A M. SAUIÜN. SUR LE ROLE DE MADAME BEVERLEY
Saiirin. cette femme si belle.
Ce cœur si pur, si vertueux,
A tous ses devoirs si fidèle.
De ton esprit n’est point l’enfant heureux. Tu l’as bien peint; mais le modèle Vit dans ton âme et sous tes yeux ^ 1
14. — Un nommé Mouton, élève de PAcadémie d’arcliitectare, entretenu à Rome, suivant un brevet de nomination du 23 septembre 1165, a été exclu de PAcadémie, le 19 août 1167, par M. Natoire, directeur de la maison royale de PAcadémie, à Rome, pour n’avoir pas satisfait à son devoir pascal, ou du moins n’avoir pas rapporté un billet de communion, quoi qu’il en rapportât un de confession. Ce Mouton vient de faire
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imprimer un Mémoire à consuUer ^ dans le([uel il demande si les Français envoyés par le roi à TAcadémie de Home sont obligés de souffrir les exactions introduites par le sieur Natoiie, et s il ne doit pas les faire connaître, afin qu'il y soit pourvu; s’il est fondé à demander contre M. Natoire une réparation d honneur et des dédommagements, etc.
^Si cette cause est portée en justice, jamais fait plus singulier n’aura occupé la magistrature. On ne croit pas qu’il y en ait d exemple. Il était réservé à nos jours de produire des phénomènes dans tous les genres. Il paraît que cette expulsion est la suite d’une cabale jésuitique, tenue chez le sieur Katoire, qui admettait dans son cercle tous les boute-feuxde la Société^ et notamment l’abbé de Gaveiracet l’abbé d’Alais, renommés par leurs libelles. Ce jeune homme avait en horreur des propos séditieux qu’il leur avait entendu tenir chez son directeiii, et s était letiré de la compagnie. Peut-être en avait-il donné avis à M. rambassadeur. Son Excellence contraignit depuis M. INatoiie à ne plus recevoir dans la maison royale ces ennemis de la France. Inde mali lahes.
— On assure que le Mémoire de mademoiselle Le Blanc de Grouzol a été présenté au roi pour l’amuser dans ses petits appartements; qu’il s’en est beaucoup réjoui, et que M. Poinsinet, très-glorieux déjà d’avoir occupé un moment Sa Majesté, se flatte qu’elle n’aura pris par cette lecture aucune impression défavorable de ses mœurs ni de ses talents, et qu’elle lui fera l’honneur encore plus grand de lire celui qui justifie si complètement son innocence.
19.— On s’imagine tenir la clef de la conduite de M. de Voltaire, en supposant, ce qui est facile à croire, qu’il ait toujours un désir ardent de rentrer dans sa patrie, ou du moins de venir à Paris. On veut que, sur ses sollicitations auprès d un grand ministre, celui-ci lui ait fait entendre que la reine s’y opposait, prévenue contre lui, et le regardant comme auteui de tous les libelles contre la religion (jui se répandent depuis quelque temps en France; que la seule façon de démentir ces calomnies, et de mériter l’indulgence de cette
^ Voy, 14 février 17G9.
Majesté, était de faire un acte de catliolicité qui détruisît les imputations de ses ennemis; que, d’après ces conseils, ce vieux pécheur se soit déterminé à rentrer dans le giron de l’Église. Malheureusement, à force de vouloir donner de l’éclat à sa conversion, il a joué une scène de dérision, dont 011 n’a pas manqué de se prévaloir auprès de la reine pour l’indisposer encore plus contre lui, et conséquemment toute cette hypocrisie est en pure perte et ne lui servira ni pour le ciel ni pour la terre