Nous apprenons la mort de M. Reboucher, conseiller
1 Nous ne crayons pas avoir besoin de prémunir l’esprit du lecteur contre ces calomnies, que Beaumarchais lui-même a réfutées si plaisamment dans une note sur la lettre de Voltaire à d’Argental. en date du 31 janvier 17 74. R.
en la Cour souveraine de Lorraine. Ce galanl successeur de Ghaiilieu faisait des poésies anacréontiqiies très-agréal)les. Il est rauteiir d’un joli madrigal à une dame, eu lui présentant une violette :
Modeste en ma couleur, modeste en mon séjour,
Franche d’ambition, je me cache sous Therl^e ;
Mais si sur votre front je puis me voir un jour,
La plus Inmible des Heurs sera la plus superl)e L
Janvier. — 1. —M. le duc de Glioiseul ayant été élu premier marguillier d’honneur de Saint-Fustaclie, IM. le chevalier de Boufllers lui a adressé ces vers pour étrennes,’au nom du curé de cette paroisse :
Toi, que je n*ose encore inviter à confesse,
Et que pourtant dans quatre mois Je dois attendre à ma e’rand’messe Choiseul, de ton curé daigne écouter la voix.
Et reçois les vœux qu'il t’adresse ;
Quoique tu sois grand ouvrier,
Puissé-je ne te voir que rarement à l’œuvre !
De L’Averdy le sage devancier.
Dont l’écu porte une couleuvre,
Et qui lut, comme toi, grand homme et marguillier.
Ce Colbert, qu’aujourd’hui le peuple canonise,
Et qu’autrefois il osa déchirer.
Fit peu d’ordure en mon église,
Avant de s’y faire enterrer 'h
1 Ces vers sont de Dcsmarels de Sainl-Sorlin, et font parlie du recueil connu sous le nom de Guirlunde de Julie; ils ont été eonq)osés par Julie d’An^ennes qui épousa, en 1G44, le duc de Monlausier, — R.
2 Sans doute à cause du commandement de l’Église qui enjoint de communier au moins à Pâques humblement .
•" Le tombeau de Colbert, ouvrage de Coizevox et de Tuby, était placé dans rinlérieur de l’église de Saint-Eustacbe, d’où il fut transféré au Musée des Monuments français. — K.
MlblOIPiES SECRETS DE RAClEAriVrOXT
Je sais fort bien que tes confrères De S aint-Eustache et de la cour Aimeraient mieux qu’ici tu fisses ton séjour;
Je sais que maint dévot offre au ciel ses prières Pour ton salut qui ne t’occupe guères ;
Ton vieux curé consent à ne te voir jamais,
Et s’il forme quelques souhaits,
C’est que tu restes à Versailles,
Où par toi le Dieu des batailles Sera longtemps le Dieu de Paix.
Amen! Ainsi soit-il. Si pourtant chaque année,
Choiseul, tu pouvais une ibis Quitter le plus chéri des rois Qui t’a fait son âme damnée,
Viens te montrer en ces saints lieux,
Viens un peu changer d’eau bénite,
]\lais surtout retourne bien vite Exorciser tes envieux !
1. — Le sieur Molé commence à se flatter de pouvoir reparaître dans peu sur la scène. Mademoiselle Clairon, toujours zélée pour ITionneur du théâtre et des liistrions, a imaginé de proposer des souscriptions en faveur de cet acteur convalescent. Elle a la manie de vouloir reparaître : elle offre de jouer une ou deux fois sur un théâtre particulier, quand on aura rassemblé une quantité d’amateurs suffisante. I.es billets seront d’un louis. Ce projet fait la plus grande sensation à la cour et à la ville, et c’est un empressement à qui souscrira.
12. — Le nommé Després Bouquerel, frère d’un négociant de Rennes, impliqué dans l’affaire de Bretagne, convaincu d’avoir écrit des lettres anonymes à M. le comte de Saint-Florentin, où, sans respect pour le ministère, il s’est livré à une déclamation indécente et très-criminelle, a été conduit à Bicêtre.
13. — Les souscriptions proposées par mademoiselle Clairon prennent la plus grande faveur : on ne se contente pas de donner un louis; il est ignoble de ne prendre qu’un billet. Quatre prélats, M. le prince Louis, l’arcbevêque de Lyon, l’évêque de Blois et Tévêque de Saint-Brieux, se sont mis au rang de ces amateurs.
11 est question d'imprimer et de rendre j)ublique la liste des souscripteurs.
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