‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 40 sur 123 · ÉPITAPHE DU PARLEMENT DE NORMANDIE ‘, PAR LA FEMME · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE DU PARLEMENT DE NORMANDIE ‘, PAR LA FEMME

d’un conseiller de cette cour.

Câ-gît sous ces sacrés portiques,

Ces marbres, ces voûtes antiques,

Un respectable Corps, dont les menu^res épars Courent encor mille hasards.

Passant ! de quelques pleurs arrose au moins sa cendre. Son zèle était si pur, son cœur était si tendre !

11 chérissait le peuple, il adorait le roi.

De son devoir suivant la loi,

Longtemps avec honneur il servit sa patrie ;

Mais menacé d’ignominie,

Accusé; par la calomnie.

De rébellion, d’attentat.

Il aime mieux s’(3ter la vie,

Que de vivre sans gloire et de trahir l’Etat.

n. — VERS EN RÉPONSE A l’ÉPITAPHE DU PAliLEMENT DE NORMANDIE FAITE PAR UNE DAME DU PARLEMENT.

De tous les parlements. Madame, un seul a tort :

Loin de combattre, il fuit; loin de vaincre, il abdique ; xAinsi le vieux Caton, en se donnant la mort,

Au lieu de la servir, perdit la république.

19. — Interdiimque bonus clonniLat Hümeru‘à\ A'oici des vers que M. l’abbé de Voisenon a faits pour son ami Caillot:

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La pièce est adressée à M. de Mari^niy ; ou y dcinaude une place pour la sœur de ce comédien, marchande, ohli^udî de ]uitter sa demeure sur un pont, dans le temps de rinondation.

Protecteur des beaux-arts et de leur gloire antique, Daignez etre le mien dans ce triste moment.

Je vois tomber ma smur dans le déborbement Et pour lors adieu la boutique !

Sa réputation, dont le vernis est beau,

Est tout près d’aller à vau-l’eau.

Je ne puis soutenir cette cruelle idée ;

Et son mari deviendra fou De voir sa femme débordée.

Ne pouvant garantir son plus petit bijou.

A ous pouvez la sauver de ce danger terrible : Irouvez-lui quelque coin dans le palais des rois. Nous consentirions meme à monter sur les toits Pour publier le trait de votre âme sensible.

Le sentiment augmentera ma voix :

IMes accents seront des olfrandes,

Et j obtiendrai des Dieux, que sous vos lois ^ ous ayez en détail tout le corps des marchandes.

22. — Nous avons annoncé, il y a longtemps^, que J. Rousseau s était chargé de faire un mémoire en faveur de L de Valdahon, mousquetaire, accusé de séduction à Pégard -hine demoiselle de Dole. Cet ouvrage paraît entin. On a endii compte de Paventure, et ceux qui la savent ne seront •as surpris que le philosophe genevois ait pris un sujet si usceptible de faire valoir ses singulières assertions. Au reste, n ne le juge point digne de ses autres ouvrages.

^23. — M. Pabbé de Gaveirac, cet homme mercenaire, qui, ayant pour principe c]ue celui de n’en point avoir, soutient gaiement le pour et le contre, Pauteur entin de Vylpologie de % Saint-Barthélemy^-^ a été accusé d’étre Pauteur do VAp~ e a la raison. Apres avoir été successivement ajourné, dére e et jugé, sa contumace vient cPétre prononcée au Châtelet.

. est atteint et convaincu cPavoir composé un libelle; en con-

^ Voy. 7 avril 1763.

2 A la suite de VApolofjie de Louis MV et de Cnnuoi c;/.. '

MKMOIUES SECllETS DE IIAC11AU]\10M

séquence, condamné à être mis au carcan et banni à perpétuité. L’imprimeur Grangé est banni pour cinq ans.

25. — Mademoiselle Fauconnier, courtisane jadis célèbre, qui depuis a donné dans le bel esprit, faisait depuis quelques années wnJouryial des deuils. Cet ouvrage, purement mercenaire jusqu’aujourd’hui, acquiert une tournure littéraire. On se propose d’y insérer désormais le nécrologe des personnes célèbres dans les sciences ou dans les arts, mortes dans le courant de l’année. Il parait qu’on se réserve ce détail pour la fin. On commence à fournir les vies des morts illustres de 1763. MM. de Marivaux, Pesselier, Bougainville, y figurent aujourd’liui. On sent combien cette superfétation est ridicule, mais, par ce moyen, cette gazette, qui n’était qu’à trois livres, monte à six francs.

29. — Le sieur Palissot, cet Arétin moderne, qui se donne, non pour le flagellum principum, mais pour le fléau des philosophes et des auteurs, vient de lancer dans le public un nouveau libelle intitulé : la Dunciade, ou la Guerre des sots. C’est une imitation de celle de Pope, c’est-à-dire qu’avec beaucoup moins de mérite et beaucoup moins de droit, il s’est senti assez de fiel pour suffire à un ouvrage abominable, où la licence et la méchanceté la plus atroce sont développées avec toute l’impudence dont il est capable.

— 14. — M. Restant, l’auteur d’une grammaire qui a déjà eu plusieurs éditions, est mort le 14 du mois dernier. Cet avocat estimable, sans être d’une métaphysique aussi profonde que M. Lumarsais, a cependant rendu quelques services à la langue, et peut être d’un grand secours aux étrangers et à ceux qui veulent apprendre à parler ou à écrire correctement.

22. — Malgré le silence observé sur la Dunciade quelques personnalités ont engagé plusieurs personnes, surtout les femmes, à se plaindre criminellement de ce libelle calomnieux. Il paraît que madame Riccoboni, que l’auteur appelle plaisamment if w6/conz, n’a pas peu contribué à mettre en mouvement le ministère public. M. le duc de Ghoiseul, instruit de

^ Yov. 29 février 17G4,

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ces menées, a cru devoir intei‘})oser ses l)ons olTices. Prolecteur de l’auteur dont l’ouvrage paraît s’étre produit sous ses auspices, il a demande (|u’on lui laissCit le soin d(; ])unir le calomniateur. Il est exilé à cinquante lieues, et ce scélérat, qui devrait être mis au cabanon pour le reste de ses jours, reeoit une nouvelle illustration de son cluitimeid.

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