II. est inutile de parler de la rapidité ex
traordinairç avec, laquelle les Carbonari se
répandirept dans le sud de l'Italie , ce fait est
assez connu; mais combien n'est pas abusé
celui qui croit connaître l'esprit des Carbo-
nari ou sa véritable tendance par les trois
premiers grades ! Dans ceux-ci il est encore
qyestion de la morale du christianisme et
même de l'église, pour lesquels ceux qui
vç.ulent se faire recevoir doivent promettre
de.se sacrifier. Les initiés s'imaginent, d'après
cp tte formule qjuc le. but de l'association est
quelque chose de haut, de noble, que c'est ......
1 ordre de. ceux qui veulent une morale plus
pure et une piété plus forte , l'indépendance
et l'unité de. leur patrie. On ne peut pas,
d'après cela , juger les Carbonari en niasse ;
il y a d'excellents Jiommes parmi eux. Je
possède encore la croix sur laquelle le roi de
DE rRANCE ET D ITÀÙE.V 21
Naples actuel , à cette époque aller ego de son père, prononça le serment qu'exige le second grade du Carbonarisme. Mais tout change lorsque Ton a les trois grades. Déjà, dans le quatrième, dans celui des apostoli, oh s'engage à renverser toutes les monarchies, et spécialement les rois de la race des Bourbons. Cependant ce n'est que dans le septième et dernier grade, que peu acquièrent>quéla révélation s'étend. Enfin le voile se
déchire tout-à-fait pour P S.. P, principi
summo patriarcho. On apprend alors que le but des Carbonari est tout-à-fait le même que celui des illuminés. Ce grade, d'après lequel l'homme est prince et évêque en même temps, coïncide avec Homo rex des derniers. L'initié jure la ruine de toute religion et de tout gouvernement positif, qull soit despotique ou démocratique. Tous les moyens pour l'exécution de leurs projets sont permis; le meurtre, le poison, le faux serment, tout est à
leur disposition. Qui ne se rappelle à cette occasion, qu'à la suppression des illuminés on trouva, entre autres poisons, une tinctura ad abortum faciendum. Le sutnmo maestro rit du zèle de la masse des Carbonari qui se sont sacrifiés pour Ja jiberté et l'indépendance de l'Italie: ni l'une ni l'autre ne sont un but, mais des moyens pour lui.
On s'étonne peut-être que j'ébruite des choses qui ne m'ont pas été confiées pour les révéler. Il est vrai que je les ai reçues sous le sceau du secret; il est vrai aussi que j'ai juré d'agir ; mais je ne suis engagé que pour ce que
Je croirais juste. Je tiens ce serment en dévoilant cette atrocité. Et quand même un serment positif me lierait, je ne» craindrais pas de le Yi°ier ; c$r comme ce grade ne se contente pas 4$ permettre le faux serment ; mai? encore qu'il Je commande, je me trouve dégage par ce qui semblait devoir me lier ^ jamais. Qn.peut le répéter, ce qui çst
DE FRANCE ET D'iTALlE. s3
mal est toujours contradictoire et ne donne jamais que de fausses conséquences. J'ai obtenu le grade du S.. ..P P.. sous le nom
de Giuho - Alessandro - Jerimunc^o -Werther Domingone, et cependant ie n'ai pas prêté serment. Voici cQmment :
Il y a deux modes de réception dans toutes