‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 14 sur 123 · y a une fermentation considérable dans la troupe · texte numérisé non relu

y a une fermentation considérable dans la troupe

des Comédiens français à 1 occasion du châtiment (|ue vient d’éprouver le curé de Saint Jean de Latran. Ils ne peuvent supporter d’être ainsi frappés des foudres de l’Église. Mademoiselle Clairon, riiéroïne de ce théâtre, parle sur cette matière avec une éloquence majestueuse; si ses camarades suivaient son avis, ils demanderaient tous leur retraite. On se llatte qu’ils n’en viendront pas à cette voie extrême, la cour et la ville ÿ perdraient trop.

^ 31. — M. Bouchardon, nn des plus fameux sculpteurs de L’Europe, vient de mourir le 27 de ce mois -. Il était chargé le la statue équestre du roi (|ue la ville lait faire. Heureusement son ouvrage est fort avancé : il ne maiKpie plus qu’une les quaire ligures qui doivent orner le piédestal h

Août. — 1. — C’est M. Pigalle qui est chargé de continuer

1 rrançois-Antoine Chevrier, né à Nancy vers 1720, mort à Rotterdam le uillet 1752, Voy. 12 août 1702.

2 Bouchardon était né en 1698.

= l.a slaluc. corniiirncco en 1-48, ne f„i inaugurée i|iio le 2o i„in nos File

ni renversée le II août iv.n, en vérin In la veille par r^ssinn-

)lee lefAislalive, — B. i •

.^IiLmOIRES secrets de Î3AGHAU31DM

la suite des travaux du Roule. Boucliardon a écrit une lettre ^ à la Ville, dans laquelle il désigne cet artiste pour lui succéder. Cette générosité est d’autant plus louable, que ces deux grands hommes n’étaient point amis, et que la jalousie, trop souvent le partage des petits talents, avait élevé quelques nuages entre eux.

3. — Le bruit court, depuis quelque temps, que les Jésuites comparaîtront au jour indiqué, et feront plaider leur cause. Un avocat, nommé Domyné de Yerzet, doit être leur défenseur. Si cela est, on assure que la réj)lique, très-courte, est toute prête : «Domine^ salviim fac Regeml » lui dira-t-on.

6. — Il court dans le monde une lettre au sujet d’un nommé Calas, roué à Toulouse, pour avoir assassiné, dit-on, son füs par fanatisme de religion, etc. On prétend que ce père infortuné est innocent. Il est question de travailler à réhabiliter sa mémoire. On attribue à M. de Voltaire cette lettre, qui n’a pas la touche forte et pathétique dont ce sujet était susceptible en de pareilles mains.

7. — Enfin le dernier coup est porté aujourd’hui à la Compagnie de Jésus. La Société est dissoute : ses membres sont exclus pour jamais de l’éducation de la jeunesse, à moins qu’ils ne prêtent un serment dont on leur donnera le formulaire. Cette époque est d’une grande importance dans la littérature.

10. — Les plaisants s’exercent sur le compte des ci-devant soi-disant Jésuites. Entre les mauvaises choses qui courent sur eux, on distingue le distique suivant :

Que fragile est ton sort ! Société perverse !

Un boiteux^ fa fondé, un bossu ^ te renverse!

12. — On ne peut s'empêcher de consigner ici un bon ou l3lutôt un grand mot de M. le Dauphin. On lui faisait la lecture, pendant qu’il étaitdans le bain, de la Gazettede Hollande, oii était annoncée la proscription du livre de V Education. «C’est fort bien fait, dit M. le Dauphin : ce livre attaque la religion, il trouble la société, l’ordre des citoyens; il ne peut

1 Voy. le Mercure de France, 17 seplembre 17G2, p. 133.

2 Saint Ignace,

3 L’abbé de Cltauvelin.

JliLLKT 17(‘)2

:-îO

servir qu’à rendre l’iiomme malheureux : c’est loiq bien hiit. — Ily a aussi le Contrat social, qui a paru très-dan^^ereux, ajouta le lecteur. — Quant à celui-là, c’est di lièrent, reprit Monseigneur, il n’attaque que l’autorité des souverains; c’est une chose à discuter. Il y aurait beaucoup à dire : c’est plus susceptible de controverse. »

12. — Chevrier est décidément mort ^ : les gu\zettes nous apprennent, ou du moins nous insinuent, (pi’il a é(é empoisonné h C’est assez le sort des chiens enragés.

13* — Le chevalier de La Morlière, plus connu par ses escroqueries, son impudence et sa scélératesse, que par ses ouvrages, vient enün d’être mis à Saint-Lazare : sa famille a obtenu cette grâce, de crainte qu’un jour il ne la déshonorât par un supplice ignominieux.

14. — Le parlement a rendu hier un arrêt de Iji'ûlure contre un libellé intitulé : Mes doutes sur la mort des Jésuites Il est très-injurieux au parlement; cela veut dire qu’il n’est pas fort de preuves. Quand on a des raisons à donner, on n’accable point ses juges d’injures. On disculpe à présent l’abbé de Caveirac, de V Appel à la Raison, et on Jui met cette brochure-ci sur le corps.

15. — M. de Voltaire, animé d’un esprit de charité des plus fervents, ne cesse d’écrire en faveur du roué de Toulouse. Il

envoie des Mémoires à toutes les personnes de considération, et ces nouvelles tentatives de sa part donnent lieu de croire que la première lettre ^ est de lui. On ajoute qu’il olfre d’aider de sa bourse la malheureuse famille de cet innocent.

19. On parle d’un livre infâme, horrible, exécrable. Il est intitulé : Les trois Nécessités, et se répartit en trois chapitres : Kéœssité de détruire les Jésuites en France; Nécessité d’y anéantir la religion chrétienne; Nécessité d’empêcher M. le Dauphin. On prétend quece libelle alfreux estfaiten faveiirdes

Jésuites; que de la première nécessité on en veut inférer la nécessite des deux autres. Quoi qu’il en soit, personne ne dit avoir lu ces horreurs, bien que tout le monde en parle. On présume

^ Chevrier mourut dhine indigeslioii. — R. 2 In-i2 de 45 pages; sans date.

^ Voy. G août 17G2.

40 • .MiLuOlUES SECRETS DE BACUAEMO.XT

avec assez de raison que ce livre n’existe que par son titre. C’est un canevas épouvantable, qu’un monstre fanatique aura répand udans le public, pour le donner à remplir à qui l’osera 20. — Il parait que le procès de Rousseau reste là. On pré' tend qu’ Abraham Gliaumeix est auteur du Réquisitoire de M. l’avocat général - : il est aussi plat, aussi dénué de bon

sens que son auteur.

25, — Cette après-midi, l’Académie Française a tenu sa séance publique, peu brillante aujourd’hui, et l’on a vu, au grand étonnement de tous les spectateurs, deux hiles, mademoiselle Mazarelli et sa compagne, dans la loge du Directeur, Moncrif. Depuis quand le peuple des Muses devient-il celui

des courtisanes ?

M. Thomas a remporté le prix de poésie. C’est pour la quatrième fois qu’il est couronné. Son Ode est in titulee . Le Tcïïips. C’est du galimatias. 11 y a deux strophes de sentiment qui méritent d’être distingués, mais encore sont-elles gâtées par l’enhure du style.

Il y avait une seconde Ode ^ qui se trouve avoir balancé le prix. Il y a plus de philosophie, et elle est moins bouffie. M. d’Alembert a relevé tout cela par sa déclamation magistrale et pédantesque. Il a également régalé le public de différentes bribes des autres Odes qui ont paru les moins mauvaises. Il a fait ensuite ce qu’on peut appeler la parade. Il a Ri une suite des Réflexions sur lapoésie et sur Vode en particulier^ : de mauvaises plaisanteries, mêlées de beaucoup d’amertume, faisaient tout le fond de sa dissertation. Elle a fait rire à gorge de-

On a annoncé, pour sujet du prix de l’annee prochaine, lo-e de M. le duc de Sully, surintendant des hnances. On a ba^ttu des mains à cette annonce, et quelqu’un a dit avec esprit : « Voilà l’Éloge fait. » . n

M. Saurin a huila séance par la lecture du premier acte d une

tragédie, à laquelle il travaille : c’est un sujet tiré ce an

1 Voy. et 8 octobre 17G2.

2 Voy . 0 juin 1762,

^ Sur les devoirs de la sociclê. , n lAmii'

-5 Le 25 août 1765, d’Aleniberi avait lu, à la séance publuiin dt lAca

inançaise, des ncflexious sur la pocsie. — IV

glaiss intitule dans roriginal : Tancrède et Sijjismoiide. Il a cliangé ces noms en ceux àa Blanche ai do GuiscardA.as huées soutenues ont empêché d’entendre cette lecture, (|ui ne promettait rien de satislaisant, l’auteur n’élant pas un grand tragique. Le ton déclamatoire et l’enthousiasme avec le([uel il a débité cette drogue, a beaucoup fait rire : il ne s’est point décontenancé de cet accueil peu favorable, et il a fini son acte jusqu’au dernier vers, sans doute sans s’apercevoir du mauvais succès qu’il avait L

27.— L’abbé de Kadonvilliers, sous-précepteur des Enfants de France et ex-jésuite, se met sur les rangs pour être de l’Académie. Il ne peut faire valoir en sa faveur que son poste à la cour. Aucun mérite de littérature ne milite pour lui, et de ce cote il est fort inférieur a son concurrent, l’abbé de Voisenon

29. — On parle différemment du sort du frère Berthier, si plaisanté par Voltaire On a prétendu depuis quelques jours qii il était instituteur des Enfants de France. Ce bruit est faux. •M. le duc de LaA auguyon avait la meilleure volonté du monde de le pousser à ce poste, mais il y a apparence qu’il sera tout au plus à la bibliothèque de M. le Dauphin ou à celle du roi : jusqu’à jDrésent il est chez ce seigneur.

30. — Il court dans le monde une plaisanterie de l’abbé de Voisenon. Il faut expliquer le fait.

M. l’abbé de Boismont, le Mirebalais de l’Académie ^ ne paie point ses dettes. Un certain doyen de Valenciennes, au-

^ De Thompson.

2 Cette tragédie fut représentée, avec succès, le 26 septembre 1763 Voy. 26 mars 1763.

« Voyez dans les Otimres de Voltaire la facétie inlitniée ; Keintion de ta ma ladw de la confession, delà mort et de l’apparition du Jésuite Berthier. ~\\ Nicolas dhyrcl de Boismont, né dans un village prés de liouen vers 17i^ mort à rans le 20 décembre 1735. Il avait, en 1755, remplacé .5 l’Académie l'ram ç I e eveque Boyer. Vardeur scandaleuse, pour nous servir de l’expression d( colle, avec laquelle la duchesse de Chaulnes sollicitait pour cet abbé, donna lien à 1 epigramme suivante adressée au docte corps :

Déjà Livie en votre temple A mis jadis un guerrier sans talent; Aujourd’hui même encor Julie, à son exenmle Pousse un petit collet, qu’elle a mis sur les dents Prenez garde qu’enfin, quelque autre Messaline

N’écoutant que ses intérêts, ’

Pour confrère ne vous destine,

Un âne de Mirabelais.

MÉMOIUES SECRETS DE RACHAUMONT

quel il doit une pension sur une abbaye qu’il a^ ne pouvant arracher rien de ce gros bénéficier, est venu en personne exiger son du. Ayant demandé où demeurait cet abbé, il s’est fait une méprise, et au lieu de lui donner l’adresse de l’abbé de Boismont, on l’a envoyé chez l’abbé de Voisenon, à Belleville. ùl’ayant pas trouvé ce dernier, M. le doyen a laissé un billet qui expliquait la cause de sa venue : sur quoi l’abbé de Voisenon a répondu par la lettre suivante, qui court aujourd’hui tout Paris.

(( .Te suis fâché que vous ne m’ayez pas trouvé. Monsieur : vous auriez vu la différence qu’ily a entre M. l’abbé de Boismont et moi. Il estjeune,et je suis vieux; il est fort et robuste, et je

suis faible et valétudio aire ;ilprêche, et j’aibesoin d’être prêché;

il a une grosse et riche abbaye, et j’en ai une très-mince; il s’est trouvé de l’Académie sans savoir pourquoi, et l’on me demande pourquoi je n’en suis pas; il vous doit une pension enfin, et jen’ai que le désir d’être votredébiteur... Je suis, etc. »

— On ne peut voir de plus mauvaise tragédie que VAjaœ qu’on a joué aujourd’hui; il ne mérite point la moindre analyse. La plus pitoyable intrigue, des caractères faux et bas, un Ajax infâme, pas le moindre intérêt, des vers d’un ridicule à faire éclater de rire, voilà ce que c’est que ce drame. Les acteurs ont fort mal joué, entre autres Le Kain, faisant le héros de la pièce et beuglant comme un taureau qu’on égorge. Au cinquième acte, un confident vient d’apprendre à Ajax qu Ul} sse est le possesseur des armes d’Achille : «Seigneur, tout est perdu 1 ^ s’écria t'il. A l’instant des battements de pieds et de mains, qui ne tarissaient point, ont annoncé à 1 auteur qu il

était plus malheureux que son héros.

Septembre. — 3. — Le Contrat social se répand insensiblement. Il est très-important qu’un pareil ouvrage ne fermente pas dans les têtes faciles à s’exalter : il en résulterait de trèsgrands désordres. Heureusement que 1 auteur s est en\eloppé dans une obscurité scientifique^ qui le rend impénétrable au commun des lecteurs. Au reste, il ne fait que développer des maximes que tout le monde a gravées dans son cœur; il dit des choses ordinaires d’une façon si abstraite, qu’on les croit merveilleuses.

1 Poiiisinet de Sivry.

S1<:PTIL)1üRE 17G2

5. — On a fait une défnsiablo épitaplio sur les Jésnilns. On ne la cite que comme un échantillon de raveuglernent du lanatisme.

Ci-gît un corps, le plus savant,

Le plus soumis, le plus fidèle ;

Détruit par le plus ignorant,

Le plus fougueux, le plus rebelle.

7.— Des marchands de la foire Saint-Ovide ont imaginé de faire de petites figures de cire habillées en Jésuite, qui ont pour base une coquille d’escargot; cela a pris comme les pantins. A l’aide d’une ficelle, on fait sortir et rentrer le Jésuite dans sa coquille. C’est une fureur. 11 n’y a pas de maison qui n’ait son Jésuite.

10. Le grand rôle que mademoiselle Lemaure a joué sur la scène lyrique ne nous permet pas d’omettre ici une circonstance essentielle de sa vie. Cette sublime actrice, si connue par sa belle voix, sa laideur et ses caprices, vient de se marier à un, jeune homme, chevalier de Saint-Louis, nommé M. de Monrose. Elle a plus de cinquante ans L

13. On publie un arreté du parlement, du 3 septembre, par lequel il paraît que, pénétré, ainsi que l’a indiqué M. de La Chalotais dans son beau Réquisitoire, de la nécessité de réformer les études pédantesques qu’on fait faire aujourd’hui, il est enjoint aux Universités de Paris, Reims, Bourges, Poitiers, Angers et Orléans, de donner dans trois mois tels mémoires qu’elles aviseront être bons sur cet objet. 11 veut d’ailleurs, établir une espèce d’affiliation entre tous les dilférents collèges, pour qu’il en résulte un plan uniforme d’instruction. Il faut espérer qu’à force d’attaquer le pédantisme, de le combattre, de le suivre jusque dans ses repaires les plus formidables, on le détruira tout à fait.

14. — On publie encore un arrêt du parlement, du 7 septembre, qui transfère le collège de Lisieux dans le collège de Clermont, dit Louis-le-Grand, dont il occupera une partie convenable. 11 y doit ouvrir ses classes au pr octobre. Le parle-

célèbres aclrices et canlalrices de

Opéra, était nee a Pans le 4 août 1704. Elle avait quitté le théâtre en 1743. - R.

:\ih:M()mES secrets de ractîaumont

ment ordonne, en outre, toujours sous le bon plaisir du roi, que provisoirement les boursiers de différents oolléges, qui ne sont pas de plein exercice, seront tenus de fréquenter ledit collège de Lisieux exclusivement à tout autre. On ne peut qu’applaudir encore à la sagesse de ce règlement, qui tend de plus en plus à former d’excellents sujets dans tous les genres.

]9. — M. Racine 1 est allé voir la salle de la Comédie Française, il y a quelques jours. Sa grande dévotion l’empêclie depuis longtemps de fréquenter le spectacle. Ce fils d’un illustre père a été accueilli avec tous les égards que les Comédiens lui devaient : il a tout loué, tout admiré. Sa visite faite, « Messieurs, a-t-il dit, je viens réclamer une petite dette. Tous savez que mon père avait défendu, par son testament, qu’on jouât Athalie. M. le Régent a depuis ordonné que, sans égard aux volontés du testateur, ce drame serait donné au public. Cet ordre de M. le duc d’Orléans ne m’a fait déroger en rien à mes droits; je revendique, en conséquence, la part qui doit me revenir des représentations multipliées de ce chef-d’œuvre de mon père. » Cette demande a fort étourdi l’aréopage comique : il est question de trouver un mezzo-termine à cette contestation naissante.

20. — On a fait aujourd’hui capture de différentes éditions de livres prohibés. On en a arrêté une du Contrat social^ venant de Versailles ; une autre de la suite du Colporteur \ on prétend même qu’on en a arrêté une des Trois nécessités. On regarde cependant ce dernier livre comme chimérique. La suite du Colporteur est intitulé : Almanach des gens d"es~ prit J par un homme qui rdest pas sot. On peut juger du livre par le titre. Il est aussi de Chevrier.

23. — On ne cesse de faire des perquisitions du Contrat social. Un nommé de Ville, libraire de Lyon, vient d’être arrêté et conduit à Pierre-Encise. On a trouvé chez lui une édition qu’il faisait de ce livre.

26. — M. Goldoni, avocat de Venise, et auteur d’un Théâtre^ s’est transporté ici pour concourir au bien-être de la Comédie Italienne. Il travaille à présent pour elle. Ses Caquets^ tra-

'i Louis Racine, auleur de la Grâce et de la Celkj'wn.

or/ronnR 1702

diiits par M. Jüccoboni, onl, ou un succès èl,onnnn(, oL scs compatriotes espèrent tirer un ])arli do son séjour’ auprès deux II doit rester deux ans. Il était assez habile avocat et travaillait beaucoup. La métromanie Ta emporté. ^

27 —On confirme l’aventure de M. Kacino', qui n’ira pas plus loin, a ce qu’on assure; il colorait sa deniande du préex e c e la charité : il voulait faire des aumônes de cet argent, n prétend cjue les Comédiens se sont mo(|ués de lui, et ciim cette restitution irait de 30 à 40,000 livres.

pL ® possession

chardon '"’lî ^ les travaux du fameux Bou-

sni la T' V eien qui vaille

sémiencT f ‘l"® tremblait. En condensa M ' troisième figure du piédestal, et tirera

de sa Minerve la quatrième qui n’est pas encore commencée.

TOBRE. — 1. On s’imaginait que le livre des Trois

imZTiàl i parle sans l’avoir vu, était

verain d’ Als ’ “■’^ét du Conseil sou-

^ sace, ou, sans lui donner une existence réelle on

insinue qu il existe. On le dénonce sous le titre des Quatre

.t,“” îw . -"T” »« « “ “o»-

ter tous les e 1“ comminatoire d’en appor-

îu’iïa étrîai Tl’' TT'^ T réflexions. En général on croit

ce triLnal On très en faveur dans

ce tribunal. On sent pourquoi ils voudraient donner quehiue

consistance a un ouvrage qui heureusement ne s^^TlT prfs TssTsi*oT T"' Fourneau, recteur do l’Université, a

dit Louis-le-Tr’and CeM ®°''P®’ ‘^u collège ci-devant

chement, suivant lTaeTF,T”T‘° Par l’attoii-

action de grâces t d’uT T o»

g aces, et dune grande messe. Ensuite s’esi

2rr::iTrs::“:‘

^ Voy. 19 septembre 17C2.

4(5 MÉMOlllES SECRETS DE RACIIAUMONT

par une harangue du régent de rétliorique de Lisieux ; elle roulait sur la rétliorique. Il a tiré 1 augure le plus leureux la nouvelle transplantation; il a fait entendre a MM. du parlement qu’elle se faisait sous leurs auspices, et que sans doute

ils protégeraient ce nouvel établissement. ^

5 Il court une caricature où l’on représente MM. de taire et Rousseau, l’épée au côté, en présence l’un de 1 autre, faisant le coup de poing. Au bas est un dialogue en vers entre ces deux auteurs. Le poète demande au philosophe pourquoi il l’a critiqué si durement : il lui fait des reproches sur sa bi e trop amère. L’autre lui répond qu’il est en possession de dire la vérité envers et contre tous. Enfin la querelle s échauffé. Rousseau gesticulant des poings, Voltaire lui reproche de ne pas se servir de son épée en bon et brave gentilhomme. Celui-là prétend que ce sont les armes de la nature, lelle est la substance de cette conversation où tous deux sont tournes dans le plus parfait ridicule, quoique en très-mechante poesie.

8. On fermente beaucoup sur le livre des quatre nécessités, proscrit par le Conseil souverain d’Alsace, qui ne i a ni lu ni vu. On le nomme ainsi parce qu’il se sous-divise en qua re propositions : Nécessité de détruire la Société des Jesuites. Nécessité pour la France de se séparer du pape. Nécessité d anéantir l’épiscopat, ou, du moins, d’humilier les eveques. Nécessité... La plume tombe des mains ici... On ne peut, sans frémir, tracer cet horrible canevas. Dans chaque chef, 1 auteur donne les moyens de parvenir au but dont il s efforce de prouver l’excellence et la nécessité. On continue a regarder cet ouvrage des ténèbres comme ii’existant que dans le cei-

veau de quelque esprit infernal.

Page 1