‹ Mémoires secrets et témoignages authentiquesChapitre 8 sur 109 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

des hommes d'Etat éminents, pleins de ressource et d'expérience, des esprits élevés, d'admirables orateurs, de grands cœurs et de nobles caractères. Ces intelligences éclairées et le roi lui-même, nous n'hésitons pas à le dire, n'aspiraient ni au pouvoir absolu, ni à la suppression de la Charte. La tentative réactionnaire de juillet 1830 ne visait ni si loin ni si haut.

« Qu'était-elle donc?

« A notre sens, rien autre chose qu'un essai malhabile d'interprétation trop subtile de la Charte, tenté par des hommes qui n'avaient compris ni leur temps, ni la portée de leur imprudente entreprise, ni la mesure de leurs forces.

a L'histoire les a jugés....

a II reste prouvé que, comme Napoléon, Charles X fut maître de ses destinées. Si, au mois de juillet 1830, après avoir consulté le pays, il eût accepté sa réponse; s'il eût appelé franchement à lui les hommes que l'opinion publique désignait pour faire cesser le fatal malentendu, la monarchie n'aurait couru aucun danger entre les mains de ses nouveaux conseillers; la cause de la royauté constitutionnelle aurait pu être sauvée; et certes, M. Casimir Périer aurait eu moins d'obstacles à vaincre en mai 1830 qu'il n'en rencontra deux ans plus tard.

« La France, avant Juillet, n'entendait donc faire qu'une chose : s'opposer à la violation du pacte social. Elle combattit aux cris de : a Vive la Charte! » Et, après la victoire, elle ne demanda qu'une chose : la Charte. La révolution de 4830 n'a donc pas été une révolution, fruit d'une idée nouvelle ; elle n'a été que l'affirmation des principes de 89 et de la volonté de la nation de les faire respecter. 11 ne s'agissait point encore d'en réclamer une plus large application. Ce fut plus tard, à la suite de longues prospérités, en présence d'une population transformée par les institutions mêmes, politiques et sociales, par le partage

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