‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 92 sur 123 · Les beaux esorits de ce pays-ci ont été scandalisés de · texte numérisé non relu

Les beaux esorits de ce pays-ci ont été scandalisés de

1 Voy. G février 1768.

DKCRiMMRh: 1708

n avoir pas été iétés, autant qu’ils l’espéra ion t, du roi do Da nemark, ainsi qu’on l’a dit. A l’exception do (pielqucs encyclopédistes qui lui ont été présentés, il paraît qu'aucun n’a ete admis lamiliin'ement auprès do ce monarque, et s’il n’avait ele aux Academies pou de jours avant son départ, il partait sans connaître cette précieuse partie d’iiornines clioisis de la capitale. Ils attribuent une telle négligence à M. le duc de Duras, qui ne s’est pas prêté au goût du prince, et a laissé couler le temps sans le satisfaire à cet égard autant qu’il le désirait. Lu des mécontents a exhalé sa bile dans l’épigramme

suivante, répandue depuis peu seulement. C'est le roi de Danemark qu’on fait parler :

Frivole Paris, tu m’assommes

De soupers, de bals, d’opéras!

Je suis venu pour voir des hommes :

Rangez-vous, Monsieur de Duras !

On attribue cette plaisanterie à i\I. le chevalier de Boufders 1, jeune courtisan très-aimable, plein de saillies et déjà connu par de très-jolies pièces de vers et de prose. Sa Majesté Danoise, enchantée de l’esprit de ce seigneur, lui a proposé de venir voir sa cour, et il est parti avec elle.

~ Procès inslriat extraordinairement contre xlM. de La Chalotais, etc., paraît imprimé en trois volumes m-4«, mais il est d’une rareté excessive. La sévérité de la police et la difliculté de faire passer un ouvrage aussi volumineux empêchent qu’il ne se répande promptement. Il y en a cependant ici plusieurs exemplaires. Ou en a saisi dernièrement trois cents.

A'V, par M. de Voltaire, est aussi arre e. Le Parlement a trouvé mauvais que cet historien censurât son jugement de M. de Lally, et ne veut point d’appel de ses arrêts, même à la postérité. Il s’est soulevé contre I ouvrage, qui ne paraît plus que clandestinement -- On a parodié l’épigramme contre M. de Duras, et l’on a lait un madrigal dans la même tournure en riionneiir de ma dame de Coaslin, la femme de la cour pour qui le roi de Da

^ On la mit aussi sur le compte de Bartlie et de Chamfort. — R

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.MÉMOIRES SECRETS DE lîACMAUMOXT

nemark a paru prendre le plus de goût. G est encore ce monarque qui parle :

Je cherclie des grâces légères,

Un cœur lionuete, un esprit fin :

Uetirez-vous, beautés grossières,

Tiaissez approclier Coaslin!

21. — MademoiselleJVestris, annoncée depuis longtemps, a débuté lundi aux Français dans les rôles de mademoiselle Clairon. Elle a joué pour la première fois dans Tancrède. Cette nouvelle Aménaïde a enchanté tous les sx^ectateiirs, par sa figure, parla noblesse de sa position, de ses gestes, par la pureté de sa déclamation, par son intelligence ; en un mot. par toutes les qualités qui constituent la grande actrice, et qui peuvent faire oublier celle qu’elle remplace. Elle surpasse déjà de bien loin mademoiselle Dubois, et sera sans contredit bientôt la première de ce spectacle, si elle continue avec le meme succès. Ce début attire un monde étonnant aux Français et tient lieu d’autre nouveauté. Le drame dCIlylas et passe à la faveur de ce concours et continue a se jouei. n'est vrai que les spectateurs s’échappent à cette pièce.

22. — On parle beaucoup de la taille supérieure et de la vaste corpulence de l’envoyé du Maroc, passant ici pour aller en Hollande. Les talents cachés du fortuné Musulman rel)ondent à ce Ijel extérieur, si l’on en croit le bruit des coulisses et des ruelles. On cite des hiles qui ont reçu vingt-deux fois dans une nuit les embrassements de ce tavori de ôlahomet. Une telle renommée le rend encore plus recommandab e dans cette capitale, et les femmes, en le voyant, ne demandent point comment peutmn être de Maroc L mais elles s ecrient . « Ah ! qu’on est heureux d’être de Maroc ! >> ^

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