‹ Mémoires secrets relatifs à l'état de la révolution du Piémont, de l'esprit que règne en Italie et des sociétés secrètesChapitre 5 sur 26 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

l'avais offensé personnellement dans les feuilles anglaises , et pourtant ce fut lui qui adoucit ma position. J'en appelle au témoignage de tous ceux qui ont été emprisonnés en Prusse, s'il est possible d'agir avec plus de douceur, de justice que ne le fait cet homme, contre lequel on s'est tant récrié ? Les nombreuses conférences que nous eûmes ensemble , et l'exacte connaissance que j'acquis du système que l'on suivait par rapport aux intrigues secrètes, m'apprirent que le moment était venu de verser du vin pur aux gouvernements.

La vérité de mes rapports et l'impartialité avec laquelle je m'accusais m'attirèrent sa confiance. Je me considérais comme un coinquisiteur , et je démontrai combien la manière dont les gouvernements en avaient agi était opposée au but qu'ils voulaientatteindre, . puisqu'à force de méconnaître les personnes et les choses , ils avaient transformé les innocents en coupables , et les coupables en innocents. Dut encore le jugement de la multitude qui ne voit que l'apparence m'ètre contraire, je ne m'applaudis pas moins d'à-

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voir fait ces révélations et d'avoir empêché le mal qui se préparait. On me reprochera peutêtre d'avoir professé tour à tour des opinions contraires ; j'accepte le reproche et je rends grâce au Créateur de l'avoir mérité, car je suis persuadé qu'il faut du positif dans l'État comme dans l'Église , que les droits naturels ne suffisent pas plus à la multitude que la religion naturelle.

Je me. suis convaincu de la bonne volonté des gouvernements allemands et du désir qu'ils nourrissent de rendre à la société le repos , le calme puquel elle aspire. Si la sévérité eût été à l'ordre du jour, comme elle en eut un temps l'apparence, nous n'eussions pu l'imputer qu'à nous-mêmes.

Je n'ai aucun droit de réclamer quelque indulgence du lecteur , puisque je me suis moi-même jugé avec rigueur. Je le prie seulement de considérer que ma jeunesse commença à l'époque la plus critique d'un temps déjà critique, que je me trouvais engagé dans le monde à l'âge de dix-sept ans et sous des rapports au-dessus de mes forces , qu'enfin je me suis attiré un châtiment terrible*

XXI] PftÉrAGB.

Car n'est-il pas dur d'avoir cessé de vivre à vingt-sept ans ? J'ai terminé à l'époque où les autres commencent. Mon ouvrage n'eût-il d'autre résultat, ne fît-il qu'empêcher un jeune homme de s'égarer comme je l'ai fait moi-même , je n'aurai pas écrit en vain. Je renonce volontiers à la satisfaction qui résulte d'avoir donné au public des éclaircissements importants sur des objets de la plus haute politique» pour m'en tenir à celle-ci.

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