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assez bonne figure. Je me mis en rapport avec les hommes célèbres rde ce pays : l'intérêt qu'on me témoigna exalta mon orgueil.
J'écrivis dans les gazettes anglaises, contre l les princes allemands, des articles qui me fi-
j, rent l'homme du jour, par les anecdotes
: scandaleuses dont ils étaient pleins. Enfin je
I me croyais un grand personnage.
| Mes amis me déterminèrent à aller à Paris ,
où j'avais dans l'ancien ministre de la justice, le comte de Serre , un ami intime de ma famille , et un oncle dans le baron d'Eckstein k inspecteur-général du ministère de la police. L'assassinat du duc de Berri, qui eut lieu presque en ma présence, me fit une impression pénible. Je ne pouvais disconvenir qu'en dernière analyse c'était là que conduisaient les doctrines que je cherchais à propager! Mon esprit ne put approuver plus long-temps ce que mon cœur condamnait. Le généreux comte de Serre se conduisit envers moi comme un père avec son fils. Son amitié me sauva des excès auxquels les chefs révolutionnaires m'auraient poussé , et me mit en relation avec des individus marquants. Divers
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partis politiques cherchèrent à l'attirer; ils s'en ouvrirent à moi , dans la conviction que j'avais une^ grande influence sur son esprit : j'obtins ainsi une sorted'iraportance.
Ma conduite à cette époque fut condamnable au plus haut degré : je ne me comprenais plus moi-même. J'étais en rapport avec les chefs de tous les partis, et aucun ne pouvait entièrement compter sur moi. Je me présumais assez de force pour réaliser mes plans , -et je ne réfléchissais pas qu'en me prêtant aux vues les plus opposées , j'acceptais peu à peu la réputation d'une girouette. En 1820, les révolutionnaires allemands se coalisèrent plus fortement par mon influence avec les révolutionnaires français. Je n'approuvais ni leurs projets ni ceux des gouvernements, et j'imaginais follement pouvoir me présenter comme médiateur en cas de rupture. Je savais bien que mes véritables dispositions n'avaient pas échappé aux Allemands ; mais je leur étais indispensable, j'avais le secret de tous leurs desseins ; ils ne pouvaient pas non plus me désavouer , car c'était moi qui les avqbs mis en relation avec
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les chefs du parti français : me rendre sus* pect c'eût été se rendre suspects eux-mêmes.
Je dois cependant ajouter à l'aveu que je viens de faire , que mon but était exempt de tout intérêt personnel , que tous mes efforts tendaient non à moq avantage , mais à ce que je croyais celui de tous ; que je n'ai jamais reculé devant aucun danger ni devant aucun genre de sacrifices, et qu'enfin je n'ai rien fait dont le souvenir puisse me faire rougir. Au contraire, toutes les fois que j'ai été à même d'empêcher le mal , je l'ai fait. C'est moi, par exemple, qui ai fait rejeter l'offre que firent les Allemands, en 1820, d'assassiner le roi de France.
Le docteur Joachim de Prati , le partisan le plus chaud des révolutionnaires , me déclara l'année suivante qu'on avait l'intention de commencer la révolution par le meurtre (comme ils disent, par le fer froid). Je renonçai dès lors et de la manière la plus solennelle à cette société. Je devins par la suite l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat.
Je fus emprisonné bientôt après: ces feuilles contiennent ce que j'ai fait, ce que
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j'ai souffert depuis mon arrestation jusqu'à ma fuite de la citadelle de Milan. Pour faire connaître mon ouvrage dans toute son étendue , je vais indiquer le contenu du troisième volume. Après avoir erré près d'une année en Suisse et en Allemagne sous des noms et des costumes différents, ma tête mise à prix, la dénonciation d'un homme que je ne dois pas nommer , car le mépris de ses concitoyens Ta déjà assez puni, me fit arrêter à Bayreuth le 20 février 1824.
Je connus ici le noble seigneur de Walfden , président actuel du gouvernement. La bonté de cet excellent homme me donna de la confiance. Je vis qu'il était important de dévoiler les menées qui agitaient l'Allemagne. L'alliance secrète venait d'être découverte : elle épouvanta les gouvernements, qui se convainquirent qu'elle n'était pas un jeu d'enfant, mais qu'elle avait été formée sous les auspices des révolutionnaires étrangers. Je demandai à être entendu. Le conseiller d'Abel vint à Bayreuth pour recevoir ma déposition. La manière dont les choses se passèrent lui acquit mon estime et mon amitié.
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Ce fut mai qui donnai le fi! d'Ariane aux gouvernements , en leur montrant que mes menées et celles de Follenius avaient été la source de cette alliance. Les rapports que je fis à cette époque sont contenus dans le troisième volume; ils prouveront que la conviction seule • m'a toujours guidé. Personne n'avait produit d accusation contre moi ; c'est moi qui me suis dénoncé. Si je m'étais tu ou si j'avais renié ma déposition , que je n'eusse plus voulu être l'auteur de la brochure dont j'ai fait mention plus haut , rien ne s'opposait à ma liberté. Ce sont mes rapports qui m'ont inculpé au point que c'est encore du fond d'une prison que j'écris ces lignes.
La poursuite de mon affaire fut déférée à la Prusse. J'arrivai à Berlin plein de prévenu tions contre cet État , mais j'ai été k même pendant ma longue détention de revenir sur les erreurs que je m'étais faites. Le conseiller de cour Falkemberg , mon juge d'instruction, était un honnête homme dans la force du mot, et je dois à Son Excellence M. de Kamptz, qui dirigeait l'instruction, d'avoir fait une déclaration honorable et entière. Je