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BOIS, PRÉSENTÉS PAR MADEMOISELLE LE MONTMORENCI, AGEE DE NEUF ANS

J entends dire de tous cotés Qu’on n’a point de raison, quand on est à mon û^e; Cependant je connais le prix de vos bontés, ° J'admire vos vertus, on ne peut davantage ;

Je vois de votre coeur les grandes qualités :

Quant a votre esprit, je l’avoue,

J’y crois comme je crois en Dieu,

1 arce que chacun vous en loue.

Et que vous êtes Richelieu.

9. — J.-j. Rousseau n’a fait que passer à File-Adam; il est tillé ensuite quelques jours à Fleury, chez M. de Mirabeau 1 auteur de VAmi des hommes, oii il est resté avec beaucoup e mjstère ; il est actuellement en Auvergne •% dans le cliâteau d’un homme de qualité, qui a bien voulu l’y accueillir et y ensevelir le délire et la misère de ce philosophe humilié.

11. — On annonce la Défense de mon oncle, nouvelle broc lure de M. de Voltaire. 11 y fait parler le neveu de l’abbé azin. On sait que la Philosophie de V histoire a été publiée sous le nom de ce dernier, personnage chimérique qui n’a jamais existé, et c’est ce livre qu’on veut défendre. On dit le Mémoire très-plaisant. Mais, malgré les prétentions de M. do

^ Mort le 25 juin 1:G7,

2 Par Leclerc de Moiilmerci. — R.

'' A Trye-le-Chàteau, propriété du prince de CoiiU. — R.

^ Tl - -.1

MlL)101Ri:S SRCUETS DE BACllAUMONT

A^oltaire à rire et à faire rire, les gens sensés ne voient plus en lui ({u’im malade attaqué d’une affection mélancolique, d’une manie triste qui le rappelle toujours aux mêmes idées, suivant la déünition qu’on donne en médecine de cet état vaporeux i clcl'iï'ib'yyi cîtcci umiYïi Qt idëifïi ohjcctuyyi.

lettre ÉCPiITE DE SAINT-DÉTERSBOURG, PAR M. LE COiilE ORLOFF, A M. J. -J. ROUSSEAU.

<' Vous ne serez point étonné que je vous écrive, car vous savez que les hommes sont enclins aux singularités. Vous avez les vôtres, j’ai les miennes ; cela est dans l’ordre. Le motif de cette lettre ne l’est pas moins. Je vous vois depuis Iontemps passer d’un endroit a un autre ! j en sais les laisons parla voix publique, et peut-etre les sais-je mal, parce qu elles peuvent être fausses. Je vous écris en Angleterre, chez. M. le duc de Richemond, et je suppose que vous y êtes bien. Cependant il m’a pris fantaisie de vous dire que j ai une terre éloignée de soixante verstes de Saint-Pétersbourg, ce qui lait près de dix lieues d’Allemagne. L’air y est sain, l’eau admirable ; les coteaux, qui entourent différents lacs, forment des promenades agréables, très-propres à rêver. Les habitants n’entendent ni l’anglais, ni le français, encore moins le grec et le latin. Le curé ne sait ni disputer ni prêcher. Ses ouailles, en faisant le signe de la croix, croient bonnement que tout est dit. Eh bien ! Monsieur, si jamais ce lieu-là est de votre

goût, vous pouvez y venir demeurer; vous y aurez le nécessaire, si vous le voulez ; sinon, vous vivrez de la chasse et de la pêche. Si vous voulez avoir à qui parler pour vous désennuyer, vous le pouvez ; mais, en tout et surtout, vous ne serez gêné en rien, ni n’aurez aucune obligation à personne. De plus, toute publicité sur ce séjour, si vous le souhaitez, pourrait être encore évitée; et, dans ce dernier cas, vous feriez bien, selon moi, si vous pouvez supporter la mer, de faire le trajet par eau; aussi, les curieux vous importuneront-ils moins sur ce chemin que sur la route de terre. \oilà, sieur, ce que je me suis cru en droit de vous mander, d après la reconnaissance' (|ue je vous ai des instructions que j ai pni-

lüllJ.ET 17(i7

sées clans vos livres, qiioâiu’ils ne lussent pas écrits pour moi. Je suis, etc. »

16- — Quoique l’aridité de notre barreau ne prête plus aux grands mouvements de rélo(|uence ancienne, il se trouve pourtant encore quel({ues occasions où nos avocats peuvent déployer les ressorts les plus brillants de l’art oratoire. M« Gerbieren a donné un exemple ce matin. 11 faut savoir qu’un nommé Des ^ aux, convaincu de Iriponnerie à l’égard de ma- ^ dame de La Bourdonnais, a été soustrait au supplice par égard pour sa famille. Ce malheureux a une femme lionnête, qui n’avait point trempé dans ses co(|uineries. Séparée de biens de son criminel époux, elle a été dans le cas de soutenir un procès très-bien fondé contre le comte de Brancas. Son avocat adverse a eu la barbarie de rappeler à l’audience le crime de son mari, absolument étranger à la cause. Il croyait par là indisposer les juges contre elle; mais M® Gerbier, qui avait eu le courage de prendre sa défense, a tellement rétorc{ué cet argument, il a mis un tel pathétique dans sa réplique, c{u’il a fait londre en larmes les auditeurs, les juges et même son adversaire; alors, saisissant ce moment victorieux, il a tiré ses plus puissants moyens de ce spectacle attendrissant, et a gagné sa cause tout d’une voix.

1^- — On continue à s’entretenir de M. J. -J. Rousseau ; on assure qu’il jouit d’un bien-être très-honnête. Il paraît constant qu’outre dix-huit cents livres de rentes qu’il a, il reçoit, malgré toutes ses réclamations, la pension du roi d’Angleterre, qui est de deux mille livres.

26. — L’existence d’un certain livre, sur laquelle les bibliographes et les curieux n’étaient pas d’accord, est enüii constatée par divers exemplaires qui ont échappé à la vigilance du magistrat et des personnes intéressées à le proscrire et à en arrêter toute distribution. Il est intitulé ; les Sahba- Unes et les U loreniines. Il a cent cinquante pages environ, est écrit avec autant de force que de noblesse, en forme de mémoire ou de roman; il paraît n’embrasser d’abord que des intrigues amoureuses, mais est entrelardé d’anecdotes poli-

^ Voyez, dans les OFjivres de lionsscnu, sa réponse datée de Ilalton le vrier !7d(;, ’

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MÉMOIRES SECRETS DE RACllAUMOiNT

tiques relatives aux deux personnages auxquels on ne fait pas jouer de beaux rôles.

Ces jours derniers, la police a fait une descente chez un M. Samarie, homme de lettres, qui a été attaché [cinq ans au héros de cette brochure. On a inventorié tous ses papiers : on le soupçonnait d’avoir eu part à ce pamphlet très-diffamatoire, ou d’avoir au moins fourni desnotes. On n’a rien trouvé qui l’inculpe, et on s’est retiré sans lui déclarer le motif de cette inquisition, qu’il présume seulement, ne voyant rien autre chose qui ait pu donner lieu à quelque accusation contre lui.

Août. — 3. — La fête que M. le chevalier d’Arcq a donnée aujourd’hui à madame la comtesse de Langeac était destinée pour le jour de la Magdeleine, patronne de cette dame ; mais certains préparatifs ayant manqué, et les affaires de M. le comte de Saint-Florentin ne lui ayant pas permis de se rendre à Paris plus tôt, elle n’a eu lieu que ce soir. Cette fête a commencé par une loterie, une lanterne magique, des jeux de gobelets, et par tous les petits amusements qui peuvent précéder un grand et magnifique souper. Ensuite le spectacle s’est ouvert. Il y a d’abord eu un prologue, de la composition de M. le chevalier d’Arcq, exécuté par les enfants de madame la comtesse. On se doute bien qu’il y avait beaucoup d’esprit et des choses très-flatteuses pour la mère et le ministre. On a ensuite exécuté l’acte de Vertumne et Pomone^ qui doit faire partie des Fragments que les nouveaux directeurs se proposent de donner à l’Opéra. Les principaux acteurs étaient Le Gros et mademoiselle Rosalie. La grossesse de madame Beaumesnil ne lui a pas permis de se charger du rôle.

L’opéra-comique qui a succédé était intitulé : le Bouquet^ pièce toute nouvelle, mêlée d’ariettes, dont Audinot est le prête-nom, mais de plusieurs auteurs en société. Lcâ musique, très-agréable, est aussi un mélange de différents compositeurs. Audinot y a joué, ainsique Glairval, mademoiselle Mandeville, et mademoiselle Dubrieulle, quoique de l’Opéra, n’a jDointcru dégrader la noblesse de son état en se mêlant avec des

1 L:i comtesse de Langeac, ci-devant madame Sabaltiu, et le comte de Saintilorciilin, qui i)ussait pour être son amant. — K.

acLeiirs d’un speclacle du second ordre. Ce qui a enclianié et ravi dans ce drame, est la lille d’Audinot, de six ans. Elle a déclamé, elle a chanté, touché du clavechn, dansé uii

menuet et des entrées, et a reçu des ap})lau(lissements dans tous ces genres. C’est un prodige de la nature encore plus(|ue de l’art.

M. Poinsinet a donné un plat de sa i'açon, auquel on ne s’attendait pas : c’est une parade la plus parlaite, c'est-à-dire la plus obscène et la plus ordurière ; elle a i)Our titre : VOyrc. C’est, en effet, un ogre qui, pour'se ragoiiter, demande à son

coiilident delà chair fraîche. Il lui faut une lille de quinze uns. Bellecour taisait l’ogre, Auger le conhdent, et madame Bellecour était la chair fraîche; on peut juger du reste. Pour puriüer ces scènes dégoûtantes, il n’a fallu rien moins que tout le feu du ciel, concentré dans un feu d’artiüce très- chaud, très-rapide, terminé par une illumination charmante, qu’a remplacée le jour, auquel tout le monde s’est retiré.

5. La censure i de^ la Eaculté de théologie, au sujet de Bélisaire, est enfin imprimée telle quelle. Elle est en latin et en français; mais les sages maîtres ne veulent pas la faire paraître que M. l’archeveque de Paris n’ait mis en lumière son mandement sur le même sujet. C’est une déférence

d’usage. On ne sait encore ce qui en résultera pour M. Marmonlel, plus récalcitrant qu’on ne l’avait cru d’abord. Ce qu’il y a de sûr, c’est que l’Académie française ne peut garder dans son sein un membre inculpé d’hérésie, sans la rétractation la

plus formelle de la part du condamné.

Il ^ débuté aux Italiens, le 21 janvier dernier, une demoiselle Danguy, fille du joueur de vielle et sœur de madame Content, femme du premier architecte de M. le duc d’Orléans. On applaudit beaucoup alors aux grâces naturelles de sa personne, à l’intelligence de son jeu et au goût avec lequel elle conduisait une voix peu forte, mais agréable et légère. Des raisons de fortune l’ont obligée à prendre le parti du théâtre : abandonnée d’un mari qu’elle avait et manquant de ressources qu’elle était en droit d’attendre de sa sœur, elle

1 Dcterminatio sacræ Facuhatis Parisiensis in libellum cui litulus: Bélisaire Paris, veuve Simon, in-io, in-so et in-u2. L’in-12 ne conüenl que le français.

MEx)l()ll\ES SECRETS DE BAGllAUMOxXT

a fait valoir les talents dont elle était douée. Sa famille a trouvé cela très-mauvais; madame Content a interposé, pour lors, l’autorité de M. le comte de Saint-Florentin, qui voulut bien s’en mêler. La jeune personne offrit de renoncer au théâtre, si sa sœur voulait lui faire douze cents livres de pension. Celleci n’ayant pas acquiescé aux conditions, le ministre s’est désisté, et la jeune personne a suivi sa destinée. Depuis ce temps, madame Content n’a cessé de mettre en œuvre tous les moyens possibles de susciter des dégoûts et des tracasseries à sa sœur. Enfin, mademoiselle Danguy, excédée, a pris le parti d’écrire à sa sœur la lettre suivante, qui couvre celle-ci de ridicule :

Paris, le 25 juillet 1767.

«Cessez, ma chère sœur, vos poursuites auprès de mes

supérieurs pour m’arracher au théâtre. Je n’ai embrassé cet état qu’avec réflexion, et sur votre refus persévérant de me fournir les secours dont j’avais besoin pour en prendre un autre. Si vous vous étiez souvenue alors que vous étiez ma sœur, vous ne rougiriez pas de l’être aujourd’hui; si votre amour-propre souffre, c’est à la dureté de votre cœur qu’il faut vous en prendre. Je suis pourtant encore assez bonne pour venir à votre secours et consoler votre orgueil humilié.

Sachez qu’il n’y a pas une si grande différence devons à moi. Ts^ous sommes toutes deux filles d’un homme à talents; vous avez enfoui les vôtres, je fais valoir les miens. Vous vous reposez sur ceux de votre mari; vous ignorez que c’est un architecte médiocre, qui gagnera plus d’argent que de réputation; moi, je crée la mienne et cherche à perpétuer un nom connu dans la musique.

« Le public a daigné applaudir à mes premiers essais : il me soutient, il m’encourage, et peut-être mériterai-je un jour les éloges qu’il m’accorde aujourd’hui par indulgence. Vous ne serez jamais qu’une bourgeoise bien cossue, bien étoffée, bien ennuyée dans le cercle étroit de vos coteries obscures: une actrice célèbre roule dans une sphère brillante, qui s étend à mesure que ses talents se développent. Mon nom sera imprimé dans les nouvelles publiques, dans les gazettes, dans le Mercure; le vôtre ne le sera pour la piaunière et dernière

fois que dans votre billet (renterrement. Kl ne me parlez pas de mœurs; vous autres, honnêtes femmes, faites souvent sonner bien haut un état (|ui les suppose, pour en pouvoir manquer plus à votre aise; vous nous les décidez dépravées, au contraire, aün d’autoi iserunedihérence plus extérieure v|ue réelle. Au reste, mademoiselle Doligny, à la Comédie Française, nous venge bien: trouvez, si vous pouvez, dans toute votre bourgeoisie, une vertu plus éprouvée, plus nette, plus reconnue. Reste ce malheureux préjugé d’infamie; qui dit préjugé a déjà répondu. Bien plus, il estdétruit chez les grands et chez les philosophes. Il est encore enraciné dans le peuple; peu nous importe, nous ne frayons point avec lui. En un mot, trouvons-nous toutes deux à Yillers-Gotterets ou au Palais-Royal, vous reconnaîtrez la différence qu’un prince fait de la femme de son architecte à une actrice dont les talents ont le bonheur de lui plaire et de l’amuser. Je vous laisse sur ce parallèle, et me retranche derrière le mur de séparation que vous avez prétendu élever entre nous. Adieu, ma chère sœur ; n’ayons plus rien de commun, puisque vous le voulez ; mais, malgré vos mauvais procédés, vous ne sortirez point de mon cœur, et c’est peut-être le premier moment oii je m’aperçois qu’il est trop tendre. Adieu.»

16. — Mademoiselle Allard s’est attiré, depuis peu, les hommages d’un seigneur allemand fort riche. La lubricité de la dame a fait tourner la tête à cet amoureux, au point qu’il a offert, par écrit, à l’actrice de fépouser. Sur son refus réitéré, il a écrit une lettre dernière, oii il lui témoigne ses regrets et sa honte; il lui déclare qu’il ne voit d’autre parti à prendre que de se briller la cervelle, mais qu’il ira la lui brûler avant. La demoiselle effrayée est allée chez M. le lieutenant de police, qui l’a rassurée et lui a dit qu’il veillerait sur elle.

28. — Le Panégyrique de saint Louis, prononcé le 25 de ce mois dans la chapelle du Louvre par M. l’abbé Bassinet, grand vicaire de Gahors, fait grand bruit. On lui reproche d’avoir converti en cérémonie absolument profane cet éloge, consacré spécialement au triomphe de la religion. lien a supprimé jusqu’au signe de croix. Point de texte, aucune citation de l’Écriture, pas un mot du bon Dieu ni de ses Saints. Il n’a

i\ii:moires secrets de bachaumont

envisagé Louis IX que du côté des vertus politiques, guerrières et morales. Il a frondé les croisades, il en a fait voir l’absurdité, la cruauté, l’injustice même. Il a lieurté de front et sans aucun ménagement la cour de Rome ; en un mot, tous les dévots sont alarmés; ils traitent d’athée cet ecclésiastique, et l’on craint qu’on n’arrête l’impression du Panégyrique.

Septembre. — 3. — La censure de la Sorbonne contre le Bélisaire arrêtée par le Gouvernement, au sujet de certaines assertions qu’il ne veut pas passer. Les sages maîtres, après avoir établi l’intolérance religieuse comme un principe du christianisme, prétendent que l’intolérance civile en doit découler naturellement par l’intime union entre les deux puissances, et par la nécessité que le glaive de la justice soutienne les foudres de l’Église. Le Mandement de M. l’archevêque, étant écrit dans le même esprit, essuie les mêmes difficultés; ce qui fait beaucoup rire M. Marmontel et ses partisans.

4. — M. l’abbé Bassinet ne fera décidément point imprimer son discours, contre lequel on s’élève de plus en plus. On regarde cette échauffourée comme un nouvel attentat du parti encyclopédiste contre la religion. Ce grand vicaire a prêché le même sermon à Saint-Roch, en y ajoutant seulement pour iQ-Aie: Erudimini^ qui judicatis terram. C’était M. Duclos qui l’avait proposé au curé, fort scandalisé du choix. Cet apôtre est assimilé à l’abbé de Brades L C’est le premier discours qu’il ait fait en chaire. Son dessein était de prêcher dans Paris, mais on échauffe M. l’archevêque à ce sujet, on excite son zèle, et l’on croit que la chaire sera interdite à cet orateur.

8. — A la dernière fête que M. le prince de Condé a donnée à Chantilly, il y a eu, entre autres surprises, celle d’un Amour qui, au dessert, est sorti d’un ananas. Ce rôle était représenté par un nain de douze ans, d’une figure charmante, très-bien pris dans sa petite taille, et qui a chanté les couplets suivants avec toute la grâce possible, sur l’air : Il faut., quand on aime une fois^ aimer toute sa vie:

1 Yov. A février 1762.

SEPTEMIJHE 17(;7

Sous différents traits tour à tour,

J’ai 2)aru pour vous })lairc,

Mais à vos regards en ce jour Je m’offre sans mystère :

Reconnaissez en moi l’Amour Qui cherche ici sa mère.

Mais dans mon cœur, en ce moment,

Je sens un trouble naître :

Ici chaque objet est charmant...

Ah ! que le tour est traître !

Maman, maman, maman, maman,

Comment vous reconnaître?

Vous refusez de m’éclaircir,

De me tracer ma route?

Chacune aime à me voir souffrir :

VMus riez de mes doutes ;

Eh bien! je vais vous en punir...

Je vous adopte toutes.

Ces couplets sont de M. Poinsinet.

9. — Il s’est établi, depuis quelque temps, en Allemagne, un ouvrage périodique, sous le titre de Courrier du Bas- Rhm. On peut juger combien il doit être recherché, par l’extrait ci-joint du mois de juillet 1767 :

Le Prince aux clefs jadis terribles,

A six cadavres insensibles Donne séance en paradis.

Et, par mépris pour ce bas monde.

Laisse errer et périr sur l’onde L’élite de ses bons amis.

« On débite, ici, ajoute-t-il, la relation de la canonisation de six saints que le pape vient d’installer en paradis. Ces Esculapes divins ne seront pas là-haut sans rien faire : notre Saint-Père leur a assigné à chacun leur département dans les vastes champs des maux physiques qui désolent le meilleur des mondes possibles : l’un guérira de la goutte, l’autre du catarrhe, celui-ci des vapeurs, celui-là de la migraine. Ah! si quelque jour le pape envoyait en paradis un saint qui eût la vertu de guérir le mal que saint Gôme ne guérit pas toujours! »

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