier effort de l’artiste, qui essaye les différentes attitudes pour faire valoir davantage ce squelette, sujet ingrat pour le statuaire.

5. — Le sieur d’Alembert, ce philosophe si célèbre dans l’Europe, frappé de vapeurs et d’étourdissements, doit faire incessamment un voyage en Italie avec M. de Condorcet. On

espère que la beauté du climat, la diversité des lieux et la multitude de chefs-d’œuvre en tout genre que va voir ce grand homme, dissiperont la mélancolie dont il est atteint.

— Il Y a une grande fermentation dans le corps des en- (•vcl()])édistes (d des partisiins de M. de A oltaire centre àl. S(‘

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nier, avocat général. Lo Rcqulsilolre de ce inagisLraL leur éplaît beaucoup : d’abord, eu ce que dans les seuls livres, au nombre de sept, qu’il a dénonces a la Cour, il ait albecte d en choisir un^ du dieu de la littérature, au([uel ou travaille actuellement à dresser une statue ; en second lieu, en ce qu’il n’a pas traité plus doucement les gens de lettres, les Académiciens ses confrères, et qu’il s’est permis contre eux des déclamations, vagues, il est vrai, qui ne caractérisaient personne en particulier, mais que les moins instruits sentent cependant tomber indirectement sur les encyclopédistes.

7. L’Academie française a tenu hier sa séance publique pour la réception de M. l’arclieveque de Toulouse, élu à la place de M. le duc de Yillars. L’assemblée était très-brillante en femmes, en évêques et en grands seigneurs. On a trouvé le discours du récipiendaire tres-médiocre. Il a été court : on y a remarqué quelques transitions heureuses, entre autres la dernière, oh, sous le prétexte de l’impatience qu’il voyait dans le public d’entendre M. Thomas, le directeur, il s’est arreté et a fini. En eîfet, le discours de M. Thomas a produit une grande sensation, et malgré les longueurs, les écarts, les digressions, il a été reçu avec beaucoup de transports. On y o. trouvé un détail sur l’esprit des atfaires, qui a paru neuf; un parallèle de l’homme de lettres de la ville avec riiomme de lettres de la cour. Mais on a surtout applaudi à la sortie vigoureuse qu’il a faite contre ces hommes en place, qui, ayant désiré, par amour-propre, d’être admis dans le sein de l’Académie, la trahissent ensuite en calomniant les lettres et leurs sectateurs. En rendant justice à quelques grands qui ont eu le courage de défendre leurs confrères Académiciens opprimés, il a flétri d’une ignominie durable les aines lâches et pusillanimes qui n’auraient pas la même force; les courtisans liypocrites, qui désavouent en public des hommes qu’ils estiment en secret ; des hommes vendus à la faveur, qui lui soumettent tout, jusqu’à leur génie, et concourent à éteindre des lumières que redoute le despotisme. On a prétendu que les divers hors-d’œuvre du discours de l’orateur n’avaient été

'i Dieu et les hommes^ œuvre théologifiue, mais raisonnable, par le docLeiir Obern, traduit par Jaeq. Aimon. bruxelles, 1709, in-8o.

MILUOUIES

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