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tant d’autres qui auraient pu lui convenir, elle a r(q)on(lu que c’était un portrait de famille ({u’elle retirait. etlet, les Du Barry se prétendent parents de la maison des Stuarts.
27. — A l’occasion du bruit qui court de l’exil de la Cour des aides, on a fait le place t suivant au roi au nom des femmes des conseillers au Parlement:
ISos époux, 0 Louis, sont en captivité;
Nous gémissons loin d’eux dans la viduité.
Jusqu’à ce jour pourtant, une erreur secouraLle
A nos cœurs désolés apportait quelque espoir;
Mais eiîlin, de Alaupeou la vengeance implacable
Nous condamne, dit-on, à ne les jamais voir.
A leur comble montés, nos maux sont sans remèdes :
Laissez-nous pour soutien au moins la Cour des aides.
29. — Mademoiselle Sainval, une des coryphées de la Comédie Française, destinée à doubler mademoiselle Dumesnil, et qui, avec autant de laideur et un organe très-désagréable, annonçait d’heureuses dispositions pour la remplacer, vient de devenir folle par un accès de sensibilité qui lui fait honneur. On raconte qu’ayant eu un frère soldat pendu, l’aréopage comique avait décidé que sa délicatesse ne lui permettait q:)as de garder sa sœur parmi ses membres, et qu’il fallait la remercier. Cette nouvelle a jeté mademoiselle Sainval dans un désespoir auquel on attribue le dérangement de sa tête. Cette actrice passait pour avoir les passions très-vives, et en a déjà donné des p)reuves : il faut esqœrer que cet accident n’aura pas de suites.
31. — Le fameux procès de M. de Valdahon a été jugé au Parlement de Metz le 22, à huit heures du soir. M. Le Monnier a été débouté de son opposition ; permis aux q:)arties de s’épouser ; trois commissaires nommés q^ar la Cour q:)Our faire le contrat de mariage; mademoiselle Le Monnier qmise sous la sauvegarde du Parlement; M. Le Monnier condamné à soixante mille livres de dommages et intérêts, et à tous les dépens; les Mémoires supprimés respectivement de part et d’autre. M. l’avocat général a déclaré ne demander la suppression de ceux de M. de Yaldahon et de mademoiselle Le Monnier, que pour etfacer jusqu’à la trace des horreurs, des im-
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piitations, des calomnies avancées dans cemx de M. Le Monnier. Toute la ville a été enchantée de cet arrêt. On a fait des feux de joie, on a cassé les vitres de M. Le Monnier, et Ton a crié:‘« Auve le Parlement et M.Valdalion! » Ainsi, après huit ans de douleur et de traverses, va se terminer heureusement riiistoire de ces deux modèles d’amour, dignes de figurer à coté de tous les héros de ce genre dont on lit les aventures et
les combats dans les romans.
Aviur. — 1. — AL Eergier est nommé confesseur de Alesdames, à la place de Tahbé Clément, qui vient de mourir. Cet abbé paraît d’autant plus digne de la confiance de ces augustes personnes, que c’est un champion infatigable de la foi, un défenseur éclairé de notre sainte religion, que ses adversaire
trouvent toujours prêt à combattre. Il vient de faire paraître tout récemment une réfutation du livre du Système de la Nature.
3. — Le bruit général de Paris est qu’on a trouvé, à la statue de Louis XA", un placard exécrable qui a fait frémir les premiers bons citoyens qui ont eu le malheur de le lire. Il portait : « Arrêt de la Cour des monnaies, qui ordonne qu’un louis mal frappé soit refrappé. »
5. — Aladame de Goniez est morte âgée de quatre-vingt-cinq ans. C’était une femme auteur, qui avait composé une bibliothèque de romans, tous gotliiques, dans le genre de l’ancienne galanterie, et que personne ne lit plus. Elle avait de beaucoup survécu à ses livres.
S. — II paraît une seconde Ode, pour servir de siiile auv Chanceliàres ; elle embrasse les dernières opérations de AL le chancelier. Dans les vingt-sept strophes dont elle est composée, il s’en trouve d’une grande énergie et qui sentent tout l’enthousiasme du poète.
Il paraît aussi des Couplets sur la cour\ et sur madame la comtesse Du Barry principalement, dont ils dépeignent les partisans. AL le duc de Richelieu, AL le comte de Bissy, i\L le comte de Alaillebois, AL le duc d’Aumont, AL le duc de A'illeroy, AI. le prince de Condé y figurent parmi les hommes:
^ On I('s Irouve à la j)age i7! dr?' Anecclolrs sur madame lu coniti'ssc DiiUnyrj, Lonilres, 1775^ — a.
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OU iroubliü pus les romiiics. luadaine de Abilenlijiois, iiuidaine de L’IIôpilal, madame la marécliale de ^lirepoix.(,l’esL une satire plate, et qui n’approche pas des vaudevilles pi({uants de la vieille cour.
h. — L’Académie des belles-lettres a tenu aujourd’hui son assemblée. On y a vu avec douleur, absents du banc des honoraires, M. le président d’Ormesson, et surtout de Lamoignon de Malesherbcs \ deux magistrats chers aux lettres, et qui ne manquaient aucune de ces séances. La nouvelle toute récente de l’exil du dernier, conlirrnée en ce moment, a jeté une consternation générale parmi ses confrères et les spectateurs.
14. — La Gazette de Bruxelles^ ainsi que celle de Berne ^ viennent d être proscrites dans ce pays-ci. L’introduction en France en est défendue au bureau des gazettes étrangères. On prétend qu’elles ont déplu pour s’exprimer trop librement sur les atfaires du Gouvernement.
15. — Ges jours derniers, un cercle de femmes était chez M. le chancelier, et ce chef de la magistrature, plein de sel et d’enjouement en société, malgré ses importantes occupations, plaisantait les dames sur l’acharnement avec lequel elles déclamaient contre son nouveau système. Il leur reprochait d’embarrasser ses opérations, de les retarder par leurs criailleries, par l’ascendant qu’elles prenaient sur leurs maris, etc,; il ajoutait qu’il trouvait cela d’autant plus étrange qu’elles n’étaient point au fait de la politique ; que cette matière leur était interdite par leur sexe, leur éducation et leurs organes ; qu’en un mot, elles ne s’y entendaient pas plus que des pies: « Eh! ne savez-vous pas, monsieur le chancelier, lui repartit avec vivacité madame Pelletier de Beaupré, que ce sont les oies qui ont sauvé le Capitole? »
10. — M. l’abbé Arnaud, espèce de charlatan littéraire, plus connu par ses intrigues que par ses ouvrages, avait entrenris de substituer au Journal élrayiger^ ouvrage essentiel et (pii pouvait être excellent, une Gazette Ultéraire^ et il a si bien fait, qu’en un an il a enterré run et l’autre ; tels sont ses
^ Prciiiier presi leul de la Cour di g aides.
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titres à la place qu’il vient d’obtenir à l’Académie française. L’abus de laisser passer des membres d’une Académie dans l’autre va devenir d’autant plus dangereux, qu’actuellement ceux des belles-lettres forment près d’un quart des Quarante, en sorte que, pour peu qu’ils réunissent d’autres voix, ils seront incessamment maîtres des sutfra^es.
19. — Il paraît une Complainte sur l’air des Pendus. On imagine aisément que c’est une satire en forme de cantique contre M. le chancelier, où l’on retrace en bref sa naissance, sa vie, et où l’on prématuré sa fin sinistre. Il faut joindre cet ouvrage aux affreuses Odes déjà répandues sur cette matière, et que la police recherche avec la plus grande vigilance, ce qui donne à ces pièces beaucoup plus de vogue qu’elles n’en auraient par leur mérite intrinsèque, très-médiocre.
20. — Le vendredi, jour où Messieurs du Orand-Gonseil soupèrent chez M. le chancelier, et le lendemain, où ils y dînèrent, étaient des jours maigres. Quelques-uns des membres de cette Compagnie exaltaient ces repas, et disaient qu’il y avait des monstres. « Oui, Messieurs, lui répliqua madame de Beaupré, autour de la table. »
— Nouvelle épitaphe de M. le chancelier ;
Ci-gît Maiipeoii l’abominable ;
Ci-gît avec lui sou esprit.
hassaut, ne crains point son semblable :
Jamais monstre ne reproduit.
21. — On rappelle, à l’occasion de la dernière épitaphe de M.le chancelier, celle répandue, il y a quelque temps, relativement à son père, à la veille de mourir; elle était conçue ainsi:
Ci-gît un vieux cocpiin qui mourut de colère L'avoir lait un coquin, plus coquin que son père.