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CHAPITRE II

La France doit-elle survivre à son demi-siècle de révolution? Telle est donc la thèse que fexamine.

Le Créateur I en semant les mondes dans Fespace, leur imposa des lois certaines pour régler leur orbite et perpétuer forcément leur splendeur.

Les lois qu'il donna à la nature humaine durent se concilier avec le don du libre arbitre dont Thomme, seul entre les êtres créés , fut gratifié.

L*homme connaît ces lois : il peut les suivre ; il peut les enfreindre; Dieu attend : il a marqué la vie pour lé temps d épreuve; il attend avec patience ^ parce qu'il est^ suivant le sublime mot de St-Augustinj éternel. Patient * quia œternus.

Ces lois n'existent pas seulement pour l'homme indi* viduel : elles concernent la société humaine , puisqu'une des lois essentielles de la nature humaine, c*est que les hommes doivent vivre en corps de société : conséquem* ment ils existent pour s'unir, agir et réagir, se perpétuer en masse de peuples, sous la forme de nations « distinctes. Ces nations , à moins d'efforts violens qui en dispersent les parcelles, sont agglomérées dans une certaine portion de territoire , de manière à occuper ce petit globe terrestre abandonné de Dieu au travatt comme a la dispute de l'homme : globe vaste à ri^ yeux, atome dans l'espace, mais grand aux yeux de II

raison , parce qu*il est fait pour être ou fécondé et embelli ou stérilisé et dégradé par Tintelligence organisée dont il est le passager séjour.

Formées et établies, ces nations ont leur constitution naturelle, d après laquelle on les Toit croître, grandir, durer. Cest le tempérament sanguin ou bilieux, vif ou flegmatique de Thomme individuel.

Leur histoire, cest le récit des actes de ce tempérament. U appartient à la sagesse de l'améliorer par un bon« régime, à Taveugle orgueil de prétendre à le clianger par une infusion étrangère qui augmentera à volonté, dit-op, la dose ou du sang ou de la bile originels : orgueil qui fut le caractère étrange de notre âge et de notre pays.

Pour vivre il faut donc que les nations accomplissent ]es conditions soit morales ^ soit matérielles j soit politiques y que leur imposa le créateur de tous les êtres mo< raux ou physiques.

Ces conditions, lois vitales de chaque peuple, s*expriment de leur histoire. Elles sont des faits; elles sont, parce qu*elles sont. Que la théorie les rassemble et s'élève sur leur base : c'est son droit, tant qu'elle conserve son état de postériorité. Mais la vérité s'explique et se développe, (i priori^ par elle-même. Elle a pour agent le temps; elle a pour sujet et substance la société dont elle, et non l'artifice de Thommc, façonne les organes.

Tels sont les principes. A leur flambeau, suivez lliistoire de la France; scrutez-en le long cours, et décidez si elle persiste dans les conditions morales, matérielles, politiques, qui tirent sa vie de quatorze siècles, et qui, maintenues ou renvei*sées, doivent ou maintenir sa longévité, ou l'ensevelir dans une ruine commune.

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