PAR M. LE M. DE
Les deux jumeaux de la Fable Font le charme de Paris :
Ils retirent tout leur prix Des vers ddine iNluse aimable.
Elle avait chanté l'amour,
Son ivresse- et son délire :
De la beauté qui soupire,
Le plaisir et le retour.
L’Amitié monte, la ljue :
Elle donne un nouveau tour Aux transports qu’elle respire ;
Elle chante, et tour à tour Les éprouve et les inspire.
Avril. 1. L cclipsc tant annonccc pour aujourd’liui et qui avait attiré l’attention de tout Paris, n’a pas fait une sensation considérable. L’obscurité a été de peu de durée et très-médiocre, à peu près comme lorsqu’il va pleuvoir. Toute la cour était à l’Observatoire. M. de Cassini s’était persuadé que la nuit serait épaisse; en conséquence, l’heure venue et le jour pâlissant un peu, il a demandé des bougies, sous prétexte qu’on n’y voyait plus clair. Tous les spectateurs l’ont assuré qu’on voyait très-bien ; lui d’insister et d’assurer qu’il
ne voyait goutte, et le monde de rire, et l’astronome d’être Ilué.
5. — Le Corneille, tant attendu, est enfin arrivé dans ce pays-ci. Il est en douze volumes in-S», coûte deux louis de souscription, trois livres pour le transport, et trente-six francs pour la brochure. On voit, en général, que M. de Voltaire a
visé à faire un ouvrage volumineux. Il est dédié ù messieurs de 1 Academie française.
. 6. - M. Palissot, de son exil de .Toinville, a prématurément
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célébré la convalescence de madame la marquise de Pompadour. On se doute bien qu’un satirique aussi effronté est un adulateur servile.
Vous êtes trop chère à la France,
Aux. dieux des Arts et des iAmours,
Pour redouter du sort la fatale puissance :
Tous les Lieux veillaient sur vos jours,
Tous étaient anfmés du zèle qui m’inspire ;
En volant à votre secours,
Ils ont affermi leur empire.
9.— On a déjà parlé de M. d’Éon de Beaumont^, ex-ministre plénipotentiaire de France à la cour de Londres. On a parlé de son aventure singulière. L'asile qu’il s’tst procuré lui assurant l’impunité, il vient de publier un in-T^ contenant les instructions etlettres particulières de M. le duc de Praslin à M. de Aivernois, à lui adressées, et toute la correspondance relative au traité de paix. Il y a joint des notes et des portraits qui rendent cet écrit très-précieux. Il n’y en a que très-peu d’exemplaires à Paris : il porte pour épigraphe ces vers de Sémiramis de M. de Voltaire :
Pardonnez ! un soldat est mauvais courtisan :
Nourri dans la Scy thie, aux plaines d’Arhazan,
.l’ai pu servir la cour, et non pas la connaître,
II. — On répand, depuis quelques jours, une plaisanterie assez plate; elle a pour titre Décalogue du Dieu du Goût : on la peut juger d’un partisan du sieur Palissot.