On parle d’une Histoire du Parlement, en deux
volumes, (|Lroii uÜrihuc ù M. de VoUair(ï. (leux (]ui oui lu rouvrage, encore excessivemeiil rare, (‘,roieiil y reconuaîlre sa touche et le vernis satiri(|ue (ju’il ré])an(l [)artout. Ou assure que le Parlement y est fort maltraité ; (jue TauteUr lui conteste et lui enlève lous les titres sur lesquels il se ionde pour s’immiscer dans la législation, et le rétluil aux simples fonctions de judicature. Nouvelle raison pour eiU[)écher la publicité de ce traité. La rigidité avec ku{uelle on a traité depuis quel(|ue temps les colporteurs, envoyés en foule à Bicètre, et même punis plus sévèrement et gémissant sous des peines afflictives, a intimidé les plus audacieux, et ces livres n’arrivent plus guère que par la poste, ou par le canal de ceux faits pour empêcher la fraude et qui croient avoir le droit de la favoriser en faveur de leurs amis.
2G. — M. le chevalier de La Morlière, auteur de la dédicace ^ à madame la comtesse Du Barrv. et dont les enzettes étrangères ont annoncé le zèle et les hommages, a eu l’honneur de souper dernièrement aveu cette Minerve. L’accueil distingué qu’elle lui a fait est moins une reconnaissance du tribut d’éloges que lui a prodigués cet auteur médiocre, qu’un témoignage de son goût pour les lettres et de l’intention où elle est de les 2)rotéger. C’est ainsi qu’en parlent ceux qui approchent cette dame, douce, d’un esprit naturel et très-capable de goûter un encens plus pur et plus délicat que celui du chevalier de La Morlière.
28. — M, Léonard, jeune auteur (jui manie avec autant d’adresse le crayon que la plume, vient de faire le portrait de M. l’abbé de Yoisenon en manière noire, d’une touche trèsvraie et très-ressemblante. Il y a joint les vers suivants :
J’ai tracé le portrait de cet aimable auteur
(Jui nous donne en riant les leçons les ])lus sages;
(Jue n’ai-je pu peindre son cœur,
Comme il est peint dans ses ouvrages !
29. ■— Madame Bellecour, ne pouvant supporter l’affront d’avoir trouvé son mari couché avec la sœur de sa femme % et plus sensible encore à l’ingratitude d’un homme au(|iiel
^ Voy. 11 juin 1709.
^ Voy. 12 avril 1769.
MKMOlUKS SECÜETS DE BAEDAU.UO.XT
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elle a sacriüé sa fortune au point de reprendre le train de la comédie, dont sa richesse considérable la mettait à même de se passer, a voulu absolument se séparer d’un pareil monstre. Elle a d’abord obtenu un ordre pour faire enfermer cette petite personne, qui, quoique laide et malpropre, voulait aller sur ses brisées, et elle l’a replongée dans la poussière d’où elle l’avait tirée. Quant au sieur Bellecour, pour éviter un esclandre scandaleux entre mari et femme dans un tripot aussi bien réglé que la Comédie Française, on lui a donne un congé de quatre mois, afin d’accoutumer le public à voir ces deux époux séparés, et de diminuer l’éclat de cette rupture. Mais un grand mal qui en a résulté pour le Comédien, c’est que Molé s’est trouvé obligé de jouer quelques-uns des rôles de cet acteur, et que, surtout dans celui du comte d’Olban de Naràne. il l’a éclipsé d’une façon complète, et a enlevé les suffrages de tous les spectateurs ; en sorte que Bellecour perd à la fois par cet événement, sa femme, son opulence et sa gloire.
Juillet. — h. — On vient d’imprimer un petit recueil contenant la réquisition de M. de Voltaire à son curé, en date du dO mars dernier, pour le solliciter de lui donner la communion chez lui. attendu les infirmités de ce seigneur, qui ne lui p)erniettentpasde se rendre à l’église; il fait valoir toutes les autorités de la puissance spirituelle et temporelle, dont il appuie sa demande; 2" une déclaration du malade, en date du 31 mars, qui, sur le })oint de satisfaire au devoir pascal par les mains du curé rendu chez lui à sa ré([uisition, fait l’énumération des articles de sa crovance. dont il fait serment ensuite sur son Dieu qu’il tient dans sa bouche ; 3” cette même déclaration appelée profession de foi libellée, dans un acte passé devant notaire et d’après la déposition des témoins de la scène édifiante du 31 mars, où M. de Voltaire renouvelle d’abondance tout ce (|u’il a protesté ledit jour, en date du avril. On met, dans une note, que M. de Voltaire a cru devoir constater sa foi pour’ démentir ceux qui ont écrit contre lui au roi. A la suite de ces dilférentes pièces est un certificat ' de plusieurs témoins
1 Ce ceiiili(Nit «'Util cmilrouve. — W,
.)üiijj-:t 17Ü0
et habitants de heriiey. qui déposent de la r(îlipdon, des niœurs et du bien qu’a fait .A[. de Abbtaire dans la paroisse, depuis qu’il y est, paroisse qui est dans le nicilleur état aujourd’hui et dont la population est auginentée du double dei)uis (pi’il v réside.
Il était réserve à nos jours et à un génie aussi original que celui de M. de A oltaire de donner un paiabl spectacle, d’en répandre les détails par l’impression ', et de les consigner dans un écrit public, pour les faire passer jusques à la postérité la plus reculée, (iet auteur impie, non content d’avoir couvert la religion de tous les ridicules possibles, par des écrits de toute espèce, reproduits sous mille formes différentes, et dont plusieurs se divulguaient encore au moment où il tenait son Dieu dans sa bouche, semble avoir voulu y mettre le dernier sceau par une farce que nos ancêtres plus zélés auraient punie des plus cruels supi)lices.
lùepuis la retraite annoncée de mademoiselle Arnould. l’Opéra a été dans une grande agitation. Des gens de la cour, du plus haut parage, se sont mêlés d’un raccommodement; on a engagé les directeurs à pardonner ses écarts à cette aimable actrice, et celle-ci à faire quelque soumission aux premiers : toule cette intrigue a demandé beaucoup de temps, de prudence et de soins. On est enfin venu à bout de réunir les pci sonnages, et mademoiselle Arnould est rentrée.
S. - Il est dommage que l’exécution de la fête donnée à Cdioisy, ces jours-ci, par madame Du Barry, n’ait pas répondu a sa magnificence. TiesGomédiens Italiens oiit joué un opéracomi(|ue nouveau, intitulé : Alice et Alexis. Les paroles sont ce don Antonio Poinsinelto, aujourd’hui directeur d’une troupe de comédiens de Sa Alajesté Catboli.iue. et la musi(pie est de AL de La Borde, premier valet de chambre du roi. CA drame, qui n’avait encore paru que sur le théâtre de mademoiselle Guimard, et qui pouvait être digne du lieu, n’était pas lait pour être joué à la cour. La niusi(pie, excellente pour un amateur, ne peut lutter contre celle de nos grands maîtres d auj<mrd’bui. Ce qu’on a le mieux goûté, c’esi le vaudeville
Ce iiesl point M, de Vollaireipii jii imprimer ce recueil. — \V.
MKMOlUES SECRETS DE RACIIAUMONT
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de lu fin, dont un nommé Prieur, jeune liomme de talent, a refait les paroles.
— Un sujet de l’Opéra, très-précieux au public dans son genre, excite les craintes de le perdre. Mademoiselle Guimard, (iont les talents pour la danse font les délices des amateurs, est à la veille, dit-on, de faire banqueroute. On assure que le maréchal prince de Soubise lui retire les deux mille écus par mois dont il la gratifiait ; ce qui fait un objet de soixantedouze mille livres de rentes de moins par an, indépendamment des cadeaux particuliers. M. de La Borde est ruiné et ne peut plus contribuer aux amusements de cette nymphe que par son goût -et sa musique. Elle a été obligée de suspendre ses délicieux spectacles, et divers créanciers la tourmentent au point qu’elle ne sait de quel côté faire face. On évalue à plus de quatre cent mille francs le montant de l’argent qu’il lui faudrait pour le présent. On espère pourtant que quelque milord anglais, ou baron allemand, viendra au secours de la moderne Terpsichore : nouvelle honte pour les Français, si un étranger leur donnait cet exemple !
10. — Le voyage de Compiègne a donné lieu à une caricature appelée le Combat des anagrammes. Il faut savoir, avant d’en donner le détail, que Sa Majesté, s’étant fait représenter l’ancienne liste des dames qui avaient été de ce voyage l’année dernière, en a rayé madame la comtesse de Brionne, madame la duchesse de Grammont et madame la comtesse d’Egmont, trois femmes delà cour, ayant à justre titre, quant à deux au moins, de grandes prétentions a la beauté. On a prétendu qu’elles avaient vu avec regret madame la comtesse i)u Barry venir les éclipser, et, soit rivalité, soit hauteur, soit caprice, elles n’ont pas rendu à cette dame les politesses d’usage envers les femmes présentées ^ ce qui leur a procuré la disgrâce dont on parie et qui fait la matière de l’estampe. On les a représentées sous l’emblème des trois Grâces, avec leurs attributs, éplorées, effrayées, semblant fuir à l’aspect d’une beauté d’un autre genre, dont la ligure en désordre, les attitudes lascives, les effarouchent et caractérisent ce nom, anagramme du mot de grâce ^ et qui ne se donne qu a des femmes perdues, sans front et sans pudeur. On se doute bien
que cette épigramme pilLoresque, licencieuse cL inlame, se
montre avec le plus -gTand secret et ne s’est piis ])eaucoup multipliée. ^
IL i\[, de Bougainville, après avoir présenté au roi, aux princes et aux ministres, le sauvage qu’il a ramoné de son demiei' voyap, se Tait un plaisir de le produire cliez les jiarüouliers curieux de le voir. Sa ligure u’a rien d’extraordinaire, ni en beauté ni en laideur; il est d’une taille idus grande que petite, d’un teint olivâtre; ses traits sont bien prononcés et annoncent un homme de trente ans. 11 est fort, bien constitué et ne manque point d’intelligence. Ce l'atagon ,car il veut qu’il soit tel; se fait très-bien à ce pays-ci ; il affecte de n’y rien trouver de frappant, et il n’a témoigné àucune émotion à la vue de toutes les beautés du cliâteau de Versailles. Il aime beaucoup notre cuisine, boit et maime avec une grande présence d’esprit ; il se grise volontiers' mais sa grande passion est celle des femmes, auxquelles il sè ivre indistinctement. M. de Bougainville prétend que. dans e pays ou 11 a pris ce sauvage, un des principaux chefs du leu, lommes et femmes se livrent sans pudeur au péché de a chair ; qu a la face du ciel et de la terre ils se copulent sur
ceNeT'l-7 d’appeler
q, * ® Cythère, nom qu’elle mérite également par
abeaute du climat, du sol, du site, du lieu et de ses productions. Du reste quand on le pousse de questions sur la position veiitable de sa decouverte, ce voyageur s’enveloppe mvstcneusement et ne se laisse point pénétrer.
15. - Le Wauxhall du sieur Torré, connu aujourd’hui sous le nom des Fetes de Tenrpê, acquiert de plus en plus une vo,,ue merveilleuse. C’est une espèce do bourse de l’amour
ton!'i m galanteries et où se produisent
tous les effets coinmerçables en ce genre. Ceux qui en cherchent ou qui veulent s’en défaire trouvent des vendeurs et ( es acquereurs de toute espèce. Avant-hier, une nouvelle beaule fille d un entrepreneur de fiacres et nièce de inademoise e any, adébuté à cette assemblée avec les applaudissements les plus universels ; elle a emporté la pomme et l’on a appns avec satisfactionque le prince de Soubise. aussi touché