‹ Memoires (volume 2)Chapitre 10 sur 68 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

Le compte-rendu du benquet du 4 février 1906 ayant occupé tout l'espace dont nous disposions au dernier Bulletin, nous donnons ici un court résumé des travaux de la Socidé acad^^mirjue depuis le mois de juin 1905.

Séance du 14 juin 1905

M. Lucien Gueneau lit une note sur des monnaies de Jean le Bon, Charles V, etc., 1res bien conservées, qui ont été découvertes à Mingot. en 1904,

U lit encore un extrait d'un travail sur le Diable qui, sous une forme humoristique et agréable, constitue une œuvre philosophique des plus captivantes.

M. Victor Gueneau soumet un plan du Collège des Jésuites do Nevers (aujourd'hui le Lycée}, dressé en 1623 et taissé inachevé.

11 communique également le premier travail de l'abbé Baudiau dons la Nièvre, sur la commune de Monligny-sur-CannB. (Voir Mémoires, 1'" s(>rie, t, XIV.)

Enfin M. Desforges donne connaissance d'un travail très important sur les stations préhistoriques de la vaiiée de l'Alêne (Nièvre) et plus spécialement sur les stations néolithiques des environs de Fluty (Id.).

Séance du 31 juillet 1905

Après communication par M, le Président de divers discours

tjrononcéa au Congrès des Sociétés savantes, à Alger, la séance est

'i.éûlièrement consacrée à la fin de la lecture du travail de M. Lucien

Gueneau sur le Diable, et ft l'importaute communication, par

M. Victor GiteDeau, de documeots iotéressant les troubles qui eurent lieu en Nivernais entre 1653 et 1906.

Séance du 24 décembre J90S

M. Jotivet soumet' à la Société une note concernont des trouvailles de deniers faites au Moulin dtj Gergol, commune d'Huriel (Allier). Ces deniers, datant des règnes de Cliarlcs le Chauve et Charles le Gros, ont été frappés â Bourges et aussi à Nevers. M. Joliveten o acquis quelques uns sur lesquels une note sera insérée au Bulletin. (Ct. Mémoires. 1" série, t. XIV.)

M. Chariot, instituteur h Montigny, donne lecture d'un discours qu'il u'u pu, fuute de temps, prononcer devant le monument de Claude Tillior, ô Ciamecy. (Cf. Mémoires. Id.)

Pour M. Lucien Gueneau, retenu par la maladie, M. Victor Gueneau lit une chroniquu d'une érudition plaisante intitulée : La Bûche de Noèi (Ct. Mi'mnires. Id.)

Banquet du 4 /écrier 1906

Le compte rendu en a été donné dans la première série des Mémoires, l. XIV.

Séance du 29 mars 1906

La Sociélé décide d'ouvrir une seconde série de Mémoires dont le format sera plus commode que lo solennel in -4" de l'ancienne, et qui sera publiée, si possible, deux fois par an.

M. Lucien Gueneau signale la découverte, faite 6 Sainl-Parizele-Ghôtel, de 1.700 monnaies romaines, dont plusieurs datent des régnes de Constantin, de Constance II, etc.

Il ramène l'atlenlion sur un écrivain qui vécut quelque temps dans lu Nièvre, Hippolyle Guérin, dont il lit lo récit on vers d'une excursion à Décide. Celte pièce, pleine de verve satirique ot de saillies pluisantcs, parut dans un des peu nombreux numéros de la ffcrue de la A'iénre.

M. Lucien Gueneau signale encore les ouvrages du sieur Naull, conseiller de S. A. S. do Condé, châtelain de la ville de Luïy, t'iitr'aulres une n hi.ttoiro de Tnacienno Ril>rnet<!, à pnisenl «ppelée Autun 11.

M. Desforges (ait circuler une collection do silox taillés, trouvés

par lui ô Flély, et 1res remarquables par la délii^al^^sse et la finfj»«e de leur Iravaii.

M. Paul Cornu, enfin, doiino locture du [lamphlet |>élition odr^ssé j>or Claude TilUer au conseil municipal de Clemecy, on 1832, el qui avait échappé jusqu'ici aux récents liingraphos <le notre 'écrivain claruecycois. Ce pamphlet, qui avait /•(.• publié dans le journal le Bien public des 20 et 23 mai 18-iy, sera publié it nouveau dans le prochain Bulletin. (Cf. Af^'moires, 2" série, l. l.)

MM. Maillart. Uernot, lîoulhora, Chôtré. Merlin. Albaii Novou sont admis comme membres de la Société.

Séance du Î7 mai i90fi

Ij^s membres présents dOcident la transformation de leur Bulletin. Celui-ci pornitra désormaiis deux fois par an. dans le (ormat in-S». Tout on étant pins maniable, il pourra ainsi contenir plus de matières. Il est à penser que la Société so développant tuujours davantage, elle puisse arriver à donner chaque année un nombre plus grand encore de bulletins, tout en réduisant le chiffre ; des cotisatiofis.

M. Victor Gueneau a fait pnrl à ses confrères de deux docu ments inédits intéressants.

Le prumier est un procès-verbal du 12 juin 1555 contenant les limites delà jublico des Ulmes de Menay. Cette petite justice seigneuriale, située aux environs mêmes de Nevers, n'est mentionnée par aucun auteur.

second document, plus connu et déjà cité, mérite cependant

aine qu'a prise M. V. Gueneau pour en préparer la publication. 11 renferme les instructions du P. Jacques Brisson, directeur et procureur du séminaire de Nevers depuis son élabiissemenl, à ceux qui devaient lui succéder dutis son emploi. L'auteur y donne tout uo historique de rétablissement avec 1 état détaillé des biens qu'il a reçus lors de sa fondation ou acquis depuis, la description minutieuse des bâtiments et des terres de la ville et de la campagne et l'indication des justices de Sampangc, Saincaize, Meaulce, NavenoD, Saint Donis-do Pasbinsur-l'Auron. (Arcfi, ntr.)

M. Lucien Gueneau a exposé l'alïaire des deux canons de Jules Miot, donnés à Moulins-Engilbert par rAssembléo nationale et enlevés â son maire par la justice du Heu, Il a lu, à ce sujet, la brochure éditée par Miot, à loccasion et qui précéda le pamphlet bien connu de Cl. Tillier.

. M. Lucien Gueneau a encore donné lecture d'une plaisante signification adressée, au XVIII" siècle, par le fermier Isole Bonfils, de Luzy, au duc de Novers, pour que colui-ci eût à faire dëmûltr aussitôt son château de Luzy dont les ruines menaçaient la demeure do l'exposant.

M. Paul Cornu, ensuite, a entretenu ses confrères de l'uliiité que les auteurs Je mùnographies locales retireraient du dépouillement des fonds des justices seigneuriales conservés dans les depuis publics. Prenant ses exemples à Cosne, il montre combien les archives d'un bailliage, pour peu qu'elles soient complètes, renferment do J reuseignements, non seulement sur l'histoire des familles et de leurs biens, mais sur celles des mœurs, des coutumes et de toute la vie sociale d'une rég^ion.

Enfin, ^{. Chariot lit deux pièces de vers de circonstance, très goûtées, sur le Mois de Mai et le Retour des Hirondelles.

Séance du 14 fuin J906

La majeure partie de cette séance a été consacrée à la lecture, par M. Victor Gueneau, des positions de son important travail sur le collège de Nevers. Cette œuvre, très complète, fruit de recherches longues, méthodiques, minutieuses, verra bientôt le jour. La Société académique a décidé d'en commencer la publication dès son prochain Bulletin. M. Victor Gueneau, tout en la résumant, Ht quelques uns des textes les plus intéressants qui émaillent son œuvre. Tel jugement de l'Université de Paris sur la ville de Nevers, telle défense d'un professeur par son directeur, ti?lles accusations aussi portées par le grand maître sur le personnel du collège offrent aujourd'hui une saveur particulièrement piquante.

M. Paul Cornu ontrotienl ce goût des rapprochements en lisant le récit officiel de la mise sous scellés d'une partie du mobilier Je la cathédrale de Nevers, en 1790. Les dates seules ont changé. Mais les discours ressemblent trait pour trait à ceux qui fleurirent d'une rhétorique semblablement ampoulée le parvis de nos églises lors des inventaires de 1906.

Une lecture de M, Coupechoux, sur les apothicaires de Cosno au XYIIfo siècle, est remise à la séance suivante.

M. Chariot célèbre, en vers amusants, une philosophie des plus aimables et des plus pratiques.

Enfin, M. Lucien Gueneau, après avoir sacrifié à l'actualité, en rappelant les origines de la Fête-Dieu et de la boutonnière fleurie

des domestiques, qu'on ne prcml pa» sans vert à la louée, commu-

it iaédit do la seigneurie de - uot«s coœptélanl abondani ment l'étude do M. l'arent sur le tnèma fief; rinserUon au ptwntor OullcUn eu est ausaiu'jt d<kidée.

Eo fin de «éance, M. Lucien (lueneau u rappelé l'atlenliuQ sur Grangier do la Marinidri;, «^ru<li( nirernais trop vite oublié, ol dont il serait désirable que les maouscrits voient le jour, s'il est (lossible encore.

Séance du 19 JuiiM 1906

A part une communication de M. Victor Gueneau cl la loeture par M. Chariot de deux pièces de vers, cette séance est tout entière

coti- l'arclit-ologie.

■ n do M. Victor Gueneau roule sur la journée dite de Montreuillon, qui eut lieu le 21 juin 1475 et qui commança la dé- ' "^ Les sources qu'il cite, relatives à cette bis-

>. mais si conlradietoire». que le lieu des eagageiiienUt no pu encore être exactement fixé. Notre érudil compa Iriote espère pouvoir le préciser avant peu, grâce à un document rare d<jnt il nttond la puLiiculion.

Le secrétaire de la Société lit un inénioire de M. Desforges. Dans celte courte' étude, l'auteur établit, nvec une critique avisée, que les craquelures des silex travaillés, attribuées jusqu'ici à l'industne humai do, sont dues sans aucun doute à des inlluences •tmospliértques postérieures.

M. Lucien Guoneau déroule un vaste carton couvert de dessins et d'inscriptions. C'est un estampage qu'il a pris, avec l'aide de M. Cornu, sur la hotte d'une cheminée de In Loge maçonnique de Nevers. On sait que la Loge occupe les anciennes prisons des .comtes de N'evers. près de leur Cour des Comptes. Lu cheminée est uitnée au premier étage, dans une petite salle qui pouvtiil être soit un corps do garde, soit nue prison réservée à des personnages de quelque importance. La holto. on pierre de taille, est sillonnée do lrtiil.> prufondériient gravés dans lesquels on démêle soit des noms propres : François Duguay, carrabin ; Delkome, Daller, Minsde, le. Vernay, le Cadet de Courratdi dit Surtout garde-le-bec, etc.; soit des maximes : " liien n'est plus cher ce que l'on ddsire », etc.; soit des symboles : un immense calvaire, des croix de Lorraine, etc.;

enfin des dessins représentant des soldats, cavaliers et fantassins, et des dames en costume de cour.

Ces vignettes surtout ont une extrême importance. Elles sont contemporaines des inscriptions. Elles ont l'allure enfantine et naïve de l'imagerie populaire. Mais les détails du costume sont assez précis pour qu'on les puisse doter do la fin du XVI* siècle, ce qui correspond préci.sément avec les deux dates de 1580 et 1598 relevées par M. Cornu.

La communication de M. Lucien Uueneau obtient un succès mérité de nouveauté et d'agrément. Elle est complétée par une visite faite, sous la direction de M. le Président, au local qui renferme la désormais précieuse cheminée.

M. Paul Cornu entretient auparavant ses collègues de la petite ville fortifiée de Saint- Verain. 1! on montre de nombreuses photographies et, s'en tenant pour cette séance au donjon, explique, à l'aide de plans des différents étages et de coupes verticales qu'il a dressés lui-même lors d'un récent voyage, comment était distribuée cette forteresse dont le système de défense était remarquable malgré son faible diamètre. Il détaille les dispositions très intelligentes des escaliers, des ouvertures, des cheminées, des lieux d'aisances et relève quelques inexactitudes de M. do Soultrait, dont la notice à l'Annuaire de 1861 no correspond pas à l'importance de cette intéressante station d'archéologie militaire.

tl««En. — Inp- de * Il TrtliUBa.

RECHERCHES LES ÉCOLES ET LE COLLÈGE DE NEVERS

(stùlej

« Item', un second contrai do ladite (ondation passé le 27 m»! « 1578, rérifié 6 la Chambre des Comptes de Xevers et registre le n li août 1578.

« Item, un contrat de cession du vieux collège (aile par les 41 eachevins et conseil de la ville de Novers auquel contrat est aussi « conteou la cession d'autres maitiODs et jardins acquis par Mon - H seigneur et Matlnme jiu proQît dud. collège et société. Fait et <i passé en l'hostel cooimung de lad. ville le 3 juillet lôTâ.

Il Item, un coniral et transport de ladite rente de 2.000 livres « pour en Heo reçu le payement sur les deniers du Roy dus à Mon- « seigneur le duc. Passé k Paris le 27 mai 1578. »

L'établisseiaeDl des Jésuites étant chose faite, la Ville ne sub- VBQlionna plus les maîtres d'école. Ceux qui voulurent ouvrir des écoles devaient passeur un examen qui, s'il leur était lavorable, leur permetluit d'avoir l'agrément des échevins après, toutefois, avoir obtenu l'aulurisalion de l'évéque qui avait pris tous les anciens droits de l'Ecolàtre.

Suivons maintenant le collège dans ses diverses transformations.

Page 1