‹ Memoires (volume 2)Chapitre 9 sur 68 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Les divers principaux. Difficultés de se procurer des maUres. Dédicace de ia Chapelle. MathuHn Cordier. Curieux latin. Ecoles buissonnières. Traitements fixes. Règlement pour l'enseignement dans les classes. (Jean Marion. Arr4t du l^arlement du I-^' février 1547 t la présentation du principol appartient aux écKtevins. Obligation par les maîtres de mener, sous peine de la corde, les écoliers ô l'église, La pe&te i ruine du collège. Premières propositions du duc et de la duchesse de Nevers. Présentation faite par les échevins A l'Ecolfttre. Traité entre Louis de Goozague et les échevins,

Pierre de la Foy, maître es-ara, principal du collège de Nevers, avait traité avec la Ville pour trois années commençant le 18 juillet

Cette date est à retenir. A partir de cette époque, en effet, on n'emploiera plus que le mol co/ii*j« pour désigner les écoles de la Ville qui s'étendront pou à pou depuis la rue dos Bourgeois (Lycée) jusqu'il la rue Mirangron, en longeant les rues du l'Esguillerie et des Fangeats qui ont formé la rue actuelle de la Préfecture.

(l> Jiiem ce. 99.

(î) Wuin. t:c. 100.

(3) Idem. 00. 151.

ni un mois, lutn» letiuel arantage il rrjr. Marlio <lu lo Terru ébiit venu à

Pierre de fa For, pour une raison inconnue, n'accomplit pa» son OD" " "' ' '" ot. on 1529, la Vilk* avance SOlivros lOsol-t

3»; 1 de la Terre, iiriucipnl du collège, itfin

d'avoir bto, rin, bois, argent pour «a nourriture et celle de ses régents et do- ■ • • ' - • •■ '

Un Kiiuiit ifin oittif/va la Ville à lui donner du blé dt

tth.j 1 ( et il ne rwito pas.

Eu lô30, c'est niaitre L<}uis Paul qui est principal. Son nom se trouve parfois écrit Heau. La Ville lui douna 30 livras tournoi» pour la nourriture et enlrelenemenl tiett eneoiex de la Ville. Il (lartil vite et Ihs échevins durent envoyer à Mouceaux-le-Cotale pour savoir u si l'on pourrait recouvrer un moitn? qui est aoJil lieu pour « venir ddiiifunir aiix f)sc'.'l>jïs de Nevers ». La tentative échoua et Pierre Perrin, écbcvin. se rendit A l'aris pour obtenir do mallra Matliurin C'irdier qu'il vint ô Novers.

En attendant, la Ville on e^t réduite à donner 6 Jivres tournois à maitre Guillaume Maulguin, maître es-arts pour tenir les écoles, te» er^ffanta estant ra*jan« desfuttK le deapiirt de iiirti»lre Louis Fléau.

Elle fait, pen<lant ce temps, dém«jlir, en divers endroits, certains murs du collège pour que, plus facilement, l'évèque de Bethléem, Philibert de Beaujetu, puisse pa'îser et repasser pour la bénédiction Bl dédicace de lu chapelle. Le voyage de cet évoque coûta 44 livres H sots 8 deniers (2|.

Enfin Mathurin Cordier arrive. Il avait enseigné aux collèges delà Marche et de Navarre, ft Poris. C'était un homme.

Un statut, promulgué suus François l"^ et qui srtra renouvelé 80QS Henri IV, enjoignit au.^ maîtres et aux élèves de se servir uniquement du latin dans tous les exercices du collège et jusque dons les récréations. Il en résulta que lea élèves parlèrent un curieux Idlin dont Mathuriti Cordier nous a conservé les échantillons suivants

E(/o (runniùo me de te. — Diabohis le posait inferre. — NoU craehare su pur me.

Tout fut donc latin, aussi bien dans les cours que dans les classes et dans tes cérémonies ofGcielles, et cependant Cicéron avait

'ii Archives commutuite* de AVpwj, CC. tOl,

(!) Archirift conitnunale» de .V<ire»'S, CC. tO!, t(tt. (,e nniuple de 1532.^ fsil RonnaltTR que la façon dua vitres de la cliapr<lta s'i'ileva k 50 livrer tournois et fut [>»fùt moitié par ta Ville et moitié par <I>>riint M. P&reot, Ecol&lre.

^dit, dans ud moment où l'on vouloil, à Ronie, faire dominêP lô gtut

Ut enim serrnone eo dehcinna ud, (jui notti^ est nobie, ne, ui quidam f Greeca cerba innilr/mtcs, jitrc opdmot'tdeumur; « quand nous parlons, la convenonce nous engage à nous servir do la langue qui uous est familière ; celui qui fait entendre du grec dans tout ce qu'il Idil est à bon dmit ridicule » (1|.

Peu après son orrivée. Mathui-in Cordior recul de h Villo 40 livres louruois « pour lui aider à vivre, attendu la storililé do i( l'année et que sans cela il serait parti ii. On lui alloue bientôt 201ivr«s lournois « pour cause de la stérilité 'i, puis 12 livres tour nois <i afin de lui donner couraige et lui nieoder de venir continuer I « la bonne œuvre par luy commencée esdites escoles ". Ce dernier don prouve qu'il était parti. Il se laissa louelier. revint et recul G livres tournois pour l'aider à vivre lui et ses régents, o à cause des « grands frais qu'il a supportés par la famine et la mortalité >i (2).

La fotnine et la peste avaient désolé la Ville, et il fallait avoir le cœur de Math uriu Cordier, auquel Ncvers n'était rien, pour sup- I porter toutes les misères de cette époque. Bayle dit do lui que n il [<( avoit beaucoup de vertu et s'appiiquoit diligemment à ses fonch( lions, aussi soigneux de former ses écoliers ô la sagesse qu'à la ]h boune latinité )i.

Methurin Cordier, qui était de Normandie i^l qui, en quittant [Nevors. professa peut-être à Bordeaux, mourut calviniste, ô Gejnève, en 15S5, à l'ftge de qualro-viogl-cino ans. 11 avait été appelé par Calvin dans cette dernière ville dont il dirigea le cwllègo (3).

On croit qu'à la fin de 1534 il fut remplacé dans ses fonctions

[par Claude Budiu (4). A cause de la dureté des temps, la ville do

Nevers changeait à tout moment do maître et les prenait tels qu'ils

hse présentaient « et peut être, écrit Parm entier, sans examen de

Il leurs moeurs et de leurs sentiments ».

Les opinions nouvelles ayant fait des progrès 1res rapides, il se forma dos Etioles bue^sonnières, c'est-â dire soupçonnées de proloslanlisme- Pendant !e moyen ôge, ce nom d'Ecoles buissonniëres (ut

l KfJra cmmunale.^ de .Y«'m, Ct^. 104.

lis ou i-— • -

. LS.1.I.V':. jnui", parmi 'iKMitno scrmone. — De cor- >>\qu«t\dt ration*. — Cnrnttn

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donné aux petites écoles de Paris dont les maîtres allaient enseigner dans ios rhamps el les bois, afin de se soustraire à la redevance qu'ils étaient tenus de payer au Grand Chantre de Notre Dame. On appela du même nnm les écoles que les prolestants tinrent dans les campagnes, à l'ombre des buissons. Nous disons maintenant qu'un enfant fait l'école buÎ8sonni^re quand il s'est absenté do l'école où il avait été envoyé par se» parents.

Pour remédier t cet état de choses, la ville de Nevcrs décida de donner des a^ipoiutenients fixes aux maîtres et, en 1540, adressa une requête nu Parlement de Paris pour qu'aucune école ne fut ou verte en ville ou diuis les faubourgs en dehors du gouvernement du collège. Un nouveau règlement fut fait pour l'enseignement dans les classes, les heures des leçons, de la messe et des prières.

J'ai prié un très érudit élève do l'Ecole des Chartes de rechercher ce règlement dans les Archives nationales X ^' où le Bulletin de ta Socit'ié nirfirriai«e (3" série, tome VI II, p. 367) déclare qu'il se trouve. Après de nombreuses recherches, j'ai pu avoir connaissance des principales dispositions de ce règlement qui fut donné le 30 octobre 1540, aux Grand.sJours de Moulins, et que je copie telles que ju les ai lues : '

« Sera l'escolle dudict Nevers distribuée en diverses classes ou « règles divisées eu trois ordres comprenant tous les enflans d'ice- « lui collège el audict estât sera entretenu. Ileai les premières des « dites règles ou classes estant de premier ordre suyvront les.ars et rt philosophie s'il y a enftans capables à yparvenirel régens ydoines •1 6 les enseigner; les secondes estans du second ordre tiendront et ti suyvront la grammaire, poésie et l'art d'oratoire, depuys les ruit dimenls elle Calhon en sus (1); la troisième et dernière, l'alphabet, « les sept pseaulmes, les heures de Notre-Dame et le Donat (2). "' Item seront lesdites classes départies entre les régens dud. col- K lègepar le principal en regard aux degrels d'icelles classes et ca- M pacité desd. régens. Item aura chacun desd. ordres une seulle « chambre ou aultre lieu propre aud. collège pour y régenter les

(1) Dionyaius Caton, dont le num n'est pas certain, semble avoir vécu au m* siècle (la notre ère. Il composa lus Diitiques moraux qui sont une espèce tl'lnsiructîoo mcrale pour la jeuneaBe et qui jouirent d'une grande vogue pcnflnnt le moyen-ftge.

(2) Aelius Dona!, grammairien du IV» siftcle, fut le maitre de saint Jérôme ©t fut l'auleor dos troités sur Lof huif pfirtifs du Dûvourë, sur le Barbaritme, d'un Commenlaire sur Tèronce, etc.

« classes d'icellui ordre, séparez, des auUres pour éviter confusîoa ! Il desd. professions diflérentes. Item ol s'il y a plusieurs qui ré- II geiitenl es-classes d'an ordre tiendront mesme train et stile d'en- « seigner et interroger tes enffans à co qu'ils ne soient confus et quo i « l'une d'icello règle soit instruite par l'autre. Item seront les enf- « fans, estrangiers et domestiques informés el tenus de se trouver <( le matin, à six heures en esté, et à sept heures en yvcr, aux lieux « dud. collège depputez ù leurs classes et ordres pour, actendant la H demye heure après lad. heure, preveoir leurs leçons, pendant len quel temps la messe, qui se dicl ordinairement chaque jour aud. « collège, sonnera et la demye heure frappée commencera do dire. ti Item à laquelle messe tous lesd. enffans, avec leur principal el « regena, assisteront, sans y faillir, le plus dévotement que faire se ti pourra en disant, par les plus petits à part, leur Pafer^ Ave Maria » et conséquemraent leur créance ; les plus avant leur sept pseaumes « et .service de Notre-Dame, avec prière pour les trespassez, sur Il quoy lediet principal et régent, avec ceux desd. règles qui porte- <i ront !e roolle pour en faire leur rapport auront soigneux et dillî- (1 gent regard el seront pugnis ceux qui auront en ce failly et dé- « linqué, et pour ce faire sera fait le contre roolle accoustumé. Item <' que les veilles de festes solennelles d'appostres et aullres saints, » lesd. principal et régent, chacun son regard, exposeront les (I hymnes et advertiroot leurs enffans de servir à Dieu, la Vierge « Marie et les saints, obéyr le service de l'Esglise et aller à con- <i lesse mesraes es jours ou vigilles desd. festes solempnelles et de i< prier Dieu pour le,s trespassez.

« Item es jours de sabmedî au matin feront lesd. principal et (I régens, chacun en leur endroicl, répéter à leurs enffans kë qu'ils (I auront veu en la sepmatne en leur faisant sur ce communes in- " terrogations jnsques h neuf heures du matin et, depuys ladicte « heure jusqueaà dix, feront rendre la reigle de ceulx qui auront « failly de venir à rescolle,jouer;àieux illicites, rixes, avoirestéirrét( vérens, jouer et parler françoys.

u Item les jours de sabmedi et vueilles des festes, après disoer, (t seront leuez publiquement certaines histoires, à diverses heures, ti depuis le midy jusques à deux heures après et, depuis lad. heure Il jusques à cinq lieures, sera permis aux escoliers prendre récréa- (1 tion,en donnant par lesd. gouverneurs dud. coUègelereposaccous- « tumé h la jeunesse et aux jours à ce destinez.

« Uem les aultres jours de la sepraaine depuis que sept heures « du matin en temps d'y ver et six heures en esté auront sonné,

Il après la masse dicte ol célébrée, jiisques ô neuf heures et domye, « lesd. pi'incipol el régens feront leurs leçons, et, depuis la derayo <( de neuf hêuroïi jusiiues à dix, feront lesd. eiiFlaus queslion ; puys « i]i)Tt}.s s'en iront disuer jusijues d inidy.

<( Item et à deux lioures aprôs seront enseignez lesd. eulTaus « jusqties à cinq heures du soir, à laquelle heure jusques à demye Il heure après se feront questions oinsi que du matin et, après la u dcniye heure, se dira le salut qui sera Salue résina ou aultre, se- II Ion le temps, avec la collecte De Profundis, Pater et Ave Marin, « le tout à la chappelle dud. collège, ainsi queona de coustume, et Il y assisteront lesd. principal, régens et escolliers en dévotion, c( ainsi que dîct est cydevant.

u Item les mardis el jeudis de ralevee pourront estre bailler »( Hux.d. enfïans rûmiasion pour leur récréer a jeus honnestos et ac Il coutumez, depuys les deux heures après roidy jusques à cinq i< heures et non plus tOt, mois ô demye heure après midy jusques è » deux heures leur sera donné matière pour compo.ser ou en orai- 11 son pour ceulx qui y seroient ydoines et pour les aultres pour " cscripre ausquels en sera donné exemple el si aucuns veullenl Il apprendre la musique et y ont régens à ce doctes et sufiisans H leur en sera monstre duraat ledicl temps. »

Il semble certain que, dans ces temps indécis, un maître, Jean Marion, qui traduisit en vers français le Carme adnwrtitùirs de Msthurin Gordier, parait el disparaît maintes fois. La famille Marion, dans laquelle on trouve des horloijeurs et des notaires depuis 1450, a laissé de nombreuses branches à Nevers. Les unes sont ar rivées à de hautes situations, les autres ont tenu boutique d'orfèvres. Notre maître d'école Jean Marion, sur lequel on n'a rien de bien précis, doit sortir des horlogenr& (1). Il passa sa jeunesse à Nevers et y aima. Comme il était pauvre, il s'en allait par les villes et les bourgs instruire les écoliers, peu de temps chaque fois. Dès qu'il arrivait, il so faisait annoncer par le crieur public et plaçait à sa porte cette réclame écrite par lui :

Enfnns. enfans. vr-nez dilîgfimment Vers le maislre, lequel iioiivcllemenl Est arrivé en Cf lie Injunc ville, Pour vous montrer i'art d'escriplure, utillc

(Il M. Prosper BlanebeinÎQ, membre de la SoeiiMtS des Uibliopliilea fran» çais 0. publié it Faris, en iS73, chez Leou Willem, éditeur, ses liondeauj; et Vers ii'atnour qui, jusqu'alors, èlaieiit restés manuscrits.

El proiiffltabr sur <oiilcaiilre science Donc si vous voulez en veoir l'eipéiienee, Ne tardez plus ci marchez pas à pas.

Car U la tnoiilre par mesure el compas.

I) parcourut ainsi tout le Nivernais, revenant de temps à outre à Nevcriî, et finit par omasser un petit pécule qui lui permil de bo marier vers i640. Il dul quitter dt^finili^erat^nt Nevcrs vers 154Q.

Mais, depuis le départ de Mathurin Cordier. je no trouve le nom d'aucun principal avant l'aDoée 15i3. A cette époque, François le Maître, principal du collège, porte ses plaintes au Parlement de Paris contre les ôchevins (1). Il est probable que ces plaintes tHaienl relatives à l'ouverture d'autres écoles, ouverture qui lui enlevait les rétributions sur lesquelles il pouvait compter pour vivre et ta vie étoit dure alors (2). De son côté, lo Ville avait des difficultf's nvoc l'Ecolôtre au sujet du choix des maîtres. Par son arrêt du 1"' février 1547, le l'arlemenl ordonnti que la présentation du principal appartiendrait aux échevins. mais queco principal ferait les preuves de sa capacité entre les mains de l'Ecolâlre (scholastique) el que l'information sur sa vie et ses mœurs serait faite par devant Tôvôque de Ne vers ou ses vicaires (3|.

Cet arrêt, qui, en somme, était tout on faveur des ecclésiastiques, ne fut pas respecté, cor, en 1561, dit M. Grosnier, plusieurs

(1) Société Mrernaiîf, 3" série, t. Vil. p, 380.

(2) Dans sa cinquième session, 17 Juin 154G, le concile de Trente orijoona : V Pour los églises dont le revenu annuel est faible et oti il y a un si petit nombre d'ecclésiastique et de peuple qu'on ne peut pas y entretenir commodtîmont rte leçon de théologie, il y aura au moins un mnllre choi'si par rév^ijue, nveo l'avis du Chapitre, qui enseignera gratuitement la grammaire aux dores et aatrcs pauvres écoliers, ;>our les meUro en état de passer ensullo & l'i^lude des saintes lellrea, si Diou les y appelle, cl pour cela on aasignern k ce mnltre de grommaifô le revenu de quelque bénéfice simple donl il joui™ lant qu'ofTeelivemenl il continuera d'enseigner ., ou bien on lui fern des nppoiuletnents honnêtes et raisonnables de la manse de l'évéque ou du rlinpilre Dans les mo-

nasli^res des moines, il se tera pareillement leçomde ta .sainte Ecriture et

si les nld'éss'y rendent nêgligens, tes evt^quea dos liou.x les y eontraindronl... Pour les collèges publics, où jusqu'à présent il ne ed fait point encore de c«» leçons, ({u'on peut dire autant nécessaires 'qu'elles Koiit noblea par desius toutes les autre», lo snint «onfilo convie ot cxliurle les prini;eB clirAtieus ot wligieux elles républiques, que par teor piété el leur charité ils les faKsont établir cbacun dans leurs Elat« uu ri5tiiblif st. ayant été autrefois on uaage, elles se trouvaient seulemen) interrotiipues par néfcligonce... »

(3J Pann«nll«r, Arthiret de A>r#r#, t I.

régents du collège étaient loin d'avoir gagoé ta coofiaoce des catholiques Il|. Ja Dc conDais pas les faits sur lesquels s'est a|)puyé M. Crosnier pour baser son jugement. Mais, si Partnenlier a bien suivi Tordre de l'arrôt du Parlement do Paris, nous devons constater que les éciieviiis présenteut le cundidut à l'Ecolétrequi occorde le brevet de capacité, et quVnfin l'évéque dvlivro son certilical de bonnes vies et mœurs. Il a bien pu arriver, dans ces conditions, qu'un i.'ondidat présenté et occepl'I', n'ayant pas obtenu l'agrément de l'évèque, lu Ville se soit posséo do cot agromont afin do ne pas fermer ses écoles. Mais de là à conclure que les pauvres maîtres n'observaient pas les proscriptions de l'Eglise il y a loin, car il en coûtait cher pour ne pas les observer. Est-ce qu'un arrêt du l'arlecnent do Paris, en dato du 21 octobra 1557, o'enjuignail pas o à tous ♦ pédagogues, direclours, demeurant hors des collèges, do mener. Il xiiu.1 peine d« In corde, leurs enfants et écoliers à l'église, et do « leur faire ouïr la messe les jours de dimanche et autres fêtes» (2). Les maîtres qui étaient dans ie collège étaient aussi bien sur- %'eillés que ceux qui étaient dehors. Quant à ce qui se faisait dans les écoles, on sait souieiuent que les punitions se réduisaient le plus ordinairement au (ouet et que la consommation des verges était considérable- Vers le même temps, Raoul Borel étant, dit on, principal, il fut décidé qu'il n'y aurait plus à Nevers qu'un collège où tous les enfants seraient instruits, et défense fut faite de tenir école particulière en ville ou dons les faubourgs (3). Cette défense fut approuvée par le Parlement de Paris en 1560 (i) et, comme conséquence, la Villo institua au collège un maître pour les ulpbabétaires.

(11 Congr^g. relig.. Homme», p. 520.

(?) Preuneê des libertés de VEgiise gallicane. — Charles Jourdain, Indej! ehronol. chai'trarum, Ui" livre, p, 372.

(3) Archiees communales de Neeem, BD. 18.

(4) Partnt'Titfpr, Arckiefn de Neeers, t. t. Dans .sa vingt-deuxième session, n Eeplenibrc 1M2. le coiiciic de Trenle prescrit iiu tîhapilre Vlll :

n Les i-*vo(|ueE auront droit de visiter tous biJpitau.x, collèges, communautàd de lat.i]ue, celles in^ino que l'on numme Eeoles ou de quelque nom que co »oil, eïceplê toulpTois celles qui sont boq-i \a proffiction immédiate des rois, si ce n'e«tdo iettr .a«!rêmenl, eommaousai les aumônes, dites de Mont de Pi<^té «0 lie In (.liartti\ et tous les autres lieux de diivotion, de quelques noms qu'ils •'«Iiprllcnt. etniorf! (|ue lesJits lioux fossortt commis au soin de laïques ciquelipiB pri\ilegc d'éïemplion qu'ils puissent avoir... »

Et dans la XXXtV session du il novembre l.^<J3, chap. IV :

t Lesévâques auront soin poreillemeot qu'au moins les dimajiche et fâte,

zsgue, duc de Nevers, et les échevins de Nevers pour fonder solide'* ment le collège et y appeler les Jésuites :

« Comme pieça Mgr Mgr duc de Nyvernoys eust faicl entendre (( aux esclievins, tnanans et liabitans de la ville de Nevers que son « intention estoit de appeler et fonder en icelle ville ung collège de « maistres et frères de la Compaignie de Jésus, desquel? la prlnciti pale profession est de instruire la jeunesse en bonnes mœurs et (( en toutes sciences qu'on a accoustumé d'enseigner es universités (f éprouvées de ce royaume hormis de droict civil et encores de i( prescher es esglises et paroisses la parollo de Dieu pour la doc- (( trine de tout le peuple, afin que, par ce moyen, les jeunes périt sonnes de ceste villo et de tout le pays eussent plus de facillilô « et occasion d'aprendre toutes bonnes sciences et estre Inslruictz t( en bonnes mmurs, tant ceuîx qui debvroient estre appelez en (1 lestât ecclésiastique que ceulx qui debvroient estre appelez à « toutes sortes destatz séculiers sans qu'il fust besoing de se soub « mectre à infinités de fraiz... afin que plus ûisemenl cette affaire H fut ficheniinéc estoit besoing de recouvrer (?, ung logis et basty, « ce qui ne pouvoit mieulx estre que du collège de cesto ville de « long temps destiné â semblable usage et partant leur auroit faicl » requérir... sur quoy lesd. eschevins, remerciant humblement « morid. seigneur pour sa bonne volonté el le suppliant de conti- « nuer icelle, auroienl advisé den conférer et en prendre ladvis et (I consentement des vingt quatre conseillers habitans de ceste ville <c représentant le corps et université dicelle, et, de fait, le 28 sep- « tembre 1671, auroiont assemblés en Ihostel commung dicelle ville, t( lieu accoustumé à faire assemblées, les susdict/- vingt quatre con- (i seillers et aultres officiers dicelle ville avec bon nombre des prtn- « cipaulx et notasbles bourgeois et autres personnes. Selon ladvis u et consentement desquelz auroit esté conclus de remettre, donner Il et consigner es mains de mond. seigneur la maison et collège de V cesle ville ainsi qu'ils se comportent, avec leurs appartenances et « dépendances pour estre, par mond. seigneur, emploies, vouez et Il destinez par fondacion è y recepvoir, loger el entielenir ceulx de (( la Compaignie de Jésus qui semployeroient à l'instrucliou de la u jeunesse de ceste ville et du pays de Nivernoys et d'ailleurs en ti bonnes mœurs et sciences honnestes selon linstitut de leur ordre, i< à la cliorgo quil pleust à Monseigneur taire au corps de ceste ville « quelques récompenses de bastiments en ceste ville pour y loger « ung ou plusieurs maistres et pédagogues et les enCfans pension-

" naires et encore pour y instruire les caftans abécédaires dont les a frères de la Compaiguie de Jésus navoient ari -de se chnr-

« ger. Ce que estant rapportée Monseigneur |)i hevins, leur

Il aTûit fait entundre inond. seigneur taroir bien agréable e( despuia <• mond. stjigni\ur auroit faict envers l^s rliefs dud. urdru ijuik leur « ouroient accordi) bon nombre de maistres ol frères de la Conipai- «t gaie de Jésus et dont estant asseuré i! auroit adverty lesd. esche- « vins. .. pour avancer sy bonne, saincte el fructueuse entreprise. « ce jourdhuy. dalle de ces présentes, pardevanl (iuillaunie Sirao- M iiin, notaire royal, et Bernard GittoU notaire au ducbé de Nivern ooys, en ihoslel coinniung dicelle vllk*, sont comparus maistra t« Gilbert Je Cuzy, Claude Cotignon. Victor Quartier ut Jean Brung, M eschevins de ccitte ville, en la présence de nioistre Etienne Ri-

w chard, procureur de lu conimuniiutc dicelle, lesquels sciern-

K ment... au nom de Dieu en lo priant ijuil luy plaise faire prospérer » à lousiours ceste entreprise... ceddent, Ironsportent et remettent « es mains de Monseigneur el Madame, duc et ducliesso do Niver- « noys. absents, M* Jacques Bolacre, lieutenant général au baitliago M do Nivernoys et président des Comptes eî chef du Conseil da « mesd. seigneur et dams, et M'' Guy Coquille, procureur général « et fiscal de mesd. seigneur et dame, présents el acceptans, la « partie da coltpge qui Ifnd dépars soleil leimn( en laquelle est com- '< prinne lu partiii de la cour à prendre dnne murât lie qui e»t con«- « irvicte en/urmc dapentis contre le pignon de la cuisine Jusquea au « jambage den haut de Ihuinserie du jardin, cotiiprcnant la chappelle " c( le grand corps de logis dfl derrière dud. collège, ensemble le " corps de decant oii est la chambre du principal et la grande salle •I den hault at/ani teuc sur la grande rue des Bourgeois. Le reste de ri la cour dud. collège â prendre depuis la I... susd. entre le jardin, «I demeurant pour accomoder le principal qui sera pour l'instruc- « tion dos abécédaires et pour tenir les enlïans en pension avec la Il commodité du logis cy après déclaré, ensemble pour eddifier des « classe.i oit se feront les lectures pour par mead. seigneur et dame " en lad. pailye du collège cy dessous délaissée, qui est tonte la '< partye habituelle dicelluy, loger, fonder, doter et entretenir à « tousiûtirs un collège de compngnye de maistres el frères de la (I Conipagoye de Jésus qui y vivra selon les inslîliils Je leur ordre " el vaquera ft instruire la jeunesse de lad. ville el pays de Niver- (I noys en bonnes mœurs el autres sciences (honnesle.s) et preschera i' ol annoncera la parolle de Dieu selon la doctrine de la saincle « Eglise catholique et romaine, ^ti sont lesd. eschevins demis et

n désistez de tous droicts de propriété et autres qui leur apparlîen- « nent en et sur led. collège, maisons et appartenances dicelluy « sans aucungs en retenir ni réserver sinon kd. Jardin et partye de c cour fi/desgus limités. Et à linstant lesd. sieurs Bolacre et Co- « quille, au nom et comme procureurs de inesd, seigneur et dame... « ont accepté... et pour les pensionnaires et abécédaires ont donné, « ceddé et transporté auxd. de Guzy, Gotignon, Quartier el Bruog, « eschevins.

Il C'est assanoir trois maisons joignant ensemble avec les Jardins « derrière, aisances et appartenance diceUcs, scitttees en cette cille de n Kecers, rue des Fanjais. en la paroinse de Saint- Victor, derrière » la place et portion dud. collège réservée par lesd. eschevins, dont <f l'une a enté naf/ueres, par lesd, Bolacre et Coquille, pour mesd. (I seif/neur et dame, acquise de Noël De« Ruattî, maisire chirurgien, « l'autre de (en blanc) et la troisième de Pierre Guillaume, mar- « chand. Joigtiant dune part à la rue des Fanjatt, daulre à la rue de tt Misanyron, dantre au Jardin et court dud. collège cgdessus ré- « serré, dautre aux estables de Pierre Ferre et encore ont donnéi <t auxd. eschevins certaines portions de Jardin acquise dud. Fecre et « de Simon Vincent Joignant les maisons et cour dessusdites pour y it construire des classes » (1).

Ce traité, passé après des pourparlers nombreux en 1571 (2), n'est pas complet, mais un inventaire, dressé le 25 mars 1595, contient les passages suivants qui nous éclairent suffisamment el nous permettent d'altendro le grand truite du 11 janvier 1607 :

n Premièrement. Le premier contrat de fondation à la charge d'y (( maintenir quatre régents et le cierge devoir estre présenté le jour « de Saint-Louis, avec constitution de 2.000 livres de rente annuelle Il à prendre sur la Maison de ville de Paris. Fait et passé à Paris,

« le 26 septembre 1573.

Victor GUENEAU.

(A suivre).

(1) Voir !e chapitre conaecri'' aux droits d'amortiBseineul et nouveaux acquêts. A inoins ti'intltcations contrnireB, les actes cités font partie dos Arcliivee de la Nièvr'e,

(?) Dans son ouvrage Coitgréy. reliy,, Hommes, p. 530, M. Crosaier aasare qu'en 1571 eût lieu la bénédiction de la iiremièrc pierre dos nouvelles eonstntctions par Vèvèqas <Jo Nevors, et nuo, l'nnuée suivante, les échevina c6tlù'Tc it lé collège ù Louis do Gon/.ogue. M. Oosnicr n peut-î'lre basé son opinion sur Guy CoL](iilla, qui a aignù le traité de 15î£ et lui, ccpeudanl, dit, dons son Histoire du Nivernais, qno le collège fui Tondâ en 1571.

Comptes = Rendus des Séances

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