CHAPITRE V
Traités d«s 8 Juillet 1S72 et 26 septembre 1S73. Dotation du Collège Prise de possession par les Jésuites en 1577. Donation par le duc des bois de Rochette et de la Rlsserolte et de plusieurs maisons du cdtë du Jeu de Paume et du côté des Classes. Abandon par les échevins, te 2 août 1578, des maisons que la ville s'était réservées. Acliat de nombreuses maisons et jardins. Classe des abécédaires. Ordonnance royale de mai 157 8. Donation de noble Claude d'Anthenay.
C'est donc les 3 juillet 1572 el 26 septembre 1573 que (ureat signés, pour la fondation du Collège, les traités entre Louis de Goniague, duc de Nevers, et Henriette de Ctèves, sa femme, d'une port, et les échevins de Nevers, d'autre part. Aussitôt après la signature de ces traités, également souscrits par les jésuites, nous voyons arriver au collège de Nevers les Révérends Pères Jean Bouglier,
qui fui recleur, Olivier Hainel, qui fut pri^clipur. cl h-nn Ani.">n qui eut la charge de procureur M). ,
Nous avons indiqué plus haut quo ]«s «cliuvms avoieiU cde un duc une partie des bùtiaienls du collège pour y loger les jésuites, mais s'en était réservé une autre portion pour le rnaltre des abécédaires et le pensionnat.' Le duc ajouta trois maisons qui lui appartenaient fin 1b rue des Fongtml.s, oujourd'liui rue de la Préfecture, et dota les jésuites d'une renie annuelle de 2(HX) livres sur l'Hôtelde-Ville de Paris (2). Il voulut, dis 1575, <f annexer l'abbaye de « Saint Martin à sa fondation du collège des jésuites, pour en (f augmenter les revenus, afin d*y avoir plus grand nombre d'es- K cûliersety instituer une Université (3}», mais de grosses difficultés s'élevèrent contre ce projet qui n'eût pas do suite.
Les réparations et constructions avaient demnndé plusieurs années et ce no lut qu'en 1577 que les jésuites prirent détlnitivenicnt possession du cûllège. Le duc de N'evers leur avait donné, par acte du 17 mai 1577. enregistré à Nevers seulement le 24 mai 1580, le» bois do la Rochelle et de la Riaserolle et diverses maisons situées <( tant du côté du Jeu de Paume que des Classes » (i). De leur c6té, le 2 août 1578, les échovins cédèrent au duc, qui les Jibandonna aux jésuites, les bûtiinents qu'ils s'étaient réservés, ainsi (jue le constate l'acte suivant ;
« Honorables homuios Pierre Guillaume, flugues Descolons, H Jean Delnngle et Pierre Lesaigo, eschevins de la ville do Nevers, « lesquels sciemment, en suivant la délibération prise en l'iiùtel ' commung d'icelle ville par les vingt-quatre conseillers d'icelle le » 2i novembre 1577, pour le bien et proflicl du collège de cesto
(l) Titres de Neten, col. *S2.
(2j Le attitiitiii it st^ptombre 1572 fut passé l'acte guivaat : « Lo duc ol la duchâsge (l6 Nivurnois oyant con^tilué £000 livres ds reotes aux Pères JAsuitca du collfige lie Nevors, parcnntrat du il rany 1578, devant CUude Elorcau et Pierre Cayard, Q0laip>.'» A Paris, les flores Michel Noiel, recteur, et «Jotinn de S«int Genol, procureur général de tous tes cnlliiges fondés au royaume de France, retnonlrent qu'iU n'ont pas toucha ladile ronto & cause des troubles, guerres civiles et autres ctnptiohctncnU qui siint dans le royaume et sujtptient Icsdits duo et duchesse do leur accorder une autre assijjinnlion. Lesquels duc et tiiichossa dfts A présent ul juMju'h ce qu'il en soit autrement pourvu oceordont que les nrrérogos de loditc rctile do ÎOOO livres tournoi», ôvnluôc i 666 éciis 2/3 d'or soleil, soit prélovûo sur lu lleceit*; giUiérnle el pnrUculiûre des tailles de Nevers que le roi tutir a altandoimii pour la prôl de cent mille livrei qu'ils lui ont fait m 15;0. i (Voir Cfi. XVII I).
(3) Titres de Nereri. col. iSi.
(•t) Ntiu« (ittrlonins do co» duus plin tard. Vnir ('.)i, VI.
tt ville appsrtenani do présent à ceux de la Compagnie de Jésus, t« onl ceddiJ, dôluisst'i et Iransporté à jierpôtuité h Monseigneur et « dame, dui: el duchesse de Nivernois, absenis, maîtres Jacques K Bolacre, Gilbort do Cuzy ol Uuy Coquille, ayant charge expressa i< desdits Seigneur et Dame, toute la part et portion qu'ils avaient «' réservée ptir le pretirier contract do cessiui» des tutiisons dudit M collège par eux ou leurs pn^di-c^sseurs faite (* mesdits Seigneur et (I Dame, ot les maisons acquises par mesdits Soigneur et Damo au <• proQIt d'eux ou leurs prédécesseurs pour y enseigner les abécé- <i daires. le tout à l'endroit ot du cost('' des classes dudit collège, à M prendre de la muraille neuve faisant séparation de la grande cour <( du cosie desdits Pères et Frères de la Compagnie de Jésus, jus- <( qu'aux rues des Ffinjtils et de Mizungron, sans aucune chose H réserver, à la charge loutefoys de faire instruire par ceux de la Il Compagnie de Jésus la jeunesse en bonnes ietlres ainsi qu'il est « porto par les premières lettres de cession. El lesdils Bolacre, de « Cuzy el Coquille pour ot au nom de mesdits Seigneur et Dame n onl délivré au Père Recteur et autres de la Compagnie de Jésus, « en accroissement des maisons et jardin cydevant ô eux donnés « par Monseigneur et Dame, tout le droit, part ot portion dudit (( collège do laquelle lesdits eschevins leur ont présontoment (ait n cession, afin que lesdits Pères Recteurs et autres de la Compagnie Il de Jésus ayant meilioure volonté de s'cm[)loyei' à l'instruction et (I enseignement du la jeum.rsse, prendre et recevoir pensionnaires <i instruire les abcc<5doires par eux ou par autres capables, desquels » pensionnaires, principal, régents et abéctïdaires ledit Père Recteur » et autres do la Compagnie de Jésus auront le gouvernement et Il saperiutcndance ot dépendront entièrement d'eux quant aux Il bonnes mrours et lettres, après toutefois que pour la commodité Il des pensionnaires et instruction des abécédaires mesdits Seigneur Il et Dume auront acquis deux maisons joignant losdites classes, Il l'une appartenant è Regnaud Melîard et Jehan (en blanc), l'autre Il tt Pierre Fevre... Moyennant aussi que lesdits eschevîns pour eux li ot leurs succossears ont promis délivrer par chacun ao ou faire « payer par leurs recepveurs la somme do cinquante écus revenant M à cent cinquante li\Tes en contemplation de l'institution des abé- (I cédaires, le payement de laquelle somme se fera le 1 octobre, le « 1 février et le 1 juin.
t' Signé : Michel Notel, recteur ; Jacques Dorge, préfet des études; Bolache, de Ct'ZY, Coquille, Guillaume Descolons, Delaiglb et Le Saioe. »
Ainsi non seulement les échevins sbandonnaîent au duc, qui le cédait aux Pères jésuites, tout ce qu'ils avaient primitivement, réservé, mais encore ils s'engageaient à payer une pension de 150^ livres pour l'instruction des abécédaires (1).
Le collège avait reçu, 1q l*' juin 1573, pour son agrandissement, une maison achetôa par le duc le 6 avril 1572, de Noël Desreaulx, maître chirurgien (2), une autre maison, sise rue des Fangeals et rue Mirangron, appartenant à Pierre Guillaume, une autre maison dont les notes des jésuites taisent les tenants et aboutissants, et une portion do jardin joignant ces maisons, acquise de Pierre Fevre et de Simon Vincent. Depuis, d'après un renseignement sans date et sans signature, sept maisons furent acquises les 17 mai et 17 juin 1577, G janvier, 18 avril, 22 novembre et 25 décembre 1578. Après de nombreuses recherches, j'ai pu mettre la main sur les maigres lignes suivantes :
« 17 mai 1577. Achat d'une portion de jardin où fut la maison " de Léonard Cuti gnon dans laquelle demeura M. Gilbert Rodon, « tenant au jardin oft était le pressoir de Bizy, moyennant 350 livres,
« 26 janvier 1578. Achat de la maison Pierre I^epied, qui fut à « Guillaume Simonin et h Charles Berthier, sise rue des Bourgeois « (du Lycée), moyennant 116 écus 2/3 (350 livres).
t( Aciiat d'une maison tenant à la maison Lepied et à la cour du « grand Jeu de Paume, sise rue des Bourgeois.
M 22 novembre 1578 Acbsl d'une portion de jardin où était le (f pressoir des Berthiers, sieurs do Bizy, tenant au derrière des M maisons Giraud et Lepied, pour 80 écus (240 livres).
(( 15 décembre 1578. Achat des maison et jardin de Gi'bert Bil- « lard, tenant aux places de maisons qui furent à Pierre Guillaume. (( Plus les deux maisons,cour et jardin de Pierre Guillaume, faisant
(1) ArcMaes communale* de Necers, BB. 19.
(2) Cette maison, « louant par devant ù la grande rue, par derrièPe à It grande cour du collège, pardessus à une maison qui spparljout à Ragnaud Meliard et & ses Irères et sicurâ, avec jardin derrière icoHe », devait èlre donnée frauctie et quitte de toute) charges. Or, cornine ollo étnit grevée au profit de Guillaume Dutya, abbé de l'obbayo de Saint-Martin, de 27 sols 6 deniers et une gêline de bordelage par an, le duc (ranaporla cette redevance : i* sur une maison aise a Njvers, tenant, a lu rue par laquelle on va de saint Sauveur Û la pierre de saint Révei-ien et ri une petite ruello nppeltie la rue des Grilîots; 2" sur une boutique assise sous les degrèade l'audiloire de catlo ville du côté de In Revenderle.
ti le carré de la rue Mirangron et de la rue de rEsguillerie, pour
(I Et enfin achat d'ua jardin des hoirs Dangeul, puis de feu (( Barthélémy de Brienne, tenant au pressoir de Bizy et k l'église i< du collège, n
Plus tard, les Pères Jésuites s'agrandirent encore en achetant :
1" Le 7 décembre 1580 les maisons, cour et jardin d'Erard Giraud, sise rue des Bourgeois, tenant à la maison Lepîed, achetée la première h la date ci dessus, pour 200 livres ; ta seconde, le 15 février 1581, pour 190 livres.
2" Le 18 octobre 1585, le maison d'Agnan et Barbe Mîllard qui était chargée d'une rente de 40 sols au profit de M. Descolons, rente que le duc racheta.
Ces renseignements s'éclairciront pour les lecteurs quand, en 1623, les jésuites seront en procès avec le prieur de Saint-Etienne el que les plans du collège leur seront soumis. Revenons sur nos pas et voyons ce qu'on faisait dans les classes.
C'est le R. F. Michel Notel qui dirigea la classe des abécédaires (1). Les heures de travail étaient de 8 heures ft 11 heures du matin et de 2 heures du soir à 4 heures en hiver et à 5 heures en été. La classe commençait chaque fois par In prière dite à genoux devant un crucifix attaché à la muraille. Sur les autres classes, Parmentier nous a laissé les précieuses indications suivantes :
« Après les patenôtres on suivait, dans les classes élémentaires, u l'ouvrage du P. Habert traitant des moyens de promptement et n facilement apprendre à bien lire, prononcer et écrire (2). On ff commençait ensuite Despautere (3), Dans les classes élevées on « expliquait Ciceron, de Amicitia, il coillait un sou chez le libraire; « pro Alilotie, un sou six deniers ; Virgile, trois sous ; Catégories « d'Aristote, six deniers, etc. Le régent choisissait un élève exploit rator qui avait les yeux sur la classe tandis que lui-môme les
(i) Archives comtnunale* de Nesers, CC. 227.
(î) Le Père Hatert devait avoir vu le jourfl Issoudun (Indre).
fi) DespoutAre, professeur à I.ouvain, mort en 1520, fit le bullet de l&D^fl^t» du Sâtécisme aii les chcvnliofs Prétérit et Supin repoussaient l'atiague des princes SoUàsme et Barliarisme, ballot qui fut représenté sur îe théâtre de plusieurs eollégos. Il a laissé des Commeniarù. Grammatici rii^ardés depuis fort lougtcinps comme obscurs ot incohérents, une Prasodk, un Traité de* Jlf/urei «t des tropes, etc.
<( avait sur son cahier. Cet élhre tenait note des causeurs, en fran- « çajs. Les écoliers étaient divisés en décuries. Les Jours de vacances *c étaient te dimanche ei le jeudi, mais l'a près midi seulement. A la » fin de l'année, il y arait des exercices publics. Tous les discours « d'apparat s'écrivaient en latiu. On apprenait par cœur les Petits « Jardins des racines grecques, les Florilèges, les Heurs de latinité, « etc., le rhétorique de Fichelus (11, celle de Faber (2), etc. w
Pour compléter ces indications, j'ai pensé qu'il était bon de faire connaître trois articles des ordonnances de Henri III, rendues en mai 1579, sur les plaintes et doléanccA faites par les Députet des Estais du Roijaume convoque! et assembles en la rille de Troges, articles que je ferai suivre des commentaires de Guy Coquille :
tt Des Universités. — Art. LXXI. — Toti» les principaux,
mesmes des petits collèges aitxqucts n'y a exercice, ne logeront ntf recevront en leurs collèffe* autres personnes que estudians et eschûliers at/ans maistres ou pédagogues auxquels défenses sont faites de recepoir gens mariez, solicitettrs de procéi et auires semblable», sur peine de cent linres parisis d'amende et de privation de leur principauté. Commentaire : L'intention des fondateurs bâtissant collèges et les fondant a esté directement pour loger escholiersavec commodité et leur donner le moyen de vivre pour estudier.
0 Art, LXXII. — Seront tenus les principaux ei supérieurs de quelque collège que ce soit de résider en personne et faire les charges aiaequeUes les statuts les obligent, faire lectaren. disputes et autres charges contenues esdits statuts...
t( AnT. LXXX. — Défendons aux supérieur», ncrticurs, principaux et regens de faire et permettre aux escolicru, ne autres quelconques, jouer farees, tragédies, comédies, fables, saigres, scènes ne antres jeux en latin ou français contenant InstpelCi, injures, inrectices, conviées ru: aucun scandale contre aucun estât puidic ou personne prisée : sur peine de prison et peine corporelle et de respondre aux réparations tant honorables que profitables, à nos procureurs généraux ou leurs substituts et parties privées qui se sentiront injuriées et
(1) Ouiilnume Fictiet, recteur i l'UnivcreitA de Pans, est l'auteur du promier llvro imprimé i Pari* en 1470 ot intilulfl Rhetoncùfum, lil>. III.
{il Basile Pnher, recteur de l'UnivorBllé iI'Ei'rkirt, quoi<|ue lurhénen, gagna reatiniG des snvanls par «on ouvrage Thésaurus erudilKtnU scholaiticee, publié i Leipsick on 1571.
andatiaées. Commentaire : D'aDcienneté. pour l'exercice de la )eu' •it eu usage es collèges qu'en cerlaines saisoD.i de l'année \> ~ fuisoienl reprùsenler comédies et dialogues en latin par
l«urs escoliers, qui eijt chose louable pour cotnmencerdelos avancer «s octioDs publiques et pour leur donner cœur quond ils vuyentque Jour action est approuvée par In faveur de l'assistance. A l'occasion do cet honnête exercice aucuns rt^geiis cjui par la ferveur de leur jeunesse avoient couru parmy le monde et s'estoiciil associez aux Farceurs et Comédiens qu'on appeloil Enfans sans soucy, qui sont principalenient des notions de Normandie et Picardie, et bien peu d'Auvergne, ont introduit aux collèges comédies et farces en frunçois et ne se sont abstenus de la licence de mesdire tant contre les personnes estant en estât public que contre les personnes privées. On y a voulu appliquer remède non pas par abolition mais pai* contrerole en faisant voir aux gens du roy ta composition de leurs jeux, à ce qu'il n'y eut rien de mal à propos. »
Une superbe aubaine ne tarda pas à arriver aux Pères Jésuites. Le 8 octobre 1582, noble Claude d'Anthenay, écuyer, sieur de Nuisy, diocèse de Troyes, seigneur de la Ferme des Planches, près Nogentsur- Seine, et natif de Nuisy, u de présent à Ne vers, considéraot qu'il n'a ni femme ni enfants ni volonté de se marier et pour autres causes, donne ô la Compagnie de Jésus de cette ville de Nerers, roottre Michel Notel, recleur du collège, présent et stipu- (ant pour le collège, c'est assavoir la somme de 416 écus 2/3 de rente annuelle et perpétuelle è lui due sur l'Hôtel de Ville de Paris (1) )). Les raisons de la présence de M. d'Anthenay à Nevera aussi bien que celles de sa très pieuse donation me sont inconnues. Ce personnage a t il été atteint de la peste qui commençait à cette époque à faire des ravages à Nevers? I! est, en effet, recommandé aux Jésuites, le 6 novembre 1582, de continuer à instruire les enfants mais de les laisser sortir le moins possible. La peste continue pendant l'année 1583 et môme pendant l'année 1584, puisque le 6 juillet de cette dernière année il est décidé que l'exercice cessera pour les abécédaires, que dirigeait alors le R. P. Théofrède Malaurie, ot que les Jésuites mettront un portier pour empêcher les écoliers de sortir sans permission (2), ce qui donnerait à croire qu'ils sortaient facilement.
m Cvstlô 6cua 2/3 faisjiiâQt i.SX) livros do rente et la livK pouvait valoir alors dix rrancs.
(ÎJ Arefiiee* communnleâ de Nepert, CC. Ï28,
CFUPITRE VI.
Venie par Philibert Oesprez et Culllemette de Varrinlère, «a femme, au duc de Nevers, pour le Collège, de la Métairie de Saint-ElOY» 17 Juin 1SSS. Renseignements sur cette métairie et le lieu de Nobtange; redevances et charges) achats et ventes. René Traîneau, maître des forges et fourneau d'Arlot et de Maubouxi Baux à Antoine Coquille et A Dominique Courade, maître potier en vaisselle de fBYence, son gendre. Incendie d'un bâtiment du domaine deSaiot* EloY et d'une partie du bois de la Risserolle. Vente des boEs, Le bois des Vëvres en la Justice des Ulmes de Henav- L« bois de la Fayei le bois Roxe, les bois de Saint- Antoine et de la Risserolle. Quart de réserve. Permission de vente.
C'est le 17 juin 1588 que Philbert des Prez. marchand à Nevers, et Guillemette de Varrinière, sa femme, vendirent au duc de
Nevers « au nom du Collège de Nevers par luy y esLabli », le lieu et lenemenl, assis à Suiut-Eloy, appelé d'atu-iennelé lo lieu dos Dlancliards, moyennant 90 écus sol (1).
Il ne m'a pas été dotin*; de mettre la main sur les actes concernant la Métairie de Snini-Elut/ jusqu'au nouvel acte de fondation du CoUëge, du 11 janvier 1C07. Cet acte dit que le duc et la duchesse de Nevers donnent aux Jésuites, pour leCûlldge, le lien de Nontange, assis à Saint'Eloij, prùa AVocra, consistant en btitiments, panfureu, bois et buissonji que meadits seigneur et dame leur avait arquis. Aucun lieu dit habité ne porte aujourd'hui le nom de Nostange dans la cocumuue de Suint-Elûy et les rcnsBignoments le concernant se trouvi.int éparpillés dans divers dossiers des Archives di^pttrtenten' taies. Un de ces dossiers contient un acte du if) janvier l.'i28, par loque! honorable homme Joachim Olivier, seigneur du Cholet, et Marie Galope, sa femme, demeurant à Nevet's, reconnaissent tenir â bordelage, de messire Jean Massicauit, chapelain de la chapelle de Notre-Dame, fondée en l'église de Saint-Eloy, agissant pour lui et pour ses sui'cesscui's, une: maison, r/rfin(/e, cour, jardin, pré, terre (t chencrÎÉre, assis au village de Neuf ville, paroisse de Saint -Eloy, tenant ensemble, foussoyé tout à t'entour, et tenant au grand chemin
(1) Afr.hiee* (le ta Nifrr«, Chnmiire des Complet. — I^e 15 défipmbro 1501, lu Cliapllre de Never» niTOnln driiil J'ugnge. 'lans ses lini» t1« Saiivlgny, uux Jiisuitos du Collège de Nevors, pour leur ilomnino do Sdtnl-liloy. Cù droit fut reiiouveK- lo 2& fé^Tio^ lOtô.
allant de N^eeera à DecUe, aotts la ehatge de 10 sols tournois et une géline... Les ditit hérita', ' ''t par le dit Olivier et sa femme de
Pierre Rarenult l'aîné. > -; portions de 1» rloserie do Jouehmi
Olivier arrivèrenl-elles aux Jésuites ijui tensienl du chopelain da NolrtvDsme quelques parcelles du terres pl prés causo d*un procès opaisé le 11 août 1621? C'est possible. Le 18 novembre 1G2H, R. P. Anne Chaudessoiie, recteur du collège, paya à inessire AcheroQ, chapelain, 10 sols tournois et une gétino qui lui étaient dûs par le collège ù cause de sa chapelte.
Essayons de reconstituer la métuirie de Saint-Eloy.
Pour satisfaire au contrat notarié du 11 août 1621, dont je n'ai trouvé aucune trace, !o H. P. Anne Gohier. recteur du collège, s'occordant. Je 29 janvier 1644, avec noble et scientifique personne measire Guy Dechaïups, docteur en théologie, cliapelaia de Notre- Dame de Saint-EIoy, promet de payer chacun an, à lui et 6 ses successeurs chapelains, le jour Saint Martin d'hiver, la somme de 2 sots 6 deniers, outre la redevance de 10 soin et une géline de bordelage reconnue parle contrat ci-dessus indiqué, et due sur « une pièce de u terre assise au finage de Neufville, paroisse de Saint- Eloy, conleu nant cinq boisselées de terre ou environ, If^nant ft la terre du « sieur du Cholet. ladite terre tenue au dit titre de bordelage arec « autres héritiiyes du sieur chapelain, le tout rapporté aux titres du u 7 octobre 1510 et 15 janvier 1528, moyennant laquelle augmen- « tation les Pères Jésuites du collège de Nevers demeureront pro- « priétaires à perpétuité do la dite terre (I ) ».
Quelques années plus lard, le 18 mai 1656, les Jésuites recoa- Duront tenir du même Guy Deehamps, mais alors à cause de sa qualité de chapelain de la chapelle de Saint-Saturnin, fondée en l'église do Ssinl-Arigle de Nevers, un pré assis en la paroisse de Rainl-Eloy, appelé l'Ouche Rapcau, contenant demi charretée de foin, sous la charge de 6 sols 3 deniers de cens par an; plus une pièce de terre audit lieu de Saint-Eloy, appelée la Bichetée, contenant 2 quartelées ou environ, tenant à la rue allant du four de
(I) Psroontial, reçu Camuset, le 7 dôeembre 164*, les Jésuites acquirent de GHIierl Mnriin une boiasel);!* de terre joignant une plus grande pi*ce qui [Wp''niJatl (le leur métairie île Saiut-Kloy, dans la justice et bailliago de Novors. moyrnnant 40 sols. Plus tard,pnrrajiifiat, reçu Gobj', leU septembre 1662. (lu nrlieli'-reiil de Jemoiselle Saulereou, 5 boîsaeléoa de terre labourable, en la pnroisxe tlo Suint-KIny, proche leur inôuirir, chrttellÉilio «lé Nevors, pour 2S livrea.
Neulville à Décide, d'autre â la terre que le collège tient de la prieure de la Fermelé, sous la charge de 9 sots 4 deniers et une poule un quart de bordela^e. Celte désignation de la prieure de la Fermeté nous ramène en arrière, un peu avant l'acquisition faite par le duc de Nevers. Le 27 mai 1588, en effet. Le R. P. TlieolTrède Malaurie, recteur du collège, déclare prendre des Religieuses de la Fermeté une pièce de terre, assise au territoire de Neufville, paroisse de Saint Eloy, contenant trois boisseléea déterre ou environ, tenant au chemin par lequel on va de Saînt-Eloy ft la rivière de Loire, sous l'annuel bordelage d'un boisseau d'avoine et d'une poule. Disons de suite que les rapports des Jésuites avec les Religieuses de la Fermeté ne (urent pas meilleurs que ceux qu'ils eurent avec tous ceux, laïques ou ecclésiastiques, avec lesquels ils avaient des relations d'affaires.
La lettre suivante, adressée le 22 juin 1680 par la prieure Jacqueline de Marcellanges Ai M, Descharaps, à Nevers, le démontrera suffisamment :
« Monsieur le Docteur Deschamps, à Nevers.
« t Le 22 juin 1G80.
« Il n'y a point de mesure, monsieur, que je n'ait gardée avec <c les Rds pÈres Jnsuites et je ne suis pas moins disposée à en user <i avec eux à l'avenir dans toutes les voye bonneste qui me seront i< possible', mais anfin il faut terminer les affaires, il y a dix ans ti quelles demeurent en mesnie état par la considération que jay « pour eux et lu remise qu'ils font de régler l'affaire; puisque vous u voules bien vous en meslerje le veux de mon costé et sitôt que i( M. Leclerc sera en état de monter à cheval il vous verra sur ce « chapitre, il n'a en vérité aucun tort et le Rd père procureur ne rt disconviendra pas qu'il ne luy ait fait toutes les propositions réso- (( nables qui ont pu estres faites. Et cela a été pratiqué avec tous les (I procureurs de la mesmc société depuis longtems sans que jaye pu ti régler avec tmx, il faut enfin ternjlner une affaire, les Rds pères « jésuites savent très bien que nous avons été deservie de lu directe i( en question, son non nest pas caché, la terre s'appelle la Bichetée, « je vous aurois envoyé mon aumosnier aujourdbuy mais il est ent> core trop faible, il sort de maladie, il sera lundy si Dieu plaist. Je <i vous suplie d'estre fort persuadé que je suis do tout mon cœui'
« Votre très humble servante,
(* De MAnCELLANGEa. »
mai V>9\, Claude Potnponenu, cardenr. demeurant à Ncvers, Etienn«tlo Sf-guin, sa feiniiK", el Sirnono Roche, fillo do feu François Roche, labourour, ol d'Anno Charbonnier, vendent aux pér' ■. recteurs, pntttrex, rèfjerils et ettcoiiers du eolti^f/t! de
la ' ' rtûrit de Jegtuf /onde ii Xecers, une maison siluéo
en la paroisse de Saiht-Eloy les Nevers, consistanl on une chtimbro ba^ iii>r ol deux petites (HiibUrs, nvw: In courdovonl, jardin et
0U^ -re, coniennnt L-n lout une qiiurleléc OU environ, oulourée
(le tooie-s vives, tononl d'une part au grand chemin par lequel on va d« Nevora à Docize, d'autre k la terre des acquéreurs, le tout chargé d» 6 sttlii 8 deniers et une poule de bordelage au nom de feu luaitre Claude Défaille; item un petil (iré assis au four dfj Neufvllle, contenant environ une charretée de loin, tenant au ruisseau de la fontaine de Xeufvilie descendant & lu rivière de Loire, et du côté de ladite rivière h une ouche ô chenevière opparlonont aux acquéreurs, et à un petit chemin par lequel on va dudit Xeufvilie à la rivière de Loire, chargé de 2 sols 6 deniers et une poule de bordelage envers honorable honiiue Jean Mai'ion, conseiller des comptes de Monseigneur. El cûrame les acquéreurs ont lenu lesdits héritages à tîlre d'accense, il a été convenu qu'ils demeureraient quittes de ce qu'ils doivent encore aux vendeurs inuypnnont 2 écus 20 sols payés & la dite Seguin et 2 écus 20 sols h ladite Roche, Celte vente fut laite pour le prix de 40 écus sol qui fureul payés comptant. Un acte du 12 mars 1595 relate que, u pour la nécessité de leurs eflaires », les Ji^uiles vendirent ce petit bien è honorable homme René Traîneau, marchand et maître des forges et fourneau d'Arlot et de Maulboux, demeurant à Arlot, paroisse de Saint-Eioy, moyennant 50 écus valant 150 livTes. L'acquéreur, sous prétexte de cette vente, s'empara de plusieurs autres héritages appurtenanl aux Jésuites, savoir : 1" d'une pièce de terre, appelée ia Grande Ouche, contenant dix quarteliies de terre ou environ, tenant du côté do Nevers à la terre de noble honrme Joachim Olivier, sieur du Cholel, du côté du midi au grand chemin par lequel on va de Nevers h Decizo; 2" de deux terres apfyeiées les deux Nouhes, tenant ensemble, un grand chemin entre deux, contenant chacun une quartelée ou environ; 3» d'une pièce de terre de trois quartelées ou environ tenant des doux cOtés aux terres des Pères Jésuites; et » en a joui depuis le temps justiu'ô présent >». Il aurait même joui d'une autre maison, grange, vigne et domaine appartenant aussi aux Jésuites, sis à Sainl-Eloy, « jusqu'au jour où feu Madame la duchesse de Nevers on auroit fait buil à M. Antoine Coquilh! ». Le sieur Troiueau ayant
Rîsserole de 49 arpents. En général les baliveaux sont de mauvaise qualité, presque tous ont été frappés de la gelée et une grande partie a été atteinte par le feu sans qu'on eut pu découvrir les auteurs. L'essence dominante est le chône; il s'y trouve quelques espèces de charme et de bouleau, et du fort au faible, il y a environ 20 à 25 baliveaux par arpent tant anciens que modernes )). Il se dirige ensuite vers une autre pièce de bois distante d'uae lieue de la Diétairie incendiée. H Cette pièce, appelée de Saint-Anthoine, contient 39 arpents; il peut 7 avoir de 35 à iO baliveaux par arpent moins gâtés par la gelée tjue ceux de la Rîsserolle n.
Je reviendrai, après le départ définitif des Jésuites, en 1762, sur la propriété de Saint-Eloy, mais, puisque je parle de bois, il me semble bon de parler de suite de ceux que le collège posséda afin de déblayer le terrain.
J'ai dit un mot, au commencement du Chapitre V, des bois de la Rochette et la Risseroile acquis par le duc de Nevers le 17 mai 1577, et donnés par lui au collège, le 24 mai 1580; nous allons les retrouver.
§ 1"'. — Bois des Vêcres, près le Coudray.
Le 12 février 1596, Arnaud Sorbin, évèque de Nevers, vend à François Roux, tanneur à Nevers, la coupe du bois lui appartenant, ô cause de l'bôpital Saint Antoine, appelé le bois des Vesvres, assis en la justice des Ulmes-de-Menay (1), contenant 4 arpents du rotf, tenant au chemin par lequel on va de Chèteauneuf à Nevers, au pré du révérend évoque appelé le pré Château, etc., « le dit Roux fera couper ledit bois d'huy en cinq ans... et ce moyennant quinze écus payés comptant ». Ce bois vint au collège, après 1606, avec l'hôpital de Saint-Antoine. Le 4 janvier 1616, le R. P. Jean Filleau, recteur du collège, vendit à Jean Joliveau et Jacques Minot, laboureur ft Sermoise, la coupe du bois des Voesares, sis au finage des Ulraesle-Menay, « qui a été coupé i! y a cinq ou six ans, et les baliveaux qui y -sont de présent moyennant 90 livres tournois et un millier de
(i} La Justice des Ulmcg-de-Meaay appartenait au duc de Nevers. D'après un procâs-vertial dressé du 12 au 29 juin 1555, elle commençait près les Cliaumes-de-Loire-los-Nevers, continuait selon le grand chemio par lequel on va de Saint-Antoine au PontCarreau ; du Pont-Carreau elle suivait le ruisseau qui venait des étangs du Yeraay, arrivait au pré Château, traversait le boii des Vêvres, etc.
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lies 9 un iien'seuienierK tjue le R. 1*. fora (airo dans lecîil bois A ses dépens et que les preneurs conduiront au coiléfie du Norers, eo ce non cumpris cinq cents (agoU« qui sont audit boist. Laquelle somme de 90 livres sera pny<V le 1"' mai (u-uchuin venant. Les {.ireoours laisseront audit hois 18 holiveaux outre ceux ipii y sont de présent. lis auront vingt mois pour faire la coupe ot seront tenus de boucher eutiëremenl ledit bois ». Aucun acte dm m'a été indiquô avant te 23 janvier 16-13, époi|uo ô lac|ueUe le R. P. Aune Goyet, recteur du eoIK^ge, dunn^ à l'asquet Uuyot, laboureur aux Chaumes de-Loire, et autres, u la coupe du bois de Vesvres, assis t' près le village du Coudray, contonant environ ~ arpents et dtmi. Il tenant au ruisseau allant d'.^glan à la rivière de Loire, d'autro n au ruisseau dejscendaot du Pont-Carreau eu ladite rivière, les M deux ruisseaux se joignant ensemble au-dessous dudit bois, « d'outre «u pré CluMeau. Les [ire neurs couperont le bois le plus V pri's de terre que faire se pourra sens qu'ils ptiisseot couper penn dant le mois d'août... Ils auront deux ans pour la coupe 6 compter « du l"' mai prochain... Ils laisseront par arpent H balivoau.t tels (t qu'ils seront marqués par le R. P, et délaisseront ledit boLs bien 1 bouché... La présente vente faite moyennant 36 livres par arpent, M payables un quart à la saint Jean-Baptisle, un quart à Noël, un « quart à ta saint Jean Baptiste en un an et le dernier quart à Noël (( suivant ». Nous retrouverons le bois des Vesvres en 1788.
§ 2, — Bois de la Faye.
Le 26 juillet 1647, les R. P. Jésuites du collège rendent à Léonard Boirot et k Jean Saulnier, laboureurs en la paroisse de Challuy, la coupe de deux arpents de bois dans les bois de la Faye, appartenant h Monseigneur qui les a donnés aux R, P. « La dite « vente faite moyennant six milliers et demi de bois de moule, bon M bois, loyal et marchand, cinq cents petits fagots et cinquante « perches ou pesseaux propres à mettre auxtreillesde vigne, le tout « conduit en la maison collégiale des R. P. le jour de saint Martin « d'hiver... Les preneurs laisseroul par chaque arpent huit bali « veaux s'ils se trouvent. »
Je crois que la coupe de ce bois, qui appartenait au duc de Nevers, constitua un simple don. Cependant je ne nie hasarde pas à à une affirmation parce que la vente est faite directement par les Jésuites, mais je n'ai pas trouvé d'autres actes concernant le bois
delà Faye comme propriété du collège. Il y a lieu toQlefoîsda com-
ptirur celle venle avec la suivunte.
I 3. — Bois Rote.
Le 4 septomlire 1648, noble Christophe Cochet, seigneur de Mont, trésorier géoéral de Son Altesse Sérénissinie do'Mdntoue (c'est notre duc), vend à Jeau Darnon, maitre de forge, demeurant 8H fourneau d'Arlot, paroisse de Saint Rioy, la coupe de 50 arpents de bois taillis ([ue contient leiow Itoif, 6 sedite Altesse appartenant, assis près le Pont Saint-Ours, ti ôla réserve sur ladite quantité d'un « arpent et demi et tiers d'arpent retenus au choix do Son Altesse u pour aider au chaulïage des religieux suivant qu'il est accoutumé... « le tout â raison de 22 pieds par perche et 100 perches par arpent « — la présente vente faite moyennant 20 livres pnr arpent. »
Il n'y a ici aucune erreur; le duc a l'habitude de donner aux Jésuites pour leur chauSagc, dans le bois Roze, un arpent et demi et tiers d'arpent.
§ 4. — Bois de Sain^Antaine et de lu liisserolle (Saucignif-tes-Boia).
Nous avons vu qu'au mois do mai 1718 un incendie avait délruil un bâtiment du domaine de Saint-Eloy et endommagé le Lois de U Risseroîle <lo 49 arpents et que le Grend-Moilre des Eaux et forêts,^ Paul Maillard, avait, le 16 novembre suivant, visité ce bois et celui de Saint-Antoine de 39 arpenls afin de savoir co qu'on pourrait y trouver pour les réparations ô faire au bâtiment incendié. Le 25 septembre 1721 les Pères Jésuites adjugèrent à Louis Theveneau, marchand de la paroisse de Sauvigny-lcs-Glianoines, la coupe du bois de Saint-ADtoine, par un acte seulement indiqué dans une note ainsi conçue : <( 8 et îl-févrior 1729, recollement des baliveaux sur « taillis du bois de Saint Antoine, appartenant aux religieux jésuites « du collège de Nevcrs, h la demande de Louis Theveneau, adjudi- H cataire de 611 baliveaux des deux derniers ûges et des pieds u coruiors et arbres do lisière qu'il est tenu de laisser ».
Une ordonnance des Eaux et Forêts du mois d'août 1669 avait recommandé aux " prélats, abbés, prieurs, odîciers et communautés ecclésiastiques, tant séculières que régulières, économes, administrateurs, receveurs el principaux dos collfcges, h&pilaux, maladreric'S, commandeurs et procureurs de l'ordre da Saiot-Jean
de Jérusalem » de faire arpenter et borner leurs bois, dans les six mois à cùmiiter du jour de la publication et d'en rônicttri?, quiniu joars après, oux greffiers des miiilristis, les prooos-vorijuux avec plans et flgurvs. En ca:) de n(^gligence, lo travail dcrait (>lre fait, Dax frais dos parties, par les agents des mottristcs. Cette ordonaonce avait pour but de réserver u dans les endroits les plus propres et 0(1 le fond pourroil mieux en porter » la quatrième partie des bois des gens de tnain-morte et de la conserver en nature de futaie. Cri(|uart de réserve devait être sùparé des autres bois par des borne» et limites et les bént-fitriers ne devaient en disposer qu'après autorisation. En génênd les propriétaires erci<isiasliques, laïques ou autres ne se pressèrent pe.s d'envoyer les procès-verbaux de mesurage de leurs bois (ju'ils continuèrent à couper, selon leur volonté, à cinq, six, sept, huit et neuf ans, m coupant leurs taillis à l'âge qui leur convient, ne conservant point ou tr&s peu de baliveaux et tes plus défectueux, coupnut ceux de quarante ans et leurs futsyes sans permission ni déclaration ». Une iumvello ordonnance du 14 juin 1729 rappela les anciennes prescriptions et décida que m après le n rapport desdits mesurages, il sera par les officiers des maîtrises Il procédé au choix et triage de la i" partie desdils bois pour être ti mise en réserve et croître en tutaye et ensuite ô la distribution dos « coupes du surplus des bois taillis en 25 portions égales, séparées •' les unes des autres par des bornes, pour n'être à 1 avenir les dits -• taillis exploités qu'à 25 ans ou dans un âge plus ou moins avancé « eu égard à la nature du terrain n. Cette dernière ordonnance fut mieux exécutée, cependant elle fut rappelée aux Jésuites do Nevers, dans le mois de février 1738 par une signification eu règle.
Au commencement de 1736, les Jésuites écrivirent au roi pour lui exposer que (« les dettes dont ils sont surchargés et qui ont été augmentées par les grosses réparations qu'il a fallu faire à leur église et ô leurs maisons les out obligés de penser aux petits secours qu'ils pourraient tirer de la vente d'un bois en réserve de la contenance de 22 arpents 20 perches (la Rîsserolle), situé en la paroisse de Sauvigny lesChanoines, planté de quelques chênes de 60 à 70 ans gelés par l'hiver de 1709, couronnés, dépérissant et sur souches, portant un tort considérable au taillis qui est dessous», La permission demandée fut accordée le 22 mars 1735,
Les P&rea Jésuites ayant vendu à la dame Louise- P'rançoise Pintard, veuve de Jean-Cir Pinct du Dcllend, la coupe du bois de Sttint-Antoine do 39 arpents IJO perches et celle du bois de la HisseroUe de 27 arpents 21 porches, soit au total 66 arpents 51 perchas,
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-^u prix de 31 livres l'arpent, Orent poursuivre ladite dame faule de Tion payomont. Uii arrêl du Grimd Conseil en date du 28 septembre 1747 fît songer b Madame Finet qu'elle aurait plus d'ovanteges è transiger et le 8 octobre suivant elle s'arrangea de la façon suivante : n elle vendit ô Jean Faure, changeur pour le Roy h (* Nevers, 200 bannes de charbon pris dans lo bois de Saiol-Antoine, H appartenant aux H. P., situé dans la paroisse de Sauvigny-les- « Cliaiioiues, lesdites bannes livrables savoir : 50 dans le mois de a noTembro prochain, 50 dans lo mois de décembre, 50 dans le mois M de janvier el les 50 dertiifcres dans le mois de février, ix raison do M 6 livres par bonne payables par ledit Faure aux R, P, à la dé- (t charge de ladite dame ». Lo P. Boisson, recteur du collège, et le P. Geoffroy, procureur, se départirent alors de Ja saisie qu'ils avaient faite des bois en cordes ô charbon sur M""'-' Pinet et éia- Mirent ainsi le compte de ce qui li^ur 6l8il dû
1° 45 livres \B sols pour les frais;
2° Le surplus pour les termes échus ou à ocheoir du prix des 66 arpents 51 perches par eux vendus â 31 livres l'appenl, soil 2.061 livres 16 sols 2 deniers, sur quoi il avait élê payé 300 livres lors du marché et il leur est délégué sur M. Foure llû4 livres 2 sols, s'élèvera pour reste dû à 607 livres 14 sols 2 deniers.