‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 54 sur 123 · Pièces posthumes de V auteur des Cinq Années lit · texte numérisé non relu

Pièces posthumes de V auteur des Cinq Années lit

^ Il n’est pas certain que cette estampe soit de Bouftlers. On lit au bas : Dessiné à Ferne\},et gravé par M. B... 1765. B.

2 Voy. 6 août 1766.’

2 Voltaire, au lit de mort, eut la consolation d’apprendre la cassation de l’arrôt qui avait condamné Lally. On peut voir, dans sa Correspondance, le hWlct touelianl qu’il adressa au (ils du général. — B,

aült i7(u;

TÉUAIKES >. Ccl auteur, Cüiniiio l’on yail, est M. Clémeut, de Genève. Il y a peu d’ouvrages périodiijues écrits avec autant de feu, avec autant d’esprit, de véliénience, (pie cette Année littéraire. Cet ouvrage, oii l’auteur avait dit i)eut-ètre sa pensée avec trop de liberté, lui occasionna (juebpies chagrins, l. ne longue maladie lui lit discontinuer ses travaux littéraires. M. Giéinent donna une tragédie de Mérope, dans des circonstances qui en empèchèi-ent la représentation, mais dont la publication fut reçue avec ])laisir. j.es pièces (ju’on donne aujourd’hui au public respirent encore le feu de ses premières années. Il va plusieurs lettres en vers; quelquesunes sont écrites de Cdiarenton, où l’auteur avait été mis. h-illes ne se ressentent point des accès de lolie qui liront renfermer en pareil lieu ce nouveau Tasse.

f n arrêt du Conseil, du 18 juin dernier, et qui n’avait été connu jusqu’ici que par la voie de la Gazette de Hollande, \ient d eire rendu public aujourd’hui et vendu dans les rues de Paris. Cet arrêt supprime un éMénioire attribué à M. de La Ghalotais, sans désignation de format, ni chation de la première et dernière phrase. Il y est seulement dit qu il est impiimé sans nom d’imprimeur, ni j)ermission ; qu’il est répréhensible, comme contenant des faits calomnieux et injurieux à des personnes chargées d’exécuter les ordres de Sa Majesté. De sorte qu’on ignore si cet arrêt regarde le Mémoire imputé à M. de La Ghalotais, dont on a parlé 2. Ce Mémoire lait un hruit du diable ; il est recherché de tous les curieux et forme une pièce de bibliothèipie très-précieuse.

1 /. — Une rixe élevée entre deux hommes qui se piquent de bel esprit et qui tiennent un rang dans la littérature et comme auteurs et comme Mécènes, fait beaucoup de bruit ; .elle interesse MM. de Lauraguais et de Yillette. Dite a donné lieu a des epîtres de part et d’autre, peu dignes d’ètre ra])])ortees. Elle est née à l’occasion d’un pari prétendu fait entre les deux adversaires, et que M. de Villette avait perdu. Il était question d’une course a exécuter par les chevaux et

^ A Amslerdan)^ et se dislribuenl cliez le défunt, Dlqe(' Sil.a -v!:,.! 1 r.

'"Mit t'taf "AM

.■^'- ^ -Af-I,

31hl)l()lUl£S Sl^CRETS DE BACIIAUMO.NT

coureurs de ces messieurs. Le dernier n’a i3as voulu donner le tableau en jeu, soutenant qu’il n’avait point parié. Ces deux champions, étant sur le point d’entrer en lice, se sont trouvés arrêtés par les gardes des Maréchaux de France, et l’affaire est au tribunal. Elle occupe beaucoup les gens de lettres, qui prennent parti pour ou contre. ’

— Nous avons oublié de faire mention de la mort de M. Lonneval, auteur lyrique, mort il y a quelques mois. Un acte ^ de lui qu’on va donner eh rappelle la mémoire. Il a^ait été intendant des Menus; il était trésorier de la reine, et est mort, à soixante ans environ, de chagrins domestiques. Tous ses ouvrages n’ont eu aucun succès.

21. — Voici des détails plus exacts sur la rixe dont on a paile. La course d un cheval de M. de Lauraguais, monté d un postillon, a\ait occasionné plusieurs paris. Par un malentendu entre M. le marquis de Villette et M. le comte de Lauraguais, ce dernier a prétendu avoir gagné un tableau de prix au nouveau marquis 2^ qui s’en est défendu. M. de Lauraguais, piqué de la négative, a écrit à M. de Villette une lettre qui n’était pas faite pour flatter son amour-propre. Llessé de 1 épi Ire, il y a répondu par des épigrammes, et s’est lendu chez mademoiselle Arnould, pour y rejoindre, soidisant, M. de Lauraguais. Mais, comme cette histoire avait déjà lait bruit, a peine y était-il que, suivant de près, des gardes des Maréchaux de h rance se sont attachés à leurs personnes. Gomme l’un et l’autre ont réellement beaucoup d’esprit, ils en ont lait usage pour s’expliquer avec plus de sang- Iroid, et se sont réconciliés de façon qu ils sont devenus les meilleurs amis, ne se quittant presque plus, à la promenade, aux spectacles, etc. M. de Gillette a acquitté le pari; en revanche, M. de Lauraguais lui a lait présent d’une jolie voiture. fout cela allait le mieux du monde; malheureusement.

1 JAndor et Ismhie.

2 Le père de Villelle avait acheté, peu de temps avant sa niorÇ le titre de marquis. La bravoure du lils lui attira répigramiue suivante :

Villelle O Ijiil iiiUi'veiti :

Soit (lu il se bulle eu qu’il caresse,

Il ne voit point son ennemi,

Lt n’est pas vu de sa luaitrcsse. — u.

SKI» rivUijîuv 1701}

il a iallu coinparaîlre au Iriljuual do iIM. les Maréchaux do France, et s’y expliquer sur le Ibnd do l’allaire. t:o resiiectahio aréopage, apres les avoir ouïs et ])ris eoiinaissuiice de Ijoaucouii de details dans lesquels il n’est pas possible d’entrer, a cru devoir prononcer un jugement; mais il doit être conlirnié par e roi, avant^qu’il s’exécute. Cette aventure a lait ici beaucoup de bruit et n a point surpris do la part dos auteurs. M. le comte le Lauragmais n est pas un bomine ordinaire, et M. de Villettc a ait ses preuves. Il est lils de l’ancien trésorier général

■ dernière guerre, aide-major

general des logis de l’armée.

Mv ■ 7 du (ribunal des Maréchaux de France

mm. de Lauraguais et de Villette ont été condamnés à une prison de six semaines. Le roi a bien voulu accorder la Bastille au premier : le second est à l’Abbaye. Cet événement conti-

la m;ératm.m““"' 1'™- <1--

2 /. - M. de Belloÿ, cet auteur du Siéffe de Calais, dont la renommée s’etait accrue si prodigieusement et s’est éclipsé; encore p us vite, est depuis quelque temps dans l’état le plus ep orable. II est attaqué de vapeurs et d’obstructions, qu’on prétend etre la suite de ses débauches avec mademoiselle Glailon. (^uoi qu i en soit, elle l’a mis entre les mains de Tronc lin, sans succès; il se plaint beaucoup do Fart des médecins

sa ooil de gloire : il montre peu d’activité pour faire louer la GabrielledeVergij. lauc jouei la

SEPTEMnnn.-l. -M. de La Condamine, de l’Académie des sciences et de l’Académie française, digne emule de feu M ik Maupertuis, vient de faire ériger aux mânes de ce physicien célébré un monument qui honore l’un et l’autre • il pqI i ■ dans l’église de Saint-Koch. Le fond est une pyramide 011!^;! Ijre, de couleur lugubre. Sur celle pyramide est 1

.uiii.» <1. M. <1. M.„„.nua; .jLus r:

de 1 astronomie, désigné par une llammequi lui sort du front et par une couronne d’étoiles qu’il tient â la main. A blut;'

MiLmOIRES secrets de BACLIAÜMO.NT

côté de la table est un autre génie, qui montre d’une main le globe de la Terre, aplati vers ses pôles. Deux Amlumes placés a côté du globe désignent deux des principaux ouvrages de M. de Maupertuis. La composition de ce monument est noble et simple, et rexéculion fait lionneur aux talents de M. dTIuez. Le médaillon est fort ressemblant, quoique M. d’IIuez n’ait jamais vu le personnage : il l’a copié d’après un buste de M. Le Moine.

3. — Extrait d'une lettre de M. de Voltaire. « J’ai reçu et lu le Mémoire de l’infortuné M. de La Glialotais. Malheur à toute aine sensible qui ne sent pas le frémissement de la fièvre en le lisant ! Son cure-dents grave pour l’immortalité. .. Les Parisiens sont ladies, gémissent, soupent et oublient tout L »

6. — VERS ADRESSÉS A M. DE VOLTAIRE PAR M. FRANÇOIS DE NEUF- CHATEAU EN LORRAINE, AGÉ DE QUATORZE ANS, ASSOCIÉ DES ACADÉ- MIES DE DIJON, MARSEILLE, LYON ET NANCY, EN LUT ENVOYANT UN EXEMPLAIRE DE SES OUVRAGES L

A Neufchâleaii, le 15 juillet 1766.

Rival d’ Anacréon, de Sophocle et d’IIomère,

O toi, dont le génie a franchi tour à tour De tous les arts l'épineuse carrière,

T’oi qui chantes les dieux, les héros et l’Amour,

Pardonne à mon audace, o suhlime A^oltaire,

Et permets qu'au] ourd’hni ma muse téméraire T’ose olfrir ses simples accords ;

Daigne accepter cette offrande légère,

Daigne sourire à mes premiers transports.

Je sais que c'est un faible hommage :

biais si ton indulgence approuve mes efforts^

Un succès si llatteur, excitant mon courage, bPinspirera de plus dignes accents ;

11 saura m’élever au-dessus de mon âge, . .

Un coup d’œil de Amltaire enfante les talents.

1 il paraît que cet extrait est tiré d’uiie lettre à d’Alcinbert, du 7 auguste 17G6. — AV.

2 Voyez, dans les Oeuvres de Voltaire, sa réponse commençant par ces vers :

Si vous brillez à votre aurore.

Quand je m’étcius a mon coiicliaut. . .

SIÜ‘TE31I5UI£ 1700 1^3

Page 1