‹ Mémoires secrets de BachaumontChapitre 98 sur 123 · i MlhlOTURS SKCTU^TS DK DAKIIAI'MDXT · texte numérisé non relu

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(le ses charmes que le public, l’avait choisie pour maîtresse.

n. — Le public va voir avec empressement une nouvelle statue du roi, dont le modèle en plâtre a été posé dans une des cours de l’École Militaire, pour le temps où Sa Majesté y est venue. C’est une statue pédestre. Le roi est armé d’une cuirasse ; il a des brassards, des cuissards ; son casque est à côté de lui , et â sadrode, sur le fût d’une colonne brisée, sont des cordons de Saint-Lazare, que le monarque paraît montrer aux élèves. On sait que cet ordre est leur marque distinctive. On y lit pour inscription : Hic amat dici pater atque prmceps; légende vague, qui ne caractérise ni le lieu ni le moment. Les connaisseurs paraissent peu contents de cet ouvrage. san's vie, sans chaleur et sans majesté. Il est du sieur Le Moine, sculpteur distingué.

14. — Extrait d'unelettre de Ferney, da juillet 1769. « Tous me demandez des nouvelles du patron: je vous dirai que j’en ai été très-bien reçu, que c’est un homme charmant de tout point, mais intraitable sur l’article de la santé. Il devient furieux, quand on lui dit qu’il se porte bien. Vous savez qu’il a la manie d’être malade depuis quarante ans : elle ne fait qu’augmenter avec l’àge; il se prétend investi de tous les lléaux de la vieillesse; il se dit sourd, aveugle, podagre. Mous en allez juger. Le premier jour que j’arrivai, il me fit ses doléances ordinaires, me détailla ses infirmités. Je le laissai se plaindre, et, pour vérifier par moi-même ce qu’il en était, dans une promenade que nous fîmes ensemble dans le jardin, tête à tête, je baissai d’abord insensiblement la voix, au point d’en venir à ce ton bas et humble dont on parle aux ministres ou aux gens qu’on r((specte le plus. .Te me rassurai sur ses oreilles. Ensuite, sur les compliments que je lui faisais de la beauté de son jardin, de ses tleiirs, etc., il se mit à jurer après son jardinier, qui n’avait aucun soin, et en jurant il arrachait de temps en temps de petites herbes parasites, très-fines, trèsdéliées, cachées sous les feuilles de ses tulipes et que j’avais toutes les peines du monde à distinguer de ma hauteur. J en conclus que M. de AMltaire avait encore des yeux très-bons ; et, par la facilité avec laquelle il se courbait et se relevait, j’estimai (]u’il avait de même les mouvements très-souples.

les ressorts très-liants, et qu’il n’était ni sourd, ni aveugle ni iiodosre. Il est inconcevable qu’un lionime aussi lcr, ne et aussi pliilosophiquc ait sur sa santé les l'rajciirs' et les ridicules d un hjpocondre ou d’une feininelette'. Dès qu’il se sent -onu re chose il se purge. Le plus singulier, c’Lt que, dès

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