‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 15 sur 123 · On renouvelle les plaintes faites depuis longtemps · texte numérisé non relu

On renouvelle les plaintes faites depuis longtemps

contre Fréron. On trouve ses feuilles absolument^vides : elles ne sont pas meme soutenues par le sarcasme si à la main c ce journaliste et si agréable aux lecteurs. Ses amis lui en on fait reproche ; il se défend et prétend qu’il ne peut plus plaisanter le moindre grimaud du Parnasse, qu’on ne le mulcte a la police, qu’on ne le sabre, qu’on ne le mette en pièces . i

gémit fort de cette inquisition.

23. Le bruit court que l’impératrice de toutes les Russies a

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écrit à M. Diderot pour l’inviter à se rendre à sa cour • prétend que M. D’Alembert a reçu les mémos ollres 24. — En vertu d’uu arrêt du parlement (jui delénd aux cidevant soi-disant .Tésuitcs de se retirer autrenientiiue comme ecohers dans les lieux où la jeunesse est élevée, l’Université avait renouvelé son décret qui excluait depuis longtemiis les membres de cette Société de toutes les places scolastiques. Ce decret cwait ete notifié aux principaux de tous les collèges, en ^eltu d une deliberation prise par la Faculté des Arts Le 18 de ce mois, le recteur, M. Fourneau, a reçu une lettre de cachet pour se rendre à Fontainebleau, avec ordre d’y aiipor er a requete de rUniversilé. Admis à l’audience du roi M. le chancelier lui a déclaré que Sa Majesté désapprouvait le ( cciet qu il avait rendu, et a fait mettre en marge du registre de 1 Université un arrêt du Conseil qui casse ledit décret, sans lien toucherai arrêt du parlement, au bas duquel il est inscrit Le recteur a représente vivement au roi, que le décret qui avait le malheur de lui déplaire n’était point son ouvrage, mis celui de 1 Université, a laquelle il avait Flionneur de présider somme M. le premier président au parlement. ’

Quelques moments avant de paraître devant le roi, M. le chancelier, prévenu contre le recteur, lui a fait des reproches res-vifs en presence de quelques ministres, sur un discours [U 11 a prononce depuis peu aux Mathurins, où, on rendant

a parle de la destruction de la Société des .Jésuites, comme ncienne et continuelle ennemie de PUniversité. Ce suprême lagistrat a trouve mauvais qu’il ait pris de là occasion L s’é-

dtramoihiï" attachement aux opinions

• 1 vexations qu’ils avaient exercées de-

Des gens inal intentionnés ou fort ignorants avaient rendu es-defavorablement ce discours du recteur à M. le chancelier

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■trexvi.i, verset 22. Le voici: E( vow cüharœdoriL, et

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^oy. 31 janvier et 13 février 1763.

:\llhlOir.ES SECRETS DE RAEflAUMONT

Ymmcorum^ et tibia canenthim^ et tuha^ non aiuheiiir in le anipJius. Ce passage avait été énoncé au sujet de la prise en possession du collège de Clermont, et on sent 1 application amère, mais vraie, c|idon en devait faire. A u lieu de citliaToedorum^ des plaisants, ou des méchants, ou des imbéciles, avaient substitué celui de cynœdorum. (Voyez Pétrone, Martial.) On voit par cette méprise quelle indécence le terme présentait à l’esprit, et combien cela rentrait dans les préjugés odieux reçus contre la Société. M. le chancelier, dans les reproches qu’il faisait au recteur, appuyait beaiicoup sur ce passage, dont il ne disait que le sens en français, et qui par là devenait inintelligible à son auteur. Ce ne fut qu a\ec beaucoup de peine qu’on se concilia et qu’on reconnut qu’on avait substitué le mot cynœdorum à celui de cytharœdorum : l’énigme devint claire.

VovEMBUE. — 1. — On ne saurait trop consigner à la postérité les noms de deux femmes illustres qui honorent les lettres de leur protection : mesdames les duchesses de Choiseul et Grammont méritent une place distinguée dans le rang de ces virtuoses.

M. l’abbé Barthélemy, de l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, garde du cabinet des médailles du roi, ayant été depuis peu favorisé d’un logement particulier, ces deux dames l’ont gratitié d’une galanterie peu commune. Elles ont, pendant qu’il était absent, trouve le secret d avoir la clef d un Muséum qu’il avait arrangé philosophiquement; elles l’ont décoré, à son insu, de la façon la plus galante et la plus voluptueuse : elles l’ont enrichi de plusieurs ouvrages de leurs mains, et, au retour de l’abbé, la clef s’étant retrouvée, il a été transporté dans un boudoir de fée. Tout Paris parle de cet enchantement.

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