vr. I
LA CUREE
Ul piclura poesis. L'historien est complété par le poêle, — lorsque poète il y a. Or, la révolution de Juillet a eu le sien, et il nous a paru juste que le chant qu'elle a inspiré figurât ici à litre de document historique.
Aussi bien est-il resté célèbre, et de tout ce qui marqua en 1830, c'est peul-èire ce qui a le plus résisté à l'action du temps et ce que les généralions nouvelles connaissent encore le mieux.
L'énergie de l'accent, la vigueur du rhythmc, l'éclat (!e la cuuleur locale, ont fait la fortune de la Curée. Ici nous voulons (Qu'elle soit surtout envisagée comme une page vivante (.l'histoire, remiso
ofj LA IVKVOLUTION DE JUILLET 1830.
à s;i date cl. dans son milieu, comme un écho de ] opinion. C'est pourquoi nous la transcrivons d'après le numéro môme de la Revue où elle fut tout d'abord insérée, et nous tirons de l'oubli ces curieuses lignes d'inîroduclion qui l'accompagnèrent, lorsqu'elle fit son apparition le 2'2 septembre 1830 ;
« Parmi les nombreuses pièces de vers qui nous sont adressées depuis un mois sur les événemenîs de notre grande révolution, celle que nous publions aujourd'hui, écrite sous l'inspiration du moment, nous a paru si remarquable, que nous n'avons pas craint de l'offrir à la curiosité de nos lecteurs. C'est une boutade énergique et brutale, échappée sans doute dans un quart d'heure de colère contre les gens du lendemain. Cependant nous sommes loin d'approuver le poète dans la forme et le fond de ses idées. Nous pensons d'abord que, dans leurs positions diverses, toutes les classes de la société ont également bien mérité de la patrie, aux jours de la grande semaine. Nous croyons ensuite que, même dans le but véritable de l'art, la satire et l'indignation ne suffisent pas pour légitimer un choix d'images et une crudité d'expressions qui touchent quelquefois au cynisme. En publiant ce morceau, nous a\ons voulu surtout engager l'auteur, homme de talent, à ne pas vouer tant de verve à la peinture d'une liberté hideuse, celle de 1T93, et qui heureusement n'est pas celle de 1830. »
Sachons donc gré à Arsinoé d'avoir contenic sa pruderie en faisant ces réserves et d'avoir goûté le tableau, nonobstant ses nudités!
Et grâces soient rendues au poëte, Auguste Barbier, d'avoir donné ce libre essor à sa muse francgauloise, à cette muse vraiment prophétesse et voyante, qui le préserva do l'affoliement commun et lui fit pousser, dès 1831, ce cri patriotique qui sera plus tard, mais trop tard, celui de la France (i .