‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 56 sur 123 · VERS DE M. DE LA CONDAMLN'E · texte numérisé non relu

VERS DE M. DE LA CONDAMLN'E

J’ai lu que Daphné devint arbre.

Et que, par un plus triste sort, Niobé fut changée en marbre ;

Sans être l’un ni l’autre encor,

Déjà mes fibres se roidissent,

Je sens que mes pieds et mes mains Insensiblement s’engourdissent,

En dépit de l’art des Troncbins.

1) un corp jadis sain et robusie.

Qui bravait saisons et climats,

Les vents brûlants et les friniats.

Il ne me reste que le buste, blalgre mes nerfs demi— perclus (Destin auquel je me résigne).

De la santé que je n’ai plus Je conserve encore le signe.

^ Voy. H avril iTtio.

se trouve attaqué dbme maladie extraordinaire consiste dans une insensibilité répandue sur loiiles les extrémités do coips, quoiqu il se poile d’ailleurs paiTailemenl bien. Ainsi il marche sin« co i • ses pieds; il s’assied sans sentir ses l'esscs On les lui fpfuil • i -cnlii

plus dures, jusqu’à l’écorcher, et il s'nt à peiU un ll^^r^'cbatiin^^^

Grimm, Correspondance littéraire, o** novembre 17ÜG, — K. ^'Hement. »

Mais, las! je le conserve en vain ;

On me défend d’en faire usage :

Ma moitié, vertueuse et sage^

Au lieu de s’en plaindre, me plaint.

Ma sœur, la Platonicienne,

Dit : « Qu’est-ce que cela vous fait?

N’avez-vous pas la tete saine ?

A quoi donc avez-vous regret? »

llélas! à cette triste épreuve Sitôt je ne m’attendais pas,

Ni que ma femme entre mes bras,

De mon vivant, deviendrait veuve !

n. Pabbé de Yoisenon a remis son abbaye du Jard et un petit prieuré cpi’il avait dans le diocèse de Chartres : on lui donne huit mille livres de pension sur les Économats, franches et quittes, et le roi se charge des réparations.

28. —On annonce aux Français une comédie larmoyante, intitulée: Eugénie, ou la Vertu malheureuse. Cette pièce, toute romanesque, est prônée avec beaucoup d’emphase. Elle est d’un homme fort répandu, sans avoir aucune considération ; c’est un nommé Caron de Beaumarchais, peu connu dans la littérature. Ses premiers ans ont été employés à acquérir des talents mécaniques. Fils de Caron, horloger, il avait suivi 1 état de son père avec succès. Mais, né avec une certaine portion d’esprit et des dispositions naturelles pour des arts aimables, son goût pour la musique l’a mis à même de franchir la distance qui le séparait d’un certain monde. Il est parvenu à approcher de la cour; il a été assez heureux pour y plaire par ses talents, et d’en profiter pour se ménager des grâces qui l’ont mis en état de faire une fortune considérable. Les morts successives du mari d’une femme qu’il aimait et qu’il a épousée ensuite, ainsi que de cette même lemme, après lui avoir lait une donation de tout son lhen, jettent sur sa réputation un vernis peu favorable L II a été refusé dans diverses charges dont il voulait se pourvoir.

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