‹ Mémoires secrets relatifs à l'état de la révolution du Piémont, de l'esprit que règne en Italie et des sociétés secrètesChapitre 15 sur 26 · BE FRANCE ET DJTAJJK. IÔ · texte numérisé non relu

BE FRANCE ET DJTAJJK. IÔ

corridor, sous le prétexte de satisfaire quelque besoin, poignarder le valet de guichet, qui ordinairement restait par précaution devant la porte, et si bien appliquer le coup, que ce dernier ne put proférer un cri. Les autres prisonniers devaient alors se sabir de . Bagnasco et de son compagnon , et les mettre hors d'état de r*uire. Une fpis maîtres des clefs, ils ouvraient tous les cachots; ç*i. un instant quatre cents hommes au moins, se trouvaient réunis. La plus grande difficulté consistait ensuite à /surprendre la gard#,;qui était assez nombreuse ; mais tout avait é$6 également prévu dèae.ç&é.* Le.poete se composait de vingts quftthe hoipn^s, qui, à mçt sure qu'ils étaient releva de faction, se retiraient, comme Q^estVuesage , da#3 te corps* de-garde, de manière qu'il ne restait que la sentinelle àj'entrée de la prison ; les fusils étaient en «faisceau, il s'agissait des'eo

emparer.

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f. 68 ' Lfô SOCIÉTÉS SECRETES

Totate cette affaire était conduite par M. Ite vilacqua, homme hardi) entreprenant et prcK pïe, soi» tous lesf rapports, à diriger une con* juration * Sans avoir ce qu'on appelle un esprit brillant, ni cette éloquence insinuante qui en* traîne, il jouissait d'un grand crédit, et possédait à un haut degré le don de la persuasion. C'est' en lui que j'ai tètotitm la grande* différence qu'il y a entre* le talent de l'intrigant ëtcehiidu inspirateur. L'esprit conàtïttte le prertuër , la Volonté le secorid. L'un Àtt&iût souvent son but en paraissant heriert1 vètalbir ; car, : pour gagner les autres, il faut agit* comme si l'on entrait dans leurs vues/ L'autre1, au contraire, doit toujours paraître} aSsdré de fce qu'il ditoude ée quHTfait, quarid bieri même il fie le serait pas. Je soutient qu\in ititrîgant adroit ne peut pas être ùk conspirateur habile, etmcétimây bien qu'il Sait difficile et même impossible dédétermiû€L.le point où l'intrigue finit , et oui la oàtt^

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spiration •commence; Il est bon d'obsetver que j'éloigne ici dû mot intrigant toute idée qui peut -le Prendre, odieux. r Ni l'intrigue, ni la conspiration ne? sont mauvaises en ellesniêmes. L'intrigant est méprisable, lorsque ^intrigue n'est' plus pour lui un moyen de réussir, comme cela1 arrive souvent'; et que, pat habitude , il se fait un» but de ce qui ne doit être qu'un moyert. Au reste, le mérité ou l'odieux de la chose1 dépiendent absolument de l'objet auquel elle est appliquée.

A peine âgé dé quatorze ans> Bevilaoqua se réfugia en Franbé au cdmbèricentefrit delà révolution : Il se trouva dans là conspiration de B abeuf (* ), pâHint, !avéd itèaiœbup de peiney

(i)La conspSratkta'iÔc! Bxtevtt W unerfes plus re* marquantes. <>tte*qù>fc! individus «ans ^ iafltieiice, sauf crédit , forment tiri plan gigantesque ,' ©t pèu! s'en; faut qûM ne sôit mis k<ï*êcii\t<ini ' Cependant 'la probabity* de 1» réussite n'était que 'dan* le haut èègté d'exaltation deft conspirateurs. Si je nc(me trotope, madame de&taëi a dit quelque part: «La force morale du parti répubft

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à échapper à la mort, et fut à même deeormaître la marche de la révolution jusque dans «es replie les plus tortueux. Bonaparte distingua particulièrement ce jeune homme par sa courageuse intrépidité, le nomma, sur le chemp de bataille de Marengo , colonel du 9f régiment de cuirassiers. Mate <se grade fut k dernier qu'il lui conféra* Le& idées républicaine émises sans déguisement par Bevilacquay ne purent rester ca chées àrempereu^etiuidéplurent, comme

de juste. On eonnaH sw aversion pour ce que Ton appelait }e& j^açabins, parmi tpsquels, vrabemblablemeiU #v*c rspson, Ym comptait notre colonel, JL# ipeu decpnsid#ar

«vcc te* idée* 41'jL t*cfa*|d$ «omfeattr** » <Pa&s Jftfr «i*e#r tes popttlairf s , le pwrti k pfcSîWUMwiW *>jijoiMr»r quand mime il me ownpfrrftH qu'a* p*ti* i*>i*bre d'ittdîr *kh*, et attaiiOt^U *gU»U w^e les ( plu* lipide* fet k» mois* aaiméf, qui cowjwwwft to mtytrte <***>**<*

DE FRAttCE 8T D'ITALIE.

dans les cent jours, oh fit un appel k) tous les braves pour repousser la domination étrangère, il fut un des premiers à accourir. Napoléon le détestait, mais Carnot répondit de lui, et lui fit avoir un. commandement» Bêvilacqua, couvertde blessures, fut laissé parmi les morts sur le champ de bataille de Water* loo, et ne dut son salut qu'à sa constitution robuste et aux soins compatissants d'un paysan belge. Il se rétablit ,, parcourut la Belgique et une grande partie de l'Allemagne. Le sentiment de ses malheurs , l'espèce d'isolement*; où il se trouvait, lui avaient inspiré : des. sentiments . peu favorables > aq itete; des ^hommes. Déjà il avait résolu d'aller chercher une nouvelle patrie sur la terre hospitalière de l'Helvétie, lorsque la révolu* tion de Naplés vint l'arracher au repos. L'esr poir de voir bientôt éclore un pareil évènëment le transporta au-delà des Alpes, daris la vallée d'Aoste , sa patrie. La révolution

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piémontaise éclata, en effet bientôt après. Il s'y jeta à cbrps perdu, bien qu'il en prévît lè; résultât ; il fut un dès conspirateurs les plus influents; cependant il avait si bien sauvé les apparences, qu'il eut pu vivre en rçpos après la seconde restauration, sans l'interception- d'une lettre qui lui fut! adressée par,unconjuré fugitif- Cette circonstance le fit surveiller paries sanfédistç&y <^ui trou* virent bientôt, dans ce pays de l'arbitraire, u# pptff s^fcantpotf ^ l'arrêter., i .•.;,,- .••» Soi) , idée favorite était de fefre, cofruro Mallet, du .fond de sort cachot 9 une pouveUe ijév^Uition dont il garantissait lé succès* C'est liai qpi fc'était chargé xle poignarder le :gai> ; çon (j^e guichet rôt; le rfection jiairp ,i comme il

, a ét^[ 4U QhiepSus. .'/riLÎMfl^a Waa<ihëj! l'arnrç

blanche ! >\ ; tel< 4tgU j s° *fc refrain « m ; Ce . n'est

qvie;4'elle, dirait-il , qu'on doit se pervir daofc

i les; grandes* affaires. Un» coup de feu peut

1 manquer; s'il n$ n^anqw pas, il donne- l'a)-

larme; mais le poignard, l'épée ou le sabre atteignent toujours leur but. » Il est impossible en effet de calculer avec certitude l'effet d'un coup de feu : un coup d'épée ou de sabre peut être dirigé avec plus d'assurance. Bevilacqua était d'une force gigantesque. Je n'oublierai jamais comment un jour il nous délivra d'un individu qui avait été introduit dans notre prison pour nous espionner. Celui-ci, voulant s'accréditer, fît un signe de carbonari en donnant la main à Bevilaeqtia, quila lui fracassa au point de lui en tfter l'usage pour le reste de ses jours.

; Bien -qu'Isidore Palma eûl été mis en liberté en vertu de cette ancienne loi, Bevilacqua n'en persista pas moins dans son projet. Le plan était, comme je l'ai déjà dit, dé Sortir pendant la nuit, et de nous diriger en silence vers la citadelle dont plusieurs corijurés de la garnison étaient prête à nous favoriser l'entrée. Nous devions ensuite nous emparer

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du commandant, des officiers royalistes, et diriger les batteries sur là ville. Malgré tous les obstacles qu'offrait cette entreprise, elle eût pu avoir au moins un succès passager > car le mécontentement était devenu général, et le nombre des fédérés allait toujours croissant. Mais à quelles calamités nous exposions ce malheureux pays ! ! I Les Autrichiens occupaient toutes les forteresses. Eo second 4ièu, la nécessité1 où nous étions de procurer la liberté à tous les prisonniers , eût immancjiiablement compromis les propriétés , la vie même des citoyens paisibles* car lâ&roaifaiteurs libérés n'eussent pas. manqiié de se livrer aux plus >è<*ipàblô&©xcès, ,çt d'<attfcer sur nous la malecîictiôjri de tous ïés Wnnètefc gens; Enfin kt certitude -que c^Ue cppjwrv lion devait' ressembler ' à celle de Câtflitià m W détacha ainsi que la plupart de$ autres jmsonnïeirs. Bfeyilaccjua seul persista jusqu'à la fin. On ne pouvait paa lui reprocher d'être

sanguinaire ni même insensible, etcepert* dant la vie d'un licimme n'avait pas grande Irti portante :à ses yeux, II disposait, de celle de ses ennemis, et mèrwedeses amis, avec la même indifférence qu'il > exposait la sienne (1). Suivant lui, l'état de prisonnier était plus que suffisant pour justifier cette mesure. « Ils veulent notjre mort, qui nous empêche de les prévenir? » Telles .étaient toujours ses dernières paroles : « Allez, laL

, ■ (1) PendauM'été de i8ao, je fis, avec le professeur Charles Follenius*, le voyage de Pans en Suisse. La conversation vint à' tomber sur<SBffé)tbssrfleifraNrtr*J3n .généra), Je décUraiqueJe serais,tout disposé à tuer. un tyran, et j'ajoutai qu^mmédiatement après, je niëpoignWdtoriisI £our' Satisfaire 1 là, loi du talion. :.^ni t*e4q{t être tué. Follenius fit un pas -çn arrière , etroe dit d'un air courroucé : «Ferdinand, je te croyais plus dé force ~4ftmé} pourquoi ne couperàis'-U) pas un morceau de pain; avec le couteau qui t'aurait servi à tuer le meilleur des princes , et ne le mangerais- tu pas tranquillement? Tous les moyens son); MÉdifTérents êa cok-njérnest, et un prince ne dpit pas seulement mourir parcequ'il est mauvais , mais par cela seul qu'il est prince.'» Ceux qui ont connu Follenius ae serbntpad ékmnéç dei cette sortie^,!

ches, allez vous faire étendre §ur le banc du bourreau ! disait-il, lorsque nous hésitions à entrer dans ses vues.

Pour prouver jusqu'où allait la présence d'esprit de cet homme, je citerai l'anecdote suivante; Un marchand d'Alexandrie avait donné avis au gouvernement qu'un grand nombre de sous-officiers du premier régiment de la garnie étaient gagnés pour opérçr, une nouvelle révolution^ et. qu'on lui avait également offert d'y prendre pfirU II faisait aussi connaître la manière d^nt les conjurés avaient l'intention , de se défaire du général comte de La Tour. Cependant lçs.deux,personnes qu'il citait comice r dirigent, tp^tç cette affaire étaient si peu suçpectçs, et jouissaient d'une si grande considération ,, que Ton jugea prudent de surveiller le dénonciateur, jusqu'à plus ample information. Tputefois on arrêta les deux personnes signalées à

l'autorité, et on les conduisit à la maison de 1. tu

correction de Turin, où elles furent étroitement écrouées. L'un des accusés, propriétaire riche et estimé, nia tout. Comme il ignorait complètement que son ami fût aussi en état d'arrestation , il forgea une histoire assez compliquée, afin dé prouver son innocence. Son interrogatoire avait eu lieu le dimanche au soir. Dès la même nuit nous en avions une copie entre les mains. La lecture de cette* histoire controûvée nous jeta dans un grand einbarraé, ne sachant quel moyen imaginer pour en donner promptement avis à l'autre prisonnier. Il n'y avait nul doute qûésa déclamation différerait de la première; et cette contradiction, confirmant l'accusation du marchand, ne pouvait manquer de les envoyer tous deux à la potence.

Bevilacqtia trouva sur-le-champ un expédient. L'individu chargé de diriger l'instruction , le sénateur Fontahelli, était un lourd pédant, un vieux foù qui n'agissait

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qu'avec compas et mesure. Ce fut là-dessus que. Bevilacqua dressa le plan que nous devions exécuter sous sa direction. Le lundi, de grand matin, 'Fohtanèllï parut dans notre corridor, qu'il était obligé de traverser pour arriver à ia chambre de l'accusé. Profitent du môfrnent où Te sénateur était engagé dans une conversation animée et provoquée avec intention par quelques uns des nôtres, Bevilacqua lui attacha adroitement sur lé dos, au moyen d'une épingle recourbée ,1a déclaration ^d question. Né sè'doutaiit'dé rien, le juge instructeur se dirigea ensuite vers la prison dé l'accusé, auquel on avaifré* ^otnmandé d'avarice d'apporter la plus stricte attention à tbUt ce qin allait' se passe*. Mais le plufe important de* FàfïWef était que lé garçon de guichet fi'aperçût pas le pa> pier, et q^aù cotffraire le prisonnier le vit: Voici boniment on parvint à lever cette difficulté. Aussitôt que le garçon eut ouvert la

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dernière porte, Bevilacqua poussa un cri affreux, et, comme il l'avait prévu, le premier accourut aussitôt vers nous, croyant qu'un , meurtre venait d'être commis. Le prisonnier aperçut alors le papier ; il connaissait personnellement Fontanelli , il se jeta à son cou en sa lamentant, enleva avec précaution la feuille à ce dernier, qui était sans défiance , et dont le système nerveux était encore fortement ébranlé par le cri de Bevilacqua. Afin de gagner du temps, il lui déclara qu'il se sentait trop troublé pour soutenir son interrogatoire, qu'il le pria de remettre à l'après-midi.

Sur ces entrefaites, le valet de guichet qui était revenu promptement sur ses pas, comme je l'ai, dit, trouva Bevilacqua riant à gorge déployée; il demanda en, colère de quoi il s'agissait : ,« De voir jusqu'où va ta poltronnerie , » lui répondit froidement le colonel .

ÛÉ fftÀNCË ET fr'lTÀUB, l8l

Les lois, qu'elles aient absous ou eondamné un individu, ne sont' pas toujours un gage certain de son innocence ou de sa culpabilité» Je vais en offrir la preuve^par le récit d'ufr meurtre qui s- est commis demie* remènt à Modène. Le préfet de cette ville, dont le nom ra!ést échappé , reçût un coup de stylet, comme il allait à la cathédrale s'acquitter de ses devoirs religieux. L'assassin .avait; pris* de telles mesurés que, tout cohùu qu'il était, il ne put jamais être convaincu ; et que le' tribunal dut l'absoudre. Voici comme iL s'y prit pour se mettre à l'abri des recherches auxquelles l'exposait son crime. Il savait que le fonctionnaire avait l'habitude de se trouver à l'élise pendant Y Ave Maria , accompagné d?un homme de la police qui se tenait: toujours- à distance: U entre ohei une personne qui demeuré près de là , intime ami du préfet; et "connu jpouv un monarchiste zélé. Au taorfiétît' qimMa

victime , doit paraître , le meurtrier s^in* forme de l'heure qu'il est, et, se retire sous un prétexte, quelconque. 11 se précipite dans la rue ,. s'élancç d'abord sur remployé de la police, q-u'il renverse d'un coup de poing, et frappe ensuite le malheureux préfet qui tombe baigné dans son siang. De là il se dirige à. ta hâte cjie# une de ses connaissance*, où ij ne témoigne aucun trouble ; , il , s'entrçtiept quelques momeuts avec tranquillité, et sort pour sç rendre à une boutique; là il s'arrange de manière à faire savoir exacte-* ment L'heure qu'il est, et va directement chez lui. On trouve les deux blessés qu'on rappelle à la .vie»; mais c'en était fait du préfet, qju| ne survécut que peu de joftrs à sa, hles- «jjrç, Jl désigna son meurtrier ;. cependant son confesseur lui ayant fait observer qu'il allait faire un tort irréparable à un homme dont le ,crimp n'était pas sûr,, il se rétrabta , #t qu'il croyait l'avoir reconnu , sans . pou-

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voir néanmoins le certifier. On se saisit du sqspeet, mais.il prouve son alibi par des témoins qu'on, ne peut soupçonner ; d'ailleurs sa manière d'être respire tant de confiance et de calnqe, que les juges se votent forcés de l'absoudre. Croiraitron qu'il existât un monstre semblable? Concevoir froidement un dessein si atroce, et l'exécuter avec autant de présence d'esprit ! jamais Allemand n'y parviendrait. Au reste, le criminel n'était pas un assassin de. profession , c'était un êummo maettxo carbonaro. Quant au fait, ce fut le triste résultat d'une délibération ; je le sais de l'un de§ complices.

Puisque je suis en train de raconter, je ne veu# pas passer sous silencie une anecdote curieuse que je tiens de la bouche d'une des parties intéressées. Je lui trouve quelque analogie avec l'histoire que Bevilacqua m'a rapportée plus haut. Le baron Sixte de A. . . , qui peut-être a été connu à plus

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d'un de mes lecteurs du temps de la société dite Lien de la Vertu , sôus le nom de Pape, languissait, de compagnie avec le comte de Bentinck-Kniphausen dans les prisons souterraines de Wesel. Le bon geôlier leur racontait un soir naïvement qu'il avait écroué un nouveau venu qui avait promis de donner au général des éclaircissements sur une société secrète qu'it disait exister dans l'armée de Belgique et d'Italie. Il devait en outre donner des renseignements précieux sur la conjuration des philadelphes. Le procureur général ayant trouvé quelque chose d'équivoque et de contradictoire dans les manières et les communications de cet homme, avait jugé à propos de le faire arrêter, jusqu'à ce qu'on eût acquis des preuves certainés de ce qu'il avançait. Son nom était Klopstock, et il était né à Hambourg. Notre b^ron eût écouté ce récit avec une indifférence complète, si la basse trahison d'un

Allemand ne l'eût révolté II n'en était pas ainsi de son compagnon , qui l'entendit avec une émotion très vive, et changea plusieurs fois de couleur. Le geôlier loin, il avoua aussitôt à M. À... que cette société existait réellement, et qu'il était d'une haute importance de s'assurer de la discrétion du délateur* Les cachots formaient un dorridor long et étroit, où A... avait obtenu la permission de circuler à volonté. La chambre de Klopstock, comme il n'était détenu que pat mesure de prudence, était constamment ouverte. A minuit, lorsque les pâles rayons de la lune éclairaient ces casemates d'une faible lueur, de A.*, s'approche du lit du nouveau prisonnier ; il le secoue avec force, et le réveille en sursaut. Quel fut l'effroi de celui-ci en apercevant debout, devant lui, une espèce de spectre à longue barbe enveloppé dans un manteau écarlate. Sa conscience, rongée de remords, toi persuade

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que c'est un, esprit. A.*, lui dit eu se peu* chaut vers son chevet, et prenant un tau solennel . «Je sais tout ce que tu as fait , les motifs qui t'ont poussé à agir de la sorte ; re* connais, à ma présence eu ces lieux, quel est mon pouvoir et mon influence. Demain tu seras interrogé : si tu tiens à la vie , rétracte cç que tu as avancé , et déclare que tu n'avais promis des révélations que dans l'espoir d'une grande récompense. Si tu ne suis pas mon avis, malheur à toi ! Tu peux compter sur une mort ignominieuse : je t'assassine, si ce n'est dans ta prison, ce sera lorsque tu auras recouvré la liberté. » Notre homme s'engagea à tout ce qu'on exigea de lui. Le jour suivant, il contredit ses dépositions anr térieures, et montra des traces si évidentes d'égarement d'esprit qu'on n'attacha aucun poids à ses premiers aveux. La victoire des alliés brisa les chaînes de M. A..., quiacr cpmpagna son ami Grunes à Paris. Je n'ai

jamais pu découvrir ce que devint Klopstock. La passion que lui avait inspirée une femme à la solde de la police, passion qu'il ne pouvait satisfaire qu'avec de For, l'avait poussé à cette trahison.

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